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650km : Le Forum
Mar 17 Juil 2018, 18:58 *
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News du 22/06/2018
Avis à tous les survivants!

Suite à la discussion avec la communauté de 650km.com, Angelstar (le créateur du jeu), a décider d’aller de l’avant et d’engager toutes ses forces dans une toute nouvelle version du jeu!
Cela signifie que pour que ce nouveau projet avance correctement, le jeu en ligne vas s’arrêter courant septembre.
L’équipe de développement, votre modérateur préféré (bigbug001) et notre community manageuse sera là pour répondre à vos questions, vous montrer les avancées du jeu (qui ne sera pas un jeu web!) et plein d’autres discussions très interessantes! Ou pas :)
C'est donc pour ça que l'on vous fait cette proposition : Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
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Auteur Discussion: [Journal] 2700, perdu dans l'espace (ou l'épopée d'un survivant du futur)  (Lu 3431 fois)
Dim 06 Juil 2008, 22:21
rex
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Introduction (pour mieux situer l'histoire) :


  Je me présente, Emilio Cheni. Je suis un imminent membre du conseil interplanétaire, installé sur Mars. Je vais vous raconter l'histoire de l’ère spatiale pour mieux vous situer dans cette aventure qui se déroula il y a de cela déjà cent ans.
 
  Le début du vingt-deuxième siècle fut marqué par une terrible catastrophe qui força les terriens à évacuer la planète bleue. Une centrale thermo-solaire, située à Helsinki, explosa, détruisant la moitié de l'Europe et laissant s'échapper dans l'atmosphère des gigatonnes de gaz toxiques mettant en danger la population. Le conseil ordonna immédiatement aux dirigeants de tous les états terriens de déployer les navettes de secours, mises à leur disposition par le conseil en cas de catastrophe comme celle-ci, et d'embarquer la totalité de la population à l'intérieur. Entre l'explosion et le décollage des navettes en direction des colonies lunaires et martiennes, la moitié de la population disparut, c'est-à-dire près de cinq milliards de vie. Une partie des navettes atterrit sur la Lune tandis que l'autre atterrissait sur Mars. La population fraîchement arrivée de la planète bleue, maintenant devenue hostile à l'espèce humaine, fut alors logée dans des installations de fortune en attendant la construction de nouvelles colonies ou l'extension de celles déjà existantes.

  Deux ans plus tard, les problèmes causés par l'arrivée d'un nombre très important d'habitants étaient entièrement réglés. Environ quarante nouvelles colonies avaient vu le jour sur Mars tandis que sur la Lune, vingt-cinq nouvelles étaient nées.

  Le conseil s'était lui installé dans une vielle tour de Mars rénovée à l'occasion de l'arrivée des imminents personnages : la tour Mons-Arpas. Une légende raconte qu'un monument funéraire d'une vie extraterrestre ancienne se dressait là avant l'édification de la tour par les premiers colons martiens.

  A cette époque, les colonies spatiales étaient en pleine évolution et commençaient à ressembler de plus en plus aux villes terriennes. Et de plus, grâce aux actions bien vaillantes de grands scientifiques, une banque d’ADN de chaque plantes et chaque animales ayant vécu sur Terre avait été crée et permit la création d'établissements horticoles, zoologiques et de musées vivants à l'intérieur des colonies, sortant ainsi les colons de la morosité habituelle du vide cosmique.

  Une nouvelle branche venait de naître dans le grand arbre de la science : les sciences de l'habitat humain. On passa en l'espace d'un demi-siècle des stations d'extraction d'eau et d'oxygène aux giga-stations d'épuration puis aux géodômes. Puis, les panneaux solaires furent remplaçaient par des centrales à fission. Le bois n'était plus exporté de la Terre, de tout façon c'était maintenant impossible à cause de la grande catastrophe, mais obtenue par l'abattage des arbres poussant dans les géodômes. Ces arbres avaient deux rôles : produire le bois pour les habitants et en même temps l'oxygène. Ce fut de la sorte que des forêts entières se développèrent dans les colonies spatiales.

  Puis, les scientifiques firent un grand bond en avant au niveau des technologies. Les moteurs hyperespaces venaient de voir le jour et allaient bientôt remplacés les moteurs à combustion. Au même moment, les premières colonies vénusiennes et mercuriennes étaient en cours de construction. Le vingt-troisième siècle allait bientôt débuter.

  Il fallut attendre l'avènement du vingt-sixième siècle pour que les planètes gazeuses et les satellites en tout genre soient colonisés. C'est à ce moment là que notre histoire commence vraiment.

  En 2545, débuta la construction de la base aérospatial de Kimberley-Avebarld dans le champ de gaz de One zone. Cinq ans plus tard, s'achève le titanesque chantier du plus grand centre du genre de tout Saturne. Peu de temps après, s'installa ici une colonie qui crut rapidement et qui en 2700 atteignit les 50 000 habitants. Un complexe de recherche fut installé à ce même endroit puis un centre horticole, un musée vivant et un centre zoologique.

  Nous voila alors en 2700, la présentation de cet univers est terminé, je vais maintenant vous raconter ce qui arriva à une équipe de scientifique au alentour de mai 2700, alors qu'ils étaient en mission sur Terre. Sur les dix personnes au départ, une seule personne survécut jusqu'à temps que des secours arrivent.
« Dernière édition: Dim 07 Nov 2010, 12:21 par rex »
Réponse #1 Dim 06 Juil 2008, 22:22
rex
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[Jour 1, première partie ]
-I- Disparition imminente.


Il était huit heures du matin. Le centre aérospatial de Kimberley-Avebarld commençait à s'activer. Un vaisseau scientifique était en cours de préparation dans l'optique d'une mission terrestre. Une dizaine de scientifiques embarqueront à son bord et resteront, normalement, trois jours sur Terre avant de revenir, je dis bien normalement.

  A  dix heures, le hangar central fourmillait d'activité. Les derniers préparatifs avant le départ étaient en cours. Les différents équipements scientifiques étaient installés dans l'énorme soute du titan de métal. Les scientifiques étaient enfin là et tout était prêt. Tous les ingénieurs sortirent du hangar. Les grandes portes de métal s'ouvrirent. Les moteurs se mirent à vrombir. La navette prit alors son envol et quitta l'espace saturnien.

  Il était treize heures quand la navette arriva dans l'espace terrien. Elle traversa l'atmosphère et se posa dans une clairière au milieu d'une forêt épaisse et gigantesque, un peu près là où se trouvait autrefois Paris. Paris qui n'était maintenant plus qu'un souvenir, ne restant de la capitale française plus que de rares ruines. Les portes de l'appareil s'ouvrirent un peu après que les réacteurs aient été coupés par le pilote. Les scientifiques descendirent alors avec tout leur équipement. Ils commencèrent leurs recherches. D'ici trois jours, ils repartiraient chez eux et oublieraient vite l'enfer qu'était devenu la Terre.

  Les trois jours de recherche venaient de s'achever. Les différentes analyses révélaient la présence d'une quantité de radiations encore trop importante. Selon diverses études qu'ils avaient faites, la Terre ne serait de nouveau vivable que dans environ trois cent ans encore. L'équipe de chercheurs remontaient à l'intérieur du géant de fer. Le pilote activa les réacteurs, poussa quelque peu la mécanique et voila que le train d'atterrissage rentrait et que la navette repartait vers le vide cosmique.

  Peu de temps après être sortie de l'atmosphère terrien, la navette fut surprise par une tempête spatiale. Les puissants vents solaires dévièrent le vaisseau de sa direction d'origine et le poussèrent en direction d'une ceinture d'astéroïdes géants à environ 650 kilomètres de la Terre. L'aile gauche du vaisseau heurta une des masses rocheuses et déstabilisa l'appareil. L'aile prenait maintenant feu. Il fallait à tout prix se posait. Mais où ? Par sur ces astéroïdes en tout cas. Les radars détectèrent alors la présence d'un « îlot » où la vie s'était tranquillement développée parallèlement aux espèces terriennes. Il fallait faire vite car, maintenant, le feu se propageait dans un des réacteurs. Celui-ci explosa peu de temps après s'être enflammé et déstabilisa encore plus l'appareil. Le pilote commença à engager les procédures d'atterrissage. Il désactiva l’hyperespace et activa les moteurs à combustion ionique. Un deuxième moteur était entrain de prendre feu. La navette serait posé d'ici cinq minutes, il devait tenir bon jusque là. Malheureusement, il lâcha et la procédure d'atterrissage fut achevée plus tôt que prévu. La navette s'était violemment écrasée sur le sol et pour l'instant rien ne prouvait que l'équipe scientifique était encore en vie.
« Dernière édition: Sam 08 Mai 2010, 15:22 par rex »
Réponse #2 Lun 07 Juil 2008, 16:17
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[Jour 1, deuxième partie ]
-II- Vilaines blessures.

  Il était 15 heures à la montre de Shen Cori, le pilote. Malheureusement, il n’avait pas survécu à l’impact et l’heure l’importunait peu maintenant qu’il avait rejoint l’au-delà. Des marres de sang en coagulation stagnaient sur le tableau de commandes. La jambe gauche gisait à cinq mètres du reste du corps, dans une flaque de sang. Les grandes vitres du cockpit avaient volé en éclats, des éclats éparpillés partout sur le sol métallique de la grande salle. Les poutres du plafond était tordues et sur le mur gauche apparaissait un énorme trou, une déchirure dans la tôle tendre, dans la tôle épaisse.

  A plusieurs mètres de là, en cabine, un corps blessé s’animait. C’était Marc Bering, un des scientifiques, qui se réveillait. Il évaluait l’ampleur des dégâts tout autour de lui. Les tuyaux de gaz était éventrés, des vapeurs s’échappaient encore par les trous béants creusés dans l’épave. Le premier réflexe de Marc fut d’arracher un bout de sa chemise et de se couvrir le nez et la bouche avec. Il devait aider ses collègues, il le savait pourtant, une force irrésistible le poussait à quitter la carcasse, à sauver sa peau. Il se dirigea vers une des sorties crées suite à l’impact quand soudain un des tuyaux métalliques se détacha du plafond et percuta de plein fouet Marc qui sombra de nouveau, à deux doigts de quitter la salle principal et de sortir de l’enfer.

  Dans une des salles secondaires, deux nouveaux corps se réveillaient. Un d’eux était écrasé sous une énorme masse de métal. Le second fut réveillé par les cris de douleur du premier qui se réveillait et découvrait dans quelle situation périlleuse il était. L’homme sous la barre de métal était Mathew Stanford et le second, Leonard Pondichéry. La première réaction de Léonard fut d’essayer de soulever la poutre de métal qui compressait le corps de Mathew, en grande partie ses jambes. Malheureusement pour lui, la barre de métal sous laquelle il se trouvait pesait environ 300 kilos et ce n’était pas une seule personne, en plus blessée, qui allait le sauver. Léonard, paniqué, hurla de toutes ses forces, il espérait que lui et Mathew n’était pas les seuls survivants. Mathew puisa dans ses dernières forces et imita son compagnon.

  A deux pas de là, dans la salle de détente, trois corps sortaient de l’obscurité. Il s’agit de Tim et John Cod, frères jumeaux, et de Siméon Dirty. L’écran holographique était explosé en mille morceaux disséminés aux quatre coins de la salle, les canapés antigravitation n’étaient plus que des amas de tôles froissés et de tissus à mi brulés. Les grosses poutres de métal pendaient dangereusement, menaçant à tout moment de tomber sur les malheureux. 

   Tim et John trainèrent Siméon, qui n’était pas en état pour marcher, en direction d’une déchirure dans la séparation entre la salle de détente et la salle principale. Ils déposèrent doucement le corps de Siméon sur le sol. Tim se pencha pour parler à Siméon et essayer de le maintenir conscient le plus longtemps possible. C’est à ce moment que John découvrit Marc inconscient, une poutre métallique à deux pas. Il empoigna le corps et le déposa à coté de Siméon. Soudain, ils entendirent les cris de détresse de Mathew et Léonard qui provenait d’une salle secondaire. John prit le relais et continua à parler à Siméon pendant que Tim allait les chercher.

  Il arriva devant la porte qui le séparait de ses deux autres compagnons. Il essaya de l’ouvrir mais celle-ci était verrouillée. Il ramassa alors une barre de métal en forme de pied de biche sur le sol et commença à s'essayer à écarter les portes. Mais rien à faire, trop difficile, il abandonna d’essayer d’ouvrir la porte ainsi. Alors, il commença à donner de violents coups dans la porte pour tenter de la défoncer. Des coups de poings. De pieds. De barre. Mais rien à faire, cette technique se solda elle aussi par un échec. Une idée vint alors à l’esprit de Tim. Il enleva le cache qui protégeait l’installation électrique permettant l’ouverture de la porte, et d’un grand coup de barre de fer dans le circuit, réactiva la porte. Il appuya sur le bouton vert et put enfin pénétrer à l’intérieur de la salle. Il découvrit alors Mathew écrasait sous une poutre métallique et Léonard à ses cotés, complètement terrorisé.

  Il tenta de soulever seul la poutre mais rien à faire la masse de métal ne bougea pas d’un pouce. Il demanda alors de l’aide à Léonard et ensemble tentèrent de soulever la poutre. Ils arrivèrent à soulever de quelques millimètres la poutre pendant un instant et Mathew en profita pour se trainer loin de la masse métallique. Mathew était assez loin de la poutre et Léonard et Tim purent la relâcher. Ensemble, ils portèrent Mathew jusqu’à la salle principale et le posèrent sur le sol, à coté de Siméon et Marc.

  Les quatre derniers scientifiques n’avaient toujours pas été trouvés. Quatre corps inconscients se trouvaient dans la salle des repas. Un premier se réveilla parmi les amas de débris métalliques ou d’autres matières. Il s’agissait de Sergio Bilevino. Il cherchait du regard ses collègues. Au bout d’un long moment d’observation, il aperçut Théo Hivens, à moitié enseveli sous la tôle et le plastique. Il courut en sa direction et commença à sortir le corps des décombres. Après cinq bonnes minutes à tout déblayer, Sergio sortit enfin le corps de Théo et le déposa délicatement sur le sol. Ce dernier commençait à sortir du brouillard. Théo reprit complètement connaissance et ensemble, avec Sergio, ils recherchaient leurs deux autres compagnons : Bobby et Billy Smirty, la deuxième paire de jumeaux. Ils les retrouvèrent enfin, gisant près d’une table et d’un autre amas de tôle, toujours inconscients. Ils les trainèrent en direction de la porte. Sergio tenta d’ouvrir la porte mais celle-ci opposa énormément de résistance. Alors, Théo, de colère, donna un violent coup de poing dans le circuit de la porte. Celle-ci s’ouvrit mais suite à un court-circuit, l’installation électrique prit feu. Les deux hommes s’empressèrent de sortir de la salle, trainant toujours les deux frères.

  Ils se retrouvaient maintenant dans la salle principale avec leurs six autres collègues. Marc venait de se réveiller, apparemment. Siméon et Mathew ne semblait pas être en très bonne état de santé. Théo et Sergio, paniqués, annoncèrent ceci à leurs confrères scientifiques :


Dépêchons-nous de quitter la navette ! La cuisine vient de prendre feu et le compteur principale sera bientôt touché. Si nous ne sortons pas maintenant, nous allons mourir !

  Alors, ils s’empressèrent de sortir. Théo et Sergio portèrent les deux frères en dehors de la navette, passant par un des trous du blindage, Marc sortit comme un voleur n’aidant en aucun point les autres et enfin, Tim, Léonard et John sortirent, portant Mathew et Siméon en dehors du monstre métallique. Ils s’en éloignèrent le plus possible. Abrités derrière une masse de pierre, ils attendaient anxieusement l’explosion des la navette.
 
  Les flammes dévoraient goulument le fer mais pour l’instant, aucune explosion. Une quart d’heures était passé, les flammes jouaient toujours autant sans pour la même occasion avoir fait exploser l’appareil. Mais soudainement, alors que plus personne ne s’y attendait, les moteurs se mirent à cracher de grandes flammes, le cockpit s’embrasa et la détonation résonna. En une fraction de secondes, la navette avait volé en éclat. Il ne restait qu’un amas de tôle calcinée, là devant eux. Quelques morceaux étaient dispersés ça et là. Le brasier infernal continuait à se nourrir. Il commençait à attaquer les grands arbres.

  Les scientifiques ne pouvaient rien faire, à par se relever et courir. C’est ce qu’ils firent. Marc était loin devant, seulement sa vie l’importunité. Billy et Bobby Smirty s’étaient enfin réveillés et couraient avec Sergio et Théo pour sauver leur peau. Les cinq autres étaient loin derrière, aidant les blessés. Les flammes se rapprochaient, commençaient déjà à les chatouiller. C’est à ce moment précis qu’ils découvrirent un trou et qu’ils plongèrent à l’intérieur. Ils refermèrent l’entrée avec une grosse pierre, attendant patiemment la fin de l’incendie.

  La température était redescendue. Ils sortirent de leur trou et découvrirent un paysage de désolation. Les grands arbres étaient en partie calcinées et le sol débarrassé des matières végétales mortes qui le couvraient. Ils partirent à la recherche du reste du groupe. Au bout d’une demi-heure, ils arrivèrent aux abords d’une mare. Sur une des rives se trouvait un amas de grosses pierres. Ces mêmes pierres se mirent à bouger et d’entre elles sortirent les cinq autres. Personne n’avait péri dans les flammes. Le groupe tout entier était soulagé.

  Maintenant, le soleil déclinait et il fallait absolument trouver un endroit où passer la nuit en toute quiétude. Ils marchèrent quelque peu et sortirent de la zone de désolation, retrouvant le décor de rêve. Une belle clairière s’offrait à eux, entourée de grands arbres riches en fruits et au centre se trouvait une belle source. Ils s’installèrent ici et construiraient un abri demain. En attendant, ils mangèrent quelques fruits et attendirent la venue de la nuit. Quelques instants après, la Lune remplaçait le Soleil et la plupart de l‘équipe s’endormait paisiblement.
« Dernière édition: Sam 08 Mai 2010, 15:32 par rex »
Réponse #3 Mar 28 Oct 2008, 20:03
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[Jour 2, première partie]
-III- La marque de la griffe.


  Un grand soleil orangé venait d’apparaître dans le ciel, un ciel qui se parait d’une multitude de nuances de rouges, d’oranges, de pourpres et de jaunes. Puis, un plus petit, d'un étincelant rouge, quant à lui, vint à franchir la ligne d’horizon, trainant dans ses pas une étrange brume bleuté, épaisse, très épaisse. Un couteau n'aurait pas été de trop pour la découper. C’est à ce moment là que Marc sortit d’un sommeil agité et court. Il s’assit dans l‘herbe fraiche, contemplant l’étrange phénomène, puis décida de se lever. Il se dirigea vers le centre de la clairière, se désaltérant et faisant un brin de toilette avant de quitter le lieu où dormaient encore ses compagnons de recherche, et de survie maintenant.

  En quelques pas silencieux, il quitta la zone herbeuse, s’engouffrant dans la jungle épaisse. Il n’avait aucune visibilité à cause de cette étrange brume et marchait à tâtons avec, à chaque pas, la peur de trébucher sur une racine ou une pierre ou même, pire encore, de tomber nez à nez avec une créature hostile. Finalement, il atteignit un promontoire rocheux, dressé fièrement au milieu des arbres, sur lequel il s’assit. Puis, contemplant le paysage qui s’offrait à lui, contemplant la merveilleuse vision qu’il avait depuis son perchoir de pierre, il se plongea dans l’océan de ses pensées.

~°~°~°~

  Trois heures après le départ, incognito, de Marc, les neuf autres survivants de l’impact se réveillèrent. La brume mystérieuse s’était déjà dissipée et ce ne fut pas ce jour-ci qu’ils contemplèrent l’étrange et magnifique, à la fois, phénomène. Les frères Smirty partirent se rafraichir à la source puis, se fut le tour de Sergio suivi de Théo, Tim en fit de même et enfin Léonard et John aidant Mathew et Siméon, tout deux blessés. La faim commençait à se faire ressentir. Personne, personne à par Tim, n’avait remarqué l’absence de Marc. Il décida donc de s’éclipser discrètement, partant à la recherche du dixième compagnon.

~°~°~°~

  Marc s’était sortit de ses pensées et avait continué sa progression, quittant son perchoir. Au bout de quelques instants, il arriva aux abords d’un grand lac bordé d’énormes blocs rocheux, grisonnants, à demi dévorés par la végétation, omni-présente en ces lieux. Il s’assit sur l’un d’eux, contemplant la cristallinité et la transparence de l’eau du lac. Puis, l’envie d’aller gouter cette eau, d’aller s’y baigner, lui prit et il plongea presque immédiatement dans ce liquide pur, avalant de grandes et nombreuses gorgées d’eau. Il nageait littéralement dans le bonheur, insouciant, quand un bruissement de feuilles le tira de son rêve éveillé. Il était sur ses gardes, attendant, angoissé, dépossédé de tous moyens, la créature qui approchait vers lui. Mais quand il vit que la créature qui sortit des fourrés n’était autre qu’un de ses compagnons, Tim, il ne put s’empêcher d’éclater de rire. Puis, il sortit de l’eau se dirigeant vers son confrère scientifique. Il se décida à lui adresser quelques mots :

-Ah, ce n’est que toi ! Tu ne peux pas savoir à quelque point tu m’as fait peur. J’ai cru que tu étais une bête sauvage, féroce, prête à me dévorer.
-C’est vrai qu’on me compare souvent à un animal sauvage mais je ne suis pas féroce au point de te dévorer.
Tim se mit à rire, heureux de l’ânerie qu’il venait de sortir. Puis, Marc reprit sur un ton plus sérieux.
-Est-ce que les autres ton suivit ou on remarqué ton absence ?
-Pas à ma connaissance.
-Bien. Nous allons en profiter pour tenter de trouver de quoi nous sustenter. Viens.


  Les deux scientifiques partirent donc à la recherche de nourriture. A quelques mètres du lac, ils découvrirent de nombreux arbres fruitiers, les branches lourdes, alourdies par des dizaines de fruits mûres, vermillons, ne demandant qu’à être manger. Pendant que Tim contemplait cette importante source de vitamine, presque émerveillé, Marc s’éloigna un peu, cherchant de quoi contenir toute cette nourriture. Il trouva de nombreuses feuilles larges sur le sol mais celles–ci, malgré leur imposante taille, n’auraient pas fait l’affaire. Marc continua donc à chercher frénétiquement un contenant pour les fruits, quand il découvrit, par chance, au pied d’un palmier, un grand panier d’osier. L’homme se pencha pour contempler de plus près l’objet. La découverte de trace de griffe sur l’objet ainsi que d'entailles profondes dans l'écorce tendre du palmier au pied duquel il l'avait trouvé, de dents, de griffes et de pelotes de poils à coté, terrifia le chercheur. Des frissons parcourent par dizaine son échine, dressant tout les poils de son corps. Il cria donc :

Tim vite ! Viens voir ce que j’ai découvert.

  Tim se précipita donc vers lui, le découvrant accroupi, accroupi devant ce panier. Tim ne put s’empêcher de grommeler :

-C’est pour çà que tu m’as appelé ! Pour un panier ! Je sais que nous avons besoin d’un contenant pour les fruits mais qu’est ce qu’il a de si exceptionnel ton panier ?
Marc répliqua immédiatement, sur un ton froid, glacial même.
-Penche-toi et tu comprendras.
Tim obéit donc sans broncher. Sa réaction à cette découverte ne fut pas tout à fait la même que celle de Marc.
-Très étrange. Mais cela ne va pas m’empêcher pour autant de le prendre pour cueillir les fruits. C’est sûr que si j’avais un laboratoire sous la main je ferais des analyses mais tout a été détruit dans le crash. De plus, on sait très bien que c’est la preuve d’une créature hostile, il suffira d’être très vigilent.

  Puis, Tim s’empara de l’objet et s’en retourna vers les grands arbres fruitiers. Il commença par cueillir les fruits étant sur les branches les plus basses. Puis, une fois son panier bien rempli, il se décida à retourner voir Marc pour ,ensuite, repartir en direction de la clairière où se trouvait actuellement le reste du groupe. Quant à Marc, il était toujours planté là, au pied du palmier, à regarder les indices de la présence d’un animal, certainement dangereux, à la fois inquiet et perplexe. Mais, tout à coup, il entendit des hurlements animaux mêlaient à des cris de terreur humain. Marc se retourna pour découvrir de quoi il en retournait. Il entraperçut, médusé, une masse blanche, énorme, courant parmi les arbres, déracinant au passage quelques palmiers gênant sa course folle. Il pouvait, maintenant que la vue était plus dégagée, voir au loin, près des arbres fruitiers, un Tim paniqué, terrorisé, pétrifié, tétanisé. Et un animal enragé fondre droit sur lui.

  Marc se décida à courir vers lui pour lui porter secours mais il était déjà trop tard. L’animal l’avait saisi, et il tenait fermement le corps de Tim, encore en vie, dans sa gueule, exerçant une pression incroyable sur lui, écrasant son corps, le réduisant en bouillie, broyant tous ses os. Marc était là, contemplant la scène avec horreur, découvrant par la même occasion l’agresseur et l’animal ayant laissé les poils, la dent et la griffe : un énorme ours blanc. Sa fourrure était blanche comme des neiges et ses yeux deux braises ardentes. Il avait autour du cou un étrange collier de fer ainsi qu’une couronne solaire posé sur le sommet du crane. Il devait bien faire deux à trois fois la taille des ours polaire que l’on pouvait voir sur Terre et il ne semblait guère dérangé par la chaleur et l’humidité du milieu tropical.

  Puis, la créature lâcha le corps sans vie de son ancien collègue chercheur pour maintenant fixer Marc du regard. Après quelques instants d’un silence assourdissant, l’animal laissa sortir du fond de sa gorge un puissant rugissement avant de se mettre en position pour charger. Marc se mit à courir comme il le put. La bête ne tarda pas elle aussi à se mettre à courir. L’homme enjambait à toute vitesse racines et rochers, tentant par tous les moyens d’échapper aux mâchoires et aux pattes pleines de griffes du plantigrade. L’ours, à peine quelques mètres derrière, rageur, déracinait frénétiquement les arbres pour se frayer passage dans la dense forêt pour, bien sûr, rattraper sa proie, son gibier.

  Un mur rocheux s’offrait maintenant au scientifique qui remarqua une fracture rocheuse semblant juste assez grande pour accueillir un homme. Il y serait à l’abri de l’ours. Marc se mit à accélérer, courant à toutes vitesses pour atteindre cette brèche, cette faille, avant que l’ours le rejoigne. Il était maintenant au pied du mur, juste devant l’abri. Il se contorsionna quelque peu avant de réussir à y rentrer, juste avant que le plantigrade arrive. L’animal se mit à frapper la dure roche de toutes ses forces, tapant des pattes et de la tête. Certainement allait-il se lasser mais pour l’instant Marc devait patienter ici, caché, à l’abri du monstre.
« Dernière édition: Lun 29 Juin 2009, 14:55 par rex »
Réponse #4 Lun 29 Juin 2009, 22:03
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[Jour 2, deuxième partie]
-IV- Les labyrinthes cachés.
        Partie I – De la découverte à Shaolan la douce.


  Marc était effrayé. Il se voyait déjà mort, déchiqueté par les puissantes mâchoires de l’animal. Mais, non, il ne voulait pas mourir ! Il ne voulait pas finir comme Tim ! Mais toutes ses certitudes et sa confiance se dissipèrent au fur et à mesure des coups de l’ours sur la roche et de ses hurlements féroces. Le scientifique voulut sangloter, hurler, mais, il le savait très bien, s’il faisait le moindre bruit, la bête serait assurée de sa présence et continuerait à le persécuter. Et peut-être allait-elle finir par briser la roche et à atteindre l’homme ? Il ne pouvait non plus se permettre de bouger. Des crampes, par dizaines, se firent ressentir. Elles le tiraillaient, le faisaient souffrir. La douleur devenait de plus en plus atroce. Mais la mort le serait d’avantage. Il assurait sa pérennité en agissant ainsi.

  Puis, le plantigrade enragé se lassa. Il préféra abandonner. Il trouvera certainement un gibier beaucoup plus facile à atteindre et à croquer. Lorsque le chercheur fut assuré que l’animal était suffisamment éloigné de son abri, il se permit de souffler, d’évacuer. Puis, il remua tout son corps pour chasser ces vilaines crampes. Mais au cours de l’un de ses mouvements, il appuya sa main sur une pierre, amovible à en croire la suite, d’un des murs, ce qui eut pour effet de provoquer l’ouverture d’une trappe dans le sol. Et ce fut la chute, l’interminable chute … suivie de l’inconscience …


~°~°~°~

  Le réveil fut difficile. La tête était lourde et les membres engourdis. Marc, encore à moitié sonné, leva les yeux au ciel. A la vue du conduit qui l’avait mené ici, étonnamment long, il s’étonna être encore de ce monde. Mais il devait maintenant réfléchir à une certaine chose bien plus importante que de savoir le pourquoi du comment il avait survécu à une chute de plusieurs dizaines de mètres. Il devait trouver la sortie. Il commença sa progression à tâtons, longeant les murs. La nuit était omniprésente dans ces couloirs. Le scientifique avait son champ de vision réduit à, à peine deux mètres. Autant dire, quasiment rien.

  Mais malgré cela, il réussit à remarquer les étranges inscriptions gravées dans un des murs. Ces inscriptions étaient transcrites en plus de vingt langues et dialectes différents. Et il put lire l’un d’eux car, dans sa jeunesse, il avait passé des jours entiers à l’étudier dans les bibliothèques les plus renommées : le grec ancien. Il trouvait très étrange le fait de retrouver des inscriptions en grec, ici, mais il passa ce détail. Il préféra se concentrer sur la lecture.


« Les labyrinthes mythiques de Shaolan à gauche.
   Les couloirs secrets d’Inaho tout droit.
   Les mystérieux passages de Karaho à droite.
   Les accès aux dédales de Melanah et Mokona ne seront délivrés qu’à ceux qui auront réussi     
   avec brio les épreuves d’un des trois premiers labyrinthes. Mokona et Melanah sont les   
   voies de la liberté. »


  Il s’agissait donc d’un panneau directionnel ! Et le chercheur était désormais informé sur ce qu’il lui restait à faire pour regagner la surface : affronter un de ces dédales pour pouvoir accéder à celui de Mokona ou Melanah, qu’il devra également affronter pour retrouver sa liberté. Il ne perdit pas de temps et, au hasard, s’engouffra dans le couloir de gauche : l’accès vers les « labyrinthes mythiques de Shaolan ».

  Une fois pénétré dans ces mystérieux dédales, il fut ébloui par une intense lumière : ces couloirs-ci étaient éclairés et des centaines de torches brillaient de milles éclats sur chacun des murs du passage. Il atteignit la première salle qui renfermait, pour quiconque ne l’a pas affronté, une épreuve qui pourrait paraître simple comme bonjour. Mais Marc éprouva un grand mal à en être le vainqueur. Se présentait à lui une grande fosse si profonde qu’une brume empêchait d’en voir le fond. Pour traverser, il lui fallut s’y aventurer. Il emprunta donc le petit escalier en os, tout à fait bancal, qui en permettait l’accès, et se retrouva, c’est le cas de le dire, au fond du trou. Peu rassuré, il commença à s’y déplacer. Mais alors qu’il croyait que cette épreuve ne consistait qu’à traverser cette fosse, il ressentit l’étrange impression de ne plus être seul. En effet : des centaines d’araignées et de serpents, tous plus dangereux les uns que les autres, s’avançaient désormais dans le gouffre. Le scientifique céda à la panique. Mais, dans un regain de lucidité, il retrouva son sang froid et réussit avec brio à regagner l’autre rive. Sans se faire mordre ou piquer. Sans aucune goutte de venin dans son sang.

  Puis, il affronta bon nombre d’autres épreuves. Il échappa à un ours enragé, combattu à mains nues un étrange félidé qui réunissait à la fois les caractéristiques de tout les félins terrestres connus par l’homme, dansa sur des braises ardentes, courut parmi une nuée de flèches empoisonnées au curare, traversa un gouffre sans fond sur de simple poutre de bois, dressées tout debout, mangea des vers et des mygales … Puis, il arriva face à l’épreuve ultime. Il arriva au fond du labyrinthe. Il croyait avoir tout vu mais il n’était pas encore au bout de ses surprises.

  Cette dernière salle couvrait une surface bien plus conséquente que les précédentes. Le sol et les murs étaient couverts de marbre, marbre qui présentait de mystérieuses traces de brulure, et aux murs étaient suspendus de grands flambeaux sur lesquelles brillaient d’ardents brasiers. Du plafond, pendaient des lianes et bon nombres de végétaux. Du lichen tomba même sur Marc, ce qui eut pour effet de le faire sursauter comme il ne sursauta jamais. Au fond de la salle, était dressée la plus parfaite et la plus grosse des statues qu’il avait pu voir de sa vie. Cette statue représentait un humain avec des bras, des jambes, une tête … Et sur ce visage sculpté à la perfection, deux émeraudes faisaient office d’yeux. Le scientifique voulut alors s’avancer pour l’admirer de plus près mais le malheureux s’appuya sur une dalle piégée qui déclencha un mécanisme.

  Marc scruta la salle à la recherche des effets de son action. Soudainement, les deux yeux de la statue s’allumèrent et la bouche s’ouvrit en grand, crachant des gerbes de flammes. Le scientifique faillit finir rôti un bon nombre de fois. Et comme si cela ne suffisait pas, les dalles du sol tombèrent une par une, découvrant une fosse pleine de pieux aiguisés comme des épées, et le plafond commença à s’abaisser. Marc luttait désormais trois fois plus. Et il devait vite trouver un moyen de s’échapper d’ici. Un éclair de génie traversa son esprit. Il se servit des lianes du plafond pour se déplacer jusqu’à la statue. Puis, il se percha sur sa tête. Il devait maintenant trouver un moyen de la faire cesser ses enfantillages. Il tenta tout, mais la solution se révéla dans les yeux : il fit en sorte de les sortir de leurs orbites sans néanmoins les désincrustés. La bouche arrêta de cracher des gerbes de feu et s’ouvrit encore plus grande. Mais le plafond ne cessait pas pour autant de descendre. Marc, quelque peu effrayé, décida de s’engouffrer dans la bouche. Et il se révéla qu’il avait choisi la bonne option …
Réponse #5 Lun 29 Juin 2009, 22:05
rex
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[Jour 2, deuxième partie]
-IV- Les labyrinthes cachés.
        Partie II – Melanah la sauvage et l’impitoyable créature.


  Marc se retrouvait désormais sur une sorte de petite place où se recoupaient trois chemins différents, qui étaient chacun originaire d’un des trois premiers labyrinthes, face auxquels se trouvaient deux autres chemins, ouvrant l’accès aux deux autres dédales : Mokona et Mélanah. Il y avait également une nouvelle inscription dans le mur :

« Les chemins de traverse de Mokona à gauche
   Les salles piégées de Melanah à droite
   La sortie derrière l’un de ces deux labyrinthes. »


  Marc choisit le passage de droite, menant vers Melanah. Bien entendu, les épreuves y furent plus ardues et le chercheur risqua d’avantage de fois sa vie. Il chevaucha des pécaris sauvages, utilisa une machine volante détraquée pour rejoindre une tour en ruine qui s’effondra à son passage, échappa à une tribu de cannibales, courut sur un pont de cordes qui se démantela au fur et à mesure de sa progression, mangea des pommes à avoir mal au ventre, fit un concours de dessin avec un corbeau artiste, effectua des actes chirurgicaux sur des cadavres extraterrestres, lutta contre des bactéries ultra-mortelles … Enfin bref, il joua les héros en quelque sorte. Et le chercheur découvrait petit à petit, surpris, des talents cachés, bien enfouis au plus profond de lui. Mais ce ne fut guère courageux qu’il arriva face à l’épreuve finale, la gardienne de sa liberté.

  Il dut d’abord gravir un escalier d’une centaine de marches avant d’accéder à la salle en question. Cette dernière était principalement composée d’un bassin rempli à ras bord d’eau au milieu duquel se trouvait un petit ilot rocheux sur lequel poussait un rachitique palmier qui s’accrochait tant bien que mal. Sur les murs et le plafond se développaient les mousses et lichens atypiques des milieux humides. On y trouvait même du salpêtre. Les quelques torches accrochaient par-ci par-là étaient recouvertes d’une grille à petite maille. La lumière qui en émanait était donc filtrée et la salle en était rendue par conséquent plutôt lugubre. Marc pencha son visage au dessus de l’eau pour essayer d’estimer la profondeur du bassin. L’eau, trop trouble, ne lui permit de faire une estimation. Cela n’avait rien pour le rassurer.

  Puis, l’eau commença à s’agiter. Des vagues se formèrent et vinrent s’éclater le long des bords du plan d’eau artificiel. Un grand aileron noir fendit l’eau. Marc voulut se retourner, s’enfuir, mais la lourde porte de pierre de la salle s’était refermée et il lui était impossible de s’enfuir. Il tenta de l’ouvrir. En vain. Puis, une gigantesque queue apparut parmi les flots déchainés. Une queue écailleuse et pleine de piquants. Une queue aux milliers d’écailles noires ou dorées. Le corps de la bête se découvrait petit à petit. La créature devenait de plus en plus imposante au fur et à mesure qu’elle se laissait découvrir. Puis, l’énorme masse se dressa au dessus de l’eau, laissant enfin apparaître son visage. Une tête aux allures de dragon dénotant quelque peu avec le reste du corps, aux allures serpentiformes. Une mâchoire pleine de crocs longs et acérés – décidemment toutes les créatures de ces lieux étaient faites pour être peu accueillantes ! La bête scruta la salle du regard. Marc s’immobilisa. L'animal analysa le lieu plusieurs fois avant de découvrir le chercheur. La créature lâcha un cri de satisfaction, perceptible comme un léger rire sadique.

  Affolé, Marc, qui ne savait quoi faire, – comment devait-il réagir ? – se mit à courir dans tout les sens, tentant d’échapper à l’animal. La créature lançait son long cou effilé vers l’avant pour essayer de happer sa proie. De l’emmener dans l’eau, là où elle deviendrait plus vulnérable que jamais. Marc ne put s’arrêter de courir. Le crâne de la bête heurta un bon nombre de fois les épais murs de la pièce. Ce qui ne fit que l’énerver d’avantage. Et le monstre s’agita d’avantage. Les flots engloutirent petit à petit la pièce. Et la créature plongea vers le fond du bassin. Cinq minutes s’écoulèrent avant son retour à la surface. Le niveau d’eau se mit dangereusement à s’élever. Marc était déjà dans l’eau jusqu’aux genoux. Il serait bientôt à la merci de ce véritable serpent de mer. Et lui qui avait horreur de nager en eau trouble !

  Il préféra plonger de lui-même pour surprendre la bête. Mais il fut vite rattrapé et cette dernière l’entraina vers le fond, le saisissant à la cheville. La surface devenait de plus en plus lointaine. L’asphyxie l’était beaucoup moins. C’est dans des moments comme ceux-là qu’on éprouve le besoin de posséder des branchies. Mais, faute de branchies, le chercheur devait remonter et vite. Il devait faire lâcher prise à l’animal. N’importe quel objet était le bienvenu. Une vieille lame, gisant au fond de l’eau, attira son attention. Il s’en empara, alors que le monstre avait relâché son étreinte et lui planta dans le flanc. La créature ouvrit la gueule pour hurler de douleur, laissant Marc s’enfuir par la même occasion.

  Il était alors de nouveau à la surface, avalant l’air à grandes bouffées. L’eau se teintait petit à petit d’une légère coloration rouge sang. La bête tardait à revenir. Le scientifique avait donc un peu de temps pour étudier plus en profondeur la salle. Et une statue – encore une - se dressait au fond de la salle ! Il s’en approcha. Il découvrit tout un mécanisme qui lui fit penser qu’il s’agissait à vrai dire d’une porte. Une petite infiltration d’air confirma ses hypothèses. Et il manquait une pierre, un petit cristal, n’importe quoi, à cette porte : était-ce la clé du mécanisme ? Le monstre refit enfin surface. Etait-ce lui le détenteur de cette clé ?

  L'animal voulut attaquer. Mais il se mit, mystérieusement, à toussoter avant de cracher du sang et … un petit cristal brillant d’une étincelante lueur orangée ! Marc accourut, le ramassa et repartit en direction de la porte. Le monstre voulait en finir. Il prépara son attaque. Le coup allait partir. Le chercheur déposa la pierre précieuse. Le mécanisme se déclencha. La porte s’ouvrit. Et il put s’échapper juste avant l’attaque, la toute dernière, du monstre.

  Il était si heureux, si heureux d’avoir enfin regagné la surface. La lueur solaire lui picotait les yeux. Il devait de nouveau s’y habituer, après tant de temps passé dans un milieu aussi obscur que celui-ci. Puis, une fois de nouveau habitué à toute cette lumière, il rouvrit les yeux. Il chercha à savoir où il se trouvait. Et, mystérieusement, il était juste à côté de la brèche dans laquelle il s’était lové pour échapper à l’ours et qui l’avait conduit dans ces souterrains. Il n’éprouverait donc aucun mal à rentrer.

  Il passa à coté du cadavre sans vie de Tim. Il esquissa une grimace de dégout. Mais cela ne l’empêcha pas de ramasser le panier plein de fruits que le malheureux avait rempli avant d’être sauvagement tué. Au moins, ils auraient de quoi manger pour ce soir. Puis, il rentra enfin au campement en fin de journée. Le soleil était déjà bas dans le ciel.

  A son arrivée, tous ces collègues se précipitèrent sur lui pour lui demander des explications. Harassé, il leur dit qu’il était fatigué et qu’il leur raconterait ses péripéties le lendemain. Il leur tendit le panier et partit s’allonger sur l’herbe. Bien entendu, ils cherchèrent à savoir ce qu’était devenu Tim. Marc explosa en sanglot et cria :


- Tim est mort !
« Dernière édition: Lun 23 Août 2010, 22:12 par rex »
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