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650km : Le Forum
Mar 17 Juil 2018, 19:10 *
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News du 22/06/2018
Avis à tous les survivants!

Suite à la discussion avec la communauté de 650km.com, Angelstar (le créateur du jeu), a décider d’aller de l’avant et d’engager toutes ses forces dans une toute nouvelle version du jeu!
Cela signifie que pour que ce nouveau projet avance correctement, le jeu en ligne vas s’arrêter courant septembre.
L’équipe de développement, votre modérateur préféré (bigbug001) et notre community manageuse sera là pour répondre à vos questions, vous montrer les avancées du jeu (qui ne sera pas un jeu web!) et plein d’autres discussions très interessantes! Ou pas :)
C'est donc pour ça que l'on vous fait cette proposition : Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
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Auteur Discussion: [Journal] Dans le creux de l'arbre géant...  (Lu 5833 fois)
Ven 17 Avr 2009, 15:51
Mathis
Mokonaka
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Dans le creux de l'arbre géant...


- Table des matières -

Citer
Partie I
Mathis - Slow, slow
Mathis - Bruits
Mathis - Crash
Mathis - L'île

Mathis - "Cette vie est derrière toi!" (1 & 2)


Les comptes utilisés pour ce journal sont Mathis, Mona et Isobel.
« Dernière édition: Dim 12 Juin 2011, 14:49 par Mathis »
Réponse #1 Dim 20 Mar 2011, 12:20
Mathis
Mokonaka
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[Partie 1]

Slow, slow



* Ce bruit, je l'ai tellement imaginé. Je ne savais pas si je désirais, au fond, l'entendre ou l'ignorer. Sur ma couchette, je me tournais.

"Ils m'ont pas loupé, je suis bien réveillé!" pestai-je intérieurement.

Pas moyen de se rendormir, je sentais de grosses foulées sur le sable, juste à côté. On sentit mon pouls. Comme si j'étais blessé ou mourant. Je me résolus à ouvrir les yeux.

C'était comme je l'avais imaginé. L'hélicoptère fluo à vingt mètres qui faisait déplacer le sable de la plage. Les hommes qui fouillaient partout et regardaient mon camp.

On me demanda si j'étais seul, je bredouillai que oui. Puis, je me levai d'un bond. Un des hommes sursauta, puis sembla étonné que mes jambes soient si fermes.

- Slow, slow! me dit-il en m'épaulant, bien que ma marche fut stable.

J'étais tombé sur un américain, vu son accent. Il me sourit et malgré tout ce qui m'était arrivé, je me sentis miraculé. L'homme m'emmena dans l'hélicoptère. Les hélices faisaient un tel vent que mes cheveux fouettaient mon visage. Je montai et m'assis.

J'eus beau résister, on me força à m'allonger dans une civière. Un somnifère et je m'enfonçais dans bras d'Orphée... *




« Dernière édition: Dim 20 Mar 2011, 12:49 par Mathis »
Réponse #2 Dim 20 Mar 2011, 12:40
Mathis
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Bruits



J'ai l'impression qu'un vide s'est formé sous moi. Ah oui, je tombe. Bien ce que je pensais. Me voilà défiant la gravité. Oh! Je remonte vers l'hélicoptère, tout ça en étant allongé.




La vie ne m'a pas fait de cadeaux... Je suis né dans la civilisation, ô drame. Et voilà que j'y retourne! M'endormir n'était sûrement pas la bonne solution, tel est mon constat.

De toute façon, j'aurais eu beau de me défendre, ces américains m'auraient enfoncé de force dans leur engin et pris pour un fou. Tandis que mon corps est balloté dans les vents, je prends conscience que là où je vais, c'est à dire dans la saleté des villes, je passerai pour dérangé en disant que la France n'est pas ma partie. Ma patrie, c'était... l'île.

Je dois être devenu fou. Après tout ce que j'ai vécu sur l'île, après avoir échappé de peu à la mort, je suis si triste de la quitter?!



***


* Je n'en revenais toujours pas. La pensée de retrouver un jour la civilisation avait été si... si impossible. Si futile! Et dans la société, que ferais-je? Où irais-je? Autant de questions en suspend.

Questions pourtant si dures à trouver réponse. Ma tête me faisait mal. Ah! C'était bien beau de venir me chercher, si c'était pour me rendre malade!

Allongé, je me réveillai de ce drôle de rêve où je pouvais m'évader de la carcasse de ferraille. Je me redressai sur mon lit fluo orangé et regardai autour de moi. Les sauveteurs s'affairaient.

Soudain, l'hélicoptère fit une embardée.

- Un crash? marmonnai-je, tout excité.

Quelques instants plus tard, je compris que ce n'était pas le cas. L'appareil atterrissait, dans un bruit toujours aussi assourdissant, sur un sol habité... Mon cœur me semblait si lourd de tristesse... Pourquoi ne m'avait-on pas laissé où j'étais?

La portière s'ouvrit. *
« Dernière édition: Dim 20 Mar 2011, 12:51 par Mathis »
Réponse #3 Sam 26 Mar 2011, 12:25
Mathis
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Crash

Jour Un.



~ Je me serais même cru assis sur mon canapé. La pluie qui battait la carlingue de l'avion aurait pu dégouliner le long de la baie vitrée du salon.

Cela faisait peu de temps que le vol avait commencé. Les passagers avaient insisté à embarquer et fait pression bien que la compagnie ne fût pas certaine que ce soit une bonne chose de partir. Mais les nuages noirs avaient disparu et l'avion était dans le ciel...

Cependant, les passagers n'étaient plus aussi certains que le vol était sans danger, car la pluie les inquiétait, tant elle fouettait la tôle de l'engin.

Les hôtesses aussi faisaient l'aller-retour entre le cockpit et l'arrière de l'avion. Leurs talons claquaient précipitamment. Elles étaient presque paniquées.

La pression monta un peu plus lorsque la première vraie bourrasque secoua l'appareil. Il y eut quelques cris surpris. Les passagers se regardaient et les hôtesses se précipitèrent dans le cockpit.

- Nous devons être au-dessus de l'océan souffla quelqu'un, comme pour transférer un peu plus ses inquiétudes aux autres.

Enfin, une à deux minutes plus tard, les hôtesses sortirent et se plantèrent dans l'allée. Trois belles femmes au regard mal assuré qui se tenaient aux sièges les plus proches. C'est à ce moment qu'il y eut un grésillement, puis une voix masculine nous parvint:

- Ici le pilote de l'appareil! Nous allons traverser une période de turbulence! Tout va bien se passer. Je vous prie seulement de garder votre calme, que chacun regagne sa place et attache sa ceinture. Si une grosse turbulence venait à se produire, penchez vous de façon à ce que votre tête soit calée entre vos cuisses et contre le siège avant. Terminé.

Une jeune hôtesse avait mimé le geste avec brio, mais au moment où elle voulut mettre sa main comme imitation du "siège avant", une violente secousse prit l'appareil. Avec un cri d'effroi, la demoiselle s'étala sur la moquette du sol du même bleu que son uniforme.

Nous étions en pleine journée, mais parmi les nuages noirs, il semblait faire nuit... La pluie tombait toujours aussi dru, et je regardais par le hublot complètement paniqué par cette grande secousse et par les cris des autres passagers.

Soudain, nous eûmes une autre intervention du conducteur:

- Attention! Grosse turbulence dans quelques secondes! Veuillez mettre votre tête entre les g...!

A peine ma tête touchait mes genoux que tout l'avion se mit à vibrer. Comme par une attraction, l'appareil fut bousculé vers la droite. Évidement, les cris des passagers redoublèrent. J'entendis de gros craquements, des objets qui se cassaient.

Soudain, l'avion pencha légèrement en avant. Puis cela s'accentua jusqu'à ce que l'appareil fasse un piqué! Il virevolta dans tous les sens, en haut, à droite, tout droit, en arrière. Je n'osai pas lever la tête, mais lorsqu'une odeur fumante me vint aux nez, mon cœur fit une embardée. Il y avait un feu dans l'avion!

A un moment donné, je sentis que l'avion se déchira en deux, lorsqu'il rencontra quelque chose... d'énorme. Après m'être remis du choc, je regardai par le hublot, à présent cassé. Cette chose énorme, c'était... un océan. ~
Réponse #4 Dim 24 Avr 2011, 16:25
Mathis
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L'île



~ Je détachais ma ceinture avec difficulté. Elle s'était enfoncée dans mon ventre et était terriblement douloureuse. Clac!

- Enfin... soupirai-je avec une grimace.

Je m'extirpai de ma place, et regardai mon ancien voisin, dont la nuque prenait un angle impossible. Il était mort. Je choisis de l'ignorer et passai au-dessus de lui. Je n'étais pas le seul à me relever, quelques autres s'agitaient aussi.

On me dit quelque chose mais soudain, je compris que plus aucun son ne me parvenait aux oreilles! Je fis un signe, et me sentis cruellement honteux de ne pas comprendre ce qu'un homme au visage couvert de sang me disait. Alors, il me fit des signes: je devais l'aider à extirper les gens de l'avion. Il désigna le sol bleu de l'appareil, et je vis que j'avais les pieds dans de l'eau. Je l'aidais donc à déplacer les passagers blessés. Une ouverture en plein milieu de l'appareil laissait passer les survivants. Je fus le dernier à partir, après avoir vérifié que parmi les corps, personne de vivant n'était resté. Puis, je sortis et sautai dans l'eau.

Je fus agréablement surpris par la chaleur de l'océan. Je suivais les autres, en entendant moult cris, pleurs, appels. L'homme à qui j'avais prêté mon aide hurlait, en pointant quelque chose du doigt...

- Une île! soufflais-je sans m'entendre. ~





Le soleil se lève et commence à se refléter sur l'océan d'un calme seulement perturbé par les animaux marins qui sautent par moments hors de l'eau, ou bien par les oiseaux qui chassent. La nuit a été assez froide, pour une fois, ce qui laisse présager un jour chaud et aride.

Une île semble prendre ses racines dans l'eau salée. Une île déserte? Bien sûr que non. Dans la jungle profonde, nichée près du tronc d'un palmier, une panthère dort. Son ronflement est régulier et effrayant. Non loin de la bête, une chauve-souris commence juste à sommeiller, enfouie dans le branchage épais d'un arbre.

Le vent chaud souffle doucement au-dessus de la cime des arbres exotiques. Une noix de coco tombe tout de même, après s'être balancée depuis l'arbre durant plusieurs jours et nuits d'attente de ce moment où elle se décroche. Elle roule, comme si elle s'était fixé un point précis, auquel elle arrive enfin, malgré les monticules de sables et les trous creusés par les animaux, poussée par le vent. Un peu de sable s'accroche à sa coque, mais ce sable disparait lorsque le fruit touche l'eau de l'océan. Le flux l'englobe avec un bruit tout naturel.

C'est une eau bleutée mais aussi argentée, à cause du soleil qui plombe cet océan. L'eau est chaude, grâce au soleil. La noix de coco est attirée un peu plus loin du rivage par les vagues. Elle semble être guidée par le courant.

Les environs sont calmes, des oiseaux entonnent un chant enivrant. C'est un spectacle musical, néanmoins incomparable au bruit nocif des instruments créés par les Humains.

L'île ne porte aucune trace d'un passage des Humains, elle est libre et sauvage. Est-ce cette sauvagerie qui lui confère une allure magique? Ou est-ce son calme, qui est finalement si pesant? Ou bien est-ce parce que les Humains ne l'ont jamais vue, n'ont jamais foulé le sable blanc? Eux qui pensaient avoir tout vu et tout compris, ne savaient-ils donc pas que ce qui se passerait n'aurait rien d'un incident, rien de hasardeux?

Simplement, la nature aura pour cette fois été plus forte et plus résistante que les Humains.

Un avion arrive, mais sa trajectoire se modifie, et il pique dangereusement dans l'eau. Avec un tonnerre énorme, l'appareil vient troubler la paix apparente des environs. Ainsi commença le combat.





~ Je nageais vers l'île malgré la chaleur persistante du soleil. J'essayais souvent de voir ce que faisaient les autres survivants, mais j'étais le dernier et je me sentis soudain vidé d'énergie. L'île semblait être loin de moi, j'avais mal apprécié la distance qui nous séparait d'elle.

Mes oreilles étaient toujours aussi douloureuses et aucun son ne me parvenait.

Ma nage était irrégulière et je m'arrêtais souvent pour reprendre mon souffle. Tout à mon effort, je ne remarquai pas que quelque chose se produisait, là, tout autour de moi...

Je repris mes mouvements avec attention, en essayant de m'économiser, lorsque je remarquai que l'eau était devenue noire, autour de moi. Je gesticulai des bras et des jambes, brisant toute forme de nage. J'étais pris d'une sourde panique.

Soudain, mes mouvements furent plus lents; l'eau devenait pâteuse. Elle semblait s'engluer autour de moi.

Avant que je puisse comprendre ce qu'il m'arrivait, j'entendis un cri strident, un cri de peur, et je fus entrainé dans le fond noir de l'océan où je perdis connaissance. ~


Réponse #5 Sam 30 Avr 2011, 14:27
Mathis
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"Cette vie est derrière toi!"
I



La portière s'ouvrit.

* Et mes sens furent subitement brouillés. Quelqu'un m'avait sauté dessus. Je m'écartai assez peu tendrement de la personne. C'était un femme en larmes, aussi brune que moi, les cheveux longs  en désordre.

- MATHIS! hurla-t-elle.

C'était Lara, ma sœur, ma petite sœur! Une des choses que j'avais le plus regretté, lorsque j'étais sur l'île... Elle touchait mon visage barbu et un peu sale avec des gestes saccadés, tout en me regardant avec des yeux ronds. Ensuite, elle se moucha tout en serrant mon T-shirt à présent détendu par sa main tremblante; elle me contemplait de la tête au pied.

Les américains nous firent sortir d'un air de "tout est sous contrôle" sur la petite piste goudronnée. Mes pieds nus rencontrèrent la surface froide, et je les relevai de suite.

J'avoue que je ne sais plus exactement comment se sont passées les heures qui suivirent, je me souviens juste d'un échange avec Lara.

- Comment vas-tu?

- Hum bien et toi?

- Oh ne parlons pas de moi! Regarde-toi, Mathis, tu reviens de plus d'un an d'isolement sur une île sauvage. Les soldats m'ont dit que tu dormais sous des feuilles, dans une tente précaire... Isolé de tout... Oh si tu savais comment j'ai été désespérée! Tout le monde disait que les espoirs étaient infimes et personne ne se bougeait pour que ça se passe bien! Tu sais, j'ai créé une association militante mais les manifestati...

- Je suis là maintenant, et en bonne santé.

- Oui, tu as raisons! Le principal c'est que cette vie est derrière toi!
dit-elle comme pour se rassurer.

- Euh... oui je crois. *



***


* On m'a fait passer beaucoup de tests en peu de temps. Lara était toujours à côté de moi et beaucoup de médecins assistaient aux manœuvres, commentant en anglais et n'hésitant pas à me pointer du doigt. Lara me confia qu'elle était heureuse car mon histoire n'était pas encore médiatisée.

Le directeur de l'hôpital se présenta et me dit que je serais transféré dès le lendemain dans un grand hôpital lyonnais, dans ma ville natale où Lara habitait. Le lendemain, on irait m'accompagner "chez moi" dans la France pluvieuse.

Comme toujours, je ne savais pas quoi en penser... Tant mieux? Je fis un sourire au médecin. On m'emmena ensuite dans une salle de bain. Rasage, lavage, et nouveaux vêtements. Ça, j'aimais! *



***


* Nous primes donc un avion à New-York qui nous mènerait à Paris dès le lendemain. Lara ne cessait pas de me lancer des regards en coin, qu'elle masquait en marmonnant qu'elle avait un "machin dans les yeux". Elle me dit sur un ton confidentiel qu'il y avait très peu de chances que l'avion ait de "problèmes". Elle triturait l'accoudoir de son siège et remettait fréquemment une mèche de cheveu en place d'une main tremblante. Personnellement, j'étais parfaitement détendu.

En effet, il faisait vraiment très beau, même si le soleil de l'île m'avait plus réchauffé. Et je ne savais que trop bien que la chaleur me manquerait en France. Mon sentiment de regret s'intensifiait: j'aurais mieux fait de ne pas me laisser faire embarquer par les américains dans cet hélicoptère! Seulement, je ne pouvais pas confier ce à quoi je pensais à Lara. Elle aurait été bien attristée, si je lui avais dit que finalement, j'aurais préféré ne pas la revoir et rester sur l'île.

Alors que l'avion décollait, on m'apporta un iPod de couleur grise, exactement comme celui que j'avais possédé en arrivant sur l'île... On y avait mis beaucoup de musque que j'aimais... Quelques touchers tactiles sur l'instrument, et j'écoutais... *
« Dernière édition: Dim 12 Juin 2011, 14:27 par Mathis »
Réponse #6 Dim 12 Juin 2011, 14:46
Mathis
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II



* Je fermai les yeux et savourai cet instant que j'avais tant espéré pouvoir vivre à nouveau. Je pourrais dès cet maintenant vivre encore et encore cette magnifique chose: écouter une chanson.

Quand j'en eus assez, je rouvris les yeux. Ma sœur lisait le journal. Je me penchais pour lire, mais c'était le Times et je ne sais presque rien comprendre en anglais.

- Ah, tu es réveillé, constata Lara.

Elle rabattit rapidement le journal et le rangea aussitôt. Comportement hautement suspect; je haussai les sourcils.

- Que lisais-tu? m'enquis-je.
- Oh, des bêtises... éluda Lara, visiblement mal à l'aise.
- Humm... fis-je, montre-moi donc!

Elle ne s'y opposa pas mais le donna à contrecœur. Je jetai un coup d'œil rapide sur la une... et quelle fut ma surprise! Il y avait une photographie de moi! On devait l'avoir prise à ma sorte de l'hélicoptère... J'étais à ce moment un vrai Robinson, comme dans les films, mis à part que j'étais relativement propre.

Je lus la légende (The only survivor!). Il y avait un article sur moi! Mathis, the Surivor. Je jetais un coup d'œil amusé à Lara, puis lui demandai de me le traduire.

C'est un grand jour, dans la vie de Mathis Douet, un survivant français du crash d'avril dernier du Boeing 747 de partance Miami à destination Bombay.
En effet, cet homme y allait installer des centres informatiques accessibles aux plus pauvres de la ville. Hélas, l'avion n'étant pas arrivé à destination et la bote noire étant introuvable de l'appareil, les enquêteurs américains n'avaient pas pu retrouver les passagers dont Mathis faisait partie.
Mathis Douet est pour le moment en pleine santé, quoique émacié par sa grande aventure. Il a retrouvé sa famille, et déjà, on l'appelle Le Suvivant, celui qui a tout de même résisté a de grandes séries d'évènements tragiques, mais qui a su tirer son épingle du jeu sauvage et vivre.
Les évènements qui ont eu lieu sur l'île sont étudiés mais si les enquêteurs ont trouvé des indices, ils ont préféré ne rien divulguer de cette affaire.


Lara semblait guetter une réaction de ma part, mais je n'avais rien a dire. De me qualifier de Survivant me semblait étrange, mais tout de même normal vu les évènements qui s'étaient produits sur l'île.

Imaginer les enquêteurs fouiller l'île, par contre, me faisait peur. Et si l'on m'accusait de ce qui s'était produit? Et s'il on croyait que tout ceci était ma faute? Je me disais que l'affaire serait médiatisée, comme mon arrivée était à la une du Times. Une vague de frayeur s'empara de moi: je ne voulais pas repenser à ce qui s'était passé sur l'île et je ne voulais pas que quiconque soit au courant. C'était trop dangereux...

L'avion se posa, la France brumeuse sous mes pieds. Il n'y avait personne à nous attendre à l'arrivée mis à part un ministre et un attroupement de journaliste qui me serrèrent la main et me parlèrent. Je choisis de les ignorer.

Encore quelques instants plus tard, et je montai dans un train qui nous déposa, ma soeur et moi, à Lyon. *





* Lara me ramena chez moi, dans un appartement qu'elle avait toujours entretenu et dans lequel elle avait toujours laissé les placards pleins, comme si elle savait qu'il y aurait un jour où je reviendrais. Elle me réexpliqua le fonctionnement de mon micro-onde, et fit tout pour que j'aille bien...

Les bilans médicaux étaient parfaits, mais il devait s'écouler un an avant que je puisse retravailler... Un an à tourner en rond? Je n'y comptais pas. *



***


Je me retournais dans l'appartement et m'arrêtais. Je repartai, tournant en rond. Un épisode de mon ancienne vie me revint à l'esprit. Assis sur la chaise en bois qui craquerait éternellement. Allongé et tendu sur mon lit à couette des motifs de coques. Fumant assis sur le rebord de la fenêtre, les jambes pendant au-dessus de la rue. Allumant la musique.

Que faire de mon corps?

Je fouillais dans mes tiroirs, à la recherche de ce petit journal que je tenais, quand j'étais petit et niais. Trouvé!


31 juillet 1981.

Je suis dégoûté de mes "amis". Enfin non, finalement ce...

Après cette page, je journal avait dû prendre l'humidité et avait aussi été rongé. Impossible de lire une phrase de plus. J'étais vraiment déçu. Avant, sur l'île, je pensais à mon journal et pensais le relire un jour.

Tout à coup, je me sentis pris d'une sorte de frénésie. Je pris le paquet de gâteaux le plus salé que je trouvai dans mes placards et mangeais par automatisme, n'arrivant jamais à me rassasier. Je pris un pot de sel et une cuiller. Je commençai à manger le sel.

Et au bout d'un moment, dégouté, je vomis...
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