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Auteur Discussion: [Journal] Diantre, que d'eau!  (Lu 3514 fois)
Lun 22 Déc 2008, 00:00
Gaelfe
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DIANTRE, QUE D'EAU!




1ère bouteille à la mer


Mes chers amis, mes chers amours et vous aussi chers anonymes,
Vous tous qui dardez sur moi vos regards éperdus et admiratifs guettant, fébriles, chacun de mes mots, le moindre de mes gestes, toute cette subtile lumière qui s’exhale de mon être sublime et suffit à combler de bonheur le vide de vos misérables existences, n’ayez crainte.
Vous avez sûrement appris l’horrible nouvelle. Au jour d’aujourd’hui, l’alerte maximale a dû être décrété dans plusieurs pays et j’imagine sans peine qu’une partie considérable des habitants de la planète a cessé toute activité pour attendre avec anxiété que je donne un signe de vie.
Alors, afin d’éviter que n’éclatent partout dans le monde des mouvements de panique, pour apaiser les flots de larmes et les hurlements de douleur que n’a pas manqué de susciter l’annonce tragique de ma disparition, je me décide à vous envoyer ce modeste message. Et puis, je me dois d’être honnête avec vous, je suis un peu surprise de ne pas entendre le vrombissement des hélicoptères, de ne pas avoir encore aperçu un seul navire malgré le dispositif d’urgence titanesque qui a été sans nul doute mis en place. L’affolement vous aveugle certainement et trouble vos décisions mais mes amis, reprenez- vous !  

Mais trêve de bavardages, je livre enfin à l’humanité cette merveilleuse offrande qu’elle attend : le récit de mon incroyable épopée.

 
« Dernière édition: Mer 29 Juin 2011, 10:01 par Lline »
Réponse #1 Lun 22 Déc 2008, 00:23
Gaelfe
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JEUDI 18 DECEMBRE 2008,

Comme chaque fois pour les fêtes de noël, je m’apprêtai à offrir à une famille de malheureux un moment inoubliable. On m’a souvent répété : « Ma chère, votre abnégation vous perdra. » Ah, comme aujourd’hui, cette phrase sonne juste… Mais je ne regrette rien, le don de soi est une des valeurs qui compte le plus pour moi, vous le savez bien, ô charmants admirateurs qui me connaissez par coeur.
C’est pourquoi, cédant à mon esprit altruiste, je m’étais saisi du téléphone:

  « Allo, Sir Fudge, réjouissez-vous, je viens passer les fêtes avec vous cette année !

-   But, my dear, I don’t...j’avais prévu autre...


 Le pauvre bredouillait sous le coup de l’émotion.

-   Tatata, ne me remerciez pas. Faîtes donc préparer l’un de vos jets privés, je pars le 18. »

Sur ce, je raccrochai pour ne pas laisser ce cher homme perdre sa dignité en  sanglotant de joie. Cette année encore, j’allai devoir faire une croix sur le réveillon auprès de la cheminée et me contenter d’un séjour sur une île des Caraïbes, sous un soleil de plomb en grignotant du bout des lèvres quelques langoustes grillées.

Le 18 arriva enfin. J’étais extrêmement déçue. Il n’y avait qu’un pilote et son copilote, aucun stewart, aucune hôtesse de l’air ! J’avais tenté de joindre Sir Fudge pour le prévenir de ce problème mais il ne répondait pas. Je finis par consentir à embarquer après m’être assurée que je bénéficierais du minimum de confort vital pour un vol de cette durée.



  -« Madame, me dit le pilote, je dois rester aux commandes mais Albert, mon copilote se fera un plaisir d’accéder à toutes vos demandes.
-Rhhooo, tu faich Jipé, c’est pas mon boulot,
répliqua le dénommé Albert . »

Je compris immédiatement que le copilote avait succombé à mes charmes mais que la décence le forçait à cacher cet état de fait à son collègue. Les hommes sont si  pudiques !La timidité du copilote était telle qu’il ne répondait à mes questions que par d’obscurs grognements. Alors, après avoir siroté quelques coupes de champagne, je sombrai dans une douce torpeur.
Je fis alors un rêve merveilleux : j’étais face à un miroir et j’admirais mes traits fins et délicats, mon teint d’albâtre, mes seins ronds et fermes, mes gestes gracieux. Derrière moi, Albert me contemplait. Je lui souris. Il s’approcha doucement vers moi. Je tournai mon visage vers le sien. Il rougit. Le bleu de ses yeux brillait sous l’éclat ardent du désir. Délicatement, il saisit mon menton dans sa main. Il se pencha vers moi, balayant mes cils d’un souffle chaud et parfumé. Plongeant son regard langoureux dans le mien, il prit une courte inspiration…et il m’envoya un violent coup de tête dans le nez ! J’ouvris les yeux. Mon visage était écrasé contre le hublot. De terribles secousses ébranlaient l’avion.


« -Nous traversons une zone de turbulences ! Attachez-vous ! cria le pilote.
-Aaaahhhh, mon nez !!!!!!!
-Pas de panique, nous avons le contrôle !!! »
 


Terrifiée, je tirai frénétiquement sur la ceinture.

-   Ma ceinture est coincée ! Je ne peux….
 


J’agrippai les accoudoirs. Des objets traversèrent l’appareil, un bruit fracassant se fit entendre. 

  -AAAaaaaaaaaaaaaaahhhhhh !!!!!!  

Secouée en tous sens, je finis par lâcher prise, mon corps bascula en avant, ma fin était proche…

-   Madame ? 

J’ouvris les yeux. Le copilote était penché sur moi.

-Tout va bien, Madame ?
- Je…nous… 


Je passai la main sur mon nez. Il était intact. Je tournais la tête. Rien ne semblait avoir bouger autour de moi depuis le début du voyage. Comprenant ce qui s’était passé, je me mis à rire.

-Ce n’est rien Albert, ce n’était qu’un horrible cauchemar.
-Tant mieux Madame parce que 
-COUCOU COUCOU CRÔA BZZZZ CUICUI HOUHOU 


J’ouvris les yeux. J'étais toujours assise sur mon siège. Ce qui était quelque peu curieux, c'était l'absence manifeste d'avion, autour de ce siège. En lieu et place de l'appareil, il n'y avait qu'un amas dégoûtant de tôles et de pièces métalliques. Une odeur âcre flottait dans l'air.
-COUCOU COUCOU CRÔA BZZZZ CUICUI HOUHOU 
Des bruits étranges sortaient d'une forêt qu'il me semblait apercevoir au loin. J'étirai mes pauvres jambes. Et là, je m'aperçus que mon verre de champagne s'était renversé sur ma jupe en soie sauvage, dessinant une grosse auréole disgracieuse.
S'en était trop, je décidai de m'évanouir.
« Dernière édition: Jeu 22 Oct 2009, 16:59 par gaelfe »
Réponse #2 Jeu 22 Oct 2009, 16:58
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DANS LA NUIT DU JEUDI AU VENDREDI

Une brise glaciale finit par me faire sortir de ma torpeur. Je soulevai à nouveau les paupières. La nuit  avait drapé les alentours de son manteau de velours noir. Seul un pâle rayon de lune transperçait l’obscurité, jouant un étrange ballet avec les ombres menaçantes qui m’entouraient.

Mais qu’est-ce que… Brusquement, tout me revint en mémoire : l’avion, les secousses… Et, avec cette vivacité d’esprit qui me caractérise, je compris tout : un crash ! Le sort avait voulu que JE sois victime d’un crash ! MOI… ! Un crash ! Bouleversant, non ?
Pauvre Sir Fudge, songeai-je alors, comment va-t-il surmonter les affres de l’angoisse qui ne manqueront pas de l’assaillir lorsqu’il ne me verra pas sortir avec grâce de l’avion pour fouler de mon pas léger le tarmac ? Mais…. Le pilote ! Et le beau copilote !

-Messieurs ? Où êtes-vous jeunes gens ? Pourriez-vous m’aider je vous prie ? Ouhouh ! Y ‘A QUELQU’UN ??!!!!!    

Rien. Aucune réponse à mes appels anxieux. Et s’ils étaient morts ?
A ce moment du récit, mes tendres amis, il faut que je vous fasse un aveu. Parmi les innombrables qualités qui font de moi cet être unique qui hante vos songes, le calme et la douceur sont, je pense,  celles qui me définissent le mieux. Pourtant à l’idée que mes compagnons de voyage aient pu mourir lors de cet affreux accident…. Je craquai. Une rage folle s’empara de moi. Comment ces deux bons à rien avaient pu avoir l’outrecuidance de décéder, me laissant seule et sans défense, en un lieu hostile et terrifiant ? Vous rendez-vous compte ? Ah ce n’est pas vous mes fidèles admirateurs qui auraient commis une telle offense aux règles élémentaires de bienséance !!!
Furieuse, je détachai la ceinture de sécurité et m’extirpai tant bien que mal de mon siège. Puis, mue par une sourde colère, j’enjambai les morceaux de fer et d’acier, franchis les débris encore fumant de l’appareil  et marchai, marchai, marchai sans réfléchir laissant dans chacun de mes pas un peu de ce courroux qui embrasait mon âme. Finalement, épuisée, à bout de nerfs, je me laissai glisser sur le sol et recroquevillée sur moi-même, je finis par m’endormir.
« Dernière édition: Ven 09 Avr 2010, 05:07 par gaelfe »
Réponse #3 Ven 09 Avr 2010, 07:13
Gaelfe
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2ème bouteille à la mer



Que se passe-t’il ? Où sont les marins intrépides et les preux sauveteurs ? Le temps passe et je m’inquiète de ne pas voir surgir des flots le héros valeureux qui, bravant tous les périls, m’emportera loin de cette île sinistre dont je suis l’infortunée prisonnière.
Cette interminable attente plonge mon cœur dans le plus affreux des tourments. Je tremble à l’idée que  votre dévotion à mon égard ne s’estompe au fur et à mesure que s’égrainent les heures. Se pourrait-il que vous m’ayez oubliée ?
Oh, voyez comme la faim et la soif me troublent et me poussent à écrire des absurdités ! M’oublier !
Je vous en conjure, hâtez-vous mes braves! Venez à mon secours avant que ma raison ne s’égare davantage.
« Dernière édition: Ven 09 Avr 2010, 07:17 par gaelfe »
Réponse #4 Mar 13 Juil 2010, 02:26
Gaelfe
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VENDREDI 19 DECEMBRE 2008

Le jour se leva et moi aussi. M’étirant avec grâce, je balayai du regard le lieu où je me trouvais. C’était une petite plage que bordait une forêt luxuriante. Des  vagues couronnées d’écume venaient caresser le rivage. Dans les lueurs de l’aube, le sable se parait de mille reflets argentés.

J’ôtai mes chaussures et fis quelques pas. Un courant d’air effleura mon visage laissant dans son sillage un parfum frais et iodé. Dans le ciel, un oiseau au plumage d’un blanc virginal exécutait un élégant ballet.
J’atteignis bientôt un gros morceau de roche dont la mer avait poli les contours. Ses courbes douces semblaient m’inviter à me blottir contre lui. Je m’installais donc sur ce siège majestueux et fixais l’immensité océane qui s’étalait devant moi. Je restais longtemps assise là, bercée par la musique lancinante du ressac, noyant mon regard dans les flots azurés.

Le soleil avait atteint le zénith et l’eau frôlait déjà la base du rocher. Gagnée par la mélancolie, je songeai que, bientôt, la Camarde surgirait de l’onde et m’étreindrait dans ses bras décharnés pour m’emporter au large. Alors, telle la pâle Ophélia, je dériverais sans fin dans mon linceul aquatique. 
Un jour peut-être, un beau pécheur au torse musculeux se penchant  par-dessus le bastingage, finirait par m’apercevoir,  sirène sans vie prise dans ses filets.  Il contemplerait un instant ma longue chevelure mêlée d’algues émeraude,  ondoyant dans le courant marin, mes lèvres bleuies par le froid,  mes paupières closes pour l’éternité. Puis, lentement, avec des gestes sûrs et délicats, il sortirait des eaux mon corps inerte et nu. Et là, tenant enfin contre lui celle qui fut autrefois l’objet de tous ses désirs, celle dont il avait si souvent admiré le visage dans les pages des magazines, celle dont il avait rêvé nuit après nuit, le pauvre homme ne pourrait plus se retenir. Cédant à ses instincts les plus primaires, il commettrait l’irréparable… Le Sacrilège Ultime…  il rendrait par-dessus bord tripes et boyaux. Et laisserait choir sur le pont ma dépouille verdâtre, rongée par le sel et les poissons, cet abominable tas de chairs putréfiées et nauséabondes.

C’est à ce moment précis que, venant interrompre le flux de mes pensées, mon estomac fut pris de spasmes douloureux. J’avais faim, nom d’un chien ! C’est que l’air de la mer, ça creuse cher lecteur !
Me levant d’un bond, je m’engouffrai donc dans la forêt.

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