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Auteur Discussion: [Journal] Pour un Sandwich Daunat...  (Lu 3900 fois)
Mar 26 Août 2008, 16:19
Lady-Jade
Inahoderi
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Prologue

   Les rayons dorés du soleil viennent frapper mon dos dénudé et glissent le long de mes jambes. Mon corps est désormais zébré par le soleil qui filtre à travers les stores vénitiens. Je me réveille en sursaut, cherchant à agripper le réveil, beaucoup trop loin sur la table de nuit. Mes yeux s'ouvrent, comme traversés par un éclair de lucidité.

Bon sang, il est quelle heure? Ils tombent enfin sur les chiffres lumineux... 11:07 L'information se bouscule dans mon esprits encore comateux. Puis le brouillard se lève, me laissant paralyser par la peur. Un seul mot parvient à sortir de ma bouche. Bordel! BORDEL!

Et tout s'accélère. Ma mécanique se met en marche. Je saute du lit, attrape les fringues qui me tombent sous la main, entre dans la salle de bain en quatrième vitesse. J'en ressort quelques instants après, une brosse à dent dans la bouche, attachant mes cheveux dans un espèce de chignon sauvage. Tout était si bien calculé. Si seulement mon réveil avait fonctionné. Maintenant, je suis à la bourre. Le taxi arrive dans deux minutes et l'avion décolle dans deux heures. A part ça, tout baigne!

Une sonnette retentit. Le taxi est déjà là. Je jure, pire qu'un camionneur, les insultes fusent, contre le réveil, contre le taxi et contre moi-même. Tu avais vraiment besoin de faire la fête jusqu'à pas d'heure! Je commence à m'affoler ; j'arrache le billet d'avion du frigo ; je fourre dans mon sac à main tout ce qui me tombe sous la main, portable, magazines, i-pod... ; j'attrape une belle pomme rouge au passage tout en poussant une énorme valise. C'est dans ces moments là que je me déteste. J'en oublie presque que je suis encore pied nu.

Finalement, après avoir dis adieu à mon petit studio en tournant la clé dans la serrure, j'arrive enfin devant le taxi. Je m'installe dans la voiture et sort ma pomme pour soulager les plaintes de mon ventre.
- Il est interdit de manger dans ce taxi Mam'zelle.
-Alors, j'espère qu'on a le droit de se maquiller.
Sur ce, je range la pomme à contre-coeur ou plutôt à contre-faim et sort fièrement un tube de mascara. Encore une journée pourrie qui commence...
« Dernière édition: Ven 16 Déc 2011, 01:07 par Lady-Jade »
Réponse #1 Mer 27 Août 2008, 21:42
Lady-Jade
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Talon rouge

   Je suis plutôt une fille prototype. Une fille qui porte des chaussures à talon Manolo Blahnik et qui regarde Sex & The City. La fille qui achète le magazine Cosmo et qui a un budget spécial pour les fringues. Celle qui paye une carte d'adhérente au club de gym où elle ne va pas jamais. Une fille prototype, c'est aussi une fille avec pleins de défauts. La liste est souvent longue, remplie de minuscules défauts, plus ou moins importants, des défauts que l'on ne soupçonne pas en me regardant. Je suis une fille qui ne cuisine pas, qui ne fait pas le ménage, qui ne connaît pas le mot "ranger" ce qui a pour conséquence, un appartement totalement bordélique. Je suis le genre de fille qui vide un pot de glace Ben & Jerry's devant une série américaine à l'eau de rose pour noyer son chagrin d'amour. Et je suis aussi de celles qui draguent les beaux mecs dans les avions.

Depuis le début du vol, je dévore du coin de l'œil mon voisin. La trentaine, blond, beau garçon, pas d'alliance, bien fringué. Le prototype même de l'homme idéal. Je fixe ses doigts qui pianotent sur le clavier d'un ordinateur portable. Mon esprit se perd dans mes pensées. Je me demande quelque métier il fait, quelle place il occupe dans son entreprise. C'est toujours bien de savoir à quel morceau on s'attaque. Mon regard remonte discrètement vers son visage. J'essaye de trouver quelque chose à dire. Une parole intelligente, inhabituelle, une phrase qui me correspond. Alors je cherche, le regard perdu dans ses cheveux avec l'envie folle d'y passer la main. Mais je ne bouge pas, telle une statue.

Bien sûr, pour une personne normale, je regarde simplement par le hublot. Et je laisse aller mes pensées sur la mer de nuages qui s'offre à mon regard. Mes yeux se sont perdus dans le bleu du ciel infini, et ce spectacle m'émoustille tellement que je ne bouge plus. C'est ce que font les personnes normales lorsqu'elles tournent la tête du côté du hublot. En fait, ce type de personnes aurait sûrement remarqué que l'avion entamait une descente imprévu et que le ciel bleu se transformait en une mer de nuages menaçants.
- Vous avez une belle vue?
Il s'était retourné, sa voie chaude et grave me tirant de mon rêve éveillé. Il me sourit, un sourire ironique qui veut tout dire.
- Euh ... Oui. J'adore regarder les nuages!
Une phrase qui me correspond, tu parles! Mon sourire se fige et la honte m'envahit. Vite, un miracle pour me sortir de là!

Des turbulences. Ouf! L'avion vibre, des secousses irrégulières se font sentir. Les lumières s'éteignent pourtant la cabine est éclairée d'une lumière blanche. Un orage. Je savais que Dieu et moi on était pote mais je n'en demandais pas autant! Les nuages défilent de plus en plus vite, les gens commencent à crier. Un père de famille essaye de rassurer sa petite fille.
- Faut pas avoir peur, tu sais, c'est comme dans un manège. Tu te souviens, l'éléph...
- Mais papa, on est dans un avion!
Je ris intérieurement parce que extérieurement, c'est pas la joie! L'annonce fatidique retentit dans les hauts parleurs. Les hôtesses de l'air s'attachent, la mine grave. Mon corps est soudainement attiré vers l'avant. Je tente de me raccrocher à ce que je peux, le siège, l'accoudoir, la main sur cette accoudoir. Oups! La main, c'est...
- Ne vous en faites pas! Tout ira bien!
Il me sourit. Un sourire qui me rassure. Je ne peux pas détourner les yeux de sa bouche et ses paroles raisonnent dans mon esprit.
- Je... Je m'appelle Gia.
- Vous... me draguez?
- Avant de mourir, oui.
- Enchanté, moi c'est Luke.
Je sers un peu plus fort cette main. Mon coeur bat à 100 à l'heure. L'avion continue sa chute. Un masque à oxygène tombe devant moi. Un dernier regard par le hublot. De nombreuses gouttelettes s'agglutinent sur la vitre. Impossible de voir ne serait-ce qu'un petit bout d'aile.

Au fait, je suis aussi le genre de fille qui mange des sandwichs Daunat entre midi et deux.
« Dernière édition: Ven 16 Déc 2011, 01:14 par Lady-Jade »
Réponse #2 Ven 29 Août 2008, 23:04
Lady-Jade
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Retour vers le passé (1)

Comme à mon habitude, j'arrive en retard au rendez-vous. Pourtant cette fois-ci je m'étais promis d'être à l'heure. C'est la faute à pas de chance! Vittoria est déjà là. Bien sûr! Elle est assise à la terrasse du café, vêtue d'une petite robe blanche en mousseline, parfaitement pliée sur ses longues jambes dorées. Elle regarde sa montre tout en remuant négligemment son thé.

- Tiens, c'est une nouvelle robe que tu portes! Elle est ma-gni-fi-que! Tu l'as acheté où?
Je connais bien Vittoria, elle est comme moi. Elle adore la mode. Elle pourrait en parler pendant des heures sans jamais se répéter ; d'ailleurs c'est son métier. Vittoria est rédactrice dans un grand magazine de mode. C'est comme ça que je l'ai connu. Mais pour le moment, mon stratagème pour lui faire oublier mes vingts petites minutes de retard a lamentablement échoué.
- Tu crois que je vais passer en silence ton retard! Nan, mais t'as vu l'heure! Une demi-heure à poireauter et à se faire draguer par un serveur minable. Sans oublier ton coup de téléphone! C'est quoi le problème à la fin?
Elle me répond avec son accent italien qui en fait craquer plus d'un, et bien sûr, avec la gestuelle, comme toute bonne italienne qui se respecte. Puis elle soupire, et voyant que je ne réagis pas, s'arrête. Oh! Bien sûr je pourrais lui raconter comment je fus retenue de force à mon travail, qu'un accident tragique de la circulation obligea le chauffeur du bus à s'arrêter ... vingts minutes, ou simplement qu'après un an et demis à vivre à Paris, je me perd toujours dans le dédale du métro. Mais je la connais si bien et tout cela est inutile.

Alors, je pose mon sac sur la petit table du café, en sort une pomme et je m'assoie à côté d'elle.
- Jamais sans sa pomme...
Vittoria me sourie. Elle n'est vraiment pas rancunière. A mon tour je sourie. Jamais sans sa pomme! C'est un surnom bête que l'on m'a donné lors d'une fête entre collègues. Finalement ce surnom est resté, parce qu'il me correspond. Elle me regarde tortiller la queue de la pomme jusqu'à que celle-ci cède.
- Quelle lettre?
- Quoi?
- Tu es tombé sur quelle lettre?
C'est un jeu stupide, un jeu de gamines qui ne connaissent rien à l'amour. Tourner et retourner la pomme en récitant l'alphabet, puis s'arrêter lorsque la queue se détache. Et paf! On connaît le début du prénom de notre futur grand amour. Un jeu de hasard, voilà tout. Pour moi, c'est devenu un tic, une habitude.
- L
Je me met à rire, un rire de petite fille qui se propage dans l'air encore chaud de cette après-midi de Septembre.

- Allez, raconte-moi tout! C'est quoi ce "truc de dingue" qui m'a amené ici?
Enfin, le plus intéressant! J'attendais cette question depuis un moment, et j'avais du mal à contenir mon impatience. Je me lance, toute excitée, le sourire jusqu'aux oreilles.
- Je pars ... en voyage ... en Nouvelle Calédonie.
Vittoria me regarde, mi-figue, mi-raisin, se demandant si c'est une blague de ma part ou si c'est vraiment ce "truc de dingue". Il y a un court silence puis c'est une bombe parlante qui me tombe dessus.
- Quoi? Mais... C'est quoi cette histoire? Comment ça se fait que tu partes... Pourquoi? Pourquoi la Nouvelle Calédonie? C'est où ça déjà? Et puis quand... et comment? Aller explique-moi!!
- OK, OK! Je t'explique!
Cela aurait pu paraître banal si ce n'était pas devenu exceptionnel. Ce jour-là, je m'étais achetée un sandwich Daunat. Rien de spécial là-dedans. Mais sur l'emballage, il y avait une petite étiquette en forme de fleur, une publicité pour un concours  "Gagnez un voyage exceptionnel dans le Pacifique Sud! Et plein d'autres cadeaux" I-pod, ordinateur portable... Bien sûr il faut replacer cette information dans son contexte. J'étais à mon travail, dans des bureaux vides parce que tout le monde est parti en vacances sauf MOI. Bon ok, j'exagère (un petit peu). Et y'avait cette étiquette qui me tendait les bras en me disant "ça fait rêver". Alors j'ai participé au concours et je l'avais presque oublier jusqu'à ce que je reçoive un e-mail me disant "Félicitation, vous venez de gagner à notre grand concours de l'été [...] Vous serez loger dans un hôtel 4 étoiles, sur une des îles de Nouvelle Calédonie [...] Votre voyage en ce lieu paradisiaque se fera du 13 décembre au 3 janvier."

C'est complètement dingue!
« Dernière édition: Ven 16 Déc 2011, 01:18 par Lady-Jade »
Réponse #3 Sam 06 Sep 2008, 20:52
Lady-Jade
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Doux réveil douloureux

  Une senteur de bois mouillé additionnée à l’air marin emplit l’air ambiant. Une brise légère vient joué avec le tissu de ma tunique, ramenant avec elle l’odeur âcre du kérosène en flamme. C’est cela qui m’éveille. Mon esprit encore flou, repasse en boucle les dernières heures. Je sens encore les battements désordonnés de mon cœur. Un horrible mal de tête arrive ainsi qu’une douleur à l’épaule gauche. Ma mœlle épinière s’est remise en marche !

J’ouvre les yeux sur un ciel encore noir. Heureusement l’orage s’est éloigné. Je relève mon buste, sur un bras seulement, l’autre ne répondant pas à mes ordres. Le ciel devient une étendue d’eau qui s’échoue à mes pieds. Les vagues viennent léchées le sable blanc dans lequel mon coude s’enfonce. C’est une vision paradisiaque. Mon regard longe la plage et tombe sur une fumée noire qui s’élève de la carcasse d’un avion. De mon avion ! En fait, ce n’est pas vraiment un avion, plutôt des morceaux de tôles entassés les uns sur les autres.

Je détourne mon regard de ce spectacle tragique et me recouche dans le sable détrempé. Une foule de question m’assaille. Mais pour le moment, mon cerveau n’imprime pas mes idées. Je ferme alors les yeux, espérant reposer mon esprit chauffé à blanc et oublier ma situation de survivante. Car oui, pour l’instant, je suis une simple survivante.
« Dernière édition: Ven 16 Déc 2011, 01:21 par Lady-Jade »
Réponse #4 Jeu 15 Déc 2011, 17:07
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Songe d'une nuit d'été

Et là, devant moi, au milieu du désert, apparaît un éléphant, paré de voiles aux couleurs chatoyantes. Une silhouette se dessine sur son dos. Le bruit d'un grelot résonne au rythme du pas du pachyderme, lourd et pourtant silencieux, chaque empreinte étant étouffée par le sable, happée par le vent.

Gling .      Gling.       Gling.

D'où vient-il? Peu importe.

   Vous montez?

Un jeune homme brun, plutôt svelte mais athlétique, me tend la main. Il me fixe de ses yeux bleus, magnifiques mais glaciaux. Il insiste.

   Je vous assure que c'est bien mieux d'avoir un guide, ici.

Au loin, le soleil décline, le ciel s'imbibe d'une encre sombre. Ma plus grande crainte? Que le bus ne vienne jamais. Je consulte le petit panneau défilant, le prochain bus est dans 12 ans. Je fais un rapide calcul dans ma tête, et me dis que finalement, il serait plus sage d'attendre le bus. Je regarde à nouveau le panonceau, espérant que déjà quelques années aient filées, le temps de ma réflexion.
Les lettres rouge lumineuses défilent toujours, mais je suis incapable de les déchiffrer.

* Le Pacific express, en partance d'ici et à destination de nulle part, va démarrer. Veuillez vous éloigner de la bordure du quai. Le Pacific express, … *

Je tend subitement au jeune homme une petite valise de cuir monogrammée, et monte sur le dos de l'éléphant, comme si j'avais fais ca toute ma vie, courte fut-elle, avec autant de grâce et de glamour que l'aurait fait Audrey Hepburn ou Marilyn Monroe.  Je m'accroche à la taille du jeune homme, cela me permet de me maintenir.

Je... On ne se serait pas déjà vu quelque part? J'ai l'impression de vous connaître.

   C'est possible, vous savez, quelque fois, je suis affecté à cette navette.

Sa voix ainsi que le bercement de l'éléphant m'emplissent complétement le crâne. Mes yeux se ferment, de toute façon, tout n'est que noirceur à perte de vue.

   Vous savez vous ne devriez pas vous endormir, c'est dangereux ici.
   Heureusement, j'ai veillé sur vous.


La voix me tire doucement de la torpeur dans laquelle j'étais plongée. Je suis dans les bras du conducteur d'éléphant, la chaleur de son corps transperce ma chemisette, et me réchauffe dans l'aube naissante.  À moins que cette lueur qui nous parvient ne soit celle de néon. Orange, Bleu, Vert. Plus les pas de l'éléphant nous rapproche, plus j'arrive à distinguer des pulsations de lumières. Une sorte de globe géant, fait de néon, s'illumine selon un rythme irrégulier, comme les battements d'un cœur après une course effrénée.

Dans la nuit, tous cela me paraît beau. Tout est lumière. Tout est vivant.

   Promet moi de ne jamais perdre espoir.

Je me retourne, et contemple les paroles de cet inconnu suspendues dans les airs dans un nuage de buée. La plaine désertique, nous enveloppe de sa blancheur glaciale. Il poinçonne un ticket de métro qu'il glisse dans une poche de ma chemisette, contre ma poitrine.

Un coup de vent vient balayer la plaine, et dissout dans un tourbillon de poussière mon inconnu et son éléphant.

Glong.
« Dernière édition: Ven 16 Déc 2011, 01:26 par Lady-Jade »
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