Le jeu 650 km

650km : Le Forum
Mer 14 Nov 2018, 16:02 *
Bienvenue. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles:
News du 30/08/2018
Avis à tous les survivants!

Salut à tous, l'équipe de 650km à décider d vous laisser un peu plus de tps de jeu en retardant la fermeture de celui-ci pour une durée encore indéterminée suites à vos demandes
Nous vous souhaitons donc un bon jeu !

Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
Cliquez sur le lien suivant et rejoignez-nous! https://discord.gg/SqxZ6HX


Une question sur le jeu ? Consultez le :
Merci de consulter les Règles du Forum avant toute participation.
Pages: 1 [2]   Bas de page
Imprimer
Auteur Discussion: [Journal] La Raison de Vivre  (Lu 28310 fois)
Réponse #50 Jeu 24 Fév 2011, 19:07
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Il parle! -
20 juillet



Midi.
J'ai du longuement dormir la nuit où j'ai trouvé cette partie si étrange de la jungle... Mes congés prenaient fin ce matin et je suis arrivé fatigué à la Grotte en devant de suite aller travailler.

Pour la première fois à la menuiserie, alors que je travaillais, le « chef », monsieur Duhamel a parlé. J’étais avec mes deux nouveaux amis à terminer une armoire destinée à partir au bureau de chasse, lorsqu’il nous appela. Mes amis arrêtèrent et se dirigèrent vers le bureau du directeur. Je les suivis et trouvais Duhamel avec une mine qui n’était pas, pour une fois, celle d’un dépressif blasé par la vie. Nous attendions tous trois à ce qu’il continuât mais il refit le muet. Puis, en prenant un air étonné, il nous déclara:

- Eh bien! Vous ne savez pas ce qu’il s’est produit, ce matin, avant que je vienne ici ?

- Euh…
marmonna Sylvain. Non, racontez-nous!

   - C’est bien connu et tout le monde en parle!
déclara le bavard sur un ton de commère, Sébastien, tu ne sais peut-être pas qui c'est, Lucas... eh bien Sébastien s’est déclaré à la Mairie hier soir pour se déclarer officiellement en conflit contre Tony! Il désire que Tony ne soit plus le maire de la Grotte et que ce ne soit pas un pouvoir démocratique, puisque nous ne sommes plus en France, mais qu’il n’y ait tout simplement qu’un conseil partageant dix personnes qui régiraient la Grotte!

Puis, monsieur Duhamel était lancé, il parlait en détail d’une altercation entre Tony Jones et le fameux Sébastien. Car, il avait parlé de l’épisode que j’avais vécu en prison avec Michaël et Katia en accusant Tony de « tyran ».

Nous retournions tous au travail, et le directeur nous aida, toujours en parlant, ce qui contrastait totalement par rapport aux autres jours. Monsieur Duhamel admirait apparemment ce Sébastien ; Sylvain et Guillaume eurent vite fait d’abonder dans ce sens. Moi, je ne sais qu’y penser… Certes, Tony nous a traité comme des sous-hommes et enfermés sans raison, et les fameux droits de l’homme l’auraient puni pour cela, mais les derniers éléments que j'ai appris m'ont bien montré que c'est un homme puissant et dangereux. Lorsque la sonnerie de midi sonna, le directeur déclara d’un ton charmant:

- Eh bien! Cet après-midi, je vous le laisse libre!

C’est ainsi que je viens de rentrer chez moi, avec les sandwiches que j’aurais pourtant dû manger à la menuiserie. Katia m’a prêté des livres qu’elle a eu à la mairie. Il y a une bibliothèque ici! Je crois que je vais lire, cela fait bien longtemps que je ne me suis livré à cette activité à laquelle j’ai pourtant consacré de nombreuses heures… Je vais également sûrement repenser à mes aventures de ces derniers jours...
« Dernière édition: Mar 01 Mar 2011, 12:09 par Lucas Reeves »
Réponse #51 Lun 28 Fév 2011, 08:58
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Un enterrement -
20 juillet



Minuit.
Le livre n’est autre que le Procès, c’est un peu classique, mais ça me fait du bien de le relire. Cet après-midi, j’ai donc profité de mon temps pour le lire. Puis, vers la fin de l’après-midi, je suis allé voir Katia chez elle sans vraiment savoir pourquoi. Comme j’entrai, elle m’annonça que le Sébastien dont tout le monde parlait était mort.

Nous en avons parlé autour d’une limonade fraiche, étonnés de la tournure des évènements. Il se serait en fait suicidé… Katia me dit qu’elle ne voulait pas s’immiscer dans les affaires des habitants comme Michaël s’était décidé à le faire. Je n'osais pas lui parler de mes récentes découvertes. Je voulais en parler à Mickaël en premier.

C’est ainsi que, plus tard, les interphones sonnèrent pour nous annoncer la mort publique du suicide de Sébastien Millet.

Nous fûmes priés d’assister à l’enterrement qui s’effectueait à l’entrée intense de la Grotte. Tout le monde y était et ce fut un enterrement « classique ». Certains pleuraient, certains échangeaient des mots à voix basse. Michaël se trouvait avec quelques uns de ses nouveaux amis aux idées anti-Tony. Katia et moi, nous nous tournions les pouces, mais restions par respect respect pour les autres. Puis, lorsque le corps fut enseveli, Tony s’avança et fit un discours, lui qui avait gardé la tête basse durant l’évènement.

- Chers amis, chères amies, en tant que maire de la Grotte, vous devez savoir que je suis navré des derniers évènements, de la dispute qui m’opposa à monsieur Sébastien Millet, mais bien entendu surtout de sa mort soudaine. Je pense que son suicide est un signe de grands problèmes mentaux dont il était victime, à l'insu de tous. Je ne savais pas que cet homme pourtant si vif et agréable était si triste...

Ce fut un discours pompeux qui était dit avec des tournures de phrases qui indiquaient que ses mots devaient être soupesés avec attention. Je relève seulement que Sébastien n’a pas eu de traces de mort : il ne semblait pas être étranglé, il n’avait pas de traces de contusions… Comment était-il mort ? Sa nuque avait été droite, il ne se l’était pas brisée. Ses yeux étant fermés, on ne pouvait pas voir s’ils étaient révulsés.

Voilà: Tony est officiellement suspect pour avoir dit un mensonge de plus. Les hommes qui se dirigeaient vers le bar fulminaient déjà quand je partais, signe que les grands esprits se rencontrent et s’échauffent. Je crois que tout cela va finalement mal finir, et il me faut aller voir Mickaël pour lui raconter ce que j'ai vu, et au plus vite!
« Dernière édition: Mar 01 Mar 2011, 12:10 par Lucas Reeves »
Réponse #52 Mar 01 Mar 2011, 21:00
Isobel
Hors ligne Hors ligne


Messages: 3




Journalisée
Soixante-dix-neuvième Jour.



Elle arriva brusquement non loin de la jeune femme. Peu de gens avaient la chance de rencontrer Isobel dans leur vie, mais cette petite aux airs effrayés l'aurait.

Isobel était calme comme à l'ordinaire, bien qu'elle ait dû se déplacer. Ces derniers temps, elle ne faisait que ça: observer les autres pour voir leurs comportements. Elle s'était même rendu à Paris, quelques jours auparavant, pour rencontrer ceux qui gèrent les prisonniers. Elle en avait tué un dont les idées nuiraient à long terme. Ce n'était pour le moment qu'un enfant de bas âge qui avait dans les yeux une lumière intelligente propice à faire du mal autour de lui. Les enfants grandissent de plus en plus vite, lui semblait-elle.

Une nuit, elle lui avait tapoté le bras pour le réveiller. L'enfant était paralysé de peur en la voyant. Isobel se mouvait autour de lui en sondant son esprit. Elle y apprit le futur de l'enfant et les dégâts qu'il causerait. Elle le sortit de son lit en le prenant par les cheveux et le mit sur ses genoux. L'enfant la fixait, droit dans les yeux. Au moment où il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour hurler, elle lui enfonça la main dans l'estomac. C'était la manière qu'elle préférait. De cette façon, ses doigts s'enfoncèrent dans la chair et elle put aisément toucher les organes intérieurs... pour les tirer. Cela ne dura que quelques secondes, le temps de détruire ce qui aurait pu la détruire.

Elle ne s'était pas attardée et était tout de suite repartie pour l'île le plus vite possible. Elle avait fort à faire.

En cette douce soirée sur l'île, une soirée qui annonce un été agréable et chaud à la fois, Isobel se rendit donc rencontrer une jeune femme, arrivée depuis peu sur l'île d'après ce qu'elle avait compris.

Marie était seule et retapait la toiture de fortune de son campement. Elle était énervée de ne pas arriver à tisser les lianes entre elles pour faire tenir les morceaux de bois entre eux.

Isobel s'approcha, et soudain Marie se retourna et la vit, debout à quelques mètres d'elle. Elle poussa un hurlement de terreur qui retentit dans les environs de façon anormale quand elle vit la femme se mouvoir vers elle. Isobel ne savait plus marcher comme les humains et ressemblait à un zombie. Elle était silencieuse dans sa démarche claudicante, avec les bras ballants et sa tête tournée sur le côté pour analyser tout ce qu'elle voyait. Elle avançait une jambe devant l'autre en faisant tanguer son corps d'avant en arrière.

Marie recula si brusquement qu'elle se cogna contre les murs de son campement qu'elle fit tomber à terre. Elle trébucha contre eux et se retrouva au sol, effrayée et totalement innocente face à Isobel.

Celle-ci se glissa vers Marie, la tête toujours penchée sur le côté, pour tenter de savoir si oui ou non, cette jeune femme représentait une menace. Marie la regardait fixement, les lèvres tremblantes, en gardant le silence. La femme qui était devant elle aurait été belle, se disait-elle, si elle n'avait pas cette attitude et ce manque d'humanité si étranges et effrayants. Elle avait du rouge à lèvres carmin, de beaux yeux et la peau diaphane. Elle était habillée en sortes de lambeaux noirs parfaitement propres qui lui masquaient la plupart du corps. Dans les cheveux noirs, Marie voyait des plumes de ce qui devait être un corbeau. Mais les plumes semblaient être accrochées à son crâne.

Et soudain, Isobel passa une main blanche et malodorante sur le visage sale de Marie qui s'endormit aussitôt. Son sommeil fut peuplé de cauchemars. Isobel resta à ses côtés quelques instants, hésitant de la manière de la tuer. Lui enfoncer les doigts dans les yeux ou simplement lui casser la nuque? Finalement, elle ne fit rien et s'éclipsa.
« Dernière édition: Mar 01 Mar 2011, 21:16 par Isobel »
Réponse #53 Sam 05 Mar 2011, 15:13
Marie Dupont
Hors ligne Hors ligne


Messages: 3


Pretty woman, walking in the nature!



Journalisée
Étrange visite au crépuscule.

1er août, jour 80, midi.


J'ai passé une nuit affreuse après une rencontre tout aussi affreuse, mais j'en ai tiré un crayon bic rouge. Je crois que c'est mon cadeau vers une vie meilleure. Je me dois de tout reprendre dès le début...

Alors voilà, j'étais dans un avion avec mon fiancé, Lucas, lorsque l'avion s'est crashé. Mes souvenirs qui précédèrent le crash sont très flous, et j'ai sans doute été de longs jours dans un état comateux, car lorsque je me suis réveillé et que j'ai regardé ma montre, je vis qu'une dizaine (ou plus, je ne me souviens plus) de jours s'étaient écoulés depuis que nous avions pris l'avion.

Les débuts sur cette île furent difficiles, et ils le sont encore extrêmement. Je ne les raconterai pas tous, ne voulant pas repenser aux moments les plus difficiles où je ne savais plus si je désirais vivre.

Je n'ai pas encore eu le temps de visiter l'île en entier, mais je ne trouve aucune personne vivante, ni trace de l'avion... Je commence à désespérer, voire à déprimer. Quoique mon réveil, ce premier août, fut agréable: j'ai découvert un crayon rouge qui écrit parfaitement bien et semble être neuf, posé sur le sol au milieu de mon modeste campement. Je crois que c'est cette sorte de femme qui est venue hier soir. Je ne me souviens plus exactement comment elle est apparue, mais elle était horrible, monstrueuse. Elle s'est approchée de moi, et quelques instants plus tard, je dormais.

Je ne suis pas sûr que c'est une hallucination, car je n'avais pas de crayon, hier! Bizarrement, j'ai retrouvé foi en moi depuis que j'ai ce crayon: et comme ce que dit Lucas, c'est la "raison de vivre" qui me fait vivre à nouveau!

Aujourd'hui, il fait particulièrement chaud et beau! L'été est là et l'île semble respirer. Elle est vivante!


Réponse #54 Mer 09 Mar 2011, 19:46
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Se voiler la face -
2 août



Lorsque je frappai à la porte de Mickaël, après l'enterrement, je vis qu'il était ivre. De nous trois, je m'aperçus qu'il était le plus triste d'être venu sur l'île. Il me laissa entrer d'un ton joyeux. Quand je lui ai tout raconté de l'épisode du Prospero camouflé au nord de l'île, il fut abattu mais aussi énervé de comprendre que nous nous faisons rouler dans la farine.

Nous avons donc décidé que dans peu de temps, nous irons voir Tony pour parler sérieusement avec lui. Nous voulons partir d'ici car nous n'avons rien fait pour arriver sur cette maudite île...

Le lendemain de l’enterrement, je me rendis normalement au travail. Je ne pensais pas qu’il y aurait un problème. C’est ainsi que je commençai mon travail, seul avec monsieur Duhamel. Après un petit temps où le silence régnait, Sylvain et Guillaume arrivèrent. Il y avait un petit je ne sais quoi d'étrange dans leur attitude.

Ils regardaient tout deux fixement le sol comme des chiens battus. Je leur demandai gaiement ce qu’il se passait, et la réponse fut un « Rien » qui signifiait qu'ils ne voulaient pas discuter. Et la journée se passa ainsi. Ils ne levèrent le nez que pour manger, sans jamais parler. Le silence était gênant et me paraissait injustifié. Tout à coup, je me rappelai l’enterrement et ma discussion avec Mickaël, et compris que quelque chose n'allait pas. Je ne crois pas qu'ils soient en deuil, il y a autre chose... Comme je l’ai découvert tout à l’heure, c’est bien pour une raison tout à fait différente qu’ils refusèrent de parler toute la journée durant. Je n'ai pas le coeur d'écrire ce que c'est aujourd'hui, je le ferai demain.

Je pars tout de même confier toutes ces nouvelles à Katia.
Réponse #55 Jeu 10 Mar 2011, 11:47
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Le tournant que prennent les choses -
3 août



L’explication véritable est celle ci. Cela me coûte de le dire mais Sylvain frappa à ma porte hier soir. Sylvain était derrière la porte, regardant ses pieds et ayant perdu tout signe de la gaieté dont je pensais qu’il ne se départirait jamais. Je lui proposai de rentrer, mais non, il refusa.

L’heure était-elle si grave? Il me raconta rapidement tout le problème et ayant terminé, il partit, me laissant sur le perron, choqué.

- Eh bien, Lucas, il faut que tu saches que ma femme ne voudrait pas que je vienne te parler… Ils ne veulent pas que je vienne te parler mais je pense que tu dois savoir. Être informé, comprendre. Oh, non, ne t’inquiète pas! Je ne veux pas te tracasser…

Voilà l’histoire. La mort de Sébastien nous a tous fait comprendre que le suicide est une chose qui n’aurait pas du arriver ici. Si nous sommes ici, c’est dans le désir de laisser la mort et ses soucis loin de nous. Et vous, toi Michaël et Katia, Michaël surtout… vous êtes ceux qui viennent tout droit de l’endroit que nous refusons de regagner: la civilisation où les suicides sont si nombreux. Alors, pour beaucoup, vous… C’est à cause de vous que Sébastien s’est suicidé.

Il s’est suicidé car tout ce que vous avez dit contre Tony, la prison et toute cette histoire, c’est ce qu’il redoutait le plus. Sébastien a d’abord accusé Tony de manipuler tout le monde, puis ayant réfléchi, il s'est tué pour ne plus vous voir. Vous symbolisez la civilisation. Tu dois comprendre que ce que vous êtes est ce que nous… nous n’aimons pas. Tous les habitants disent que nous allons redevenir mauvais, comme vous l'êtes. Comme si vous portiez le virus de... la civilisation.

Car si nous sommes arrivés par ici, ce n’est pas par hasard. Si notre île est isolée et si personne ne veut la quitter c’est parce que nous sommes… nous sommes tous des criminels, à part certains qui sont ici pour faire en sorte que tous aillent bien: ce sont des gardiens. Ici, ce sujet est extrêmement tabou, tu ne dois pas en parler. Personne ne dit s’il est un criminel ou s’il est gardien. Nous savons tous que Tony est un gardien ; à part lui, nous ne savons pas qui en fait partie. Nous avons eu la chance d'avoir une proposition: aller sur une île pour toute notre vie, au lieu de purger une peine à vie. Nous avons pu quitter nos prisons où la violence règne. Nous ne voulons pas que la violence revienne. Voilà... Personne n'est sensé connaître l'existence de l'île. Cela s'est déjà produit par le passé, et nous avons tous failli mourir.


Et Sylvain, toujours sans me regarder, partit, d'abord en marchant, puis en courant.

Après cela, j’étais évidement ahuri de ce qu'il avait dit. Je suis parti voir Katia pour lui raconter cela. Elle ne comprenait pas pourquoi toutes les femmes de sa section ne lui adressaient plus la parole.

Nous avons donc tous trois fait un conseil aujourd’hui, chez moi. Nous ne sommes pas allés travailler de la journée. Nous nous sommes entendu sur plusieurs points: nous ne sommes pas en faute ; notre sort de revenir à la civilisation est peut être compromis, à moins que ces personnes ne veuillent justement que ça, au contraire de Tony. Nous allons attendre et voir ce qui se passe. Si rien n'arrive, nous irons voir Tony pour lui parler...

Le tournant que prennent les choses m’échappe complètement. Ce soir, j'ai l'impression de ne plus être vivant, comme anesthésié par ces mauvaises nouvelles. Je veux rentrer, je veux rentrer. Je n'en peux plus...
« Dernière édition: Jeu 10 Mar 2011, 11:49 par Lucas Reeves »
Réponse #56 Sam 12 Mar 2011, 14:42
Mrpolins
Mister Archipel
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 6831


Antinoüs



Journalisée
Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n’y accostera
Aucun Concorde n’aura ton envergure
Aucun navire n’y va

Celui-ci, c'était un bon! Lucas l'avait oublié... Quel sot.

J’ai longé ton corps, épousé ses méandres
Je me suis emporté, transporté
Par-delà les abysses
Par-dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J’ai pris la contre-allée
Je me suis emporté, transporté

Il se trouve dans son appartement, dans ce rêve-ci.
Le mobilier est simple et Marie si jolie.
Dans leur lit, mangeant des spaghettis,
Ils s'aiment.


Aucun landau ne me laissera bouche bée
Aucun Walhalla ne vaut le détour
Aucun astronef ne s’y attarde
Aucun navire n’y va, sinon toi

La vie est belle.
Il a une Raison de Vivre.
L'Amour.

Sa sensiblerie fait son charme.
Ses ardeurs la séduisent.
Elle ne fait rien, elle le désarme.
Ses yeux luisent.
Ils s'aiment.

Mais tout à coup, elle n'est plus dans ses bras.
Il prend l'express de 15h15, et s'arrête au terminus.
Sur une île.
Réponse #57 Sam 12 Mar 2011, 18:50
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Détente -
6 août



Les quatre, cinq et aujourd’hui, je suis parti travailler. Néanmoins, je ne parle plus à mes deux camarades. Ils me jettent souvent des regards mais rien de plus.

Je me suis longtemps questionné sur la raison qui les avait poussés de vivre sur cette île, et que la technologie y fut si développée.

Maintenant, je comprends. Simplement, je suis déçu que les choses soient ainsi. Nous sommes allés chez Hadrien et y avons été rejetés. Les insulaires nous ont d'abord tourné le dos, nous ont ignoré. Après cela, ils nous ont pris et nous on jetés dehors. Et même Katia y est passée. Seul Nickolas Skien resta seul, de son côté. Il devait être trop fatigué pour vouloir nous voir prendre la poudre d'escampette. Nous sommes comme bannis.

De son côté, Tony n’est pas venu nous voir. Nous irons donc le voir. Nous même.
« Dernière édition: Sam 19 Mar 2011, 11:19 par Lucas Reeves »
Réponse #58 Sam 19 Mar 2011, 11:19
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- La fin du monde -
18 août



Je me suis dit bien des fois que ma journée avait été horrible, par le passé. Néanmoins, cette fois-ci, je crois toutes ces fois-là, ce n’était pas vraiment le cas. Non, la pire journée de ma vie s’achève alors que j’écris ces lignes. Le monde, mon monde s’est déjà renversé. Maintenant, il n’est plus qu’en ruines.

Ces derniers jours, je suis allé travailler mais ce matin, je n’y suis pas allé. J’ai rejoint comme prévu Katia et Michaël. Anxieux, nous étions tout de même déterminés à aller voir Tony. Nous voulions juste retourner chez nous, regagner ceux que nous aimons ; pour moi retrouver Marie par la suite. Nous sommes allés dans la mairie de la Grotte, au milieu du village. Les allures du bâtiment étaient bien celles d’une mairie, drapeau français et européen, gens courant en tous sens. Ceci dit, les murs étaient en bois, non pas pleins de fioritures. Et les gens courants n’étaient que peu.

Nous fûmes accueillis par Tony lui-même. D’un ton faussement jovial, il nous vint nous voir. Ceci dit, dans son bureau, il referma la porte à clé derrière lui. Il nous fit, faussement, un sourire. S’étant assis, il déclara sur un ton gêné:

- Alors… Parait-il que le feeling ne passe pas très bien avec les autres habitants, depuis que Sébastien est parti… Vous m’en voyez très gêné ! Oui, oui… C’est fâcheux.

Il n’avait manifestement pas l’air plus ému que cela. Évidement, Michaël « entama » la véritable discussion. Peut être que cela n’aurait pas autant viré au vinaigre s’il n’avait pas fait ça:

Il bondit par-delà le bureau du « maire » et attrapa Tony par le col. D’un geste violent, Tony fut plaqué au mur, son fauteuil envoyé bouler plus loin. Nous rejoignîmes rapidement Michaël, Katia ne voulait pas qu’il s’énervât trop. Il crachait à la tête de Tony:

- Mais qu’est-ce que vous nous voulez, bon dieu? Vous nous avez enfermés et envoyés chercher votre espèce de coffre. Et vous nous avez promis que l’on partirait bientôt! Mais le temps passe, et vous faites bien attention à ne pas nous croiser. Nous sommes au courant, pour le Prospero! Assez! Et les habitants, vous ne daignez pas les empêcher de leur dire que ce qu’ils font… C’est ridicule!

Katia l’interrompit:

- Hey! J’ai une idée!

Tandis que nous la regardions, elle se mit à farfouiller dans le bureau. Tony, ses petits yeux s’agrandissant, marmonnait des « non… non… ». Enfin, elle trouva le coffre, et le posa sur la table.

- Voyons voir ce qu’il contient… dit-elle, triomphante.

- Non! hurla Tony.

Des personnes étaient derrière la porte et commencèrent à tambouriner en appelant leur chef, celui qui les mènera à leur perte. Le coffre était ouvert et Katia en retira un petit boitier. Je la rejoignai. Il était plein de petits boutons. Et sous chaque bouton, un nom. Je vis le mien, à côté de celui de Katia. En dessous, il y avait un boitier que je pris. Dessus, il y avait un gros bouton rouge. « Déclencher la bombe. » Je regardai, choqué, Tony. Je donnai à Michaël le boitier pour qu’il le regarde et Katia fit de même. Michaël lâcha Tony qui tomba par terre. Il rampa, suant et soufflant comme un bœuf. Il se releva, quelques pas plus tard.

- Je vais vous expliquer…

Mais cela ne changerait rien à notre colère. Nous avions déjà compris. Nous étions autour de lui. Michaël hurla littéralement, couvrant les appels par-delà la porte du bureau.

- Ces boutons! Ce sont les pilules que vous nous avez fait avalé! Sébastien n’est pas mort suicidé, c’est vous qui l’avez tué, grâce à ces boutons! Et… évidement, pas de bouton avec votre nom. Infâme petit être cupide!

La vérité s’imposait à nous.

- La pilule s’est coincé dans notre corps, et si l’on appuie sur le bouton, la partie interne du corps où est logée la pilule explose partiellement! hurlai-je à mon tour. Vous avez eu de la chance qu'il n’y ait pas eu de sang sorti de la bouche de Sébastien! Et vous avez posé une bombe sur l’île! Espèce de crapule sans cœur! Vous êtes fou à lier!

Ne pouvant me contenir, je lui fonçai dessus, lui enfonçant mon poing dans la figure. Mon poing qui fut rapidement rouge du sang de cet être infâme. Tony était à terre, et j’ai honte d'admettre que Michaël et moi entreprîmes de le piétiner violemment. Katia nous arrêta. Elle releva le torturé. Il grognait.

- JAMAIS! JAMAIS vous ne repartirez d’ici!

Ses yeux étaient révulsés, il crachait du sang. Il hurlait à son tour, un air de dément dans ses yeux...

- CETTE ÎLE SERA VOTRE TOMBEAU! VOUS PASSEREZ VOTRE VIE A REGRETTER CE QUE VOUS M'AVEZ FAIT!

Son rire était tonitruant. Je le regardai un instant franchement, puis avançai et mis toute ma force, toute ma haine dans ce geste: je lui poussai la tête contre le mur, ma main accompagnant son crâne s’enfoncer dans le bois qui craqua et céda. Il se retrouva en dehors de la mairie, à terre. Mort ou pas, il ne bougeait plus. Déjà, une multitude de personnes se trouvaient là. Je ne regrettai pas mon geste.

Nous nous glissâmes par le trou et partions en courant rentrer ici, chez moi. Nous sommes barricadés, toutes lumières éteintes. J’écris en attendant que Michaël soit sûr que nous soyons en sécurité. Je suis ravagé: il n’y a pas de bateau pour nous. Les criminels étaient venus ici pour connaître la paix. Ils ne pourront jamais l’avoir.
Réponse #59 Dim 27 Mar 2011, 17:07
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Bannis -
19 août



Nous avons marché, marché... Mais avant, je fais le retour sur les évènements derniers.


Dans la nuit…
Il a commencé à faire chaud dans la maison. Tout autour, nous voyions du rouge. Des flammes! On brûlait la maison! Nous nous précipitâmes sur la porte que nous avions si bien bloqué par tout le mobilier. Nous avons fini par défoncer la porte alors que l’air commençait à nous faire tousser.

Nous nous trouvions alors dans un véritable chaos. Nous fuyions ce qui semblait un homicide volontaire mais raté de quelqu’un ayant une dent contre nous. C’est là que je m’aperçus d’un élément peu anodin. Les habitants de l’île hurlaient contre nous, avec un Tony survolté derrière eux qui leur criait de nous tuer. Sur un fauteuil roulant, il avait un mégaphone et ne semblait que vouloir notre mort.

Alors, je vis Nathalie courir vers moi et crier qu’elle m’aimait. Elle n'attendit rien et repartit en courant. Je ne m'y attardai pas.

- Tuez-lez ! scandait Tony à tue-tête.

Je regardai rapidement mes deux compagnons. Nous étions complètement affolés, ne sachant où aller. Michaël s’élança en courant vers la sortie de la grotte en poussant la foule. Instinctivement, nous le suivîmes. Des larmes insoutenables me montaient aux yeux. La partie était finie, nous avions perdus.

Après être sortis de la mêlée, malgré coups et blessures, Michaël nous joignit de le suivre. Avec l’obscurité de la nuit, nous avions bien du mal à ne pas tomber. Les habitants de l’île nous poursuivaient avec leurs lampes torches, en hurlant « là, là ! » quand ils croyaient nous avoir trouvé…


Au matin…
Ils ont enfin arrêté de nous chercher et nous sommes seuls, en pleine jungle, perdus. Nous ne savons pas quoi faire. Assis dans cet espace vert, je ressasse le désastre de ma vie, l’erreur d’avoir voulu aller voir mon père une dernière fois…

Comment? Etait-ce une erreur? Ou bien était-ce le destin qui refusait et qui refuse toujours de m’accepter parmi les humains heureux et insouciants? Je crois que oui. On dit souvent que le mot « maudit » n’a aucun sens... Qui sait?

Dans les contes que je lisais durant mon enfance, on voyait toujours lorsque le dénouement se rapprochait. Et bien souvent, ces fins étaient des "happy ends". Ici, nous sommes bien dans une véritable histoire, une horreur. Une horreur où Michaël, parvenu, peut être devenu dément de souffrance, tripote la gâchette qu’il a gardée. La gâchette qui permettra de faire exploser l’île, dit-on…

Après tout, je ne l’empêcherai pas. Il n’existe pas de Happy End.
Réponse #60 Dim 03 Avr 2011, 11:10
Mrpolins
Mister Archipel
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 6831


Antinoüs



Journalisée
PARTIE III







Centième Jour.
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !



Nous nous arrêtions enfin quand l'aube pointait. Essoufflés, nous ne parlions pas. Il n'y avait rien à dire. J'étais pris dans mes pensées, le coeur gonflé de remords...

*Je n'aurais pas dû blesser Tony! Mes espoirs de retrouver Marie sont à présent nuls!*

Me maudissant intérieurement, je remerciai tout de même Michaël lorsqu'il m'apporta des bananes. Épuisé par la cavalcade et par le stress, ma vue se troublait par moments...

Soudain, après un temps que j’avais passé à faire les cent pas, Michaël tira le détonateur de sa poche. Le retournant dans ses mains, il nous déclara ensuite:

- On pourrait le déclencher!

Katia, immédiate, protesta:

- Voyons, ne sois pas idiot!

Je me joignis à elle: cela serait terrible pour les habitants qui n'étaient en rien dans cette histoire, mais tout à coup, il haussa la voix et dit d'un ton sans appel:

- A terre! Si des débris tombent, il pourrait y avoir des dégâts...

J'eus la ferme intention de l'en empêcher, mais...

TIC... TIC...

Effectivement, quelques secondes plus tard, nous étions à terre. Le "tic, tic" continuait, mais pas de détonation...

- Une bombe à retardement, supposai-je.

Durant quelques instants, nous étions pétrifiés. Nous échangions des regards inquiets, et quand je songeais déjà à me relever, il y eut une magnifique série d'explosions qui provenaient sans aucun doute de la Grotte.



*** ***


Un nuage noir en forme de champignon se formait et se répandait déjà sur toute l'île. La poussière jaillit à flots de toutes parts. La terre trembla.

Par chance, après nous être relevés, nous vîmes qu'il n'y avait pas eu de départs de feu apparent dans la jungle. Je voulais dire mes quatre vérités à Michaël et voyais que Katia était dans le même état. Néanmoins, nous entendions des voix et cris venant de notre gauche.

- Venez, vite! nous intima Katia en s'y dirigeant.

- Attendez! dit Michaël. Je veux vous dire adieu.

Je le regardai sans comprendre, tandis qu'il sortait de sa poche le boîtier aux boutons. Sans nous prévenir, il partit précipitamment en courant, tout droit dans la jungle. Il allait se perdre...

Katia, ne saisissant pas ce que Michaël voulait faire, s'apprêtait à le suivre mais je l'en empêchai d'un geste. Michaël avait fait son choix.

Au loin, on entendit un cri de douleur lorsqu'il mourut. La pilule, il l'avait détruite. Il avait fait une hémorragie interne, comme Sébastien, quelques jours auparavant.

Je regardai Katia. Nous n'étions plus que deux survivants du crash.


*** ***

Résignés, nous voulions tout de même rejoindre les habitants de l'île. Tony avait sûrement prévu ce que Michaël. Les habitants avaient dû fuir la Grotte.

Malgré la chaleur et la toux provoquées par la fumée ardente, nous suivions les voix des insulaires. C'était un mélange d'injections et de cris:

- Il faut aller à la plage, dépêchez-vous! entendais-je.

Soudain, nous débouchâmes sur une des plus belles plages de l'île, où la foule des prisonniers perturbés se pressait à embarquer sur un énorme bateau: le Prospero.

Des gens nous désignaient du doigt, nous ayant aperçus. Tony, qui était à bord, vint se pencher sur la balustrade:

- Adieu les amis! cria-t-il d'un ton narquois. Nous gardons notre intégrité et partons loin, le plus loin possible de vous!

Tout le monde était à présent sur le bateau, sauf... Sauf deux personnes qui avaient été attachées à un cocotier et qui hurlaient à la délivrance. Je les identifiai aussitôt: Nathalie était là, et je voyais également Nickolas Skien, le jeune homme que j'avais déjà vu plusieurs fois chez Hadrien, du temps où tout allait plutôt bien pour nous.

Le nœud était solide, je demandai à Katia de m'aider. Je vis qu'elle pleurait, tout comme Nathalie et Nickolas, brisés de rester sur l'île. C'est à ce moment que je réalisai l'ampleur de ce qui nous arrivait: rester ici à vie. Être dégouté par la végétation après l'avoir côtoyée des années de suite...

Le bateau partait déjà, lentement...

Je me démenai en défaisant le nœud et lorsque la corde se détendit, je me tournai vivement vers l'océan, avec l'espoir de pouvoir rejoindre le navire. Mais celui-ci était déjà loin, très loin...



*** ***


Des larmes coulèrent de mes yeux. Ma foutue Raison de Vivre semblait m'avoir quitté. Un rideau passa devant mes yeux et le sol se rapprocha de mon buste. Puis, je tombai là, comme un moustique tropical. Triste sort. J'étais inconscient.


***  ***


Vingt août, au soir... Le soleil se couche. Lucas est là, hagard, regardant l'horizon à côté de Katia. Tous sont dans un état second. Ils ne comprennent pas comment leurs vies ont pu à ce point-là tourner. Contemplant le soleil se coucher, les quatre personnes ne se parlent pas, ne font que tousser entre leurs pleurs.

Vingt août, au soir... Marie Dupont fouille la jungle, ayant entendu l'explosion retentissante, malgré la fumée provoquée qui ne se dissipe que très mal. Tout à coup, elle découvre des débris, qui avaient dû voler, par la force qui avait secoué l'île. Elle avait perdu son crayon rouge, mais sous les débris, elle en aperçoit un autre. Intriguée, elle le prend. Le plastique est exactement cassé au bout, comme celui d'avant. C'est le même. Ce serait parfait, elle pourra enfin écrire, si elle ne le reperd pas... Puis, Marie s'allonge dans son campement. A côté d'elle, un petit stylo rouge. Elle avait faim mais elle s'endort, sereine.

Vingt août, au soir... Il est une femme au regard indicible qui est allongée sur la plage. Isobel s'aperçoit pour le première fois depuis bien longtemps, qu'en regardant le ciel, on peut deviner les astres et s'imaginer qu'il existe quelque part, dans un autre monde, une île où la vie est peut-être plus douce et plus tranquille.




« Dernière édition: Dim 03 Avr 2011, 11:52 par Mrpolins »
Réponse #61 Sam 23 Avr 2011, 12:51
Marie Dupont
Hors ligne Hors ligne


Messages: 3


Pretty woman, walking in the nature!



Journalisée
Seule?

21 août, jour 101, au matin.


Voilà. J'ai retrouvé mon crayon. L'aube m'a réveillée tôt, une fois de plus. Je n'aime pas rester allongée... je me suis donc levée et ai fait le tour de mon camp. Ce qui fut rapidement fait...

Je suis Marie, je le dis bien que je trouve cela ridicule, je sais qui je suis. Une femme qui est devenue une pauvre loque, perdue au milieu de nul part. Nul part? On dirait bien que non, finalement. L'explosion témoigne d'une civilisation, et je suis convaincue que ce ne sont pas des débris de mon avion qui auraient eu un quelconque problème. Non, la terre a tremblé, ce fut un choc énorme. Mes jambes se dérobèrent même!

Cette île m'intrigue de plus en plus. J'ai survécu en tombant dans une source. L'eau m'a redonné la vie. Après cela, je me suis presque fait agressée part une femme étrange. Et maintenant, des explosions et des débris...

Cependant, hier, j'ai vu par où venait l'explosion. Je vais trouver un moyen de laisser mes traces comme le Petit Poucet et je pourrai aller voir les raisons de l'explosion... Peut être trouverai-je quelqu'un à qui parler. Je suis seule, et le mot "ennuis" n'a jamais été aussi important pour moi qu'aujourd'hui.

Sinon, j'ai fait une réserve de mes fruits, je les cache sous un drap humide, pour qu'ils soient à jour mais la chaleur les pourrit presque toujours avant que je ne les mange. J'aime beaucoup une des variétés de fruit. Peut être sont-ce des goyaves, je n'en avais jamais mangé, avant. A côté, j'ai des pierres en rond et des branches pour faire un feu. En plusieurs mois, je n'ai cependant jamais réussi à en faire un... Issues de l'avion, j'ai récupéré des couvertures de siège, les ai assemblées avec une aiguille en bois aiguisée par un morceau de tôle. Je suis à dix minutes des plages. Plus précisément, des falaises.

Je vais là-bas me laver et chercher des crustacés. Je passe énormément de temps à trainer des pieds, là-bas. Je pense à Lucas, en essayant cependant de ne pas en être triste. Je fais des traces dans le sable, travaille sur un énorme SOS en pierres, bâtons, et feuilles.

Des fois, dans l'eau turquoise de l'océan, je me demande ce que je fais ici, je regarde mon reflet. Une femme qui a connu de meilleurs jours. Chaussures et vêtements déchirés. Seuls ma peau et mes cheveux sont en bons états. Je me lave chaque jour, rituel important, je suppose, pour ne pas perdre le nord. Où est le nord? Je ne le sais pas, je ne le saurai sans doute plus jamais. "Seule je suis et seule je serrai" dit la poésie. Seulement, je veux changer ça. Je sais pourtant que si je ne trouve personne sur le site de l'explosion, je deviendrai folle de tristesse.





Réponse #62 Dim 24 Avr 2011, 16:48
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Who I am… -
22 août



Je suis assis comme ça, devant l'océan, depuis déjà plusieurs heures. Je regarde de quoi se compose ma vie. Un désastre. En vérité, la vie n'est pour moi qu'un fardeau, à présent que ce qu'il me reste sont mes pensées de mes anciennes vies, et surtout de la musique, de ma culture. Je n'ai plus de logis, à part le couvert des arbres, et la fin du mois d'août signale une saison déjà brulante.

Mes doigts de pieds sont en éventail. Peut être pourrait-on dire que c'est un signe de joie de vivre, d'épanouissement personnel. Je voudrais bien que ce soit le cas, mais ce n'est que le réflexe qui m'habite depuis petit. Soudain, je me dis que je hais le sable. Et le soleil. J'oubliais aussi l'eau turquoise.On dirait que cette eau me nargue.

Les pensées me frappent brutalement. Jamais plus de sociabilité. Jamais plus d'activités agréables. Jamais plus de repas dans un restaurant. Jamais plus de routes, de train... d'avion. Je vais être bloqué sur cette île pour la fin de ma vie! Je veux seulement que la vie s'arrête à ce moment. Comment faire?

Aurais-je seulement le courage de finir ma vie de cette sorte? Autour de moi, rien que la nature et mes trois compagnons. Que feront-ils? Cela fait un jour. Un jour sans que nous n'ayons ouvert la bouche pour parler.

J'ai tellement l'impression d'avoir oublié des choses, sauté des étapes cruciales d'une vie que j'aurais pu avoir... Mes amis, je ne leur ai pas dit un mot d'au revoir... Je ne le pouvais pas. Mais la dernière fois que je les avais vus, avais-je été agréable? Je regrette tant de choses. J'aurais du avouer tous les mensonges que j'ai prononcé, et j'aurais du aller rencontrer tous ceux avec qui j'ai vécu. Maintenant il est trop tard. Trop tard...

Maintenant, je ne suis plus qu'une personne que l'on a rejetée, abandonnée. J'ai cette impression de fin du monde. Un monde qui s'est écroulé, sous mes yeux. Je n’ai jamais été parfait, je ne le dis pas, mais le traitement que j'ai reçu est-il approprié? Est-ce que... Le destin l'aurait décidé?

Je ne sais plus qui je suis; j'ai perdu l'identité. Oui, Lucas Reeves n'est plus Lucas Reeves. On l'a remplacé par un bout de chose qui errera pour toujours sur une île ruinée. Loin de sa Marie.

Oui, je l'ai aussi perdue, je ne peux pas me mentir, la vérité s'impose d'elle-même. Tout, tout perdu. J'ai perdu jusqu'à ma moralité, ayant tenté d'assassiner. Voilà plus de vingt-quatre heures que je me suis condamné à ressasser toutes ces journées où j'ai fui, fui à grand pas mon intégrité. Mentale? Et physique.

Je crois parfois entendre des rires. Des rires fantômes, les miens. La chose que je n'ai pas faite depuis tant de jours...

Mes amis sont là, ils parlent enfin entre eux, à côté de moi. Ils ont été chercher des fruits. Ils les ont mangés; je n'en désirais pas. Le soleil est aujourd'hui à son zénith. J'ai faim. J'ai l'impression de voir, au loin, des bateaux. J'espère bien que je ne me mettrai pas à y croire avant longtemps. Les mirages étaient la seule chose que je ne pensais jamais rencontrer de ma vie, avant de prendre cet avion.

Nathalie a du matériel qu'elle avait emporté. Elle sait donc où se trouve la Grotte, qui doit à présent être en lambeaux. Ces gens avec qui je dois vivre les restants de mes jours comptent retourner à la Grotte, pour voir ce qui est possible de faire avec tout cela... Je les ai écoutés, mais cela m'indiffère. Katia me lance bien des regards, elle a compris. Elle a compris que le jour où ma vie finira, je l'aurai choisi.
Réponse #63 Dim 24 Avr 2011, 16:53
Nathalie F
Hors ligne Hors ligne


Messages: 4




Journalisée
Page 88.
Nouvelle vie.


Aujourd'hui, 22 août, éloignée de toute civilisation véritable, je suis heureuse. Pourquoi se le cacher? C'est vrai que mes compagnons, eux, ne sont pas dans cet état jubilatoire...

Mon plan s'est passé comme prévu. Tony s'est évidement mêlé de ce qui ne le regardait pas. En tant que meilleure gardienne de l'île, il ne me faisait plus confiance. Après toutes ces années, il savait que les trois arrivants étaient dangereux, mais ne pensait pas que je me rallierais à eux. En fait, mon amour pour Lucas, que je sais impossible, n'était pas prévu.

Tony, j'en suis convaincue maintenant, ne pensait jamais qu'il partirait de l'île. Les voilà tous partis vers la mort. A cette heure, ils doivent déjà sentir les effets du stress, car Tony a dû leur annoncer la nouvelle. Il ne savait pas où partir mais est parti. En fait, je me demande finalement s'il n'avait pas encore une carte Joker dans sa manche... C'était quelqu'un de si étrange.

Nous sommes quatre, dans la nature salie de l'île. Je hume l'air lentement. Que c'est agréable, cette sensation de bien-être intense. Hélas, Lucas n'est pas du même moral. Il songe à la mort, je le lis bien sur son visage. Katia affiche également bien clairement sa tristesse de ne plus pouvoir retourner à la civilisation. Elle a parlé de SOS sur la plage mais l'île a été aménagée pour que l'on ne la retrouve pas. Cependant je ne lui ai pas dit ceci. Quant à Nickolas Skien, ce grand jeune homme, il essaie de garder la face, mais rien n'y fait, il est désespéré. D'après ce qu'il m'a dit, Tony le pensait trop dirigeant, trop convaincant. Un peu comme un résistant au tyran...

J'avais prévu un sac avec barres de céréales, lampes torches... Hélas, Tony me l'a enlevé avant de nous attacher, moi et Nickolas, au tronc de l'arbre. Ne me restent plus que mon carnet qui était dans ma poche, ainsi qu'une carte complète de l'île, et de mes crayons plumes de haute qualité.

Le premier de nos projets sera de se rendre à la Grotte, afin de trouver de bonnes choses pour notre survie. Après cela, nous déciderons de l'endroit où vivre, ensemble.

Il fait beau, aujourd'hui, comme presque tous les jours sur cette île. Une vie formidable s'annonce enfin!



Réponse #64 Mer 27 Avr 2011, 13:11
Isobel
Hors ligne Hors ligne


Messages: 3




Journalisée
Cent-deuxième Jour.



Elle se tenait au-dessus du jeune homme et lisait dans ses rêves. Son visage était tendu et ravagé par la douleur. Elle le voyait bien qu'il rêvait sans bruit.

Ses convictions n'étaient plus aussi sûres. Les humains n'étaient peut-être pas une mauvaise race. Ce qu'ils étaient devenus était mauvais, mais elle comprenait maintenant que certains avaient échappé au mauvais esprit contre lequel elle combattait.

Isobel était assise à côté de Lucas depuis quelques heures et toute son attention se dirigeait vers lui. Les autres ne l'intéressaient pas. Tout à coup, sans qu'elle sache pourquoi, elle passa sa main devant le visage de l'homme et lui brossa les cheveux avec ses doigts fins.



*** ***


Voyez-vous, disait-elle, je pense que cette catégorie ne peut pas être prise en compte! Nos étudiants ne désirent pas se diriger vers cette branche de la langue française, réputée trop introvertie! Non, je crois que ce n'est pas le meilleur moyen de parler de ce sujet-là. L'élégie leur fera le plus grand bien, sachez-le, monsieur Reeves!

La directrice se brouille, ses traits se défont. Le café où ils étaient se désintègre, les passants disparaissent...

Laissent place cette femme. Odeur corporelle comparable à la fleur de Lys.


Lucas, mais que fais-tu là?

Il la regarde, sans comprendre vraiment ce qu'elle dit. Il ouvre la bouche, essaie de parler, et la referme.

Que tu es peu malin... lui dit-elle sur un ton déçu. Tu restes planté là. Comme un... Oui, comme un condamné.

Ne répond rien, réfléchit.

Qu'elle avait raison!

Il était là, au milieu des nuages, sur une île, en pleine cité.
Et il ne bougeait toujours pas!

Soudain, par les forces de la nature, peut être, Lucas fit un pas. Puis un autre.
Que c'était difficile!

Elle, elle sautillait à côté de lui, libre de se mouvements.
Lui, il était comme limité, raclant le sol avec ses pieds.
Le temps passait, comme un sablier qui s'écoulait lentement, le temps que l'œuf à la coque soit cuit.




Emancipate yourself from the mental slavery
None but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy
Cause none of them can stop the time
Réponse #65 Sam 30 Avr 2011, 21:47
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Un nouvel espoir  -
24 août



Un autre jour, et le soleil se couche une fois encore. Depuis que l'île est devenue presque déserte, je me sens plutôt bien. Paradoxe, car Katia est fiévreuse depuis ce matin. Nous ne savons pas quoi faire. Nos moyens sont si peu nombreux...

La journée fut longue, je la passai seule jusqu'à ce que Nathalie vienne me parler. Je pensais beaucoup à certaines de ses paroles... Elle avait crié m'aimer, mais étant donné que ce n'était pas réciproque, je préférais ne pas lui en parler. Sa présence m'avait donc beaucoup gêné, d'autant plus que je ne peux détourner mes pensées de Marie.

Elle s'assit et se joignit à moi. Je ne faisais que feindre d'être accaparé dans la vision du flux et reflux des vagues. En vérité, mes yeux étaient en permanence tentés de la regarder. Je ne sais toujours pas pourquoi sa proximité m'obsédait.

Je tenus à engager une conversation.

- Alors, tu nous avais bien bernés quand tu as dit que tu étais naufragée!

Elle baissa la tête mais je vis un voile couvrir ses yeux.

- Oh, je ne t'en veux pas! me précipitai-je, en comprenant soudain qu'elle avait pu le regretter.

- J'étais sous les ordres de Tony, me dit-elle sur un ton acerbe mais aussi peiné. Nous ne voulions que votre bien et c'était le meilleur moyen aux yeux de Tony. S'il est vivant, ajouta-t-elle, il doit s'en mordre les doigts...

- Ce n'est pas grave, après tout...
lui dis-je.

Je n'en pensais pas un mot. Mon mensonge n'était pas très convaincant...

- Je m'excuse, dit-elle après un silence.

Je la rabrouai:

- La page est tournée! Tu n'y pouvais rien!

Son visage s'éclaira soudainement. Elle releva:

- Demain, nous partirons... déclara-t-elle. Histoire de voir si nous ne pouvons pas trouver des choses intéressantes à la grotte. Nous aurons donc de quoi nous faire un bon campement!

J'acquiesçai. Elle ajouta que Nickolas resterait avec Katia avec un petit rire.

Le vent se levait, agréablement chaud. Je la quittais pour aller me baigner. Quelques minutes plus tard, elle me rejoignait avec Nickolas. Nous nous retrouvions tous les trois à patauger dans les eaux turquoises, Katia nous faisant de faibles signes de la plage.

Nous étions libres de tout soucis.
Réponse #66 Mar 03 Mai 2011, 20:58
Mrpolins
Mister Archipel
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 6831


Antinoüs



Journalisée

Et cette nuit-là, il rêve. On entend par intermittences de petits sons s'échappant de sa bouche.

"Marcia, elle est mai..."

Il change de sens, remue un peu. Plaque ses mains au sol, caresse l'air de ses doigts...

Se réveille. Et comprend, avec cet air dans sa tête, tout ce qu'il n'avait pas décelé, du temps où il avait l'esprit embué.

Idiot! Ignare! Qu'il avait été futile. Cette île. Ce paysage. C'était la meilleure chose qui lui était arrivée! Loin... Loin de la bêtise humaine.

Se rendort.

On entend par intermittences de petits sons s'échappant de sa bouche.

"Marcia, elle est mai...gRrrhhh."




***  ***


Ils étaient prêts, la représentation était sur le point de débuter.

Angoisse. Rire. Chuchotis.

Ils regardèrent par le rideau, mais les premières notes de la musiques se firent entendre.

Alors, le couple s'engagea dans la rue.






***  ***


"C'est la mort qui t'a assasss..."


Réponse #67 Sam 17 Déc 2011, 19:22
Nathalie F
Hors ligne Hors ligne


Messages: 4




Journalisée
Page 89.
Retrouvaille au milieu des ruines.


En ce 26 août, nous parvenions aux ruines de la Grotte. Les environs ont été totalement détruits, et je dois avouer que cela me peine. Néanmoins, l'humeur de Lucas était déjà bonne, comme s'il avait deviné de quoi la journée se composerait.

En effet, quelques minutes après les débuts des investigations, une pauvre femme de l'âge de Lucas est venue jusqu'à nous, en courant. Elle pleurait de joie et l'appelait. Elle avait des cheveux longs attachés et était en parfaite santé, rayonnante, malgré quelques contusions sur une de ses jambes. Contusion que l'on voie à travers son jean déchiré.

- Lucas, Lucas! hurlait-elle.

Je compris quand il releva la tête, à la joyeuse lueur de ses yeux, que cette femme n'était autre que Marie Dupont. Me voilà seule entre deux amants pleurant de joie. Finalement, je vais aller chercher des morceaux de tôle, je crois qu'ils ont besoin d'un peu d'intimité.

Lucas a enfin trouvé son bonheur sur l'île, lui qui espérait tant la revoir!
Réponse #68 Sam 03 Mar 2012, 17:12
Mrpolins
Mister Archipel
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 6831


Antinoüs



Journalisée

Cent-septième Jour.
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?



Elle était là, reposant dans mes bras, vêtue de haillons. Plus que jamais, on aurait pu la croire sauvage. Le monde sembla soudain nous appartenir.

Je me demandais: existait-il une entité quelconque qui pourrait nous arrêter de vivre séparés, qui serait capable de mettre un terme à notre vie?

Lucas n'était plus, et Marie non plus d'ailleurs. Je me rappelais des premiers moments passés à deux. Nous n'étions pas si insouciants que l'on pourrait le penser. Et à ce moment très précis, nous nous retrouvions sur une île désertée et ravagée. N'est-ce pas incongru?

- Rentrons à mon camp, après deux heures passées à chacun raconter notre histoire.

Nathalie, à côté, parlait peu, comme gardant un silence respectueux. Je la présentai à Marie.

La vie serait belle. Telles étaient mes pensées qui, finalement, se révéleraient fausses.

Lorsqu'ils arrivèrent au camp le lendemain, Nickolas vint à eux, catastrophé, et leur annonça que Katia était introuvable depuis la veille au soir.

L'après-midi, alors que Nickolas et moi la cherchions, Marie et Nathalie restèrent au camp. D'après ce que Marie me dit avant que nous nous couchions, écartés du campement, Nathalie avait durant toute  l'après-midi fixé la ligne de l'horizon: l'océan.
Réponse #69 Sam 10 Mar 2012, 16:10
Lucas Reeves
Hors ligne Hors ligne

Sexe: Homme

Messages: 19


Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine...



Journalisée
- Cinquante-deux jours plus tard... -
15 octobre



Oh! Je viens de remettre la main sur ce journal! Je suppose que j'avais dû le perdre, en farfouillant dans la jungle... Il m'a manqué, je suis bien content d'avoir remis la main dessus. Et en plus, il est en bon état, ce qui est surprenant, vu qu'il était accroché à un arbre...

Marie et moi, nous avons passé du temps à le lire, peut-être toute une journée... Nous nous sommes mis à l'ombre d'un palmier, et là, nous avons lu ensemble le contenu de ce que j'avais écrit. Nous nous arrêtions souvent pour commenter les articles, des fois pour rire, des fois pour mieux se rendre compte de ce qui avait pu se passer, à l'époque...

C'était comme hier, et aujourd'hui, j'ai envie de reprendre ma plume (ou plutôt mon vieux stylo usagé). La grande nouvelle depuis la dernière fois, c'est que j'ai retrouvé Marie peu de temps après l'explosion de la grotte... Elle était là, dans les débris, quand je l'ai vue. Moi qui désespérais, je crois que j'ai eu la chance de ma vie de la retrouver!

Elle s'était échouée sur une autre partie de la côte que celle où j'avais été laissé par l'océan, lors du crash qui avait détruit ma vie. Nous sommes donc rentrés quelques temps plus tard à l'endroit qui serait notre camp. Mais cette bonne nouvelle fut atténuée par une autre mauvaise: au campement, il ne restait plus que Nickolas, car Katia avait subitement disparu. Nous avons retrouvé Nickolas à pleurer en plein milieu du camp.

Nous avons ensemble cherché Katia pendant de nombreuses journées. Hélas, impossible de savoir où elle se trouve aujourd'hui. Elle-elle seulement vivante?...

Nous n'étions plus que quatre personnes vivantes sur l'île; c'est de moins ce que l'on estime, car peut-être y-a-t-il quelqu'un qui erre comme Marie l'avait fait, avant qu'elle nous ait retrouvé.

Nous avons vécu quelques temps sans rien faire de spécial, mais rapidement, nous avons réalisé que nous passerions le reste de notre vie sur l'île, comme l'île semblait ne jamais devoir être visitée... Nous nous sommes donc organisés, sous forme de semaines.

Le lundi et le mardi, nous travaillons sur le campement, pour faire en quelque sorte des habitations du mieux que l'on peut. Le mercredi est consacré à la recherche de nourriture, d'endroits dans lesquels nous pourrions trouver des choses pratiques à la survie. Le jeudi, le vendredi, ainsi que le samedi, une grosse tâche nous attend: nous avons décidé de rassembler la plupart des débris de l'île dans des endroits stratégiques de l'île, pour pouvoir les réutiliser. Enfin, le dimanche est le jour de repos, après une semaine tout de même bien chargée! Aujourd'hui encore, nous conservons cette allure, car il y a beaucoup à faire...

La tâche la plus dure est de déblayer l'île... Nous avons besoin de lourds systèmes pour transporter de gros débris et nous avons constaté que l'île est complètement dévastée... Dans certains endroits, la nature est encore noire et la flore commence tout juste à repousser, du fait des incendies. Néanmoins, nous avons réussi à trouver une carte des lieux, qui nous est très pratique. En effet, les anciens habitants de l'île avaient pris de grandes précautions pour ne jamais manquer de ressources: nous avons vite découvert d'immenses trappes qui contenaient des boites de conserve remplies de nourriture et des jarres de boissons; de quoi passer une vie sans manquer de nourriture sur l'île, ce qui nous vie bien plus facile.

Maintenant que l'été pointe son nez et que les températures augmentent, nous avons passé plus de cinq mois sur cette île, et elle est désormais un véritable pan de notre vie. Nous avons maintenant écrit un S.O.S. sur la plage, et même s'il est fort probable que cela ne soit pas concluant, nous espérons toujours qu'un jour nous puissions revenir à la civilisation. Si ce jour arrive enfin, je pense que je ne ferais que de me prélasser dans mon lit, que de lire et d'aller au cinéma. Je pense que j'aurais une grosse somme d'argent, au vu de tout ce que j'ai vécu. Je me pose aussi une question: si l'on s'échappe un jour de l'île, raconterais-je tous les épisodes de ce qui est arrivé dans la grotte? Je ne sais pas, je me sens toujours un peu coupable de toute cette histoire...

Cependant, j'ai bien réfléchi et je crois bien que dans quelques ans, je me sentirai pour ainsi dire chez moi. Peut-être est-ce le fin mot de mon histoire.
Pages: 1 [2]   Haut de page
Imprimer
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP SMF 2.0 | SMF © 2011, Simple Machines XHTML 1.0 valide ! CSS valide !