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Auteur Discussion: [Journal] Et si je survivais...  (Lu 7862 fois)
Mer 26 Sep 2007, 01:16
Chalala
Shaolanana
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descendante des Vikings je suis une guerrière...


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Le jour où je suis devenue  une autre….. et si je survivais.....

20 jours après le crash de l’avion qui me ramenait vers Paris, je me sens le courage de commencer le journal de ma survivance jour après jour. Je ne sais pas trop comment commencer, tellement à l’heure où je débute ce journal, je ne suis pas certaine de m’en sortir. Au moins restera t-il des traces de ma vie sur cette île.

28 Août 2007, après avoir passé mes vacances au Canada, arrive le jour du départ. Montréal 15h30 j’embarque dans l'A340, sans avoir, bizarrement…. comme une angoisse inhabituelle.
Je suis une grande voyageuse depuis plusieurs années et c’est la première fois que je ressens comme une douleur au goût amer au creux de l’estomac.
Un dernier regard vers mes amis et me voilà à attendre avec des centaines de passagers, l’appel pour l’embarquement.

Il faut déjà que j’essaie de me souvenir comment a commencé l’horreur de la descente. Je me rappelle que nous avions « un gars une fille », puis « caméra café » passés en boucle sur les écrans. Mon voisin de droite, un jeune garçon de 13 ans voyageait seul et possédait un petit écran personnel Il avait mis un DVD hyper marrant avec je ne sais plus quel acteur… ça me reviendra sûrement.

Mon voisin de gauche quant à lui n’avait pas assez du siège pour contenir son poids et c’est bien mal à l’aise que j’essayais de ne pas trop bouger car il s’endormait et sa tête arrivait parfois jusque sur mon épaule. Ses ronflements me tapaient sur le système et son haleine fétide me soulevait le cœur.

J’envisageais de demander à changer de place quand le commandant nous pria d’attacher nos ceintures, sa phrase était à peine terminée que nous ressentîmes une grosse secousse. Une des portes des bagages à mains s’ouvrit violemment et mon voisin fut réveillé en recevant un sac sur la tête. Il se mit à vociférer étant encore dans les brumes de son sommeil mais il s’aperçut vite que la situation n’était pas à la rouspétance.

Les hôtesses (quatre) s’étaient assises sur les sièges lui leur sont réservés et avaient bloqué, elles aussi, leur ceinture. Les lumières de plafond clignotaient et les écrans télé se mirent soudainement en marche alors qu’ils étaient tous fermés … Cet incident me fit un peu plus tenir ma ceinture autour de ma taille. Je commençais à avoir mal au cœur, une sueur froide envahissait mon dos et mes oreilles se mirent à bourdonner.

Ma bouche devient sèche et le jeune garçon se mit soudain à pleurer. Il avait un accent et semblait ne pas trop comprendre mes paroles d’apaisement. Le commandant nous demanda à nouveau de ne pas nous détacher et nous donna quelques précisions.

« Mesdames et messieurs, nous traversons une zone importante de turbulences, nous vous demandons de rester calmes et surtout de rester à vos places »….

- Merci monsieur, mais là je crois que nous avons un sérieux problème… pensai-je doucement !

Puis tout s’accéléra…. Les lumières furent complètement coupées, plus de son, plus  d’image…. Les écrans s’arrêtèrent tous en même temps et les masques  de survie tombèrent devant notre nez.
Les hôtesses nous demandèrent de prendre nos gilets de sauvetage et de garder notre calme…. Encore….

- Ben voyons pensais-je à nouveau… rester calme alors que l’avion part en c…..

Le petit garçon pleurait maintenant à chaudes larmes et je ne savais que lui dire pour le rassurer… J’étais moi-même hyper apeurée et l’homme sur ma gauche empestait la sueur.

Au fait… pourquoi rester à nos places pensais-je encore ! Nous allons nous crasher mais surtout on nous demande de rester bien assis sur notre siège et de ne pas bouger. D’attendre la mort en restant calmes en gros ! pour nous identifier par rapport à notre siège certainement, moi c’était le  C 151 rangée du milieu.

Ensuite tout va très vite, l’avion fait des bruits de plus en plus bizarres nous sommes  à 3000 m d’altitude et je me souviens encore de la température – 50°, je me dis que si on éclate en vol, on sera sûrement bien conservés déjà avant l’éclaboussement de nos corps sur le sol. L’angoisse commence à me serrer l’estomac, je pense à toute ma famille et je me mets à prier tout bas …

« Mon Dieu… ne nous abandonnez pas, faites que nous puissions nous en sortir… Permettez à ce petit garçon qui se trouve à mes côtés de pouvoir revoir ses parents… Mon Dieu, ne nous abandonnez pas »
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 18:36 par Lline »
Réponse #1 Jeu 27 Sep 2007, 02:16
Chalala
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  A peine je termine ma prière que l’avion percute quelque chose, je ne sais pas encore que c’est un moteur côté gauche qui vient de lâcher. L’homme qui est mon voisin me demande soudain mon prénom :
« Magda mais on me surnomme Chalala à cause d'une chanson et vous » ?
« Peter et j’ai 2 enfants »
« Pourquoi je lui donne ce détail de mon surnom je n’en sais rien, mais dans ce genre de situation parfois on dit vraiment n’importe quoi »…

J’entoure de mon bras les épaules du petit garçon à ma droite, il me prend la main et la serre très fort. Je crois que c’est à cet instant précis que j’ai senti que nous allions vivre la plus terrible expérience de notre vie.

2ème choc je regarde machinalement ma montre, il est 17h30 cela fait 2 h que nous avons décollé et le commandant a sûrement prévenu un aéroport quelconque que nous allions atterrir en urgence, J’essaie aussi de rassurer le petit garçon, je lui demande comment il s’appelle : « Samuel », je n’en saurai pas davantage il se remet à pleurer.

Un Stewart prend un micro et entre plusieurs coupures il nous prévient de la gravité de la situation.

« Mesdames et Messieurs » nous avons un très sérieux problème et nous sommes au regret de vous prévenir que notre moteur gauche est tombé en panne, nous sommes obligés de descendre en urgence et nous ne savons pas si l’avion supportera  l’atterrissage dans de très mauvaises conditions » Toutefois, sachez que notre commandant Monsieur Lecointre et son équipage, feront le maximum »

C’est alors que des personnes se sont mises en panique, des cris ont commencé d’un bout à l’autre de l’avion et en même temps un 3è choc , nous avons comme l’impression que des parties de l’avion  se disloquent.

C’est là que tout s’est alors précipité, une fumée noire est apparue à hauteur des hublots et une odeur de feu a soudain envahie l’habitacle, puis tout est encore allé plus vite, des bruits, des cris, des personnes qui se trouvent éjectées de leur siège. Le petit garçon à mes côté qui tombe dans les pommes et le gros monsieur qui se met à hurler.

Bizarrement je reste calme, mon bras toujours sur les épaules de Samuel et ma main qui tient la sienne à présent.

Nous heurtons encore quelque chose je saurais plus tard que ce sont des parties de l’avion qui se dispersent dans les airs. Puis tout devient noir, j’entends de plus en plus de cris, les gens commencent à devenir hystériques et certains se lèvent et court dans l’avion, vers où, vers quoi.

Les hôtesses ne peuvent plus rien pour ramener le calme, le Stewart reprend la parole et nous précise que nous alors subir un atterrissage de fortune. Il nous demande de bien écouter ses recommandations au moment où nous toucherons le sol, d’essayer d’évacuer au plus possible vite l’avion et d’aider au mieux les personnes âgées et blessées.

« Voilà, nous savons à quoi nous attendre ça a au moins le mérite d’être clair dis-je au gros monsieur ».

« Puis-je vous parler de ma femme et de mes enfants Magda » ?

« Si vous voulez Peter » !

C’est fou comment une familiarité s’installe vite en cas de catastrophe.

« Ma femme s’apppelle Hélène et mes deux enfants un garçon et une fille Tony et Va…..,  »



« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 22:45 par Lline »
Réponse #2 Jeu 27 Sep 2007, 14:49
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  Le gros monsieur se tait plaquant ses deux mains sur les oreilles. Il se met à prier… tout le monde prie dans ce cas, on entend toutes sortes de prières, Jésus, Mon Dieu, Allah, Padré, Marie, ces mots reviennent sans cesse dans ma tête.

Encore quelques minutes (c’est sur puisque je regarde à nouveau ma montre) 30 mn exactement… et nous percutons le sol, l’avion est maintenant quasiment en flammes sur tout l’avant et nous semblons nous enfoncer dans un sol mou comme du sable. C’est ce que j’ai pensé et qui s’est avéré exact puisque nous sommes sur cette île.
Je suis logique, réaliste de nature et parfois si ça m'a jouré des tours, là, maintenant j'ai l'impression que ma logique va me servir.

Le petit garçon n’a pas repris connaissance, le gros monsieur est blême et je suis certainement pas mieux.

Je fais un rapide constat :
Nous sommes sans dessous dessus, les portes des bagages se sont toutes ouvertes, l’avion semble cassé en deux, plein de personnes sont allongées dans l’avion par terre où alors écrasées contre les parois.
2 des hôtesses sont elles aussi tombées, l’une dans une marre de sang et l’autre parait ne plus avoir de jambes ou alors je ne les voit pas.
Tout l’avant de l’avion est écrasé et compressé, je me trouve en queue, c’est la première fois et même si je n’étais pas contente de cette place, car pas très loin des toilettes, elle m’a apparemment sauvé la vie.

Je suis assommée mais je vois encore des scènes atroces autour de moi,

« Samuel, Samuel bouge toi, aller bouge toi il faut qu’on sorte de là… » Samuel que je secoue comme un prunier ne répond toujours pas, je m’aperçois à ce moment qu’il a l’accoudoir droit rentré dans la poitrine,  Je me mets à hurler à pleins poumons et ensuite à pleurer.

Le gros  monsieur ne bouge pas lui non plus mais il est vivant, il ne parle plus recroquevillé sur lui-même, la tête dans les mains il sanglote.
 
Je voudrais partir mais prise en sandwich par le siège avant et le siège arrière je ne peux pas faire un seul mouvement. J’ai repris la main de Samuel, je ne peux m’empêcher de  la tenir dans la mienne sa petite main mais je sens qu'elle devient de plus en plus raide. Je lui parle encore, doucement maintenant, comme si je ne voulais pas réaliser qu’il était mort.

« Dieu tu ne m’a pas entendue. Tu n’a pas permis à cet enfant de revoir ses parents ». Je hurle à nouveau, contre Dieu, contre le Pilote, contre cet avion de m… qui devient le cercueil de centaines de personnes.

Puis on commence à réaliser que nous, nous sommes vivants et que nous devons sortir le plus vite possible de cet avion qui peut-être va exploser d’un moment à l’autre.

Les 2 hôtesses et le Stewart hagards mais encore vivants commencent à organiser la descente des passagers hors de la carcasse de l’avion… Ils jettent un toboggan gonflable et extirpent les premières personnes valides.

Deux petits vieux ne veulent pas bouger se serrant l’un contre l’autre ils chantent en polonais me semble t-il. Scène aberrante… deux femmes se déshabillent semblant possédées, elles tournent sur elles-mêmes en se donnant la main. 
 
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:46 par chalala »
Réponse #3 Ven 28 Sep 2007, 18:13
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  Des enfants pleurent et d’autres rient, le choc sûrement, chacun le vit à sa manière.

Nous ne verrons pas le commandant ni son co-pilote, Monsieur Lecointre a fait pour le mieux, Monsieur Lecointre est resté assis sur son siège comme son co-pilote, ils n’ont pas abandonné le navire…  Ils ne l’abandonneront pas, prisonniers des tôles venues s’encastrer, le nez de l’appareil est arrivé à la moitié avant de l’avion.

Je ne peux toujours pas me lever et je me rends compte que je ne vais pas pouvoir rester là… coincée entre deux sièges, d’un enfant mort à ma droite et d’un gros bonhomme à ma gauche, qui lui, semble vouloir ne plus faire un seul mouvement.
Moi non….. Je ne veux pas terminer ici, je veux sortir, la nausée commence à me monter au bord des lèvres,  si je ne bouge pas là… maintenant je vais dég…… sur moi, sur lui, sur l’enfant et ça je ne peux pas le faire.

Je commence doucement à enlever la main de Samuel de la mienne, j’ai du mal à bouger mon bras, il semble ankylosé, je m’arc-boute des deux pieds sur le siège avant et je pousse de toutes mes forces. Devant et derrière moi il y a deux corps pliés en deux, sont-ils vivants ou morts je ne sais pas encore… Toujours est-il que je pousse encore et encore et que soudain le corps devant moi s’écroule et le siège tombe dessus. La femme que je découvre à ce moment est complètement défigurée, je n’écrirai pas les détails tellement c’est horrible, mais je me mets du coup à vomir sur elle, je me dégage le plus vite que je peux et me glisse dans l’allée de gauche, tout du moins ce qu’il en reste.

Avant d’atteindre le hublot qui a explosé et de pouvoir sortir je trébuche encore et encore sur des corps, le pire à supporter ce sont les corps d’enfants, ils étaient sensés se trouver au début des sièges, dans des berceaux bébés et les voilà là… à la queue de l’avion, petit corps sans vie.
« Dieu tu ne m’as pas entendue » à l’instant présent je te hais….

Soudain un homme agrippe mon bras, il me demande où est sa fille, elle est blonde me dit-il, elle a 6 ans et s’appelle Claudie !
« Claudie je crie… Claudie où es-tu, aller réponds ton papa est là il te cherche…. Aller dit où tu es » ?

J’entends une toute petite voix, qui pleure à deux mètres de là, allongée sur 2 sièges elle est là, toute belle pas blessée juste un peu sa jolie petite robe rouge déchirée, mais elle est là… je la prends dans mes bras, je ressens à ce moment une douleur au creux des reins, mais j’attrape Claudie et la conduis près de son père. Il pleure très fort à cet instant serrant sa petite fille dans ses bras, je verrais plus tard que la petite fille est toujours dans les bras de son papa mais qu’elle ne l’entend plus.

L’horreur s’accumule, l’insoutenable devient encore plus insoutenable, l’odeur aussi devient de plus en plus forte, odeur de sang d’urine, de vomis, tout se mélange et la chaleur amplifie encore plus le malaise. Je cherche à nouveau à atteindre le premier hublot que je vois mais chaque fois un nouveau corps me gêne. Je sens que je vais friser la crise d’hystérie à mon tour et c’est intolérable pour moi … alors je demande à un jeune homme de me mettre 2 paires de claques,  Ce qu’il fait sans se poser de question. Ce geste a le don de me remettre les idées en place.

Je réagis alors en quelques minutes, tout ce temps à regarder, à sentir à essayer de me dégager m’a épuisé, il faut maintenant que je bouge et pas pour rien… Je ne sais pas où en sont les gens qui descendent tant bien que mal, certains sont gravement blessés mais ne veulent pas laisser leur famille, même morts ils s’accrochent à eux ne comprenant pas que de toute façon ils vont devoir les abandonner.

Je suis maintenant pratiquement à hauteur du hublot mais je m’aperçois que je ne pourrais pas sortir par-là, même s’il est éventré  je ne pourrais pas passer. Il me faut retourner sur mes pas et atteindre une porte, vite… très vite….

Je reviens vers le papa et sa petite fille, les deux ont quitté cette horreur, la mort les emporté. Je fais un rapide signe de croix et avance encore, lentement car je ne peux pas marcher sur les corps alors j’enjambe, posant un pieds en tatonnant après l’autre, je n’y vois rien car cette partie de l’avion est complètement sombre, le toit de la première moitié est arrivé quasiment sur la seconde et des gens se trouvent enchevêtrés les uns sur les autres. On dirait qu’un énorme bulldozer ou rouleau compresseur est passé par-là.

Une nouvelle nausée me remonte, je porte ma main à la bouche et je me mets à avancer en fermant les yeux, un mètre, puis deux puis trois, je continue entrouvrant à demi les paupières… juste pour deviner le chemin qui me conduira à l’extérieur de cette horreur.
 
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:47 par chalala »
Réponse #4 Dim 30 Sep 2007, 05:52
Chalala
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Un homme porte une jeune fille dans ses bras, sa femme sans doute, elle ne vit plus elle non plus mais l’homme ne veut pas la laisser là. Il me dit qu’ils viennent de se marier et que c’est leurs parents qui avaient payé le voyage de noces. Noces blanches, noces de larmes, noces noires,
qu’adviendra t-il de ce beau jeune homme ? Pourra t-il oublier sa femme morte un 28 août 2007 dans le crash de l’avion qui les ramenaient de leur voyage de noces ? Noces blanches, noces de larmes, noces noires….

« Dieu tu ne nous entends donc pas » ? ...

Je continue d’avancer péniblement et ce sont 3 jeunes filles qui se tiennent l’une à l’autre, trois amies qui pleurent… serrant contre elles leur petit sac d’étudiantes. Dedans sûrement encore un doudou, une poupée ou la photo de leurs premières amours… L’une d’elle sort un portable, elle parle à son père pouvant à peine prononcer des phrases cohérentes, elle dit des banalités, « oui je vais bien, Cathy aussi, où nous sommes ? On sait pas ! Sur une forêt, où, j’en sais rien »… et puis plus de batterie, le téléphone qui vole en éclats et la jeune fille devient à son tour hystérique… tenue par ses deux amies.

Et les gens continuent de défiler sous mes yeux,  Je deviens de moins en moins sensible, cette horreur semble presque naturelle.

"Comment en si peu de temps peut-on s’habituer au sang, aux corps déchiquetés aux cris, aux puanteurs" ?
« Comment peut-on si vite s’habituer à tout cela » ?

Je pleure à nouveau et je ne peux même pas essuyer mon visage car mes mains sont maintenant rouges de sang, je les regarde je les frotte sur mon pantalon mais le rouge ne part pas, il est déjà sec,

Encore quelques pas et je serais dehors, je pourrais respirer, regarder le ciel, sentir  l’odeur des arbres, de la terre, encore quelques minutes et j’y serai.

"Aller ma fille, bouge toi, regarde tu n’as plus que quelques mètres à faire… aller courage tu as franchis le pire maintenant tu vas vers le meilleur…. Aller ma fille avance » !
J’ai avancé, encore quelques mètres et j’y suis, enfin… enfin je vais découvrir les gens qui nous attendent pour venir nous soigner, nous réconforter, mais là je vois rien, le ciel oui tout bleu, la chaleur oui, étouffante, les gens oui … ceux qui sont descendus de l’avion comme moi… et puis… et puis, des arbres, de l’eau et pas une seule habitation…..

« Mais où sommes nous » ? C’est pas possible ça ? où sommes nous, je hurle, je cours maintenant droit devant moi puis je m’écroule à bout de souffle, à bout de nerfs, je suis là allongée sur le sol, du sable chaud, trop chaud, brûlant…..
Je hurle encore « mais où sommes-nous » ?

Je reviens sur mes pas, mes mains se tordent dans mes poches, je crache par terre, je crache au ciel, je crache à Dieu qui ne m’a pas entendue….

Ainsi va commencer pour moi, pour tous ceux qui ont survécu au crash les heures, les jours, les semaines d’angoisse, sur une île perdue au milieu de nulle part. Tous perdus, perdus de leurs familles, perdus dans leur tête, perdus tout court….

Comment sommes-nous arrivés dans cet endroit, nous étions en route vers Paris pour ma part, alors comment sommes-nous arrivés sur une île ? faudra vraiment qu'on m'explique le bins.....je suis épuisée je voudrai dormir... faire une vraie cure de sommeil que personne vienne me déranger... mais je suis là, perdue sur une île que je ne connais pas, avec des blessés, des morts, des survivants tous aussi apeurés que moi...   

Dieu tu es où... bordel  tu fais quoi ? fais nous un signe, envoie nous le messi ou  n'importe quel secours, mais nous laisse pas crever tous là.... Mon Dieu aide-nous"! 
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:49 par chalala »
Réponse #5 Lun 01 Oct 2007, 01:38
Chalala
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  Nous sommes une trentaine de personnes maintenant là hébétées devant les restes de l’avion, il n’a pas pris feu au sol, il a le nez complètement enfoncé dans le sable la queue se retrouve en l’air et lorsque je regarde l’ensemble je commence à penser que nous avons eu une sacrée chance de nous en tirer.

Nous devions être 250 passagers si je me souviens bien et nous voilà à 38 dont 5 vieillards impotents, 3 enfants très jeunes, 10 hommes et 20 filles ou femmes. 38 survivants pour le moment, combien d’autres vont encore mourir de leurs blessures, de chagrin, de désespoir.

« Vite qu’on vienne nous chercher » !

A peine sur le sol que certains partent explorer les alentours, nous ne les reverrons pas de la journée. Puis un autre groupe se décide à explorer pour s’abriter loin de l’avion, nous ne les voyons pas revenir non plus… Ce qui fait que nous nous retrouvons ensuite tous plus ou moins éparpillés, aucune cohérence ne se met en place et personne ne veut ou ne peut faire le chef…

Je prends mon sac à doc et ma petite valise à mains et je pars à la recherche d’un endroit loin de l’avion pour pouvoir me laver grossièrement et me reposer à l’abri de cet avion qui je le sens va hanter mes nuits pendant pas mal de temps.

Je repère un petit trou dans une clairière et entourée d’arbres assez touffus, je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un ce soir, alors je me dirige vers ce qui sera et qui deviendra MON trou, je m’affale sur mon sac, j’enlève mes chaussures que j’attache à mes chevilles et je plonge dans le plus profond sommeil.

28 août 2007  dernier jour d’une vie normale et mon 1er jour sur l’Ile des survivants….

Je tiendrai ce journal au jour le jour, tout du moins tant que j’en aurai la force, afin de ne rien oublier, afin de ne pas terminer folle, afin de ne rien perdre de ce qui nous attend, afin de témoigner et de prouver peut-être qu’on peut peut-être survivre en milieu hostile.

Voilà plusieurs semaines que je suis maintenant dans cet endroit de m…. Je ne pouvais pas écrire, l’angoisse me tordant l’estomac chaque jour et ayant peur de mettre des mots sur mon petit calepin, je dois aussi prendre des photos. J’ai un canon numérique et profitant de mon dernier voyage en Chine, j'avais acheté des cartes mémoire, beaucoup moins chères qu’en France… encore le miracle de la technologie, je pouvais prendre des milliers de photos avec ce petit appareil.

Voilà pour ce soir, il faut que  j'essaye de dormir dans mon trou il fait nuit, il est 22 h 30
La nuit fut chaotique, souvent réveillée par des bruits, des cris, des bruissements à mes côtés, je sortais d'un cauchemar pour entrer dans un autre.

5h30, je suis réveillée par ma montre qui vient de sonner… nous sommes le 23 septembre 2007 jour de mon anniversaire.

Cette date fut un point de repère pour moi car ma montre avait sonné marquant « anniversaire Magda »… à nouveau le miracle de la technologie, ainsi je pouvais me souvenir au moins de çà… une date ....
Cela faisait donc 19 jours que j'étais sur l'ile, 19 jours que je vivais ou plutôt je survivais.
Si je savais l'heure au jour le jour, les dates semblaient ne pas vouloir s'imprimer dans mon cerveau. Cette sonnerie me ramenait à la réalité momentanément......
 
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:50 par chalala »
Réponse #6 Ven 05 Oct 2007, 03:25
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 Si on considère que je suis vivante j’ai de la chance, si on considère que je suis perdue sans nourriture et rien du tout sur une île déserte, comment considère t-on cela ? « happy birthday Magda » et dire que tu voulais partir au mois de septembre tu aurais mieux fait ! Pas vrai ?

« Aller Magda, il faut que tu écrives, il faut que tu laisse au moins quelque chose  derrière toi »
Petit à petit les mots viennent noircir le papier. Je me concentre et décide de remonter le fil du temps ma sortie de l’avion il faut que je me rappelle ma sortie de l’avion.
Ainsi va démarrer mon journal « et si je survivais » ?
Pour reprendre jour après jour ma survivance, il faut aussi que je me donne une certaine rigueur donc je commence à partir de ce premier jour.

Je remonte le temps péniblement, ma mémoire ayant comme effacé le crash, je dois faire un gros effort pour me projeter 19 jours avant.
Par ailleurs, j’ai l’impression de ne plus trop être dans un monde réel, ma tête me fait de plus en plus souffrir depuis quelques jours. Ces foutues migraines qui m’ont fait mal il y a plusieurs années.
Au bout de quelques minutes j’arrive enfin à coucher ces premiers mots :

1er jour  mes premiers pas hors de l’avion.
Encore quelques minutes et mon crayon gratte sur le calepin.

Je suis maintenant hors de cet avion maudit, il me reste encore deux petites valises dans la soute, il faut que j’aille les récupérer. La migraine cogne, j’ai envie d’arrêter… déjà…

« Non Magda, aller fait un effort, replonge toi dans ce premier jour »

La vision s’impose comme une réalité, j’y suis….

Je repousse une jeune femme qui est visiblement une habituée de drogues, ses bras sont hyper piqués son chemisier arraché laisse voir les anciennes piqûres et ses yeux restaient hagards. Je l’avais remarquée déjà dans l’avion au moment où j’étais passée devant elle pour m’asseoir.

J’ai malheureusement une certaine habitude de ces jeunes gens abimés.
Dans ma vie … (avant le crash), je m’occupais de personnes en phase terminale de cancer et participais à aider les jeunes en mal de reconnaissance. Cela passait par de jeunes drogués, alcooliques, enfants en désaccord avec leurs parents… etc…
donc pour en revenir à cette jeune fille, je savais qu’elle pouvait à tout moment « pêter » un plomb, normal me direz-vous dans la situation où elle se trouve !!! Mais je ne pouvais pas m’apitoyer sur elle, plein de gens, dont moi,  étions dans la même galère à l’instant même.
Elle commençait à s’énerver et pour la faire lâcher prise je lui retournais une bonne gifle. Le moment de stupéfaction passé, elle se mit à genoux et entreprit de frotter le sol avec son visage… Je l’avais bien dit qu’elle allait « pêter » un plomb ….
Je m’éloignais rapidement, je voulais me retrouver seule, loin de tous ces hurlements, loin de toute cette horreur, loin de ces odeurs de plus en plus écœurantes.
Je fis le tour de ce qui restait de l’appareil, croisant des hommes et des femmes, qui comme moi cherchaient les soutes.
Ces personnes semblaient plus calmes et je demandais si elles avaient pu trouver leurs bagages.
« Oui « me répondit une femme d’environ 50 ans, « mon mari est dans une des soutes, il cherche tout ce qu’il peut trouver, attendez,  il va sortir vous lui demanderez s’il voit les vôtres »…
« Merci madame » je veux bien essayer  de l’aider  aussi"
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:51 par chalala »
Réponse #7 Sam 06 Oct 2007, 00:12
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   « Je vous le déconseille «  me répondit-elle… « Il y est allé une première fois et des morceaux d’avion tombent de partout, il dit même qu’une odeur de kérosène empeste où il bouge »
La sagesse voulait bien entendu que j’attende ce brave homme qui se dévouait pour sortir tout ce qu’il pouvait.

Effectivement en m’approchant de l’ouverture, je vis une nappe de carburant dégouliner sur le sol, il fallait faire très attention.  L’homme apparu, la cinquantaine lui aussi il semblait épuisé et apparemment l’air était irrespirable là-dedans car il avait du mal à parler. Il jeta des dizaines de bagages loin de la soute et je récupérai ma toute petite valise.

« Désolé me dit-il, il n’y a plus rien maintenant, le reste je ne peux pas y accéder, je viens de recevoir un morceau de tôle sur le bras, je ne peux pas aller plus loin », il s’excusa encore une fois et s’écroula sur le sol, il avait l’avant-bras doit ouvert et saignait abondamment.

Je ne pensais même pas à cet instant à prendre des vêtements dans une des valises ouvertes, certes l’esprit de non propriété m’en empêchait mais, à la réflexion je me dis que peut-être certaines personnes n’avaient plus besoin de leurs bagages.
Je ne retournais pas pour autant à la soute et avec mon sac à dos et ma petite valise. Je me mis en marche à l’opposé de l’endroit où était tombé l’avion.

La nuit tombait et il fallait trouver un coin pour dormir, « pourquoi ne restes-tu pas dans l’avion me dis-je »  je me surpris à répondre tout haut :

« ben avec ces odeurs, ces cris et l’avion qui peut crâmer, tu ne crois pas que je vais rester là »…

« Ho la la pensais-je voilà que je commence à dérailler ». Bon ! Toujours est-il que je marchais, je marchais comme pour échapper à toutes ces visions. Je ne sais combien de kilomètres j’ai parcouru quand je vois une sorte de trou dans la roche. « Voilà ça fera l’affaire pour moi… je vais me reposer là »

Dans mon sac à dos j’ai le nécessaire de survie de toute bonne routarde, je suis bien contente de penser à tout chaque fois que je pars à l’aventure.  Dans la petite valise, tout ce qui ne peut pas aller dans l’avion :
2 briquets,
1 lampe de poche
des allumettes,
du papier qui s’enflamme correctement, se consume très doucement (en fait, il s’agit de prendre du papier glacé  trouvé dans l'avion et du papier journal, de faire une torche avec les deux et de brûler un petit morceau de papier journal qui dépasse et qui enflammera l’autre papier mais qui lui brûlera très lentement)…
astuce utilisée au Sri Lanka lors d’un périple où je me suis retrouvée chez les tamouls….

La seconde valise que je n’ai pas récupérée contenait principalement des vêtements, des cadeaux, des souvenirs de ces vacances inoubliables… ben voyons… pour inoubliables elles le seront….

Je cherche quelques brindilles sèches (pas difficile avec cette chaleur, pas un poil de vent et pas une once d’humidité), je dispose mon papier tournicoté, des petites brindilles et des herbes sèches dessus, des aiguilles de pins et j’enflamme le tout, une fois bien pris je dispose quelques branches plus grosses pour terminer par des branches ayant la taille  de jeunes troncs.

Mon feu est bien pris, de plus il permettra aux autres de me localiser. Je sortais maintenant un couteau suisse, une petite boîte de pâté à ouverture facile… ça aussi faut y penser quand on voyage… et 1 tranche de biscotte, (léger, sec et nourrissant)… Une mini-canette (également à ouverture facile) vint terminer mon 1er repas.

Il était 22 h, cela faisait maintenant  5 heures que nous nous étions crashés
J’avais peur mais épuisée je m’endormis sans problème…


 

   
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:52 par chalala »
Réponse #8 Sam 06 Oct 2007, 00:23
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    2è jour après le crash
Ma montre indique 6 heures quand je me réveille le soleil chauffe déjà et il fait grand jour. J’ouvre à peine les yeux, j’ai froid, mal partout, mais je m’étire. Je somnole encore quand j’ai l’impression de sortir d’un rêve, ou plutôt d’un cauchemar, j’étais dans l’avion qui me ramenait vers Paris et je me suis crachée… Non ce n’est pas possible je suis dans un cauchemar… je sens des larmes couler sur mes joues et des hoquets soulever ma poitrine, je peine à me réveiller complètement.
Je cherche à me rendormir quand soudain je sens l’odeur du feu, je me tourne, le sol est dur sous moi. C’est alors que je réalise que je suis bien sur une île inconnue, que j’ai froid, que je pleure et que je ne suis pas dans un cauchemar mais bien dans la réalité..
Je me dresse d’un bond, j’ai peur tellement peur….
Je regarde autour de moi, rien ni personne. Ce n’est pas vrai me dis-je ! mais je suis où là… je suis où…. Je crie du plus fort que je peux mais pas de réponse.
Machinalement je remets des branches sur le feu, les braises sont encore bien rouges et instinctivement je me dis qu’il ne faut pas que le feu s’éteigne. Ko Lanta, je me remémore Ko Lanta, c’est bête mais je les ai vus faire ça dans cette émission de télé, il fallait qu’ils gardent le feu, moyen de survit, mais aussi moyen de manger…
Regardant  à nouveau autour de moi puis  je me souviens de tout, du vol, de mon départ de Montréal, des émissions qui repassaient en boucle dans l’avion, de l’enfant Samuel à côté de moi à droite, puis de ce gros monsieur à ma gauche. Qu’est-il devenu lui ? C’est idiot pourquoi je pense ça ?

Et Samuel pourquoi est-il mort, lui, si jeune, si seul à ce moment… « Dieu … tu ne m’as pas entendue »…. Des larmes coulent encore plus sur mes joues, je deviens glacée et j’ai encore cette peur qui me tenaille l’estomac…

Je tourne autour du feu, je regarde mon sac,  je sors mon couteau suisse, une biscotte et un carré de chocolat. Instinctivement je me restreins, je sais à cet instant que je devrai économiser le moindre petit morceau de nourriture.
Par chance j’entends à quelques minutes de là un clapotis, de l’eau, il y a de l’eau…. Oui un mince filet coule le long de la paroi rocheuse.  Je ramasse un coquillage de la grosseur d’une noix de coco, le lave sous la source et le remplit à moitié. Je sors de mon sac un petit sachet de boisson hyophilisée, certes ce n’est pas le top du café au lait du matin mais c’est toujours mieux que rien.
J’en ai 25, à un par jour, je tiens 25 jours sur cette saloperie d’île. Avec mes 40 sachets de thé, mes 25 biscottes et mes 3 plaques de chocolat noir à 80% cacao, je peux tenir au moins 15 jours .sur et 25 jours au plus. Quelques sachets de sucre en poudre viennent s’ajouter à ma réserve ainsi que 10 pierres de sucre morceaux.
Bon à ce régime là je vais sûrement perdre mes 5 kilos de trop. C’est idiot mais à ce moment précis je me dis que quelques bardes de lard en plus sur mes hanches m’aideraient certainement à tenir un peu mieux le coup. Quoi que !!!!
Bon la peur commence à lâcher prise, je raisonne concrètement et je sais que je ne dois pas céder à la panique. Je ne pense même pas aux personnes du crash, je décide de rester là pour cette deuxième journée.

Je dois m’organiser surtout, je commence à vider mon barda afin de faire le point de ce que j’ai pour affronter cette mauvaise situation :
Inventaire :
•   Sac de couchage  de survie  très utile et ultra léger  66 gr. (je souris, le poids m’avait décidé à l’acheter)
•   1 couteau suisse
•   2 bougies en cire naturelle, 3 fois + de durée, environ 10 h chacune
•   1 trousse de 1er secours avec tout ce qu’il faut pour toutes interventions
•   1 boussole
•   1 appareil photos  numérique, 3 cartes mémoire 512, 3 batteries
•   1 lampe torche et 4 piles
•   1 trousse de soins (5 shampoings, 5 gels douche, crème hydratante, ect…)
•   1 gros calepin (sur lequel j’écris actuellement mon journal) et 6 crayons mine (récupérés chez Ikéa et oui y a pas de petites économies)
•   1 tél portable, malheureusement pas performant point de vue durée batterie, il me lâchera 1 h après mon départ de Montréal.
•   Vêtements : 2 pantalons, 1 pull,  un tee shirt, 1 sweat, 4 dessous, des socquettes, 2 paires de chaussures, (pataugas et escarpins)
•   Quant à la nourriture j’en ai parlé plus haut
.

Voilà donc ce dont je dispose pour mon séjour imprévu.

Je commence à me remettre de mes douleurs physiques, et je me félicite de réfléchir à ma survie dans cet endroit qui, même s’il est superbe, n’en est pas moins perdu et hostile.

Je m’étonne également de ne pratiquement pas penser aux autres… ceux de l’avion ! Les vivants, les morts, tout cela semble maintenant bien derrière moi. Certes j’ai encore des visions d’horreur par moment, mais qui n’en aurait pas ?

Par contre les nuits sont peuplées de cauchemars qui me hante, cauchemars qui me réveille en sueur et hurlant comme une bête.

La journée s’écoule petit à petit alors que je suis toujours en pleine réflexion. C’est à peine si je m’aperçois que la nuit tombe à nouveau.

Le soleil est maintenant au plus bas et sa couleur rouge orangée, enveloppe l’horizon. Si je n’étais pas dans une telle situation je pourrais me dire que je suis en vacances sur une île paradisiaque
.


Edit Lline pour rectification balises
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 18:57 par chalala »
Réponse #9 Sam 06 Oct 2007, 00:34
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   Les oiseaux se taisent, quelques bruits au loin, quelques bruissements de feuilles et le soleil qui disparaît soudain complètement me surprennent.
La nuit devient aussitôt très noire, le vent se lève, il est chaud. Mon feu est toujours aussi actif mais j’ai oublié de faire ma réserve de bois pour la nuit.
Ma lampe torche fonctionne encore bien et ma réserve de 4 piles me permettra de tenir le coup si je la ménage.
Je repère vite quelques branches à sa lueur et aussitôt je l’éteins. Je place le bois tout de suite sur le feu encore bien rouge ce qui me permet de voir correctement autour de moi.
Je sors une demi-biscotte et 1 demi-carré de chocolat avec un peu de boisson aromatisée ça fera l’affaire pour ce soir.
Je n’ai pas très faim de toute façon.
Dans la journée j’avais préparé un lit de feuilles et à l’abri dans ma petite grotte, je ne me sentais pas en danger.
Par sécurité j’avais placé mon sac en hauteur, accroché par la sangle à un arbre, dedans mes vêtements et toutes les choses nécessaires aux soins, dans la valise également crochée à une branche par la poignée, tout le reste de mes affaires.. Sait-on jamais ? Au cas où j’aurais de la visite animalière il vaut mieux préserver mes rations.

Alors que je m’installais dans mon duvet pour la nuit ma 2ème sous les tropiques (et oui il vaut mieux en rire)… j’entendis des cris au loin.
Je me dressais d’un bloc, prise de panique. Alors que je ne pensais presque plus à rien, me revinrent devant les yeux tous les corps abîmés et ce cri me ramena brutalement à la réalité. Je me mis à pleurer et je sentis soudainement le froid m’envahir.

« Non me dis-je, ne panique pas, ne pleure pas, il fait chaud frotte-toi un peu les bras et les jambes mais ne panique pas »…
Ce n’était pas facile de faire abstraction de la situation et même si je voulais me rassurer  je savais que je pouvais céder à chaque minute à l’angoisse.
Je regardais ma montre, il était minuit 30
La nuit m’enveloppa et je m’endormis à nouveau comme une souche.


3ème jour  sur l’île : l’angoisse dès le petit jour

Le soleil me réveille,  il est haut et chaud comme la veille, 8 h30 marque ma montre.
Je m’étire comme si je sortais de mon lit et là, je m’écroule, je pleure à gros sanglots, je me mets à hurler. Que m’arrive t-il ? Je pense que je subis le contre coup du crash, mais pourquoi ce matin, pourquoi au réveil ?

« Non ma fille il ne faut pas, tu vas devenir dingue autrement… aller secoue-toi, réagis » ?
Mon dos me fait très mal, mes articulations sont raides et ma tête ressemble à une pastèque… j’ai l’impression qu’on me cogne à coups de marteau. Le moindre mouvement me donne la nausée et  alors que je me lève péniblement je suis prise de vomissements.
Je me tort de douleurs mon ventre on dirait qu’on enfonce des pointes dedans, mes épaules semblent ne pas vouloir se redresser et mes doigts sont tout noués.
« Mon Dieu que m’arrive t-il ? Non il ne faut pas que je sois malade je ne survivrais pas » !

Ma mâchoire devient toute raide, c’est alors que je comprends que je fais une crise de tétanie. Vite du sucre, je m’avance péniblement vers ma valise pour attraper rapidement 1 morceau de sucre, j’ai également de l’alcool de menthe dans ma trousse de secours, j’en verse 1 goutte et je me détends.

Je sais que ça va passer mais dans cet endroit l’angoisse est plus longue à se dissiper, à nouveau les images du crash s’imposent, à nouveau je sens la sueur couler dans mon dos et les larmes venir sur mes joues…

 « Non Magda, sois raisonnable, tu dois te ressaisir »

J’essaie de me calmer, c’est tellement difficile,  je pense à ma famille, à mes amis, à tous ceux qui ne savent pas que je suis vivante, certes mal en point, mais vivante. Je me mets à le crier

« Je suis vivante, je suis vivante, je suis vivante »

Mes dents claquent, pourtant il fait très chaud, la mâchoire se resserre à nouveau…
« Non me dis-je, il faut te détendre » « pense à Montréal à tes amis à ce beau voyage que tu as fais avant (d’atterrir) ici » !
Oui le voyage était beau et même superbe….. Je m’allonge complètement sur mon lit de feuilles et mon duvet, je regarde le ciel, il est immensément bleu, sans nuage avec le soleil qui brille fort, tellement fort…

Je me remémore mes vacances avant le crash ça va certainement me calmer.
Nous sommes le 10 août lorsque je pars de ma Normandie pour Paris et l’embarquement vers Montréal…
Mes amis m’attendent à l’aéroport. 2 ans que nous ne nous sommes pas vus. J’ai bien hâte de serrer dans mes bras ma petite sœur de cœur Louise et son époux Daniel. Ils habitent Québec, et deux ans auparavant c’est eux qui étaient venus en France.
Mon arrivée était très attendue et c’est dans les bras l’une de l’autre que nous sommes tombées Louise et moi. Pleurant, riant, parlant toutes les deux en même temps. Quel bonheur !
1 semaine à jaser comme ils disent là-bas, 1 semaine à magasiner,  visiter, se promener. Nous avons même fait notre baptême de montgolfière ensemble ! Quel bonheur ! Nous n’en pouvions plus de parler, nous avions tellement de temps à rattraper, à nous serrer dans les bras à nous bécoter, c’est comme çà aussi qu’ils disent là-bas ! Je lui avais appris à faire du serviettage, elle voulait tellement que je lui montre.

Notre planning était chaque jour mis au point par ma petite sœur, elle voulait tout faire avec moi, m’emmener partout, mais une semaine c’est tellement court. Elle avait pris une semaine de « congé spécial » pour être avec moi. Travaillant au gouvernement ce n’était pas chose facile de se libérer. Quant à son mari, Daniel, il travaille dans le cinéma et tournant sur une grande saga canadienne, il ne pouvait pas du tout avoir de repos.

La semaine fut bien trop courte, elle reprenait le travail et moi je partais pour 10 jours de découvertes à l’aventure. Les  villages indiens, le St Laurent avec ses baleines, Métabechouan, puis St Jacob village de hamish, vivre quelques jours comme eux, sans modernisme, cultivant la terre faisant tout de leurs mains…. 
Je voulais faire tout cela en routarde d’où mon équipement de survit.
C’était la deuxième fois que je venais au Canada et chaque fois je découvrais des endroits différents, plein de charme, modernes ou anciens.
J’avais fait la majeure partie de mon périple et déjà il fallait songer au retour…. 28 août 2007  je m’en rappellerai !

J’étais revenue au Québec pour mon retour vers Paris, prenant l’avion à Montréal, je passais encore une journée avec mes amis, dîner en famille puis dernières embrassades et le départ était arrivé.

Sur la route qui allait bientôt me séparer d’eux je pleurais, ne pouvant retenir mes larmes de tristesse. La séparation allait être tellement difficile. Nous savions ma petite sœur et moi que nous devrions attendre encore au moins deux ans avant de nous voir.
En effet, l’année suivante c’est à dire en 2008 j’ai prévu de partir en Indes, donc nous ne nous verrons pas.
Les minutes défilaient à une vitesse folle et je voyais déjà les avions au-dessus de Montréal, mon vol était programmé pour 15 h 30... Pourquoi a-t-il fallu que je sois dans ce foutu vol ?

14 h nous arrivons dans le hall, l’enregistrement de mes bagages est fait il n’y a plus qu’à partir. Un petit détail aurait pu faire que je ne parte pas ce jour là ! En effet mon billet de retour était en fait celui de départ de Paris, je ne m’en étais pas aperçu avant de le tendre à l’hôtesse d’accueil. Il y avait eu inversion à mon départ à Paris.
Ce  n’est pas possible de partir avec ce billet m’avait elle dit alors : il faut que vous alliez au contrôle le faire valider, mais dépêchez-vous l’avion va décoller dans 30 mn.
Me presser… comme si que j’avais envie de me presser, j’allais laisser ma petite sœur pour deux ans et elle croyait que j’avais envie de courir pour la quitter. J’allais quand même  au contrôle et là pas de file d’attente, mais des employés pas pressés du tout eux… ils me laissent poireauter quelques minutes, puis s’apercevant que j’attends, j’ai les yeux rougis déjà de bien avoir pleuré, ils me demandent ce que je veux :
« Simplement faire valider mon billet  il y a eu une erreur à mon départ ». « Ok donnez » ?  Il jette un rapide coup d’œil à mon passeport, au billet, à ma tête, assène un gros tampon sur le billet et me le tend.

« Dépêchez-vous  maintenant le vol est déjà prêt à partir »

« Ben voyons lui dis-je ce n’est pas moi qui ai fait l’erreur »

Pourquoi je n’ai pas traîné d’avantage ? Pourquoi je ne suis pas restée dans les bras de ma petite sœur plus longtemps ? Pourquoi suis-je partie ?

Plein de derniers bisous à ma petite Louise, à mon bon Daniel et les pleurs qui redoublent, nous ne pouvons plus nous arrêter de pleurer, mais il faut nous séparer et c’est Daniel qui retient une dernière fois Louise pour l’empêcher de courir vers moi, pourquoi ? Pour me retenir, pour m’embrasser une dernière fois… Je ne sais pas ! Et pourquoi avions-nous tant de mal à nous quitter ?

"Ho ma Louise, si j’avais su je serais restée dans tes bras".

C’est à ça que je pense quand je me rends compte que je suis sur l’île ? Chaque fois j’ai besoin de me remémorer l’endroit où je suis.
   
« Dernière édition: Jeu 20 Déc 2007, 00:10 par Lline »
Réponse #10 Sam 06 Oct 2007, 00:46
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     Une Île déserte avec un avion crasher à quelques km de là, avec des vivants, des morts, des blessés, avec moi… ici qui pleure, qui sent que je vais mal, tellement mal !…

Je me lève à nouveau et je vais chercher un comprimé de calmant dans ma trousse de secours.  J’ai des calmants, des somnifères et mes médicaments pour la circulation sanguine (j’ai fait une triple thrombose un an auparavant), la thyroïde et le cholestérol. Et oui je suis gâtée, mais ça ne m’a jamais empêché de voyager.
 Je prends donc un calmant, ça devrait m’aider, ce soir je prendrais un comprimé pour bien dormir si je fais trop de cauchemars.

J’attends quelques minutes je prends un thé chaud avec le cacheton (le coquillage me permet maintenant de chauffer de l’eau sans avoir de goût salé), j’ajoute du lait en poudre (15 sachets constituent ma réserve) et je bois tranquillement mastiquant longtemps ma ½ biscotte et un carré de chocolat.
Mon régime ne change guère, vous aller vous habituer à m’entendre dire ce que je mange chaque jour : thé, biscotte, chocolat, pâté et cannette de boisson énergétique. Et 1 comprimé pour me calmer, 1 pour dormir, 2 pour les thromboses, 1 pour la thyroïde et 1 pour le cholestérol… voilà mon menu journalier. Je ne reviendrais pas sur ce sujet inintéressant.

Si Dieu m’a laissée en vie ce n’est pas pour me l’ôter maintenant pas vrai ? C’est ce que je me dis en reprenant des forces et du moral.

Il est 15 h à ma montre quand je commence à faire surface.

« Aller ma fille tu dois aller voir un peu ce qui se passe là-bas « ?

J’avais entendu un cri la veille au soir mais le manque de courage m’avait empêché  d’aller voir ce qui se passait.

Maintenant je me décidais à y aller. Toutefois je ne pouvais pas laisser mon camp comme cela. Je devais camoufler mes affaires et garder un peu de braise à l’abri pour rallumer mon feu en revenant. Mon sac ! Était-il nécessaire que je le prenne ? Je ne savais pas encore, j’hésitais.

Je choisis de le laisser là bien à l’abri dans la grotte, de bien tout boucler et de l’envelopper dans de grandes feuilles de palmier afin que l’odeur des victuailles n’attirent pas les animaux ou les hommes….
Une fois terminé, je me dirigeais vers l’avion espérant me rappeler le chemin que j’avais pris.

Pour m’aider, j’avais séparé des lianes mises bout à bout et j’entourais des trocs d’arbres de cette ficelle comme un fil d’Ariane.
Je n’étais pas sure de retrouver mon campement donc je prenais mes précautions. Pas bête la fille n’est-ce pas ?

Je trouvais les lianes au fur et à mesure sur le chemin, toutefois, j’avais l’impression de faire beaucoup trop de route et de ne pas être dans le bon sens. Ma petite mémoire et mon mauvais sens d’orientation ne m’aidaient pas pour cette épreuve.

Je continuais néanmoins, persuadée que j’étais dans la bonne direction.
J’avais pris mon calepin, un crayon et mon appareil photos, il fallait que je m'oblige à photographier  les personnes que j’allais trouver.

Cela faisait maintenant 2 h que je marchais, plaçant mes morceaux de liane au fur et à mesure et je ne voyais personne, ni avion. Je commençais à m’inquiéter pour de bon du coup !

Je regardais ma montre, il était 17h et je devais songer qu’il me faudrait revenir au camp. J’aurais du partir plus tôt me dis-je !

Réfléchissant je m’assis en lotus et demandais à Dieu de m’aider.

« Dieu, dis moi ce que je dois faire ? Là ? Maintenant ? Je continue ou je retourne ? Tu peux bien me répondre cette fois-ci, tu as assez abandonné de pauvres gens et même des enfants, alors bouge-toi un peu et réponds-moi, dis moi ce que je dois faire"  ?

Vous n’allez pas me croire mais c’est à ce moment que je vis une sorte de fumée monter dans le ciel…. Vrai, véridique, foi de croyante, Je suis persuadée qu’il n’y en avait pas avant. Je reçus ça comme un signe et je décidais de me dirigeait vers elle…

J’essayais d’évaluer la distance et ma capacité à revenir sur mon camp personnel, mais je n’arrivais pas à me donner une heure de retour.

« Bon alors tu regarde plus ta montre et tu y vas ok" ?
"Ok répondis-je" !
Je me parlais de plus en plus, ceci pour éviter cette impression de grande solitude et puis pour éviter de devenir dingue… quoi que je me demande si me parler toute seule pouvait résoudre ce problème.

Ce que je ne savais pas encore, à ce moment, c’est que je ne rentrerais pas vers mon abri et vers mon sac…..

         
« Dernière édition: Ven 04 Jan 2008, 03:43 par chalala »
Réponse #11 Sam 06 Oct 2007, 00:52
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  Début de soirée, arrivée vers l’avion : je fais le tour de l’appareil, je vois tous les restes de ces corps inanimés, tous ces déchets, gravats et comme si on avait pillé l’avion. Je m’affole quelque peu sentant un danger imminent. 
J’entends des gémissements, un homme dans un état pitoyable mais encore vivant semble vouloir me dire quelque chose. Je m’approche non sans crainte, il est couvert de sang séché, de plaies béantes et il est sans vêtement. Son corps bleuit semble complètement disloqué. Il murmure péniblement quelque chose que je ne comprends pas… Prenant mon courage à deux mains je m’approche de son visage, l’odeur qui en émane est pestilentielle, je me retiens de vomir et me baisse encore un peu plus.. « Mort me dit-il » puis il ajoute : « je suis mort » Certes il n’en est pas loin si ce n’est pas encore le cas… j’essaie de le toucher mais son état me rebute et je me relève souhaitant au plus vite m’éloigner de lui.

Ses gémissements  me font mal mais je sais que je ne peux rien faire pour l’aider. Écœurée je poursuis mes recherches. J’arrive à côté de ce qui pourrait ressembler vaguement à une des ailes.
Là aussi des corps enchevêtrés en début de décomposition, des oiseaux se repaissent des chairs encore molles et la pourriture fait le reste.

 ((Non, vous ne mourrez pas! Jusqu’à ce que tu retournes au sol car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras)) «  il me semble avoir appris ça dans la Bible non »?

Dans le cas présent ce n’était pas de la poussière mais des chairs sanguinolentes qui s’étalaient là devant mes yeux. J’avais presque oublié ces images réelles, bien que je pense plutôt que je souhaitais les oublier… nuance…

Je commençais à monter sur la carcasse quand je vis un homme arriver vers moi, vivant, on peut dire qu’il l’était mais dans quel état ? Hagard, apeuré... je me sentais en danger face à lui. Il me dit qu’il venait chercher sa femme, qu’elle était là, qu’elle avait du s’absenter pour aller aux toilettes. Ça faisait longtemps qu’elle y était et il commençait à s’inquiéter !!!

Sa voix était calme, posée presque douce, je lui donnais environ 35 ans, ses bras portaient des traces d’écrasement, je me surpris à me demander comment il avait pu se faire ça.

« T’es folle me dis-je, comment il a pu se faire ça… non il a du recevoir un bout de cet avion de m…  sur les bras »

Il s’approchait de plus en plus quand je n’eus pas le temps de le voir se jeter sur moi.
" Elle est où hein, elle est où ma femme se mit-il à hurler » ?

Affolée je lui flanquais un grand coup de genou dans les parties, ce fut mon seul moyen de défense, certes je n’en suis pas fière, mais quand vous vous trouvez face à un homme en colère, je ne voyais pas d’autre manière de faire.


 
« Dernière édition: Jeu 20 Déc 2007, 00:10 par Lline »
Réponse #12 Sam 06 Oct 2007, 00:56
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   Il s’écroula d’un seul coup, pleurant, tapant le sol de ses poings amaigris. J’attendis qu’il se calme un peu pour lui parler et m’excuser. Il se releva et essuya ses joues du revers de sa main droit.

Je m’aperçus alors qu’il lui manquait 2 doigts, les os apparaissaient et des mouches volaient autour de cette main mutilée.

La nausée me reprit, j’allais vomir encore une fois, je n’avais rien mangé depuis le matin et les douleurs me tordaient le ventre…  je m’écartais un peu de l’homme et lâchait un gros jet de couleur crade et plutôt liquide comme de la flotte à 2 mètres de lui.

Je pris le bas de mon pull déchiré et tentais tant bien que mal de m’enlever cette odeur de la bouche.
Une fois revenus à nous tous les deux nous discutâmes un peu plus tranquillement.

Son épouse n’était pas sortie des WC depuis le crash, il avait bien le souvenir de l’avoir vu se lever et arriver à la petite porte mais il avait attendu en vain qu’elle en ressorte. Puis le choc violent était arrivé, le surprenant sur son siège et le coinçant aux avant-bras.

Il avait mis un temps fou à se dégager, appelant à l’aide mais personne n’était venu. En désespoir de cause il avait attendu, là tout seul, les autres étaient descendus de l’avion (enfin ceux qui le pouvaient) et lui était là … espérant que sa femme sorte des chiottes.

1 journée était passée puis 2 puis il avait perdu les repères du jour et de la nuit, tout se mélangeait ans sa tête. Enfin il ne savait plus depuis combien de jours il était là, il attendait et attendait encore sa femme qui n’était pas sortie.
Je me risquais de lui dire que nous allions aller à sa recherche, il fallait soit qu’il se rende à l’évidence et qui l’a voit morte, soit qu’il se persuade qu’on ne pourrait pas l’aider.

Je lui attrapais le bras gauche, (je ne pouvais pas regarder cette main droite qui commençait à gangrener), je l’aidais à monter dans le kocpit c’est à cette hauteur de l’avion qu’il s’était retrouvé après le crash alors qu’il était en classe « affaires ».

Il revit le siège où il était et celui de son épouse à côté.

« Mince me dis-je, y en a qui on les moyens de se payer ce genre de place… mais bon il est plus mal en point que moi aujourd’hui le pauvre »

Il enjamba 2 corps et arriva devant la petite porte des W.C. je me tenais derrière lui, je ne savais pas ce qu’il allait trouver en débloquant cette maudite porte.

Un coup d’épaule qui le fit hurler de douleur et après un cri encore plus démoniaque, la porte avait cédé certes mais le « spectacle » qui l’attendait dépasse l’imagination.

Le côté de l’appareil avait littéralement fondu et son épouse se trouvait là, momifiée dans la position grotesque de la pause pipi…Ses mains enfin si on pouvait dire des mains semblaient vouloir attraper quelque chose… Quoi, du papier, la porte, sa culotte, on n’en saura jamais rien, mais la vision était digne des films d’épouvante.

Il s’écroula à mes pieds, en prise de violents tremblements. M ….. Alors qu’est-ce que je vais faire de lui ? Je le laissais à sa crise de démence un instant, le temps qu’il se calme. Il cognait maintenant sa tête contre la paroi de la carlingue ce qui eut pour effet de lui entailler le front puis le nez. Il ne semblait pas ressentir la douleur.

Ne voulant pas risquer qu’il s’en prenne à moi j’entrepris de le sortir violemment de l’avion. Il hurlait toujours mais maintenant c’était le prénom de sa femme qu’il hurlait : Akshaya … Akshaya… (Prononcez akaya)

Je me risquais de lui demander quelle origine avait ce prénom :

« indien me répondit-il, nous sommes indiens et son prénom veut dire « indestructible » »

Mince alors, pour ce qui est de l’indestructible ben… là leur Dieu Shiva il repassera.
   
« Dernière édition: Jeu 20 Déc 2007, 00:02 par Lline »
Réponse #13 Dim 07 Oct 2007, 03:24
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      Ça semblait l’avoir un peu calmé, il se redressa et me demanda depuis combien de jours nous étions là.

Je pris vite une photo de lui, j'en avais prise une de son épouse mais bien sûre elle était méconnaissable ça ne donnait pas gand chose.

La mémoire semblait lui revenir peu à peu, j’en profitais pour lui demander où étaient passés les autres, tous les autres, enfin ceux qui étaient vivants. « Ils sont partit me dit-il, tous partis vers le Sud »

« Le Sud mais nous ne savons même pas où nous sommes là sur cette foutue île de m…. »
« Pourquoi sont-ils tous partis vers le Sud » ?

« Un homme était avec eux il a dit nous allons tous rester grouper et nous allons nous diriger vers la forêt ».

« Combien étaient –ils » ?

« Je ne sais pas, un groupe ? Je les ai vus par le hublot à droite de l’avion, ils étaient pas nombreux, mais l’homme semblait sur de lui » moi je ne pouvais pas bouger et puis j’attendais Akshaya, elle allait sortir des toilettes »,
la suite on la connaît….

« Ils ont pris quoi avec eux » ?

« Des valises, des sacs, des morceaux de tôle, tout ce qu’ils pouvaient porter dans leurs bras, j’ai eu beau appeler ils ne m’ont pas entendu, ils étaient déjà tous dehors »

« Et puis de toute façon j’aurais pas quitté ma femme, elle avait besoin de moi «

« Oui quand on voit le résultat, c’est évident qu’elle avait besoin de lui »

Il est maintenant 19 h et je dois rentrer à mon campement avant la nuit complète, je lui demande de m’accompagner mais il refuse, je tente de le raisonner, bien que je me dis qu’à deux mes chances de survivre sont moindres à cause de mes rations alimentaires, mais bon… le côté humain est là…
J’insiste, le bouscule un peu, lui dit que je peux le soigner que j’ai ce q’il faut dans une trousse mais que pour cela il faut qu’il vienne avec moi.

« Non, non je ne peux pas quitter mon épouse »

« La tradition veut que nous restions ensemble jusqu’à ce que la mort nous réunisse ».

(A cette allure là me dis-je, elle ne va pas tarder à les réunir ces deux là).

Je ne peux attendre plus longtemps, je lui laisse un paquet de gâteaux que j’ai trouvé dans un sac éventré et une paire de lunettes, au moins s’il veut se faire du feu il pourra toujours s’en servir comme loupe.

« Je suis désolée mais je dois partir, j’ai un campement et tout ce qu’il faut pour tenir à l’abri des infections, ici c’est trop dangereux, les infections, les microbes, on ne peut pas rester là ».

Je n’ose même plus aller faire le tour complet de ce qui reste de l’appareil, peut-être que je pourrais trouver d’autres sacs mais je n’en ai pas la force. Si je suis courageuse je reviendrais d’ici quelques jours histoire de me ravitailler.
Je repars seule mais bien décidée à arriver avant la nuit.

Cela fait maintenant plus d’une heure que je marche, j’ai retrouvé mon fil d’Ariane qui me permet de suivre la bonne direction.
Quelle chance quand même d’avoir pensé à ça je suis quand même pas c…

je vais bien vite déchanter !
En effet tout à coup le fil est arraché, je reste où je suis, je regarde à droite à gauche devant et derrière moi mais non pas de liane. Le vent commence à se lever et la nuit descend. Quand on sait à quelle vitesse elle s’installe, la nuit, il y a de quoi paniquer.

Je cherche ma petite boussole attachée à la taille, mais rien, pas de boussole, je suis pourtant bien certaine de l’avoir emmenée… mais oui je l’avais quand j’ai décidé d’aller vers l’avion….

J’ai du la perdre quand je suis montée dans la carcasse avec ce bonhomme… tiens au fait il s’appelait comment lui ? Je n’ai même pas pensé à lui demander.

« Bon aller reprend tes esprits, inutile de t’affoler comme ça, certainement que tu vas le retrouver un peu plus loin ton fil d’Ariane » !

« C’est cela oui… avec la nuit, avec le vent, sans boussole, si je le retrouve pas maintenant je suis foutue ».

Ça y est me voilà repartie à me parler toute seule… « Au moins si ce naze avait accepté de venir avec moi nous aurions pu discuter »….

« Bon aller, réfléchit et regarde bien, tu vas sûrement le retrouver »

J’ai cherché ½ heure, j’ai pleuré, trépigné, couru dans tous les sens, ce qui a eu certainement pour but de faciliter ma perte de repères.

J’ai eu beau regarder les arbres, ces foutus arbres, la mer, si bleue, si belle, le ciel sans nuage avec ses couleurs orangées qui commençaient à rougir, rien pas moyen de savoir où je me situais par rapport à ma grotte.

« P… de M…. je ne vais quand même pas crever là »….

La nuit est venue finalement très vite et j’ai du me recroqueviller sous un arbre n’ayant rien à mieux à faire que dormir. Je me suis mise à pleurer très fort, à prier, à penser encore et encore à ma famille… et puis la fatigue est venue et je n’ai pas senti le sommeil m’envahir.


       
« Dernière édition: Jeu 20 Déc 2007, 00:02 par Lline »
Réponse #14 Dim 07 Oct 2007, 03:32
Chalala
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  4ème jour sur l’île et je replonge dans l’horreur
Je me réveille en sursaut, un animal vient de faire du bruit tout près de moi, je ne sais pas lequel des deux était le plus peureux. C’est ainsi que je fais surface à l’aube de ce nouveau jour. Le 4è, je le sais encore puisque la veille j’avais encore des repères.

Je n’ai rien à faire que me lever, plonger dans l’eau à proximité pour me réveiller complètement et marcher, marcher pour retrouver mon campement.
Je sais que je dois faire vite, je n’ai plus rien, je ne sais plus dans quel sens je dois aller et je n’aurai rien à manger du tout avant de retrouver mon sac.

Ma montre marque 7 h ça me laisse donc une longue journée devant moi, mais par où aller. Pas moyen de savoir si je dois aller devant ou derrière moi ou encore sur les côtés.
Là pour le coup je suis bel et bien perdue. Il me semble pourtant que l’avion n’était pas si loin et comme j’avais marché 3 bonnes heures au total à mon retour, il me semblait que je devais être proche de mon camp.
Ce que je ne savais pas c’est que j’avais tourné en rond en ayant perdu mon fils de liane.

Je décidais de partir en face de moi. Quelle idiote j’étais d’avoir laissé mon sac, une personne sensée n’aurait pas fait cette erreur. Je m’en voulais.

11 h du matin, 3h ½ que je marche et pas de camp en vue ni d’avion du reste et encore moins âme qui vive.

J’erre de plus en plus, j’ai soif, faim, le soleil me tape sur le crâne et mes pieds sont en sang. La Langue pâteuse, les yeux qui me brûlent, me piquent et les larmes qui coulent sans discontinuer. Je parle moins, je fais moins la maligne là !…

Je me repose un peu même pas une source dans les roches qui ressemblent plutôt à des dunes par leurs hauteurs. Au moins mon camp était auprès d’une belle source et je pouvais me désaltérer quand je voulais. Quelle idée j’ai eu de retourner à ce foutu avion !

Mes larmes redoublent, je ne les laisse pas tomber sur le sol je sors ma langue et les bois au passage…Je sais c’est dérisoire mais on fait n’importe quoi dans ce genre de situation.

Je dois encore marcher, je dois encore chercher, rien pourtant dans le paysage ne me laisse supposer que je suis dans la bonne direction.

Je m’écroule plus que je ne m’arrête, quelques minutes seulement me dis-je, juste quelques minutes, puis je me relève péniblement marchant et marchant encore. La journée a passé comme çà et je me retrouve à nouveau écroulée au pied d’un palmier qu’i ne donne même pas de fruits, écrasée de fatigue.

Je m’endors ce soir là sans même penser à ma famille ni avoir la force de faire une petite prière. Et puis à quoi bon !
Je me réveille dans la nuit, il est 3 h du matin à ma montre, j’ai froid, mal au ventre et je n’ai plus sommeil.

Je décide de marcher encore, de toute façon il ne me reste plus que ça à faire, chercher un endroit pour tenter de me refaire à l’environnement. Mon camp, je n’y pense même plus, mon sac encore moins. J’essaie de rayer tout cela de ma tête et je marche... Je marche.

8 heures du matin le soleil est levé depuis longtemps il était d’une beauté effrontée, me narguant de ses couleurs, les palmiers se reflétaient au loin dans l’océan, mais quel océan était-ce tout compte fait ? Je ne le savais même pas.
J’ai souvent entendu parlé de l’île Saint-Paul surnommée le cimetière du golfe et renommée pour ses naufrages mais bon ce n’était pas notre direction et puis des naufrages ce sont pour des bateaux non ?

Se pourrait-il que nous ayons été déviés ? Et puis l’Île Saint-Paul, ce n’est pas tropical là-bas ? Donc ça ne pouvait être ça !

Il fallait que je me concentre à parler dans ma tête, c’était primordial pour ne pas devenir dingue en plus d’être perdue.

Nous traversons bien l’Océan Atlantique du Canada pour revenir sur Paris et l’Île St Paul est dans le Pacifique donc oublie ma fille, tu n’es pas dans la bonne direction. J’étais dans mes réflexions quand soudain je vis au loin un groupe d’oiseaux par terre...
des gros oiseaux pas des petits, et ce n’était nullement un mirage. J’avançais scrutant bien la vision vers laquelle je me dirigeais.

Je commençais à hésiter en voyant une sorte de personne par terre. Non ce n’était pas possible ! Ils n’étaient pas en train de bouffer un cadavre ? Je me mis à courir, enfin je crois et arrivais à grand peine auprès de ce que j’avais bien vu.

Un corps, une femme sans doute car il manquait le torse, les jambes et on ne distinguait plus que quelques restes indescriptibles, faisait le repas de rapaces, des aigles ou des vautours.

Je fus horrifiée et me mis à essayer de crier mais les forces me manquaient, ce fut néanmoins assez pour que les rapaces s’envolent plus loin.

« Mon Dieu, c’est donc ce qui m’attend » !

Agenouillée auprès du cadavre, ma tête se mis à tourner… à tourner… à tourner….

Lorsque je suis revenue à moi, le soleil était encore haut, j’étais brûlante et la bouche complètement déshydratée j’avais l’impression d’étouffer.
Je voulus me lever mais impossible, je restais tombée sur le ventre, sous ce soleil de plomb qui me desséchait encore vivante. 

« Il faut te bouger ma fille… aller ou alors tu feras le prochain repas de ces bestioles » ! Cette petite phrase m’électrifia je me levais... oh !… pas d’un bon... Mais je me levais.
J’entrepris de recouvrir les restes de la femme avec du sable, je sais bien que c’était dérisoire mais bon ma nature croyante m’imposait ce geste.
Un dernier signe de croix, bien que je me demande à cet instant qui en avait le plus besoin et je repris ma marche vers l’inconnu.

La nuit tombait à nouveau, il était 21h à ma montre et j’avais marché en tout 13 h, j’étais épuisée moralement et physiquement, je ne pleurais plus… je ne pouvais plus n’ayant plus d’eau à déverser ni en urine ni en larmes.

Je décidais de me plonger dans l’océan avant de m’endormir, comme 2 soirs maintenant, sous un palmier. Des petites crevasses de terre se remplissaient d’eau, non pas qu’il y ait du mouvement marin mais des trous dans le sol de l’Île faisaient s’infiltrer la mer. C’est dans un de ces trous que je me trempais pour réhydrater ma peau à défaut de l’intérieur.

Le sel me faisait mal en séchant sur mon corps et j’évitais de tremper mon visage, mes lèvres et mes yeux par précaution.
   
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 19:03 par chalala »
Réponse #15 Lun 08 Oct 2007, 01:19
Chalala
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Mon manuel de survit m’aurait bien aidé dans cette situation car j’avoue ne pas avoir lu le passage où il parlait de ce qu’on doit faire en cas de crash sur une île déserte ça me semblait tellement peu probable.
Tout compte fait, je n’étais pas plus maligne qu’une autre et je me  retrouvais, toute bête dans un drôle de cauchemar éveillée.
Une fois mouillée j’attendis un peu que mon corps sèche avant de remettre mes loques, mon pantalon s’était déchiré dans la forêt, mon pull déjà abîmé, le fut encore plus et mes chaussures (heureusement des pataugas, c’est solide) me meurtrissaient les pieds. J’aurais bien dû me mettre ma crème miracle pour les pieds avant de partir.

J’étais habituée de faire moi-même ma crème pour les pieds, c’est fou de penser à ça en ces moments de galère, mais je tenais toujours à en emporter un petit pot avec moi.

C’était une recette de mon père qui la faisait également lui-même et qui tenait les ingrédients et quantités de sa mère. Cet onguent permettait de ne pas avoir de cloques de guérir les petits bobos des pieds et surtout de garder la peau en bon état même après plusieurs heures de marche.

Bref, je l’avais dans mon sac et j’en avais mis avant mon départ de Montréal… Arrivée sur mon camp j’en avais remis mais complètement oublié de le faire avant le départ pour retrouver l’avion.
Cet oubli me jouait bien des tours aujourd’hui, mes pieds étaient comme moi, ils n’en pouvaient plus.

« Mon Dieu faites que je retrouve mon camp, faites que je retrouve mon sac, je sais je ne suis pas comme vous voudriez que je sois mais aidez-moi je vous en prie »…

telle revenait sans cesse ma prière avant de m’endormir.
Dormir et ne plus se réveiller, à certains moments il m’arrivait de le souhaiter. Quand viendrait la fin ? Comment j’allais faire pour survivre encore et encore ? Mes jours étaient comptés à ce rythme, sans eau pour boire, sans nourriture et sans rien pour m’aider à trouver des solutions.

Le sommeil vient comme une chape de plomb m’envelopper, pas besoin de cacheton  depuis 2 nuits ou plus je ne savais pas, l’épuisement faisait son œuvre tout seul.
Le réveil fut plus dur que la journée précédente, j’avais de moins en moins envie de me lever, pourtant il le fallait pour ne pas sentir son corps se faire bouffer par les rapaces, ça je le savais.

« Aller sales bestioles, vous pouvez toujours tournoyer là-haut, je vous vois bien, mais je suis forte... ho que oui je suis forte et vous ne m’aurez pas »

Je me rendais compte que je maigrissais, depuis combien de jours étais-je perdue, là ? Je commençais à perdre aussi la notion du temps, si ce n’est ma montre qui me guidait pour l’heure dans la journée, rien autour ne m’aidait à me rappeler depuis combien de temps maintenant j’errais. Le jour la nuit, la nuit, le jour…. Ça continuait comme ça et je marchais, je marchais. Je prenais l’habitude de bien regarder autour de moi, tous les arbres et buissons n’avaient plus de secrets pour moi.

Je mâchouillais des racines, des feuilles qui pourraient s’apparenter à des opiacées, ça m’ôtait les douleurs, la faim et me tenait éveillée quand parfois j’aurais voulu m’écrouler et dormir pour de bon…. J’en emplissais les poches de mon pantalon et j’en stockais jusque dans mon pantalon lui-même pour ne pas en manquer.

« Ben ma fille te voilà une droguée à la feuille maintenant ! Tu l’étais déjà aux cachetons pour dormir… ben tu t’arranges pas »

« Écoute toi.. ! Ma conscience, tu vas la fermer ta g…. toi tu es bien au chaud dans mon crâne et tu souffre pas comme moi, tu es pas perdue toi…  conscience de m….  alors ferme la, oublie moi et mêle-toi de tes oignons » !

« Bon c’est vrai je commençais sérieusement à en avoir marre de ces réflexions…. J’aurai bien voulu voir Jimminy  Criquet dans la même situation… haut comme trois pommes il aurait fait quoi ce petite bout de conscience" ?

« Non pas Jimminy …. Mais Jimmy » 

« oui je sais… ferme la, si je veux t’appeler Jimminy je le ferais… et puis tiens à partir de maintenant tu deviendras Jimminy ça t’en bouche un coin pas vrai ? Et tu feras quoi petit bout de conscience haute comme 3 pommes…."

Jimminy devient à ce moment un interlocuteur à part entière.

Je me mis à lui parler sans arrêt, lui demandant par où aller, ce qu’on allait manger aujourd’hui ?
Bref voici un petit extrait de l’unes de nos belles conversations.

- moi « Tiens bonjour Jimminy, comment tu vas aujourd’hui. La nuit a été plutôt fraîche pas vrai ?

- Jimminy « Oui, dommage que nous n’ayons pas emmené notre duvet pour cette belle promenade en amoureux »

- moi « Ben je te l’avais bien dit pourtant, tu voulais pas le mettre dans ton sac à dos, tu disais que tu avais tout ce qu’il fallait pour cette escapade »

- Jimminy  « c’est pas grave ma belle, nous allons nous réchauffer en restant le plus possible l’un près de l’autre »

- moi « et puis nous sommes là tous les deux et c’est ce qui compte ! Pas vrai ? »

- Jimminy  « oui… alors tu nous fais quoi au petit déjeuner ? J’en ai un peu marre de ta salade »

- moi «  j’ai fais des pancakes au sirop d’érable, ça te dit ? Tu te rappelle on mangeait ces délicieuses tartines de brioches chez Daniel ou Louise, je m’en lèche les babines d’avance »

- Jimminy «  très bonne idée »…..

Voilà à quoi je passais mon temps pour occuper mon esprit, parler à ma conscience qui devenait pour un temps Jimminy.

Certes ça peut paraître fou "mais qu’auriez-vous fait à ma place" ?

Une nouvelle journée s’égrenait, déjà 16 h pensais-je, j’avais changé de direction sur les conseils de Jimminy et j’allais maintenant vers une sorte de grande colline espérant trouver des survivants.

J’avais mangé ma ration limitée de feuilles et j’avais remarqué des pandanus, cette espèce de grands arbres qui regardent l’océan la tête en bas. De l’eau de pluie stagnait dans quelques creux formés par ces racines extra-terrestres, cette aubaine m’avait permis de couper un peu ma soif.

Je regardais de mieux en mieux la nature, découvrant une variété d’arbre à pain, les fruits m’apportèrent un peu d’énergie même si j’avais bien du mal à en trouver quelques-uns sur le sol.

« Jimminy tu pourrais pas grimper à l’arbre, regarde il y a plein de fruits là-haut « ? Un petit dessin  m’occupa deux bonnes heures  je n'avais plus le courage de bouger alors ce dessins sur mon petit calepin m'apporta la paix nécessaire à cet instant.

J’aimais beaucoup le dessin et lors de ma première période dans ma petite grotte, mon calepin en était plein.
cette halte à graffiter eu pour effet de me vider complètement la tête.

Jimminy était là à côté de moi, il se taisait pour une fois et regardait mon dessin admiratif.
Sortant de son silence :

- « Et dis donc ma belle, je ne te connaissais pas ce talent ? »

- « Ben tu connais pas tout de moi heureusement, j’ai des jardins secrets dont  tu n’as pas encore ouvert les portes ».

- « Me laisseras-tu les ouvrir » ?

- « Pas sur, il faut d’abord que tu me sortes de là ? »

- « Bon aller maintenant il faut y aller ma belle, la route est longue « !

Jimminy avait parfois du bon sens, il avait raison, si nous voulions arriver à hauteur de cette colline avant la nuit il fallait se remettre en marche.

Le soleil et ses jolies couleurs enveloppaient maintenant le haut de la colline et tournant la tête je vis un spectacle hors du commun.
Je ne sais pas si mentalement je peux vous transmettre ma vision mais voici à peu près ce dont à quoi j’assistais.
   
Je n’en revenais pas d’une telle beauté.

« Mon Dieu pourquoi permettre de telles visions alors que je ne souhaite qu’une chose, partir d’ici le plus rapidement possible ».

J’étais anéantie, comment un endroit si merveilleux pouvait-il devenir en même temps un endroit où la mort avait frappé si violemment et si injustement.
Une nouvelle fois, je me mis à prier en silence… Jimminy n’était pas croyant et m’entendre blablater mes prières l’ennuyait.

« Mon Dieu permettez-moi de revoir un jour ma famille, de rentrer dans ma Normandie natale ».
Soudain, ce fut à mon père que je pensais.

 « Papa pourquoi tu m’entends pas, d’habitude tu me donnes les solutions, tu me dis comment faire… là je ne sens même plus ta présence »…

Jamais tu ne m’as abandonnée alors pourquoi là ? J’ai tellement besoin de toi… Papa…. Aide-moi !

Jimminy s’impatientait il me ramena à la réalité en cognant, faisant ressurgir ce mal de tête atroce qui venait de plus en plus souvent.

« Bon alors maintenant tu fais quoi ma fille » ? Tu comptes rester là longtemps, plantée à regarder le nez en l’air » ?

« Jimminy on va convenir d’un accord Ok » ? « D’abord tu me dis pas ce que je dois faire Ok » ?

« Ensuite c’est moi qui décide et pas toi Ok » ?

« Donc si tu as compris ça alors tu as tout compris » !

Jimminy se tut pour un bon moment, laissant un peu mon cerveau au repos, mais bien vite le besoin de parler me fit l’interpeller.

« Dis donc Jimminy, quand on sera en haut là.. ! de la colline, on fera quoi » ?

« ben décide ! c’est toi la patronne pas vrai » ?

« Bon je préconise qu’il faudra d’abord se faire un petit coin pour dormir, ensuite chercher de quoi se faire un gueuleton, puis une fois rassasiés tous les deux, on dresse le plan pour demain ».

« Ok c’est bien pensé ma fille ».

Effectivement arrivée au-dessus de la colline, le spectacle merveilleux absorbé visuellement, je me mis en quête de réunir des branches de palmier séchées pour me faire un grossier abri, quelques feuilles en guise de lit et je trouvais rapidement quelques noix de coco que je fracassais contre un tronc d’arbre.

Certes je n’étais pas équipée pour me nourrir correctement mais les fruits malgré qu’ils soient rares et les feuilles que je trouvais de plus en plus bonnes me permettaient de survivre jusqu’à ce que l’on me trouve.

Ce fut le 9è jour que je retrouvais clouée au sol sans pouvoir faire un mouvement. La fatigue, le manque de vitamines certainement et les affres de la vie locale avaient eu raison de moi.
     
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 19:05 par chalala »
Réponse #16 Lun 08 Oct 2007, 01:27
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 La nuit avait été comme les précédentes ni meilleure ni pire, seuls les cauchemars de plus en plus présents, me réveillait et me laissait sans force, en sueur et hurlant comme un animal blessé.

Mais ce matin, quelque chose de violent arrivait, la tête paraissait avoir doublée de volume, mon estomac me faisait horriblement souffrir et le ventre n’en parlons pas, j’avais l’impression qu’on me marchait dessus.

Jimminy ne se faisait pas entendre et je n’avais pas la moindre envie ni la possibilité de me lever.

Je savais que je ne pouvais pas rester là sans bouger sinon je ne donnais pas cher de ma peau. Je rampais hors de mon lit de feuilles et j’essayais à nouveau de me lever. Impossible… je me mis à vomir ce qui me semblait avoir été mangé depuis le début de mon arrivée sur cette île.
La tête me tournait et je dus me faire violence pour me mettre à genoux car je baignais dans tout ce que j’avais renvoyé.

Toutefois ça n’allait pas mieux, affaiblie, épuisée j’avais l’impression d’avoir fait un marathon.
Qu’allais-je devenir ?

« Jimminy, donne-moi un coup de pied au c…. aller je t’y autorise, force-moi à me lever, je suis déjà à genoux… alors aller vas-y frappe-moi que je me mette debout » !

« Magda lève-toi, arrête de fainiasser ! tu vas pas te dorer la pilule là toute la sainte journée » ? 

« Mais je ne peut pas bouger, j’ai mal partout, je ne ressens plus que de la douleur à présent »

« Comment vais-je faire » ?

Je fermais les yeux laissant les heures passer, je n’avais pas regardé ma montre une seule fois depuis mon réveil, je commençais à me faire une raison j’aillais me résigner.

Ma petite voix haute comme trois pommes se taisait de plus en plus, je regardais dans le vague, laissant le brouillard devant mes yeux s’épaissir.

J’aillais mourir là, dans l’anonymat le plus complet, non pas que je voulais être célèbre, mais au moins terminer ma vie avec ma famille, ce n’était pas trop demander.

Je fermais les yeux à nouveau et la nuit tombait pour la énième  fois.

Il faisait nuit noire quand je sentis la fraîcheur de la pluie qui tombait, je frémissais puis me mis à trembler sans pouvoir me calmer. Je me levais tenait l’arbre sous lequel je me trouvais et je constatais que j’arrivais à tenir debout sans vomir tripes et boyaux.

Mes jambes menaçaient à chaque instant de se dérober sous moi. Il fallait que je marche, un pas, puis deux, puis trois…. Je devais bouger sinon j’allais crever là, seule et personne ne retrouverait probablement mon corps puisqu’il aurait été bouffé par les rapaces.

Cette simple idée me glaçait d’horreur. Je fis un nouveau pas puis d’autres.

10è jour

Le petit jour se levait offrant toujours des décors merveilleux mais je n’étais plus en état de les apprécier. Je titubais mais je ne voulais plus tomber, il fallait que je reste debout, que je marche encore et encore….

Ma vie se terminerait-elle à ne faire que çà marcher, aller toujours plus loin sur cette île même si j’avais l’impression de ne faire que revenir sur mes pas sans cesse.

Dans un étant second, abattue, blessée, mes plaies n’avaient jamais guéri complètement, je cherchais un semblant d’espoir au loin, mais rien uniquement des arbres, de l’eau et encore des arbres et encore de l’eau.

De plus en plus faible je n’arrivais même plus à ramasser les fruits tombés des arbres, les feuilles je n’avais même plus envie d’en mâcher, même si je savais qu’elles empêchaient la soif et la faim.

Je continuais à mettre un pied devant l’autre péniblement quand soudain je sentis deux mains attraper les miennes. Deux femmes m’avaient agrippée.

« Jimminy, ce n’est pas le moment fiche moi la paix» ?  Je ne savais pas si j’avais prononcé cette phrase où si je l’avais pensé, je devenais donc folle pour de bon !

« Mon sac… j’ai perdu mon sac » ce fut la dernière phrase que je m’entendis dire, puis je sombrais dans un état inconscient.

Quand je retrouvais mes esprits (j’appris que j’avais dormi 2 jours entiers et que je délirais), j’étais dans un campement, des huttes, des femmes, un homme, un chien et piqué à hauteur du feu de la viande qui séchait. Des fruits, des noix de coco, le camp semblait au point.

Mais qui étaient-ils ?

13è jour

Je me levais, je craignais soudainement d’avoir affaire à des êtres d’un autre monde. Mon esprit encore dans les vaps je demandais s’ils parlaient français.

« Bien sur on est français, nous étions dans l’avion, le crash tu te souviens » ?

« Oui, j’y étais aussi répondis-je bêtement » ! 

« Bon sang ce que tu es gourde » !

« Ho Jimminy tais-toi ! là ça commence à pousser une peu loin le bouchon ».

Les femmes me regardèrent me demandant à qui je parlais.

« Qui est Jimminy » ?

Regardant autour de moi, j’avais l’impression d’être seule effectivement Jimminy n’était que dans ma tête bien sur, il s’agissait de ma conscience.

Excusez-moi mais depuis tout ce temps j’ai dû m’inventer un compagnon et Jimminy c’est ma conscience, ma petite voix à qui je parle, à qui je réponds pour ne pas sombrer dans la folie.

« Mais vous-mêmes vous vous êtes retrouvés tous là en même temps ? Ou vous vous êtes découvert l’un après l’autre comme vous m’avez trouvée, moi ».

Une femme se présentant Malika me donna quelques renseignements, puis il y avait, Aarycia, Elentari, Badou surnommée ainsi par une autre jeune femme Romeya.
D’autres survivants étaient partis chercher à manger pour augmenter les réserves.
Bob, Kateya, Marina, Stuppe,

Je faisais donc maintenant partie d’un groupe, j’allais pouvoir aider pour les remercier de m’avoir sauvée.

Le camp était bien organisé, chacun savait ce qu’il avait à faire et au fil des jours nous faisions plus ample connaissance.
Je parlais de mon sac et de ma petite valise, j’avais envie de les retrouver, je savais que dedans il y avait des choses qui pouvaient être utile à tout le monde.

J’avais pris des photos des personnes qui étaient dans l’avion lorsque j’étais retournée là-bas avant de me perdre, je les montrais à mes nouveaux compagnons, Ataya me donna quelques noms que j’inscrivis sur mon calepin en mettant un point de repère pour me souvenir et de la photo et du nom.

J’avais aussi photographié l’avion sur toutes les coutures, l’intérieur, l’extérieur, l’environnement. Je voulais qu’il reste un témoignage de cette catastrophe.

Je revoyais soudain Samuel, Peter, l’indien et sa femme brûlée vive, le jeune homme portant son épouse, les 3 filles…. Tout se remettait en place, je remontais en un éclair à cet instant… le crash…

Je me mis à pleurer, des larmes au goût amer, je me levais, fermait mon calepin, mon appareil photos et partis me calmer un peu à l’abri des autres.

J’avais mal… mal pour tous ces gens qui avaient perdu la vie, mal pour tous ces enfants qui n’avaient vu que si peu de la vie, mal pour tous ces jeunes gens qui n’avaient profité que si peu de la vie.

J’avais envie de hurler alors je me suis remise à crayonner sur mon calepin, crayonner mes souffrances, les horreurs. Il fallait que je sorte tout ça de ma tête, de mes tripes.

Le visage de Samuel s’imposa le premier, je le griffonnais très vite, puis il prit forme identique à ce que ma mémoire voulait garder de lui, un enfant de 13 ans, beau incroyablement beau. Je ne fis ressortir que cette beauté, cette innocence. Inutile de crayonner l’horreur de sa mort.

Puis une nouvelle image s’ajouta, noire cette fois-ci, les cris, les gens qui s’affolent, et moi là-dedans qui saisis tout cela dans ma mémoire et qui doit le recracher là sur le papier... Le dessin assombrit la feuille, la mesure sera-t-elle rendue de ce que ces pauvres gens ont subis.

Puis une autre page, un autre dessin, et encore d’autres…. témoignages d’un jour, le jour…. le 28 août 2007 à 17h30.

J’aimerai retrouver le sourire, la simplicité de ma vie, le bonheur de tous les miens, sentent-ils seulement que je suis vivante dans un coin perdu du  monde.

J’ai encore des choses à transmettre à mes enfants et à mes petits enfants, ils ont souvent eu peur de mes disparitions subites en voyage. Ils savent  souvent quand je pars mais jamais où ni quand je reviens. Vieille habitude de routarde.

Ils ont eu peur lors du 11 septembre 2001 car j’étais partie au Etats Unis mais ils ignoraient que j’étais à San Francisco et non à New York.

Puis ce fut l’Israël, 31 août 2004 le jour où j’arrive à l’hôtel Tower des kamikazes se font exploser dans 2 bus l’attentat fait 16 morts et plus de 50 blessés, quelque chose tombe sur le balcon de l’hôtel à côté du mien.
une tête  (je la verrais après) vient d’être projetée.
Je me promet d’arrêter de voyager devant cette horreur destructrice, mais j’ai continué  et me voici aujourd’hui sur une île perdue au milieu d’un Océan.

D’autres catastrophes sont venues ponctuer ma vie avant d’échouer là … suite à un crash. Si je survis, vais-je enfin arrêter de provoquer la mort.

Je suis toujours plongée dans mes pensées et je noirci toujours le papier quand Romeya vient d’asseoir à côté de moi.

« ça va » ?

« Non pas trop » !

« Il faudrait que tu viennes on va aller chercher ton sac »

« quand ? maintenant »  !

« Ben oui regarde ta montre il est 2h (14h) » on peut peut-être essayer de le retrouver ton sac, tu nous en a parlé juste avant de t’évanouir »

« oui ce serait bien effectivement, dedans y a plein de trucs qui peuvent nous servir »

Je ne dis toujours pas quoi car je ne veut pas les décevoir encore plus si jamais on retrouve pas mon trou.

Nous partons, je garde mon petit calepin, mon crayon et mon appareil photos sur moi.

Romeya appelle Ataya et demande si elle veut participer à l’expédition. Nous savons que nous devons toujours être deux au minimum pour les recherches.

« Ok les filles, 2 mn j’arrive »

Il est 2h ½ (14h30) quand nous prenons le chemin de la forêt.

Romeya me regarde, elle sent monter en moi une certaine angoisse, je ne dois pas céder à ces vieux démons qui me hantent maintenant dès que je vais quelque part… la peur de ne pas revenir certainement ? De me perdre à nouveau et d’entraîner dans cette perte, les deux amies avec qui je vais à la recherche de mes affaire personnelles.

Soudain Romeya appelle Ataya qui est à 3 mètres devant nous,

« Ataya, arrêtes-toi, Magda ne se sent pas bien »

Ataya revient sur ses pas, elle a heureusement pris une petite pochette de secours, une puissante odeur de chlorophylle me monte aux narines, je reviens immédiatement à moi…

Cette manie de faire des malaises maintenant pour un rien… je m’en veut, je ne vais quand même pas devenir une charge en plus d’avoir été sauvée.

Jimminy martèle, il voudrait bien m’engueuler mais je ne l’y autorise même pas… un bourdonnement l’empêche de se faire entendre, alors il se tait….

Je reprends le chemin avec les filles qui maintenant ne me quitte plus d’un pas…. Je commence à reprendre confiance en moi, je parle j’en arrive même à plaisanter.

« dites-donc les filles ? ça vous dirait une photo au bord de la plage ? comme souvenir de vacances, allez mettez-vous là, sous le cocotier, celui qui trempe presque dans l’eau »
« Eh ben Romeya ! on peut dire que tu as mis ton plus beau maillot, avec ces trous qui laissent entrevenir ta peau, tu va faire des ravages quand tu montreras ton album ».

En effet, même si nous étions bien sur le camp, les vêtements commençaient  à manquer sérieusement. 7 filles 2 valises et dedans quelques vêtements pour habiller toute la communauté.

Romeya avait un stock de vêtements à elle toute seule elle les avaient mis à la disposition de tous, et en plus, j’appris au fil des jours qu’elle avait une autre merveilleuse chose qu’elle avait partagé avec tout le monde ! « UN POT DE NUTELLA » Cette fille était extraordinaire de gentillesse. Sa valise ? elle l’avait retrouvée miraculeusement dans le crash et sans vouloir la laisser elle était arrivée.. là sur le camp !

J’apprendrais petit à petit comment chacun est arrivé sur ce bout de l’Ile.

Il était maintenant 17 h quand nous sommes arrivés à quelque chose qui ressemblait fortement à mon coin, mon trou…. Oui c’était mon trou…..

Je fouillais vite à l’endroit où j’avais caché mes affaires, oui… c’était bien ça, mon sac, ma valise…. Je sautais, je hurlais, les filles me regardaient rigolant de me voir si excitée.

Je ne pouvais m’arrêter de sauter, frapper dans mes mains, on aurait une petite fille devant un beau cadeau d’anniversaire. Et c’était bien ça, j’avais l’impression de découvrir un gros cadeau.

Vite j’ouvrais la valise avec les victuailles, et j’offris dans l’instant une mini canette à Romeya et Ataya il fallait la boire à deux pour économiser,  mais bon…. puis à chacune un carré de chocolat… Hummmmmmmmmmm que c’était bon ce goût, je l’ai gardé depuis dans mes papilles, dès que je vois du chocolat noir, je salive, je sens le goût de l’odeur comme je dis….

Les filles dégustaient sans rien dire cette douceur, nous nous regardions, moi j’étais fière d’avoir pensé à ces simples choses et elles admiratives devant le contenu de mon sac et de ma valise.

« Et ben dis donc… on peut dire que ça valait le coup de les retrouver» !

« Et oui vous comprenez mieux pourquoi maintenant » ?

Nous sommes restées là une demie-heure à faire l’inventaire, certes ce n’était pas la panacée mais les autres allaient certainement aussi apprécier cette petite surprise.

Il fallait repartir, étant donné que nous avions mis 2 h pour trouver mon trou nous avions le même chemin à faire pour le retour. Ataya n’avait pas plus le sens d’orientation que Romeya, et moi vu comment je m’étais perdue, il valait mieux pour moi me fier à elles.
Donc nous étions trois mais il fallait faire très attention à notre  route Romeya avait pris soin de faire des repères dans l’écorce des arbres bien plus génial que mes fameuses lianes….

Nous arriverions donc au « quartier général » avant la nuit tombée.

Je portais mon sac à dos et Ataya ma valise, Ce fut un garçon qui nous accueillit.

Nouvel arrivant du jour pour moi, il se présenta : « Stuppe dit-il d’une voix grave »
« Bonjour moi c’est Magda »

Les filles m’apprirent plus tard qu’il m’avait veillée lors de mon arrivée au camp.

Je déposais mon sac à ces pieds, on aurait dit un rituel comme pour le remercier d’avoir pris soin de moi.

Je lui demandais de l’ouvrir j’étais certaine de son effet vu comment les filles avaient réagis….

Mais non… même pas, C’est à ce moment que Jimminy se fit entendre :

« tu croyais quoi ma pauv’ fille, qu’il allait tomber à tes pieds comme ton sac ? »

« Toi tais toi dis-je à voix haute »

Stuppe me regarda, croyant que je m’adressais à lui…

Il tourna les talons et partit sous la grande hutte.

Surprise je regardais les filles, d’un hochement de tête je demandais ce qui n’allait pas.

« Magda faut que tu arrête de parler à Jimminy… Stuppe ne le connaît pas il sait pas que c’est dans ta tête alors tu m’étonne quand il t’a entendu dire « toi tais toi » il l’a prit pour lui…

« Je comprenais maintenant, je demandais si je devais aller lui expliquer »….

« Oui tu devrais lui dire, il est très gentil tu verras et puis il nous a permis de sauver Ataya tout comme toi»

Presque timidement j’entrais dans la grande hutte, c’éait la plus belle, Stuppe l’avait construite de ses mains avec l’aide des filles et pour pouvoir y parler ensemble il avait voulu qu’elle soit grande.

Je regardais autour de moi, et me posais la question, où étais-je allongée quand il me veillait ?

« Tu regarde quoi »

« Rien, je voudrais savoir si j’étais sous cette hutte quand Romeya et Badou m’ont ramenée ».

« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 19:09 par chalala »
Réponse #17 Lun 08 Oct 2007, 19:19
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  « Oui tu étais là »

désignant un lit de feuilles au fond de la hutte, je devinais à cet instant que c’était sa couche.

« Merci Stuppe et pardonne moi mais ce n’est pas à toi que j’ai dis de se taire »…

je lui expliquais en détail ma traversée dans la peur, dans l’horreur, lui aussi avait vécu ça comme nous tous ici sur le camp, je m’excusais à nouveau, le remerciais à nouveau et comprenant enfin qui était la cible de mes paroles un peu vives il me prit la main et y déposa un baiser.

Oh… je ne partirai pas dans un roman à l’eau de rose car notre vie ici n’en était pas un, mais ce baiser me ramena à la réalité de ce qui était notre vie, ailleurs dans la vrai vie.

Un baiser, rien de plus simple, rien de plus facile à donner et Stuppe venait  en un instant de me rappeler que j’existais bel et bien et que Jimminy devait partir de ma tête.

Je me levais, j’avais les larmes aux yeux, les filles me regardaient, sans me poser de question elle me laissèrent aller me coucher. Il serait bien temps demain d’ouvrir mon sac et ma valise pour les autres.

J’étais là dans le noir quand je vis un oiseau passer devant la lune, des images d’horreur remontaient à la surface, les rapaces, le corps sur le sable et moi qui regardait, qui pleurait…. Il faudrait combien de temps pour que ces images s’effacent ?

Je sombrais sans m’en rendre compte dans un sommeil profond entrecoupé de rêves et de cauchemars.

14è jour

Le soleil commençait à se lever quand j’ouvris les yeux, je m’attendais presque à entendre un coq chanter… mais non ça c’est chez moi dans ma Normandie, ici on entend pas de coq mais les cris sournois des rapaces et ces oiseaux, sorte de corbeaux mais qui n’en sont pas.. Ils guettent dès le lever du jour, ils s’abattent sur le sable dès la fin de la chaleur.

Nous faisons très attention à tout ce qui peut les attirer et Pixi le petit chien de Marina fait la chasse.

Ah oui il faudrait bien que je parle de Pixi. C’est le chien de Marina, rescapé comme elle de ce crash. Il chasse des lapins sauvages grande source de nos repas et nous devons notre survie alimentaire à sa vivacité à les dénicher.

C’est un petit chien, il prend pas de place et Marina ne pouvait partir sans l’emmener. Elle a bien fait nous le vénérons presque tellement il est utile sur cette île.

Il est 8 h quand tout le monde se lève, Pixi comme à son habitude couche à côté de sa maîtresse et sa maîtresse couche à côté des lapins qui sèchent près du feu.  C’est donc Marina qui ranime la première le feu laissé en braises pour la nuit.

Nous prenons tous le temps de nous dire bonjour, nous devons garder ces manies civilisées pour ne pas devenir des sauvages.
Et puis nous dressons les charges de la journée.

Nous parlons de Bob, disparu depuis pas mal de jours, Romeya et Badou étaient parties à sa recherche quand elles m’avaient trouvée et depuis pas de Bob… Nous décidâmes d’opter pour l’idée qu’il avait, soit dans le meilleur des cas, trouvé un autre camps, soit dans le pire qu’il était mort…..

Nous souhaitions bien entendu la première solution car nous ne pouvions nous éloigner trop de notre campement pour partir à nouveau à sa recherche.

Stuppe voulait chasser, il avait avec lui un beau fusil qu’il avait récupéré dans la soute, cette merveille il y tenait comme à la prunelle de ses yeux.

Les filles avaient prévu de s’occuper un peu du camp, changer les feuilles des couches, consolider les huttes et prévoir les nouvelles réserves de bois . Nous gardions les idées millénaires que la femme doit faire le ménage et les hommes au boulot.

Ici tout se réglait au jour le jour et chacun donnait son idée, puis on votait pour qui faisait quoi. Aujourd’hui 14è jour de survie  à partir de mes récits sur ce journal mais si on compte mes 17 jours d'errance avant la mise en page de mon périple cela fait 31 jours exactement que je suis là......

Elentari décidé et partir rechercher des réserves de saponaire pour la toilette elle est accompagnée de Aarycia

Marina, Pixi et Ataya partent au bois pour le feu

Romeya et Badou décidément inséparables ces deux là assurent les branches de palmier ;

Pour ma part je suis en charge des feuilles pour  les couches.

Les 7 filles sont donc  toutes à leurs activités, Stuppe est partit chasser un quelconque animal qui changera du lapin… quoi que nous ne nous en plaignons pas… quand je vois arriver au bout de l’île, un homme épuisé. Il titube et semble  venir de nulle part.

Je cours et l’attrape au moment  il va s’écrouler.

« eh … accroche toi sinon jamais je pourrais te porter » Je le secoue un peu,  lui tapote les joues,

« bon pour une fois tu cogne pas à la volée me dit Jimminy »

« Tiens il y a un moment que tu  t’étais fait entendre toi « !

L’homme est lourd, ma perte de poids depuis le crash sur l’île m’oblige à le traîner plus que  le porter.
Je me rappelle à nouveau Ko Lanta quand ils se regardaient dans le miroir apporté sur l’île (bon c’est vrai c’était un jeu car sinon comment on trouverait un miroir sur l’île )?

En tout cas je pense à ça à ce moment précis, je dois avoir perdu au moins 10 kg vu comment je vois mon corps de plus en plus décharné.

« Aller encore un petit effort on y est presque, allez secoue toi mon vieux il faut que tu boive un peu »

l’homme est à bout de forces, il ne parle pas, je m’imagine alors que j’étais comme ça quand les filles m’ont trouvée.
Je l’installe tant bien que mal sur la couche de la grande hutte, bizarrement à la place où moi on m’avait installée. Cette couche sera ensuite celle où chaque survivant sauvé fera un petit séjour de retape me dis-je.

Je le laisse se reprendre un moment, il est mal en point mais  ne sombre pas dans l’inconscient.

Les autres ne vont pas tarder à arriver ils vont être étonnés comme à chaque fois paraît-il de voir un nouvel habitant.

Aujourd’hui c’est à mon tour de découvrir ce que ça fait, sauver une nouvelle personne ce n’est pas rien quand on sait le nombre de gens qui ont péris dans l’avion.
Je le veille à mon tour, comme l’a fait Stuppe pour moi, j’attends qu’il ouvre les yeux, je lui parle de la vie, de ma vie, de tout ce que je pense être important à entendre quand on revient de loin.

Il est 18h quand les autres arrivent.

J’ai laissé les couches en l’état, la vie est plus importante….. Romeya et Badou arrivent en premier. Puis derrière il y a Elentari et Aarycia, suivent enfin Marina, Pixi et  Ataya
Au bout de l’île enfin…. C’est Stuppe qui arrive avec une sorte de cochon sauvage.

Nous nous mettons tous autour de l’homme allongé, attendant qu’il parle. La grande hutte devient alors la pièce commune où tout le monde est réuni.
L’inconnu râle, il remue se débattant  de je ne sais quels démons, certainement un cauchemar comme nous en faisons tous ici !

Apercevant du monde il se redresse sur un coude, nous regarde l’air étonné et entreprend de nous dire qui il est.

   
« Dernière édition: Ven 12 Oct 2007, 19:10 par chalala »
Réponse #18 Mar 09 Oct 2007, 02:55
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Je m’appelle Thegu, je suis normand et j’étais dans l’avion qui s’est crashé j’ai fait presque tout le tour de l’île je me suis débrouillé çà fait 2 semaines que je tourne en rond.
J’ai mangé des fruits mais certains m’ont rendu malade, puis un animal que je ne connais pas m’a attaqué, les griffures sur ses jambes en témoignaient.

« Si je ne vous dérange pas j’aimerai me reposer un peu ici, je repartirai d’ici quelques jours. Je ne voudrai pas vous ennuyer ».

« Ici tout le monde peut aller et venir comme il veut lui dis-je, tu fais comme tu l’entends, tu restes ou tu pars quand tu iras mieux ».
Nous l’avons laissé manger à sa faim se désaltérer.

Toutefois avec ma curiosité habituelle, je lui demandais : 

"2 semaines dans la brousse ? Tu étais seul tout le temps" ?
"Es-tu parti avec d'autres survivants du crash, en as-tu rencontrés" ?
Je le bombardais de questions.

La nuit allait tomber, nous avons-nous aussi mangé un morceau de lapin cuit, des fruits, j’ai pris quelques carrés de chocolat afin d’en donner à tout le monde. Chacun appréciait ces petites douceurs, elles s’épuisaient mais bon sang ce que nous les sucions ces petits bouts de chocolat noir.

 Thegu partit se coucher, il voulait repartir disait-il ! ses mots résonnaient dans ma tête je ne trouvais pas le sommeil....

Allongée sur ma couche je repensais sans arrêt à ses paroles….

Partir, mais pour où ? Nous tournions tous en rond dans cet endroit, nous ne découvrions que des arbres, de l'eau, des rochers, du sable.... alors partir mais où?

Je lui avais proposé de rester un peu, le temps de voir si ça valait le coup qu'il reparte. Plus nous allions être et plus nous aurions de chance de nous entr'aider.

Il avait la bougeotte ce Thegu  me semblait-il ! Moi aussi j'aimais les voyages et le fait qu'il soit de Normandie nous rapprochait naturellement.

15è jour

Encore une journée comme les autres, à construire, améliorer, cueillir des fruits, ramasser du bois, ç'en devenait lassant, pas de nouveautés si ce n'est un survivant de temps à autre, nous commençions vraiment à nous ennuyer.

Chacun ou presque écrivait son journal et il arrivait parfois que nous soyons tous à écrire en même temps, c’était souvent quand tout était terminé et que nous passer le temps, nous noircissions nos pages.

je faisais de plus en plus de croquis, j'écrivais de plus en plus aussi, une frénésie d'écriture s'emparait de moi dès que je prenais mon crayon.

Manger était le moment où tous nous nous réunissions, s’instaurait alors des plans pour partir de cette île, mais chaque fois nous en revenions à la base… comment ? Avec quoi ?

Des discussions enflammées s’ensuivaient où les métiers des uns se trouvaient confrontés aux autres. Les femmes (nous étions pratiquement toutes des mamans) voyaient toujours leurs espoirs réduits à néant car tout compte fait, aucun d’entre nous ne pouvait trouver une solution claire et réelle.

Nos familles mais surtout nos enfants nous manqaient. Souvent nous nous mettions à l'écart pour pleurer en pensant à nos enfants qui ne savaient certainement pas ce que nous étions devenues....

Thegu et moi nous primes vite l'habitude de rester à la tombée de la nuit près du feu pour discuter de nos voyages respectifs, c'était un baroudeur et pour la routarde que j'étais jusqu'à ce crash, parler avec Thegu était un véritable plaisir.

J'appréhendais le jour où il allait décider de nous quitter, j'allais ressentir le vide j'en étais certaine.

Pour le moment, nous nous entendions très bien et c'est sans problème que j'envisageais de partir à l'aventure avec lui s'il acceptait ma présence. Je n'osais pas encore lui en parler, mais je me dis que d'ici quelques jours je le ferais.

Alors que nous discutions tous, Ataya vit soudain Stuppe s’éloigner et devenir mélancolique, chacun avait ces moments de déprime, chacun vivait à ses instants des périodes de repli. Ce soir c’était Stuppe, il comptait sur ses doigts n’arrivant pas à savoir depuis combien de jours il était là,  sur cette île.

Nous avons respecté son isolement mais nous craignions de le voir se refermer sur lui-même, alors nous faisions régulièrement des petites haltes sous sa hutte pour lui parler, lui demandant son avis sur telle ou telle expédition prévue les jours prochains.

Les jours défilaient ainsi on peut dire tranquillement, nous avions l’impression de devenir des pionniers, nous construisions des abris de plus en plus beaux, avec des pièces communes et des pièces personnelles.

Stuppe  avait retrouvé le moral, les filles ravies le bichonnait, nous ne voulions pas risquer de le voir s'assombrir à nouveau.

Je demandais à Kataya si elle avait su ce qui lui était arrivé mais non, il était secret Stuppe, réservé.

Certes il n'était pas le dernier à rire, et oui ça nous arrivait quand même sur cette île perdue, il fallait bien nous rassurer, nous persuader que nous n'avions pas perdu notre humour à défaut d'avoir perdu tout le reste en échouant sur cette île.

Nous nous organisions nous devions prévoir que d’autres personnes pourraient arriver d’un moment à l’autre.
Comment d’autres gens survivaient-ils ? Avaient-ils un camp comme nous ?
Comment se nourrissaient-ils ?

Autant de questions que je me posais lorsque je pensais à tous ces survivants qui étaient sortis de l’avion et que nous n’avions pas revus.

La nuit est là, Je n’arrive pas à dormir, j’entends tout le monde qui bouge à tour de rôle, les uns font des rêves où l’on devine le bonheur ...mais soudain ce sont des cauchemars et certains se redressent de sur leur couche, retombant lourdement.
Des gémissements à nouveau puis des ronflements signe d’apaisement du sommeil.

Nous étions là Thegu et moi à discuter tout doucement pour ne pas déranger nos amis
Nous parlions de nos voyages, moi de l’Indes où j’aimerais aller et je ne sais même pas si je reverrais seulement un jour la France alors que je pense à l’Indes.

Alors que nous allions penser à aller dormir, Stuppe vint nous surprendre dans notre conversation. Il eut comme l'impression de casser une ambiance...

Le rassurant car il ne nous dérangeait pas du tout, presque timidement Il se mit à nous raconter un peu sa vie et nous dit qu’il était né à Evreux en Normandie (dans  le 27)
Après avoir abandonné des études de droit il s’était lancé dans la vente de jeux lumineux (vachement utile sur une île déserte) ironisait-il

il faisait aussi du tir en club depuis maintenant 5 années.

C’est ainsi que nous avons appris que nous étions déjà trois normands réunis sur cette île…. Hasard des circonstances…..

 Nous nous  découvrîmes alors plein d'autres points communs entre Stuppe, Thegu et moi, nous étions tous trois proches par nos racines, aimions l'aventure... là nous étions servis et ne désespérions pas de pouvoir partir de cette île (ça c'était une autre histoire).....

trois normands, oui nous étions trois normands arrivés ici sur ce coin perdu de la planète.

Par quel miracle ça se produisait ?

Du coup nous sommes restés un peu plus longtemps autour du feu nous racontant nos vies, nos plaisirs dans la vie normale et nos aspirations pour le futur.

Stuppe n'aimait pas trop écrire il disait ne pas être bon en orthographe, mais ici et partout ailleurs du fait, combien de personnes ne maîtrisaient pas l'orthographe. Ces personnes ne manquaient pas de valeur pour autant.

Je leur expliquais que j'étais secrétaire en pétrochimie... (et oui nulle n'est parfaite) et si ma maîtrise du français était bonne celle des maths me faisait défaut donc l'une compensait l'autre.

Je n’avais pas besoin de mon bon français lorsque je voyageais, je n’avais pas besoin de mon bon français pour survivre ici... à qui écrire, il n'y avait pas de poste donc on s'en foutait...
Je lui demandais de continuer à écrire dans son petit livre de bord... c'était ça le plus important.

Nous expliquant sa passion pour le tir, je comprenais un peu mieux pourquoi il tenait à son fusil comme à la prunelle de ses yeux.
Ici.... ça se révélait être bien utile cette passion, elle nous permettait de survivre, de manger c'est déjà tellement important. Le seul hic... et oui et de taille... c'est quand il n'aurait plus de balles....

Je ne me souvenais plus s'il avait tiré la dernière balle pour nous avertir de leur détresse à lui et Aarycia....
Nous avons parlé encore longtemps, de mes voyages, de ceux de Thégu, de son envie de repartir, nous avions envie de partir tous les 3 mais partir c'était abandonner les autres et puis aller où ?

Thegu allait émettre une idée quand on entendit ronfler plus fort sous les huttes, craignant de déranger le sommeil des autres on pris le partit d’aller nous aussi nous coucher il ne restait que quelques heures pour terminer la nuit.
   
« Dernière édition: Lun 05 Nov 2007, 02:34 par chalala »
Réponse #19 Mar 06 Nov 2007, 17:33
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La nuit porte conseil dit-on ! Parfois oui c'est vrai mais la mienne de nuit était peuplée de souvenirs qui n'en finissaient pas de vouloir venir m’empêcher de sombrer.....
Je sursautais quand soudain je sentis une main toucher mon épaule.....

"Tu dors" ?
"Non répondis-je"  "que se passe t-il" ?

C’était Stuppe

"J’ai entendu du bruit il y a quelques minutes, là pas loin juste à côté de ta hutte"
Je me levais d'un bond ayant juste le temps d'apercevoir deux billes brillantes ressemblant à des yeux...
Stuppe les avait vus aussi, il avait prit son fusil et même s'il ne lui restait plus qu'une seule balle je me sentais rassurée.

"Bouge pas me dit-il, va dans le coin là et attends-moi" !
"Non Stuppe je viens avec toi si je reste je serais morte de trouille à ton retour"
Nous sortîmes tout doucement faisant le tour de ma hutte.
C'est alors que nous avons entendu un bruit sourd, comme un gros paquet tombé au sol.
Stuppe allait tirer quand une espèce de brute s'abattit sur lui.
"Merde alors c'est quoi ça criai-je" ?

Le bruit avait réveillé les autres, tout le monde était maintenant debout il était 5 h du matin et Romeya, courageuse comme toujours sauta, sur la brute épaisse maintenant clouée au sol par 3 des filles.

Stuppe attrapa son fusil qui lui avait échappé des mains lors du choc et mis en jeu l'homme inconnu.

"Qui es-tu ? T’as intérêt de répondre sinon je te troue la peau"

Il se faisait la voix dure mais nous savions tous que Stuppe était un pacifique et que tirer lui aurait certainement arraché le coeur... de plus une seule balle il valait mieux la conserver pour un gros gros danger....

L’homme ne ressemblait pas vraiment à un humain on aurait dit le Yeti, mesurant pas moins de 2 mètres, des cheveux qui tombaient à n'en plus finir, une barbe arrachée plutôt que coupée et une peau devenue grise  à force d'être sale... il ne parlait pas, bredouillant quelques sons il mit les mains devant son visage.

Il semblait maintenant inoffensif mais nous nous méfiions quand même un homme ou un animal apeuré n'est-il pas plus dangereux ?

Ses hardes puaient à 15 pas si c'est pas plus, et il paraissait s'être fabriqué des spartiates avec des bouts de tissu et cordes.

Ce n'est pas qu'il était gros mais sa taille imposante et ses loques le rendaient impressionnant. Ses yeux effectivement lorsqu'il retira ses mains étaient comme deux billes de verre, on aurait dit un chat.

Il me fixait et je sentis comme un malaise m'envahir. Les filles s'en apercevant me firent reculer,

"Mais il t'hypnotise" dit Romeya

C’était exactement ce dont j'avais l'impression je me sentais vidée comme incapable de faire le moindre mouvement.

Stuppe se plaça alors droit devant l'espèce de monstre mi-humain mi-sauvage et lui redemanda qui il était.

Homme dit-il ! Perdu ! Faim !

Ben alors là on était bien... voilà qu'un sauvage affamé et en plus énorme allait nous bouffer toutes nos réserves.

Ataya rapporta du lapin  séché qui restait et Thégu une pinte d'eau fraîche.
Il engloutit tout en 2 mn et tendit le coquillage qui servait de bol demandant de l'eau.

Qu'allons-nous nous faire demandais-je aux autres ?

Les hommes se regardèrent alors que les filles avaient toujours les yeux rivés sur l'étranger.

Ce n'était pas possible qu'il soit du même crash que nous... pas dans cet état. Depuis combien d'années était-il là ?

Il était toujours debout imposant, énorme, nous dépassant tous d'au moins 3 têtes et d'un coup il s'affala sur le sol, comme une masse, inanimé...

"Ho ça va pas ?"
"Tu nous fais quoi là" ?

Stuppe et Thégu touchèrent son visage tout en se méfiant, lui tapotèrent les joues, bien que moi je lui aurais filé deux bonnes paires de baffes tellement il me semblait que les tapotages étaient des caresses sur sa grosse tête....

Jimminy en profita pour me lancer : "ben oui... toi forcément les douceurs c'est pas ce que tu sais le mieux donner ici"

"Toi ferme-là c'est pas le moment" 

Mais bien consciente maintenant des soucis que m'avait apportés Jimminy j'avais prononcé cette phrase dans ma tête....

AArycia et Ataya s'en étaient certainement rendues compte car elles me regardèrent avec un sourire.....


Réponse #20 Ven 04 Jan 2008, 03:35
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Les heures passaient et nous étions toujours avec ce bonhomme hirsute qui semblait se radoucir. A moins que ce ne soit nous qui commencions à nous faire à lui.
Certes un nouveau vient toujours un peu perturber la communauté, mais l'esprit de solidarité était là à chaque fois et il fallait à nouveau faire un peu plus de place pour héberger ce nouvel arrivant.
Nous "tions quand même assez dubitatifs quant à la suite de notre vie sur cette île. Nous allions être Noël, puis Jour de l'an et nous allions encore passer ces moments loin des nôtres.
Les larmes commençèrent à me monter aux yeux à cette seule pensée. Je chassais vite l'angoisse qui allait me nouer l'estomac et la gorge.

Nous avons installé le nouveau un peu à l'écart de notre camp, ne sachant quand même pas s'il était atteint de maladies car il était vraiment pouilleux avec ses cheveux longs et sa barbe dégoutante.

Il accepta la natte de feuille que nous lui avons offerte, il s'est aussitôt affalé dessus baissant la tête, il me faisait soudainement penser à ces reportages des chercheurs qui étudient les gorilles dans leur millieu naturel. Ils baissent la tête ne croisant pas le regard des gorilles qui se sentiraient agressés. Et bien là j'avais la même impression, l'homme baissait la tête maintenant évitant nos regards.

Je demandais à Stuppe si nous pouvions quand même chercher à savoir un peu plus sur lui.
"Ne crois-tu pas que nous devrions essayer de comprendre depuis quand ill est là ?"
Stuppe me répondit que nous verrions ça demain au jour.

Nous étions fatigués, certes nous ne faisons pas grand chose sur l'ile si ce n'est que nous obstiner à survivre et à réunir le plus de confort possible, mais les journées nous paraissaient toujours longues, la noirriture succite ne nous donnait pas beaucoup de forces et le soir c'est de plus en plus épuisés que nous nous endormions.

Notre camp était de mieux en mieux équipé, les huttes de chacun s'amélioraient de jour en jour, les feuilles de palmier n'avaint plus de secrets pour nous les femmes et nous les tressions dès que nous avions un moment qui n'était pas occupé à chercher des fruits, des racines, des lapins rapportés souvent par Stuppe et Thégu.

Nos réserves d'eau étaient toujours pleines et grâce à tout ce que nous avions mis en communauté, récupéré nos sacs ou dans l'épave de l'avions, nous avions réussis à avoir un peu de victuailles sortant de l'ordinaire. C'est ainsi que nous avions encore quelques barres de chocolat, des sachets de thé, quelques bonbons, enfin pas de quoi tenir un siège mais bon des petits plaisirs qui nous ratachaient encore à la civilisation.

Nous étions maintenant le 23 décembre et Noël allait être fêté par tous les chrétiens de la terre, certains l'avaient déjà fêté et d'autres parties du globe allaeint le faire. J'avais gardé la date coorerspondant à notre vie en France sur ma montre et nous allions donc fêter Noël le lendemain.

J'avais arrêté d'écrire pendant un long temps, presque 2 mois je ne voulais plus laisser les mots noircir mon calepin, j'avais l'air de me foutre des souvenirs que nous allions laisser, puisque maintenant il me semblait que nous allions tous crever sur cette île.
Mais là il me semblait que je n'avais pas le droit de laisser passer ces fêtes importantes sans en marquer tous les détails sur mes papiers.

Le nouveau ronflait très fort, tout le monde était endormi et moi toujours avec ces foutues insomnies je regardais le ciel priant les bonnes étoiles de me guider dans ce que je devait faire au jour le jour.

Je repensais à nouveau à mon père à cet instant, je me souvenais de mes visites chez lui, souvent quand j'alais mal il le savais avant même que je ne lui dise. Nous étions très proches, nous nous regardions et savions avant même de parler, ce que nous attendions l'un de l'autre.

Parfois il ne prononcait pas un seul mot pendant 2 heures mais pendant ces deux heures c'est moi qui parlait... il écoutait, patient, dans la sagesse extrême de l'homme qui sait déjà tout avant que les autres ne parlent.

Je lui exposais mes problèmes, mes choix difficiles puis j'attendais. Il n'avait rien dit comme à son habitude mais au moment de partir, l'embrassant à la Russe, c'était notre mot de passe à nous deux : il me disait, "maintenant tu sais ce que tu as a faire"... et c'était vrai ! je repartais toujours de chez lui avec la sensation de savoir ce que je devais faire, j'avais la solution....
Quel homme merveilleux ! sa sagesse me manque, ses paroles ou non paroles me manquent.
Lui aurait certainement su ce qu'il aurait fallu faire ici... Mon guide est partit il m'a quitté à tout jamais un jour de septembre 1993, ce fut le pire moment de ma vie, la perte insoutenanble de l'être que j'ai le plus respecté au monde.

Mais parfois je le sens là... à mes côtés, son souffle me dit "je suis là, n'ai pas peur"  "tu sauras ce que tu as à faire" !
"oh Papa, guide-moi, aide-moi fais-moi ressentir que tu es toujours à mes côtés".

Le sommeil me surpris à cet instant alors que j'étais en communication avec mon Père......
J'eu l'impression de sentir ces souffles que je ressentais dans ma vraie vie, souffles qui au début me faisaient paniquer, me réveillant en sursaut, cherchant quel souffle je sentais, je regardais à mes côtés, mon compagnon était tourné à l'opposé de moi donc ce n'était pas son souffle, je testais mon propre souffle sur mes bras, mais ce n'était pas ça ....ces souffles je les ressentais sur mon visage, puis sur mes mains, un souffle très doux un peu frais, je les sentais 3 ou 4 fois d'affilée et après plus rien.
Au début j'allumais la lumière voulant me rassurer, puis petit à petit je n'allumais plus laissant les souffles se poser sur moi, je parlais alors tout doucement demandant si c'était mon Père.. bien sur je n'avais aucune réponse si ce n'est un autre souffle très frais plus près de mon visage encore.

J'appris à maitriser ma peur, et je remarquais que souvent j'avais ces manifestations lorsque j'avais quelques décisions importantes à prendre, bizaremment le lendemain je savais à nouveau ce que j'avais à faire.

Mon Père m'aidait donc toujours.

Je n'osais en parler à personne bien entendu de crainte que l'on me prenne pour une folle, mais je puis vous affirmer que ces sensations étaient bien réelles. Il m'est même arrivé de ressentir ce souffle bien plus fort encore un jour alors que j'étais seule dans ma salle de bains la porte fermée.

Un courant d'air très fort, me parcouru me faisant frissonner . J'ouvris brutalement la porte et appelais mon compagnon lui demandant s'il avait ouvert une fenêtre ou une porte qui aurait pu faire passer un air froid sous la porte de ma salle de bain.
"non me répondit-il, pourquoi" ?
"pour rien"

C'est à ce moment que je lui en ai parlé, pour me rassurer peut-être mais aussi pour qu'il me permette de le réveiller lorsque ça se représenterait la nuit.

Pourquoi est-ce que je repense à tout ça ? et pourquoi est-ce que j'écris ça, je ne pense pas que ça puisse intéresser les personnes suceptibles de lire mon journal si un jour je suis retrouvée....

"Aller ma fille rendors-toi "!

"Jimminy parle-moi dis moi que j'ai rêvé tout éveillée" ?

je sombrais alors complètement dans un trou très profond, signe que le sommeil était enfin là pour de bon.....








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Réponse #21 Lun 14 Jan 2008, 03:38
Chalala
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Chaque nuit devenait de plus en plus pénible pour moi.... le sommeil qui s'écroulait sur moi comme une masse lorsque j'arrivais enfin au fond de ma résistance, ne me faisait profiter du sommeil réparateur que pendant 2 heures d'affiler.
Je n'arrivais plus à dormir une nuit complète? Les heures s'égrenaient, les cris des rapaces rampants aussi bien que ceux des volants et aussi les humains qui ronflaient... tous ces  bruits mélangés me faisaient peur parfois.
Me cachant sous la natte que je m'étais fabriquée, enfilant mon pull sur ma tête, je savais bien que ce n'était pas ça qui pourrait me protéger, !Mais j'étais dans la nuit, je ne voyais rien ainsi.
J'étais donc à nouveau réveillée.... j'ouvrais tout grand mes yeux, allongeaient mes oreilles pour bien entendre le moindre bruit... crissement sur le sol... je devenais une bête à l'affût.  J'allais bientôt devenir dingue dans cet endroit.
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