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Auteur Discussion: [Journal] Encore ...  (Lu 3054 fois)
Lun 23 Mar 2009, 18:17
Etoiledeneig
Phi-Karaho
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Encore…


Ce mot intervient assez souvent quand on parle de ma famille. Mon père a encore fait du bon travail, ce qui lui vaut d’être encore nommé dans un autre pays. Il nous a encore appris la nouvelle à la fin de l’année scolaire, et nous ne pourrons encore pas dire adieu aux quelques amis que nous avons pu nous faire. Je pourrais continuer ainsi pendant un certain temps, comme nous avons encore dû faire nos valises, abandonner notre maison, pour finir encore dans un avion vers une autre contrée. Lassant au bout d’un certain temps, non ?


Bien sûr, vous me direz quelle chance incroyable nous avons de découvrir le monde, la culture, les paysages, blabla …  Et sans devoir tout organiser en plus, et je me plains ?

«- Ouh la la, elle ne fait que se plaindre cette fille, si elle veut que je continue à lire son bout de papier, vous falloir m’impressionner là.  »   
   
Pourtant cette fois-ci, quand il nous l’a annoncé au restaurant ce soir-là, je ne pouvais pas vraiment être triste : nous allions rentrer en Belgique !! Nous osions à peine y croire. Pour moi, bien sûr, c’était plutôt une bonne nouvelle parce que je ne m’étais pas vraiment fait des amis à Norfolk. Alors être séparé d’eux carrément par un continent … Le rêve. 

C’est donc un 1er juillet, après avoir bouclé nos valises, que nous sommes entrés dans la voiture pour en ressortir dix minutes plus tard au Norfolk International Airport.  Même pas un premier  long voyage entassé dans la voiture, à tenter de passer le temps avec des jeux même pas rigolos et entendre dire « on arrive bientôt ? ».  Après avoir patienté de longues heures, avoir fait contrôler les bagages et les passeports, nous avons enfin pu monter dans l’avion. En plus, en première classe à la tête de l’appareil : grand siège avec assez d’espace pour se sentir seul, confort, mini-écran plat dans chaque siège.  Je  m’installai vers le coté extérieur laissant mon frère admirer de tout son soûl le paysage au risque de le voir malade tout le voyage.

« Enfin nous retournons chez nous. » Et en pensant à tout le chocolat qui allait être dévoré et terrorisé par ma réputation de gourmande, je m’endormis une heure après le décollage.   
               
 «  Belgique, j’arrive …»



« Dernière édition: Jeu 01 Sep 2011, 18:49 par etoiledeneig »
[Sur mon île déserte,nana .... je t'attends, mais je ne prendrai pas de coup de soleil même si tu m'éblouis...]  :p

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Réponse #1 Dim 04 Sep 2011, 19:36
Etoiledeneig
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Mixer.  Coupez une orange en deux et pressez-la.  Imbibez les biscuits à la cuillère et écrasez-les. Mettre les bouts de banane, les biscuits et de la compote dans un mixer et actionnez la machine. Versez dans un contenant et dégustez.

« Ah oui pour déguster ça je déguste » ais-je penser en ouvrant un oeil.
J'avais vraiment l'impression que ma tête était en panade.                                                         
 « Pourtant j’ai rien fait pour … ça doit être le bruit des réacteurs de l’avion et la clim. »                 
« Mais le bruit de la clim ressemble étrangement au ressac de la mer  et je ne me souvenais  pas que le plafond de l’avion était tout bleu avec du blanc… »
Ce n’est qu’une heure (sans montre allez savoir) après que j’ouvris un œil mais un œil qui demanda aussitôt le soutien de son frère pour supporter la vision du paysage.                                                         
Parce que le paysage n’était pas l’intérieur d’un avion mais une immense plage où la mer s’écrasait puis revenait, quelques mouettes et crabes complétant cette vision.                                                           
« Ce n’est pas possible » mais même après m’être pincée, il fallait accepter cette idée : j’étais sur une plage d’allure paradisiaque mais terriblement déserte.                              
J’essayai de me relever mais je n’y arrivai pas; j’étais encore attachée à mon siège- sans doute parce que je m’étais endormie avant la fin du décollage- et ce siège était très enfoncé dans le sable.  Je me dis donc un temps fou à me dégager de là et c’est à bout de souffle que je me laissai tomber sur le sable.     







Finalement, trop gênée par  le soleil, je me hissai pour me transporter à la lisière d’une forêt, enfin ce qui ressemblait à une forêt.  Je regardai autour de moi mais il n’y avait rien de familier qui m’interpellait.  J’étais tellement fatiguée que, malgré le sentiment de solitude et d’abandon qui me submergeait,   incapable de crier un «  Au secours » si petit soit-il ou de pleurer sur mon sort. Je me rendormis après toutes  mes émotions.
[Sur mon île déserte,nana .... je t'attends, mais je ne prendrai pas de coup de soleil même si tu m'éblouis...]  :p

etoiledeneig sur Inaho  feudeneig sur Karaho
Réponse #2 Mer 07 Sep 2011, 18:52
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Je me réveillais enfin. Le tapis de feuilles sur lequel je m’étais assoupie avait été bien confortable et c’est dans une forme tout de même très acceptable après un crash d’avion que je me levais dans l’espoir de retrouver les débris et le reste des passagers de l’avion.
« Mais par où aller ? »  J’avais beau  regarder à gauche, à droite, devant, derrière, il n’y avait aucune trace de vie humaine.  Je n’avais plus qu’à tirer à pile ou face.                                                   
«  Forcément, pas de monnaie dans des moments pareils … » 
 J’avançai un peu sur la plage et là je vis 2 crabes. L’un  avait des reflets bleu clair et l’autre beaucoup plus foncé.                                         
« Vous allez être mis à contribution les p’tits gars. Imaginez : vous avez le destin d’une personne entre vos mains heu pinces. Bonne chance à vous deux. »                                     
 Je les pris et les mis dans un creux de la plage. Mais la lutte ne semblait pas vraiment faire partie de leurs préoccupations. Après un moment, le crabe bleu foncé remonta la pente pendant que l’autre s’enfonçait de plus en plus dans le sable.                            
 «  Chacun sa technique de survie. Mais lequel choisir ? Celui qui s’était caché ou échappé ?  Bon je ne vais pas me lancer dans un débat sur la psychologie et la morale des crabes. »                           
Finalement, je décidai de prendre la direction que le crabe bleu avait prise lui-même.

Je partis donc sur la droite en restant sur la plage pour être visible des autres passagers.  Une plage que ce soit sur 2 ou 6 kilomètres, ça reste quand même très monotone : du sable, la mer et des coquillages de temps en temps, rien d’autre. Et puis au bout d’un moment, mon ventre cria famine : ça faisait au moins … tout ça que je n’avais rien avalé.  Bien sûr le plus logique serait d’approcher de la forêt pour espérer trouver des fruits ou un ersatz. Mais la jungle, c’est aussi sûrement des monstres assoiffés de sang qui ne diraient pas non à un petit gueuleton de chaire fraiche.                     
 « Brrr … rien que d’y penser….  »                                             
Je me décidai à faire un compromis : je n’aventurais  que peu profondément dans la jungle, juste sur les bords. C’est à petit pas, de peur de marcher sur un serpent, une araignée ou dans la crainte de signaler ma présence à une boule de poils pleine de dents que j’entrai dans cette forêt luxuriante.  Il était difficile de s’y déplacer à cause de ce parcours du combattant végétal. Partout des racines, des branches, des feuilles, mais rien qui ressemblait à de la nourriture.  Je n’osais pas aller trop loin de peur de perdre de vue la plage et de me perdre corps et âme. Toutefois, je remarquai à quelques mètres une trouée dans la canopée, comme si quelque chose était tombé d'en haut.  N’écoutant que mon grand courage, après avoir hésité longuement, je m’approchai quand même. Ce n’était pas une acrobatie de singes qui s’était mal finie !!  C’était des sièges de l’appareil mais de la 2e classe ; enfin on ne fait pas la fine bouche dans des cas pareils.  J’inspectais les lieux et finit par trouver un sac à dos. C’était un sac en bandoulière de cuir, qui avait l’air assez pratique et pas trop amoché par la chute.  Je l’ouvris et, par chance, il y avait des barres de céréales. C’était une chose dont j’avais horreur avant mais j’avais tellement faim que j’en mangeais  deux.  Je continuai ensuite la fouille du sac et trouvai un paquet de mouchoir, un Ipod avec encore un peu de batterie, un carnet ligné avec un Bic bleu, une trousse de maquillage-secours. Pas de portefeuille, de clés ou de gsm, aucune identité.  Je mis le sac sur mon épaule et poursuivi ma fouille mais je ne trouvai qu’un livre en plus. Il était un peu écorné mais rien de grave. C’était « La chasse aux Snarks » de Lewis Caroll.  « Connaissait pas celui-là. »  Je revins vers la plage comme j’avais comblé quelques peu ma faim et que j’avais hâte de quitter ce monde vert  et hostile. 
     



« Dernière édition: Lun 12 Sep 2011, 18:01 par etoiledeneig »
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etoiledeneig sur Inaho  feudeneig sur Karaho
Réponse #3 Mar 20 Sep 2011, 22:21
Etoiledeneig
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Ça doit faire maintenant 2, 3 jours que je suis là et j’ai beau marcher sur la plage ou dans la forêt, je n’ai toujours vu personne. Je me sens seule. Si j’avais mes parents, mon frère, tout ça serait moins … dur.  Avoir quelqu’un sur qui compter, ne serait-ce que pour un soutien mental, est une chose infiniment précieuse et c’est toujours quand on en a le plus besoin que l’on s’en rend compte.         
 J’ai beaucoup pleuré pendant que je marchais mais ce n’est pas la chose la plus intelligente à faire lorsqu’on se trouve sur une île à climat tropical et que l’eau douce est rare. J’ai donc dû ravaler mes larmes  et au prix d’un long effort, j’y suis parvenue.  A la place, j’ai crié. Tout ce qui me passait par la tête : « à l’aide », « Papa », « Maman », « Y a quelqu’un ? ». Ça défoule bien et en plus c’est utile si quelqu’un m’entendait. Mais je n’ai jamais eu aucune réponse.
Les jours se ressemblaient. Le matin, je cherchais des fruits comestibles (c’est mieux quand même) et si j’avais encore soif, je récoltais patiemment de la rosée sur les feuilles en bordure de la forêt.  Pour me protéger du soleil, j’avais aussi bidouillé avec mes mains peu habiles  une espèce de chapeau avec des feuilles de palmiers. Si nous nous en sortions vivants, je suis sûre que ce chapeau serait un souvenir … inoubliable. Je devais sans doute ressembler  à un lutin avec ce truc sur ma tête. J’imagine mes fous rires en me regardant dans un miroir et ça me détend. Ici, le stress est parfois pire que dans la vraie vie.  Pas de problème avec les horaires ou les choses habituelles, mais  l’angoisse d’être mangée ou de ne pas avoir trouvé de quoi subsister est inimaginable.  J’étais déjà très anxieuse dans la vie normale, alors dans cet endroit …                                         
 A midi, ou ce qui devait être midi pour mon horloge interne, je mangeais un petit bout et je dormais un peu pendant les heures les plus chaudes ; aucun intérêt de faire une insolation. Je me remettais en route ensuite jusqu’à ce que la nuit tombe. La nuit était le plus dangereuse parce que forcément il fait noir et qu’on ne voit pas plus loin que le bout de son nez.     



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etoiledeneig sur Inaho  feudeneig sur Karaho
Réponse #4 Dim 06 Nov 2011, 20:20
Etoiledeneig
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Cela fait longtemps que je n’ai pas pris la peine de noter quelque chose dans ce petit carnet.  Pourtant, il a été à mes cotés tout ce dernier mois, prêt à m’écouter sans broncher, à recevoir toutes mes pensées, sans se soucier à aucun moment d’une faute de françois ou d’orthographe.  Ce n’est pas une vraie personne bien sûr, incapable qu’il est d’avoir une parole apaisante ou des bras où pleurer ; mais il est tout de même un objet, fabriqué et créé par ma civilisation et c’est une ancre dans cet océan inconnu et solitaire.
Je ne me souviens de la chronologie des événements, pas des dates, malheureusement. J’essaye maintenant que je suis installée, de faire un calendrier où je note la météo, le nom que je vais donner à ce jour,… Et j’ai aussi construit ce qu’on peut appeler un cadran solaire : j’ai tracé du mieux que j’ai pu un cercle avec un bâton et une liane, puis j’ai posé douze petits cailloux gris-blancs tout autour, avec une branche assez régulière au centre. Comme ça, j’ai l’impression de savoir l’heure qu’il est.
C’est étrange. Je suis plus sereine quand j’écris mes mots, malgré ses rappels douloureux. J’ai surtout l’impression que j’ai accepté ce qui était arrivé : oui mon avion s’est crashé et oui pour l’instant je suis seule sur une île. Je ne vais pas me suicider parce que ma situation à l’air bien déplorable pour l’instant ; si quelqu’un arrivait, j’aurais l’air fine. Cela me fait penser à Camus. Oui, il est possible de penser à Camus sur île déserte… Et à sa théorie de l’absurde. Je l’avais pris pour un type un peu fêlé du ciboulot mais dire que le meilleur moyen de combattre une existence absurde est d’accepter cette existence, c’est faire une chose absurde pour contrer une autre chose absurde. Logique, non ? Enfin, à cet instant, je me sentais prête pour être une absurdienne.       


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