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Auteur Discussion: [Journal] Pour toi...  (Lu 7987 fois)
Sam 29 Sep 2007, 13:05
Marsue
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~*~ 1ère page, 1ères lignes ~*~

29 sept. 07

Bonjour ou Cher journal, je ne sais pas trop par quoi commencer…

Bientôt 1 an que je suis ici, et voilà seulement que je commence ce journal. Je ne sais pas pourquoi je n'y avais pas songé avant, mais aujourd'hui je sais pourquoi j'ai envie de l'écrire… c'est pour quelqu'un… pour toi... si jamais tu le lis un jour, pour te raconter ce qui s'est passé, au cas où je ne puisse jamais te le raconter de vive voix.

Par où commencer ? Certainement par l'été dernier, quand je suis descendu dans le sud en avion. C'est un peu loin mais je veux que tu saches tout, et puis finalement c'est bien là que tout a débuté…

Aïe, j'ai des crampes dans les doigts, je ne dois plus avoir l'habitude d'écrire, c'est normal après tout ce temps.

Je vais me reposer un peu, mais je reviendrais très vite afin de tout t'expliquer, je te le promets…







« Dernière édition: Ven 27 Mar 2009, 14:02 par Lline »
Réponse #1 Sam 29 Sep 2007, 20:38
Marsue
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~*~ FLASH BACK, le début d'une longue histoire~*~

10 Août 06

Enfin, notre projet se réalisait !

Mon ange et moi, nous nous aimions à la folie. Cela faisait 5 ans que nous vivions ensemble déjà. Nous étions loin d'être malheureux, toutefois il manquait quelque chose pour que notre bonheur soit parfait : quitter notre triste ville de l'est et déménager dans le sud de la France !

Après plusieurs années d'attente, ça y est, on partait. Mon ange y était déjà d'ailleurs (il a fait le dernier voyage en camion hier). Restait plus que moi, je devais rester pour faire l'état des lieux de notre ancien appartement, et le lendemain je prenais l'avion et adios ancienne vie, bonjour nouvelle vie.

J'étais un peu tendue la veille de mon départ. L'avion étant de plus en plus cher, j'avais réussi à dénicher une compagnie low cost, comme d'habitude, mais à chaque fois c'était une compagnie différente !

Le problème c'est que j'atterrissais en Espagne, c'était moins cher que d'atterrir en France, bizarre quand même, mais bon... Et puis c'était des horaires pas évidents du tout, je décollais à 21h15 pour atterrir à Gérone à 23h15.

De toute manière, avec moi peu importe la compagnie et les horaires, l'avion ça m'a toujours fait flipper. Non mais c'est vrai, quand on a un accident en voiture ou en train on a toujours une petite chance de s'en sortir, tandis qu'en avion, en cas d'accident c'est foutu on s'en sort pas, c'est impossible !

Mon ange essayait de me rassurer.

Le voyage ne dure que 2 heures, ça passe vite, tu te prends un magazine, t'auras pas le temps de le terminer que tu seras arrivée...

A croire qu'il ne me connaît pas tant que ça, pour penser que moi, je puisse avoir l'esprit assez tranquille pour pouvoir lire en avion ! Bref...

Mais cette fois-ci mon appréhension était un peu affaiblie par la joie de cette nouvelle vie qui commençait. J'étais tellement heureuse et pressée d'arriver là bas que j'en oubliais presque le voyage en avion. Presque…






« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:41 par Marsue51 »
Réponse #2 Sam 29 Sep 2007, 21:58
Marsue
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11 Août 06


Toujours la crainte de louper son avion ou son train comme si la vie de quelqu'un en dépendait c'est usant et stupide ! Surtout que des fois c'est plutôt l'inverse, c'est quand on réussit à l'avoir que notre vie est en danger.

Bref, j'avais donc déjà passée quelques étapes stressantes : le trajet vers l'aéroport en arrivant à l'heure, l'enregistrement des bagages avec un bout de papier imprimé sur ma vieille imprimante qui fait office de billet d'avion maintenant, ainsi que l'attente et la file d'attente avant de monter enfin à bord.

Mais une fois assise à ma place dans l'avion je n'étais pas plus soulagée pour autant. Et encore quand je dis ma place c'est ironique, avec ces billets, on a pas de places réservées, donc le 1er rentré est le 1er assis et c'est franchement la guerre. J'imagine même pas le stress d'une mère de famille seule avec 3 enfants qui aimerait juste être proche d'eux durant le voyage.

C'est quand même marrant quand j'y repense, je voulais juste traverser la France, je choisis (un peu par dépit tout de même) une compagnie anglaise qui atterrit en Espagne. D'ailleurs du coup les hôtesses étaient espagnoles. Ce qui ne m'a pas facilité la tâche tu comprendras bientôt pourquoi…..

Assise, les jambes croisées, les bras croisés, les doigts croisés aussi sûrement, je me souviens regarder vaguement les autres passagers s'installer tout en me répétant dans ma tête

2 heures de vol c'est pas la mort, que veux-tu qu'il se passe ?

A ce moment précis je n'arrivais même pas à me concentrer sur mes pensées. Il fallait attendre pour ça d'avoir décollé, à ce propos, étrangement le décollage m'ennuie beaucoup plus que l'atterrissage, peut-être parce qu'à l'atterrissage je sais que mon calvaire touche à sa fin.

Ça y est, on décolle, comme à mon habitude, une main cramponnée sur chaque accoudoir, pas la peine d'essayer de me parler car je fixe le dossier du passager de devant. D'ailleurs ce fameux passager de devant n'a pas l'air d'avoir les cheveux bien propres, c'est dingue, l'avion aurait été à 5h du mat' j'aurais pu à la limite comprendre, et encore, mais là ? à 9h du soir ?? faut pas me faire croire qu'il n'a pas eu le temps !

Ces récriminations m'ont permis de passer l'étape "décollage" sans trop y penser. C'est déjà ça de gagné !

N'étant toujours pas super à l'aise, impossible de bouquiner, je décidais donc de me concentrer sur mes projets. Et bien oui parce qu'à mon arrivée notre nouvelle vie ne va pas commencer  en claquant des doigts… Il faut aménager la maison de manière à ce qu'elle soit habitable déjà pour nous mais aussi pour bébé, qui dit nouvelle vie dit forcément fonder une famille, et puis ça fait tellement longtemps qu'on attend, qu'on va pas pouvoir se retenir encore longtemps.

Ensuite ranger toutes nos affaires, car on a fait 2 voyages avec 2 camions pleins donc y'a de quoi faire. Que veux-tu je suis une sentimentale moi, et j'ai du mal à me séparer des objets qui me tiennent à cœur ou qui me rappellent simplement des bons souvenirs. Je pense d'ailleurs que je vais garder pas mal de choses de toi, peut-être que je pourrais te les montrer un jour.



Et puis enfin le jardin ! Alors ça c'est mon domaine, des mois que je planche dessus, comment l'organiser pour en profiter au maximum et surtout réussir à caser toutes les plantes et fleurs que je tiens absolument à avoir. Ah oui et puis j'allais oublier aussi le bassin + un potager. Enfin bon c'est pas simple, mais quand je veux quelque chose je mets tout en œuvre pour l'obtenir…

Tiens des secousses ! Génial....

Manquait plus que ça, au milieu du voyage, les secousses commençaient à être assez importantes. Voyant ma mine affolée voir hystérique, mon voisin se sentit obligé de me réconforter en me disant que c'était courant les zones de turbulences, et qu'ils avaient annoncé beaucoup de vent cette nuit.

Et c'est censé me rassurer ça ?

La panique m'atteignait, je n'ai jamais eu peur à ce point là, peut-être était-ce la fatigue accumulée ces derniers jours, mais j'étais totalement incontrôlable. Une hôtesse avait remarquée mon visage larmoyant, elle alla me chercher un verre d'eau et me le posa sur la tablette en me baragouinant quelque chose en espagnol.

Je fixais à présent le verre d'eau posée devant mon nez, je n'en croyais pas mes yeux, l'eau était en train de vibrer, ça me rappelait le film Jurassic Park, où quand le dinosaure approchait, des tourbillons se formaient dans le verre d'eau, et bien là c'était exactement pareil

Les secousses ne s'étaient toujours pas arrêtées et comme si ça ne suffisait pas je sentais que l'on perdait de l'altitude. Je demandais donc à mon voisin si on atterrissait, il regarda sa montre puis me dit que non que ce ne serait pas avant 1h. Je lui expliquais donc que pourtant on descendait, il me certifia que non !

C'est dingue aucune sensation ces bonhommes, y'a rien à faire…

En tout cas moi j'en étais certaine, on descendait, je le sentais, mes tripes le sentaient, même mes cheveux le sentaient !! Je fis donc un signe à l'hôtesse de l'air qui s'approcha, et lui baragouina (ben oui moi aussi) en espagnol pour savoir ce qu'il se passait. Elle me répondit que l'on allait bientôt atterrir, je lui lâcha un : "no a las once" ! ce à quoi elle me répondit : "no a las diez".

Mais qu'est-ce que c'est que ce binz ?

J'affectionne beaucoup l'Espagne, je voulais même aller y vivre pendant un moment, mais par contre je suis loin de parler couramment l'espagnol. Ce qui dans cette situation était légèrement embêtant…

N'ayant donc pas d'autres choix que d'attendre pour vérifier ses dires, j'attendis. Toujours en panique. Toujours larmoyante.

Quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis résignée à admettre qu'elle avait bien raison.

Nous avons en effet atterrit, et en effet à 22h15 au lieu de 23h15. Ils ont du se tromper dans les horaires. Je suis sûre que si à ce moment précis j'avais eu le responsable devant moi, je l'aurais…. Non rien !

Heureusement mon cher et tendre qui avait de la route et qui avait peur d'être en retard était parti en avance, et était donc là à mon arrivé, je revois encore sa tête me voyant arriver avec mon petit sac, les yeux bouffis de larmes, encore affolée… mais bon j'étais saine et sauve, et à destination, on allait donc pouvoir attaquer les choses sérieuses…

Je me doute qu'à la lecture de ces quelques pages, tu te demandes pourquoi je te raconte tout ça. Je voulais simplement te raconter le début, le commencement de cette nouvelle vie qui comme tu le sais a vite tourné court... Mais c'était peut-être mieux ainsi...


« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:41 par Marsue51 »
Réponse #3 Dim 30 Sep 2007, 12:33
Marsue
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15 Sept. 06

1 mois que nous étions installés maintenant, la maison était quasiment terminée d'être aménagée, mon jardin était splendide, enfin à mes yeux, mais c'est bien le principal non ? Nous commencions à faire connaissance avec nos nouveaux voisins, que des retraités mais adorables. La partie "boulot" commençait à se concrétiser sérieusement.

A ce stade là nous commencions sérieusement à parler mariage avec Jules, en se disant que la famille allait être obligé de se coltiner 1000 bornes pour venir un week-end, mais bon ce n'était pas catastrophique non plus, du moment qu'on leur faisait pas le coup 3 fois par an…

09 Oct. 06

Et bien justement, à ce propos, un jour, au courrier, on reçoit un faire part de mariage… Figure toi que l'on s'était fait grillé en toute beauté ! C'était la cousine à Jules qui se mariait mais pas n'importe où, et bien non ce serait trop simple, en Floride !!!

Ça faisait un peu plus d'un an qu'elle était partie là bas, régulièrement, elle songeait sérieusement revenir en France car sa famille lui manquait, et puis depuis quelques temps, silence radio… Oui bien maintenant j'ai compris, en fait elle s'était trouvée un Jules aussi et du coup elle s'ennuyait nettement moins de sa famille évidemment.

Le fait est donc, qu'ils se mariaient le 23 octobre, et là bas, pour le fun qu'ils disaient !! Tu parles d'un fun toi….

En plus on est prévenu au dernier moment, c'est l'idéal pour un voyage de ce genre, paraît-il que ça s'est décidé très vite, ça je l'avais bien compris, mais je les soupçonne surtout de nous avoir oublié et d'avoir rattrapé le coup discrètement.

Mon ange ? C'est à combien d'heures d'avion la Floride ?

Bah, euh… je sais pas une bonne 10aine je pense !

Gloupss…

Oui bah euh j'adore ta cousine, elle est sympa, c'est vrai je l'aime bien hein…, mais 10h d'avion ça va pas le faire ! T'as qu'à y aller avec tes parents, mais moi, je reste là, je ne survivrais pas, j'irais pas, regarde j'en ai déjà les mains qui tremblent de trouille…

C'est pas si dramatique que ça, je te saoulerais, tu verras tu capteras quedale… !

Il pouvait toujours rêver lui avec ses idées à la ... noix !

Tu apprendras avec le temps que quand je ne veux pas faire quelque chose, généralement je ne le fais pas. Et toc ! Ah oui et aussi que j'ai une fâcheuse tendance à avoir le dernier mot ! Dommage pour toi…






« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:42 par Marsue51 »
Réponse #4 Dim 30 Sep 2007, 19:48
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21 Oct. 06

Tu ne devineras jamais où j'étais ce jour là, enfin si tu dois forcément t'en douter un petit peu quand même.

Eh oui j'étais assise ou plutôt cramponnée à mon fauteuil dans un avion en partance pour la Floride ! Je ne pensais pas qu'il arriverait à me convaincre, mais si. Je ne sais pas ce qui m'a pris d'accepter, peut-être était-ce l'envie de découvrir ce pays, je ne sais pas trop…

En tous cas nous voilà dans cette foutue prison de tôle pour 6h30, c'est déjà moins que ce que Jules m'avait annoncé mais ça faisait trop long quand même, en plus avec le décalage horaire, que je n'ai pas bien saisi encore c'est limite tu peux faire 3 repas dans l'avion, en tout cas me concernant ça m'étonnerait que je puisse avaler quoi que ce soit.

Je regardais ma montre toutes les ½ heure et répétais bien malgré moi

Ça ne fait qu'une ½ heure de passée ? Chuis dég' je pensais que ça ferait plus cette fois…

Et à Jules de me dire aussi à chaque fois

Arrête de regarder ta montre sans arrêt, c'est encore pire, t'arriverais presque à me stresser.

Ça c'est sûr qu'il en faut pas mal pour le stresser lui ! grrr

Ensuite tout s'est passé très vite, à une vitesse folle même je dirais, les secousses, les hôtesses de l'air qui demandaient de regagner nos places (comme si j'avais osé en bouger) et d'attacher nos ceintures, une perte d'altitude quasi instantanée, un gros bruit et plus rien. Je me souviens juste avant ce trou noir avoir croisé le regard de Jules…

Je le savais, je le savais, je le savais,…

Elle avait raison, elle avait raison, elle avait raison,…

Il ne me reste que quelques détails insignifiants de ce passage.

Quand j'ai entrouvert les yeux, j'étais allongée, comme assoupie, durant quelques minutes je pensais même être dans mon lit, mais tout d'un coup j'ai été envahie d'une floppée d'odeurs, puis de bruits exotiques, puis j'ai sentie comme une espèce d'humidité chaude, ça me rappelait la dernière pièce de l'aquarium de la Rochelle, où ils avaient reconstituée une ambiance tropicale. Au bout de quelques instants j'ai fini par ouvrir entièrement les yeux et me suis rendue compte que là c'était pas une ambiance tropicale, j'étais carrément dans la jungle !

Mais qu'est-ce que je foutais ici ? J'ai tout d'abord pensé à m'examiner, mais aucune blessure ou du moins rien en apparence, aucune éraflure, mes vêtements n'étaient quasiment pas abîmés, c'est comme si on m'avait délicatement posée ici alors que j'étais endormie. La seule douleur qui me tourmentait était celle de mon estomac, et c'est en me disant que c'était certainement dû au fait que je n'avais rien mangé depuis un moment à cause du stress de l'avion que je me suis tout d'un coup rappelé que, en effet, j'étais dans un avion…

Mais comment avais-je atterri ici sans accros et manifestement sans personnes aux alentours ? Je n'aime pas ça du tout… Et puis en plus elle a l'air bizarre c'te jungle...

Mais au fait il est où Jules ?





« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:43 par Marsue51 »
Réponse #5 Mer 10 Oct 2007, 21:23
Marsue
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21 Oct. 06 suite...

Je me suis redressée un peu abasourdie tout de même, à peine debout, j'aperçus une machette à mes pieds, vraiment étrange cette jungle. Je me suis mise à crier de toutes mes forces pour retrouver mon Jules en faisant quelques pas par ci par là. J'étais de plus en plus inquiète. Plus je criais, plus je me sentais seule, des larmes commençaient à couler le long de mon visage. J'avais peur…

Peur qu'il soit arrivé quelque chose à Jules, peur d'être abandonnée dans une jungle probablement hostile, peur de mourir prématurément à l'aube de ma nouvelle vie qui commençait si bien.

Je me souviens avoir pensé au mariage de la cousine à Jules, en me disant que pour le coup on allait le louper. Je me demandais ce que les gens pensaient de notre disparition à cet instant précis, je ne savais même pas s'ils s'en étaient rendus compte n'ayant aucune idée de l'heure qu'il était. Fixant le soleil je me suis même demandé quelle heure il pouvait bien être ?

On a vraiment des pensées saugrenues dans de pareilles situations !

Tout d'un coup, je repensais à la machette, et c'est elle qui m'a redonné espoir, je n'étais pas toute seule il devait bien y avoir quelqu'un ici pour que je trouve un objet évolué tel que celui-ci.

Machette en main, je me suis lancé d'un pas franc à la recherche de Jules !

Quelques heures plus tard, j'avais réussi à me nourrir de la cueillette de quelques fruits, mais aucun signe de Jules ou de qui que ce soit. Je voyais à présent le soleil s'abaisser et me disais qu'il faudrait peut-être que je me trouve un abri pour la nuit.

Je me suis donc fabriquée une mini cabane au pied d'un arbre, juste quelques branches en fait histoire d'être camouflée en cas de bêtes rôdeuses. Je me suis recroquevillée à l'intérieur en pensant :

1ère nuit dans cette jungle, combien d'autres vais-je y passer ?



Réponse #6 Dim 14 Oct 2007, 21:37
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26 Oct. 06

A ce moment, cela faisait presque une semaine déjà que j'étais sur l'île.

Ah oui parce que je savais dorénavant que c'était une île ! J'avais passé ma 1ère semaine à parcourir les sentiers battus pour savoir à peu près où j'avais atterri (façon de parler bien sûr) et pour retrouver Jules.

J'avais découvert que la jungle où j'étais n'était qu'une partie d'une île qui comme son nom le définit si bien est entourée par l'eau !

A force de longer les plages j'avais même fini par découvrir le crash de l'avion, enfin les crashs puisque apparemment l'appareil se serait coupé en deux en plein vol, du moins c'est ce que j'en ai déduit en découvrant la tête de l'avion au nord de l'île et la queue au sud.

Ça m'a d'ailleurs permis de récupérer quelques objets qui étaient encore en assez bon état. J'avais dans l'idée d'y retourner car si d'autres survivants étaient sur cette île, ils auraient sans doute la même idée que moi de retourner sur les lieux pour chercher quelqu'un ou quelque chose.

J'avais un peu amélioré aussi mon logis, qui me permettait d'avoir un point fixe où me reposer et passer la nuit. Je m'en servais aussi pour y stocker les quelques ressources que j'arrivais à trouver en prévision de futurs coups durs.

Toujours pas de nouvelles de Jules.

J'essayais de ne pas trop y penser pour ne pas m'en rendre malade et désespérée.



Marie-Elisabeth Gorge



« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:46 par Marsue51 »
Réponse #7 Lun 15 Oct 2007, 21:46
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1er Nov. 06

Je me souviens de ce jour un peu particulier comme si c'était hier.

Étant donné que les coquillages que je ramassais me rendaient quelque fois nauséeuse, j'avais fini par me fabriquer quelques armes rudimentaires ce qui me permettait de pouvoir partir à la chasse, et ainsi remplacer mes coquillages malodorants par quelques morceaux de viande.

Et ce jour là, j'étais donc à la recherche de lapins ou autres petits mammifères savoureux, mais malheureusement je ne trouvais pas grand-chose par contre tout d'un coup et discrètement c'est un ours brun qui m'a trouvé !

Je me souviens que nous nous sommes fixés un long moment, en se demandant probablement chacun ce qu'allait faire l'autre. Je me suis dit que si c'était lui qui commençait à bouger en 1er, j'allais perdre quelques secondes que je ne pouvais me permettre de lui laisser dans cette situation. Je me suis donc mise à courir aussi vite que possible, évitant racines, feuilles glissantes  et autres pièges vicieux que l'on peut trouver au milieu d'une jungle !

J'étais partie tellement vite que je n'avais même pas pris le temps de voir s'il me courait après. Je courais donc à présent en jetant des coups d'œil derrière moi pour savoir si je l'intéressais ou non.

Ne pas avoir peur, et courir vite sans tomber !

Soudainement, au milieu de ma cavacalde, regardant plus souvent derrière moi que devant moi, j'entendis un énorme fracas. En regardant ce coup ci devant moi, je me rendis compte qu'un gigantesque arbre venait de tomber juste sous mon nez ce qui naturellement stoppa nette ma course. Sans trop me préoccuper de cet arbre, je me suis d'abord retourné afin de vérifier que cet ours brun n'était pas là à me lorgner la langue pendante. Je suis restée figée pendant quelques minutes essayant d'entendre le moindre bruit de branche cassée qui me préviendrait de l'arrivée imminente de mon ami l'ours. Mais rien…

Soulagée de ne pas avoir été la cible de ce gros nounours, je me suis enfin demandé comment cet arbre était tombé d'un coup. Je ne le sût jamais ! Par contre, c'est ce qu'il y avait derrière le tronc d'arbre qui m'a donné des sueurs froides.

J'ai sauté sur le tronc pour passer de l'autre côté, et me rendit compte qu'il s'était écrasé juste avant un énorme ravin ou plutôt vu les circonstances avant un précipice où quelques minutes plus tôt je me précipitais à toutes jambes sans regarder devant moi.

J'ai réalisé que si ce tronc n'était pas tombé comme par miracle, je serais sûrement morte à l'heure actuelle… Et que je ne serais certainement pas être en train de te narrer toutes ces péripéties.

C'est à ce moment précis que je me suis vraiment rendu compte que cette île était certes très mystérieuse, mais pas forcément maléfique.

Je pense très fort à toi !

Marie-Elisabeth Gorge



« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:47 par Marsue51 »
Réponse #8 Jeu 25 Oct 2007, 20:54
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21 Nov. 06

1 mois maintenant que j'étais sur cette île.

Je n'avais toujours pas trouvé signe de vie de Jules.

Il me manquait beaucoup.

Je commençais à m'habituer à cette nouvelle vie qui devenait presque une routine maintenant.

J'étais de mieux en mieux installée, un vrai petit logis campagnard. J'avais construit des murs et un toit en bois du coup beaucoup plus solide que ma petite hutte, je m'étais même fabriquée une retenue d'eau qui me permettait de boire et de me faire une petite toilette sans être obligée de parcourir plusieurs kilomètres.

J'étais aussi retournée sur l'endroit du crash le plus près de mon campement, et comme je l'espérais, à force de crier à tout va, j'ai fini par être entendue par d'autres survivants… Je me sentais donc moins seule dorénavant, ce qui n'était pas du luxe vu la situation.

J'avais maintenant accumulée pas mal de ressources qui me permettaient de pouvoir me nourrir régulièrement, de fabriquer quelques trucs, mais aussi de pouvoir troquer avec mes nouveaux amis survivants. Je retournais donc régulièrement au crash histoire de troquer, ou tout simplement discuter. Mais aussi car j'avais toujours dans l'espoir de retrouver un jour mon cher et tendre…

Je n'arrivais pas à me résoudre à penser qu'il n'avait peut-être pas survécu, j'aimais à penser qu'il était quelque part à me chercher lui aussi désespérément.

Cette routine me faisait peur parfois, car plus je m'installais et m'accoutumais, et plus j'avais l'impression d'abandonner l'idée d'être un jour sauvée… Ce que je ne voulais surtout pas !

J'espère que tu comprends que ma vie… notre vie… n'est pas ici.






« Dernière édition: Dim 04 Nov 2007, 10:48 par Marsue51 »
Réponse #9 Dim 28 Oct 2007, 16:19
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20 Déc. 06

Je ne cesse de me faire du souci pour ma famille.

En fait c'est un peu ironique mais je me soucie du souci qu'ils se font pour moi !

Je m'interroge souvent à ce sujet. Savent-ils que l'avion s'est écrasé quelque part ? Où en est la police dans leur recherche ? Ont-ils la moindre piste ? Est-ce qu'ils restent chez eux à attendre des nouvelles ? Ou bien est-ce qu'ils enquêtent de leur côté ? Pensent-ils au moins que je suis toujours en vie ?

Quand je pense que normalement c'est bientôt Noël, ça me déprime.
Je me demande si ma famille va pouvoir fêter comme il se doit cette fête si chaleureuse, sans trop penser à ma triste disparition…

J'aimerais tant être auprès d'eux…

Il faudrait que je propose aux autres survivants de se rassembler le jour de Noël, afin que nous ne soyons pas tous à se morfondre chacun dans notre coin.

Je suis pressée de faire le prochain Noël avec toi… en espérant que tu sois là…



 




« Dernière édition: Dim 28 Oct 2007, 18:47 par Marsue51 »
Réponse #10 Dim 04 Nov 2007, 10:36
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01 Janv. 07

Noël était passé, la soirée du jour de l'an aussi, mais le pire pour moi ce jour là ce n'était pas ça… C'est que ce jour là c'était l'anniversaire de Jules…

Je n'en pouvais plus de vivre sans lui, sans savoir s'il était encore vivant ou non. Après plus de 2 mois, j'étais tout de même en droit de me demander si je devais renoncer ou non.

Mais étrangement, à chaque fois que je doutais de le retrouver, je recevais comme une sorte de signe du destin (ou de l'île ?) me faisant penser à lui et qui du coup me convainquais de ne pas désespérer.

Certains signes n'étaient pas flagrants je l'avoue, ils étaient peut-être ou sûrement d'ailleurs directement sortis de mon imagination mais ils n'en restaient pas pour le moins troublants bien que réconfortants.

Je me souviens d'une fois par exemple, où j'étais partie pêcher en mer, j'étais en train de relever mon filet de pêche, complètement dans mes pensées, j'étais en train de me dire que Jules qui adore le poisson serait déçu de m'en voir ramasser si peu, puis de me dire que de toute manière je le reverrais certainement pas et là tout d'un coup, je vis sauter hors de l'eau un énorme thon qui plongea directement dans mon filet que j'étais en train de relever… ?

Une autre fois, comme il m'arrivait de temps en temps de craquer, j'étais partie m'allonger sur la plage, larmoyante, en fixant un ciel bleu magnifique parsemé de nuages blancs comme la neige, en pensant encore une fois que mon cher et tendre avait disparu depuis longtemps et que j'étais vraisemblablement stupide de croire encore à sa survie, quand je me rendis compte que les beaux nuages blancs que je fixais me dessinaient un superbe cœur entouré de petits cœurs de chaque côté…

J'arrivais donc, avec tous ces petits encouragements, à garder espoir. Qu'ils soient imaginaires ou non, ça n'avait aucune importance à mes yeux. Ils me permettaient de tenir le coup !







 




Réponse #11 Mar 27 Nov 2007, 19:02
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15 Janv. 07

Quelle charmante journée qu'était ce 15 janvier !

Au passage, je n'aurais jamais imaginé que je serais loin de m'ennuyer sur une île déserte ! Chaque jour j'avais quelque chose à faire, quand ce n'était pas ramasser du bois pour le feu, c'était aller chasser, ou bien encore aller boire un thé glacé chez un ami survivant, chaque journée avait son lot de tâches et de surprises.

Mais ce jour là… la surprise était de taille !

Cette fois ci, c'était des cailloux que j'étais partie ramasser, la seule arme qu'il me restait était ma pauvre petite fronde, et il fallait bien que j'ai quelque chose à balancer avec…

D'habitude je restais plus ou moins au même endroit, je n'avais guère besoin de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver un tas de cailloux où il suffisait de se baisser pour en ramasser à la pelle !

Mais cette fois-ci pas de tas… juste quelques cailloux par ci par là, toutefois j'en trouvais quelques uns à peu près tous les 2/3 mètres, ce qui me permettait d'en récolter pas mal quand même.

Je ne m'en rendais pas compte mais à force de suivre ces cailloux, j'avais parcouru un bon bout de chemin. La nuit commençait même à tomber quand j'ai commencé à relever le nez, je me suis rendu compte que j'étais assez éloigné de mon campement, mais par contre pas très loin du crash qui se situait au sud de l'île.

Je décidai donc d'y aller avant la tombée de la nuit, car je savais que je trouverais sûrement là bas une torche qui me permettrait de retourner à mon campement beaucoup plus facilement et sereinement !

J'étais donc arrivé au crash, et m'acharnais à trouver quelque chose qui me servirait de torche, quand j'entendis crier. J'avais l'habitude, à chaque fois que j'allais là bas il n'était pas rare que je tombe sur un survivant cherchant des amis… je répondis donc.

L'appel provenait de derrière l'un des moteurs explosés où je me trouvais, je le contournais donc quand j'aperçu ce nouvel ami qui se dirigeait vers moi, disons que je le distinguais, car la nuit se faisant de plus en plus imposante je ne voyais pas grand-chose… un pantalon déchiré sur le bas, un tee-shirt à moitié déchiré aussi… bref la tenue habituelle de tout survivant qui se respecte !

J'essayais tant bien que mal de ne pas trébucher sur les multiples bouts d'avions qui jonchaient le sol, quand je me suis arrêté nette à quelques mètres de lui, en entendant :

Mon cœur ?

Je n'osais pas relever la tête, mon cœur se mit à battre tellement fort que j'avais l'impression que ma peau vibrait à chaque battement, mes mains tremblaient si fort que j'en avais lâché mon sac de cailloux sans même m'en rendre compte, je ne sentais plus mes jambes, je me sentis partir quand j'ai finalement eu le courage de redresser la tête…

Mon ange ?

Eh oui c'était bien lui… mon cher et tendre… Jules… qui se tenait debout, devant moi, à quelques mètres…

Nous avons couru l'un vers l'autre, et nous nous sommes serrés tellement fort que nous n'arrivions plus à respirer.

Je n'en revenais pas, toutes ces journées où je me demandais s'il était encore en vie ou non, tous ces doutes, tous ces espoirs, et bien j'avais raison, il était en vie, il était ici et il me cherchait aussi.

Après plusieurs minutes d'étreintes, nous nous sommes relâchés, et avons commencé à discuter de notre parcours réciproque. Quand au même moment il vit mon sac de cailloux par terre et moi le sien par terre.

Ayant déjà retrouvés notre complicité (même après avoir été séparés plusieurs mois) nous nous sommes fixés quelques instants, les yeux dans les yeux, et avons compris en même temps…

Nous avions tous les deux étés amenés ici par une série de cailloux déposés par terre…










Réponse #12 Jeu 29 Nov 2007, 20:38
Marsue
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14 Fév. 07

Ah quel bonheur d'avoir mon ange à mes côtés. Ça fait du bien. On a pu se retrouver, se raconter tout ce qui s'était passé pendant qu'on était séparé.

C'est marrant il s'est fait ses amis, pendant que je me faisais les miens, on a même découvert qu'on en avait en commun… C'est dommage qu'ils n'aient jamais fait le lien d'ailleurs ! Il m'a fait visiter son chez lui aussi, c'est rigolo ça ressemble à mon chez moi, comme quoi on est vraiment fait pour vivre ensemble…

Par contre pour l'instant on a gardé chacun son campement, on n'a pas encore trouvé le moyen de regrouper les deux. Mais bon on se retrouve quand même tous les jours, et puis on dort une fois chez l'un, une fois chez l'autre, ça me fait penser au début que nous sortions ensemble.

Et puis ça a un côté pratique, quand il est en panne de quelque chose pour construire un truc ou autres, je le lui donne et vice versa, on a moins besoin de négocier avec nos amis, c'est intéressant !

Ce soir c'est la St Valentin, et on est bien décidé à la fêter, même sur une île déserte y'a pas de raison ! J'ai réussi à nous concocter un petit dîner plus romantique que savoureux mais qui gardera tout son charme sur la plage au bord de la mer avec ce soleil couchant qui commence. Je suis pressée qu'il arrive…

Tiens d'ailleurs le voilà…

Bonsoir mon ange

Bonsoir mon cœur

Prêt pour notre dîner en amoureux ?

Bien sûr ! Tiens je t'ai apporté un bouquet de fleurs tropicales que tu aimes tellement…

Oh merci mon ange…






Réponse #13 Ven 22 Fév 2008, 21:11
Marsue
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22 Fév. 07

Nous vivions avec Jules une petite vie bien tranquille quand on y pense, à se demander si ce crash sur une île déserte était si dramatique que ça !

On pourrait croire qu'une histoire telle que la nôtre ne pourrait se réaliser que dans un film, mais non ! Nous, nous le vivions tous les jours avec nos petites habitudes, nos petits tracas, nos petits plaisirs, finalement rien n'était si différent dans notre comportement et nos sentiments que dans notre précédente vie.

Peut-être que toi tu vois tout ça différemment, je ne sais pas, tu me diras ça peut-être un jour. J'aime justement écrire dans ce journal, pour voir si je change, si on change, pour me rappeler comment c'était avant, car des fois je perds un peu le fil et le sens de ma vie !

J'espère que Jules est comme moi, qu'il ne vit pas sur les regrets, qu'il vit au jour le jour en profitant de chaque instant passé ensemble. Car moi je suis comme ça… Je peux déprimer certes par moment, mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps. Il faut que ce soit passager, comme une sorte de flash info qui vous fait prendre conscience de la réalité de notre monde sans toutefois détruire votre propre vie.

J'ai besoin de rêver et de penser au meilleur qu'il puisse nous arriver, et sans le savoir tu y contribues chaque jour sans t'en rendre compte, du moins pas pour le moment.

Il est bien trop tôt…









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