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Auteur Discussion: [Journal] Une série de désastreuses aventures  (Lu 2005 fois)
Sam 26 Nov 2011, 17:31
Terry
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Une série de désastreuses aventures

Chroniques d'infortunes en chaînes



______________________________________
Cher lecteur,
Je donnerais cher pour te recommander ce livre, mais l'honnêteté me l'interdit. Cette histoire est le point de départ de nombreux faits et méfaits qui ont changé, qui bouleversent, et qui altéreront le destin de nombreuses familles, et ce à tout jamais.
De peur que ce récit te désespère, je me dois de te prévenir que dans ce présent livre, c'est toute une série de mystérieux évènements qui se dérouleront sous tes yeux, dont un bal organisé dans un manoir, un livre aux pages jaunies par le passé, beaucoup de neige, énormément d'eau salée, de l'amour passionné, de mauvaises personnes, sans parler de tragiques évènements qui ne tarderont pas à se produire... De plus, tu dois être averti: ce livre se décompose en treize chapitres, chaque chapitre étant plus infâme que le précédent.
Par malheur pour moi, je m'étais fait un devoir de relater la triste vie de Terry Pullman et de ses désastreuses aventures et ma tâche s'arrête ici. Par bonheur pour toi, cher lecteur, rien ne t'oblige de lire ce triste livre: tu peux tout aussi bien le reposer sur ton étagère et opter pour une lecture plus guillerette. Tu y gagneras sans doute de ne pas t'endormir les yeux rouges.
_
Lemony Snicket

Réponse #1 Sam 03 Déc 2011, 16:31
Terry
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Chapitre I
Quand l'hiver pointe...

______________________________________
     Notre histoire commence un jour qui fut particulièrement important dans ce dernier mois de l'année. La lumière du soleil semblait ne pas être présente, comme si elle avait décidé de ne plus venir. Il était presque quatorze heures et pourtant les passants se croyaient déjà être à vingt heures. C'était un jour de nuit, en quelque sorte... Tout était très sombre, il neigeait de gros flocons, et pourtant, il existait quelques résistants qui osaient sortir par ce temps glacé.

     C'était déjà la mi-décembre, et les rues n'étaient colorées que par les néons rouges et jaunes de l'Avent, qui annonçaient de chaleureuses fêtes. Les maisons étaient parfois colorées, mises en couleur par des guirlandes multicolores, que l'on entrapercevait à travers la neige. Dans les rues, on voyait souvent qu'un grand nombre de commerces étaient fermés, le chiffre d'affaire sûrement estimé très bas par les vendeurs.

     Seulement, il y avait dans le centre-ville, un endroit qui était assez illuminé, où se rendaient bon nombre de passants. C'était un Salon de Café dont la devanture avenante nous présentait de belles illustrations de scènes où le client était heureux de se réchauffer les mains autour d'un lait chocolaté et fumant. Le Salon avait donc pris le nom du "Domaine Lacté", car toutes les boissons étaient produites à partir d'un produit laitier.

     Quand on entrait dans le Salon, le temps que la porte s'ouvre et se referme, un grand bruit s'échappait du bâtiment, et rompait le son monotone des pas craquelés des passants dans la rue piétonne, le calme avec lequel la neige se déposait sur la ville, et les rares bruissements des animaux.

     Quelque part, dans cette même ville, une fillette réclama une glace, mais ses parents n'acceptèrent pas, déclenchant une tempête de pleurs de la petite. Plus loin, deux amants sortirent main dans la main affronter le froid mordant à deux. A l'opposé, une femme se gratta l'oreille, se disant que la tâche serait plus dure que ce qu'elle avait pensé. A deux rues, un vieil homme se déshabilla et entra dans un bain brûlant, tout en comprenant à quel point il était bon d'être de retour chez soi. Et, à quelques rue du Domaine Lacté, un petit homme marchait d'un pas rapide, pressé d'être à son rendez-vous, auquel il était en retard.

     C'est homme se dirigeait justement vers le Salon, tout en pensant à la commande qu'il prendrait. Quelques instants plus tard, il entra dedans, rompant le lourd silence de la ville. Il se frotta rapidement les pieds sur un paillasson imbibé de neige fondue, tout en essayant de repérer l'homme avec qui il avait rendez-vous. Quand il l'aperçut, il alla le rejoindre.

     - Encore en retard, Terry... fit l'homme.

     Le petit homme qui était arrivé avait l'air mélancolique, mais Terry Pullman - car c'était son nom - partit d'un rire, tout en enlevant son chapeau et en le posant sur la table:

     - On ne change jamais les vieilles habitudes, Julien!

     Mais Terry voyait qu'en face de lui ce n'était plus le Julien d'antan, mais bel et bien un homme au cœur lourd... Ce qu'il craignait s'était passé. Il demanda tout de même à son ami comment il se portait, tout en sachant que la réponse serait fort sombre.

     - Eh bien... répondit l'autre. Me voilà Duc de Winnipeg, et Eléonore Duchesse. Nous aurions aimé que cela n'arrive jamais, mais je suppose que c'est normal... C'est la vie.

     Ils furent interrompus par un serveur en smoking blanc qui prit leur commande. Terry demanda un chocolat chaud, et le Duc opta pour un café au lait.

     Le Duc continua donc sur sa lancée, en racontant comment ses parents étaient morts, dans un incendie qui avait ravagé leur appartement citadin, il y avait quelques jours de cela. Son ami Julien déplorait de ne toujours pas connaître l'origine de l’incendie: "un accident domestique", lui avait-on dit. Terry n'osait pas trop parler, ne sachant pas trouver les bons mots pour son ami. Il se sentait en terrain glissant.

     *Mieux vaut ne pas dire de bêtise, dans ces cas là...*

     Et la plupart du temps, il ne pipait pas un mot. On leur apporta leur consommations, accompagnées de gâteaux à l'amande.

     - Aah, conclut le Duc de Winnipeg après que le serveur soit parti, heureusement que Eléonore est jeune et vive! Je sais qu'elle s'en sortira bien. Elle est intelligente, et bientôt, elle se mariera avec un homme mûr qui lui correspondra. Elle n'aura pas de mal à s'en trouver un, je lui fais confiance.

     Terry sentait que Julien ne voulait pas lui parler de ce qui le préoccupait. Il semblait éviter le sujet de la mort de ses parents, ce qui était en soi compréhensible, mais il évitait de parler de l'incendie en particulier. Terry, qui était déjà à l'affût de tout cela, lui posait tout de même des questions, mais le Duc n'y répondait pas vraiment, il contournait les demandes... Jusqu'à ce que finalement, il décide de partir, laissant sa tasse de café à moitié remplie.

     Il se leva et voulut prendre congé de Terry. Il lui dit rapidement:

     - Oh! Au fait, Eléonore et moi avons prévu une réception en l'honneur de Père et Mère dans six jours. Tu recevras sûrement l'invitation demain ou après-demain. Bonne journée... ou plutôt soirée.

     - Attends donc! s'écria Terry en se levant à son tour. Je voulais savoir... Connais-tu un certain Snicket? Adrian, de son nom.

     Et le Duc sembla hésiter pendant quelques instants.

     - Non. Pas personnellement. Je crois qu'il sera invité à la réception, Éléonore le connait mieux que moi.

     Sur ce, il partit définitivement. Terry Pullman se rassit à sa table, et touilla son reste de chocolat chaud avec sa cuiller d'un air pensif. Il en commanda un autre qu'il but d'un trait, en se brûlant presque la gorge au passage. Il paya l'addition et sortit du Salon. Quelque chose l'embêtait dans cet incendie.
Réponse #2 Mar 20 Déc 2011, 16:53
Terry
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Chapitre II
La réception

______________________________________
     Terry reçut effectivement un mot de la main de la belle Eléonore. Lorsqu'il le lut, tout en sirotant un café chaud dans mon lit, il ne put s'empêcher de sourire. Il eut deux pensées. La première, c'était de la satisfaction: ses planifications ne rencontraient pas d'obstacle: il irait à cette réception. La seconde pensée fut de regret de tromper ses deux amis Duc et Duchesse de Winnipeg, car le travail que menait Terry l'obligeait à n'avoir que peu d'amis, et ceux-là lui étaient chers.

     La lettre disait ceci:


     Cher Terry,

Je te convie à la réception que mon frère et moi organisons en la mémoire de nos défunts parents.
Il va de soi que je compte sur ta présence: mère t'aimait beaucoup; rappelle-toi qu'elle nous voulait mariés...
La réception se déroulera le vingt-et-un au soir, dans notre manoir de campagne.
A très bientôt.

Amicalement,
Eléonore de Winnipeg


     Terry repensa que Adrian Snicket serait là à la fameuse réception. Il était donc obligatoire pour Terry de s'y rendre, et même tôt dans la soirée. Lui qui n'aimait guère les réceptions pompeuses... Celle-ci serait encore moins agréable, entre les recherches qu'il devrait y poursuivre, les discours sur les défunts parents des Duc et Duchesse de Winnipeg, et les multiples invités.

     Il regrettait depuis longtemps d'avoir pris le dossier Snicket. Enquêter sur cet Adrian plein de mystères n'était pas aisé, mais le fait qu'il faille le suivre jusque dans une réception funèbre en l'honneur d'un couple que Terry avait connu était tout à fait incommodant. Terry ne voulait pas que les frère et soeur Winnipeg soient mêlés à cette affaire. Cependant, ce que Terry ne savait pas, c'est que c'était déjà trop tard: la machine destructrice était en marche.

     Terry étudiait le dossier d'Adrian depuis un mois ou deux et il fallait se rendre à l'évidence: cet homme savait se cacher et il le faisait depuis des années. Il avait disparu de la circulation après une sombre affaire qui ne fut jamais élucidée... Une affaire totalement mystérieuse.

     Mais maintenant que Terry Pullman, agent secret aux multiples réussites inconnues du grand public, avait saisi le dossier, il ne pouvait plus le décoller avant d'en avoir découvert un minimum: question d'éthique.

     Il savait bien que cette sombre histoire était bien loin d'être achevée: il restait encore de sombres points à éclaircir, mais fourrer son nez dans la vie d'un homme empreint de dangerosité, à ce qu'on disait, n'était pas de bonne augure. Mais la curiosité qui rongeait Terry était plus forte que sa propre raison.


     Le vingt-et-un au soir, comme cela était prévu, Terry prit un chauffeur de taxi et lui donna l'adresse du manoir des Winnipeg. La vieille voiture mit beaucoup de temps pour arriver à destination et quand le taxi s'arrêta devant le manoir, le conducteur siffla.

     - Eh bien, m'sieur! Vous n'êtes pas invité à n'importe quoi!

     Et c'était bien vrai... Quelques dizaines de taxis et voitures étaient garées au bord d'un jardin menant à un somptueux manoir taillé dans la pierre. C'était un immense bâtiment qui avait été érigé il y avait cinq siècles de cela, par un des ancêtres des Winnipeg. Du manoir s'échappaient des musiques, des rires, des pas, des tintements de verres, et quantité d'autres bruits caractéristiques d'une soirée de la haute-société.

     Terry demanda au taxi de rester quelques heures, il serait grassement payé. Puis, il se retourna vers le manoir et les pelouses, les jardins, les arbres et arbustes qui semblaient tenter de cacher le manoir par leur magnificence. Les haies étaient taillées, les herbes coupées, et le décor montrait bien chez quel genre de personne Terry allait. Ceci dit, le manoir, derrière son allure luxurieuse, avait toujours laissé à Terry un mauvaise arrière-goût: il ne s'était jamais senti à l'aise dans cet endroit trop vaste, aux recoins trop sombres.

     Il était tout de même plutôt fier de pouvoir accéder à une réception de la sorte, en tant qu'invité. Petits canapés, petites tartes, petits fours, petits émiettés de canard confit, petits gâteaux au chocolat noir, chocolat fondant, chocolat cuit, chocolat trempé... Les mets étaient délicieux, les invités chaleureux.

     Passées les discussions, Terry aperçut, une heure environ après son arrivée, la belle Éléonore Winnipeg apparaître dans la foule. Autour d'elle, les hommes et les femmes se pressaient pour lui parler, lui donner à manger et à boire. Terry alla la rejoindre lorsque la masse se fut écartée.

     - Bonsoir Éléonore.

     - Ah, Terry! fit celle-ci en se tournant vers lui. Bonsoir, mon cher...

     Elle avait de longues cernes sous les yeux.

     - Oh, tu ferais bien d'aller te reposer, très chère, fit-il, alors qu'elle s'appuyait contre une table, à proximité.

     Elle portait une robe rouge vif, à col plongeant dans le dos, et Terry la voyait bien faible. Tout d'abord, elle refusa, mais lorsqu'il voulut lui soutenir le coude, elle se résigna.

     - Oui, je suppose que tu as raison... marmonna-t-elle en faisant une drôle de moue. Je vais aller me reposer dans ma chambre. Je reviendrai tout à l'heure, je suppose.

     Ainsi, à peine arrivée, elle prit le grand escalier qui menait à un étage, et disparut... Etant donné que personne n'était monté à l'étage à part elle, car la réception se déroulait au rez-de-chaussée, Terry fut bien étonné que quelques secondes après que la duchesse de Winnipeg ait disparu au premier étage, un homme monte les escaliers deux à deux.

     De dos, il semblait être fort bien habillé et fort bien coiffé, vêtu sombrement, avec l'élégance à la fois bourgeoise et simple d'un homme digne. Terry se demandait bien qui était cet homme. Il fut donc la troisième personne à monter ces marches, quelques instants plus tard.

     Il se retrouva dans un immense corridor sombre, bordé de portes; un corridor qui montait, qui descendait, qui tournait... Un véritable labyrinthe dans le manoir. Au loin, il vit l'homme et ne se trompa pas: c'était ce Snicket! Terry hésita à le suivre, sa peur du manoir resurgissant tout à coup, mais se lança tout de même à la poursuite de l'autre. Rasant les murs, il marchait en faisant le moins de bruit possible pour ne pas se faire repérer par l'autre homme.

     Au bout de quelques secondes, l'homme entra dans une pièce, et lorsque Terry ouvrit la porte de la pièce, il vit que ce n'était qu'un vestibule menant à un autre corridor. Quelques instants plus tard, Adrian Snicket était hors de vue et Terry Pullman s'était perdu. Il pénétra discrètement dans ce corridor qui était tout à fait noir, à peine éclairé par la lumière de la lune qui parvenait des fenêtres. Il marchait silencieusement, ouvrant les portes tout en tendant l'oreille, mais il était seul. Il tentait de refouler sa peur mais il se sentit terriblement en danger.

     Il ouvrit une nouvelle porte et un rai de lumière entra. Il entra dans ce nouveau corridor et  il le vit. Adrian Snicket se tenait à quelques mètres de lui et il lui faisait face. Terry ne sut pas quoi faire; il se sentait comme un enfant pris la main dans le sac. Ils se regardèrent dans la semi-obscurité du couloir pendant quelques longues secondes, puis l'autre homme tourna les talons et s'enfuit.

     Il fallut quelques minutes pour que la peur de Terry reflue. Il partit dans le sens où Snicket avait fui et se retrouva à son point de départ. Il était en haut de l'escalier, et en scrutant la foule, il aperçut Snicket sortir dans le parc. Terry descendit les escaliers rapidement, traversa la foule au plus vite, mais lorsqu'il fut dehors, une voiture dans laquelle Snicket devait être démarra et partit. Terry en prit le numéro d'immatriculation.

     Après avoir longuement maugréé contre lui-même, il alla retrouver le taxi.

     Au moment où le taxi démarrait, une femme vêtue en noir, au nez pointu et ayant un chat noir dans les bras, passa devant la voiture pour finalement disparaître dans les bois. A ce moment très précis, un homme décrocha le combiné pour constater que la ligne était muette. Et à ce même moment, une femme  de ménage se défit d'une pièce de son déguisement et, perçant un trou derrière une potiche du couloir, examina ce qu'il y avait dans la pièce voisine tout en prêtant l'oreille aux échos étouffés de la réception qui se menait trois étages plus bas.
Réponse #3 Ven 23 Déc 2011, 17:32
Terry
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Chapitre III
L'incendie

______________________________________
     Le lendemain matin, les cernes se dessinaient sous les yeux de Terry, mais il était vainqueur. Alors qu'il marchait dans une des rues enneigées de la ville, il fixait l'homme qui avançait, cinquante mètres devant lui, vers les docks.

     Snicket se rendit dans la compagnie maritime. Entrant dans le bâtiment principal, Terry le suivit et put entendre sa conversation avec une femme qui travaillait dans la compagnie. Il prit un billet pour le grand paquebot, le "Prospero", pour le lendemain, à destination du continent d'en face, par-delà le grand océan.

     Lorsqu'il fut parti, Terry se dirigea vers la femme et lui dit:

     - Un billet pour le départ du Prospero de demain, s'il vous plait.



     Une heure plus tard, Terry était assis à une terrasse; il était le seul client à oser rester dehors dans le froid hivernal. En réalité, Terry était en face d'un petit immeuble du centre-ville dans lequel Snicket était entré quelques instants plus tôt. Cet immeuble n'était pas sensé être l'endroit où Snicket habitait. Caché derrière son journal, Terry vit par les fenêtres de l'immeuble que Snicket était monté au quatrième étage, d'un pas déterminé et rapide.

     Les heures passaient et Terry se lassait. Après avoir bu quatre cafés, la fatigue le submergea et il s'endormit sur son fauteuil, le visage bleui par le froid.

     Ce fut une détonation qui le réveilla d'un sursaut. Il se redressa sur sa chaise et ouvrit ses yeux engourdis par le froid. L'immeuble était en feu et il semblait provenir du second étage car la plupart des flammes provenaient de là. Les fenêtres étaient éclatées, les débris sur le trottoir et un panache de fumée noire s'échappait de l'immeuble.

     Dans la rue, l'agitation régnait et les pompiers arrivèrent rapidement et le feu fut éteint au bout de quelques minutes. Les habitants de l'immeuble sortirent rapidement, l'air hagard et surpris. Mais Snicket ne sortit jamais de l'immeuble.

     Cher lecteur, ne te détrompe pas: Snicket n'était pas mort. Ayant vu Terry s'endormir, de la fenêtre de l'appartement 412, il s'était empressé de quitter l'immeuble. Terry, à ce moment-là, fut prié par les pompiers ne quitter les environs. Il demanda à un des pompiers qui avait pénétré dans l'immeuble; celui-ci lui dit que personne n'était mort.
Réponse #4 Lun 02 Jan 2012, 19:12
Terry
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Chapitre IV
Jeux de Minuit

______________________________________
     Et le vingt-troisième jour de ce même mois de froid, à quatorze heures et quarante-deux minutes, trois secondes, Terry posait le pied sur le dénommé Prospero, le luxueux bateau, tout de longueur et de splendeur.

     Terry aurait beaucoup aimé en profiter, regarder le plan du navire et de ses quatorze étages, restaurants, bars, piscines et autres fantaisies. Cela le faisait regretter de ne pas être en vacances. Et des vacances, il n'en avait pas eu depuis fort longtemps.

     Surtout que la destination était pleine de charme... Le soleil serait là-bas au rendez-vous, mais les investigations n'étaient pas le meilleur moyen de découvrir un pays lointain. Terry ne profiterait pas de l'exotisme. En tout cas, il croyait qu'il n'aurait pas affaire au sable fin.

     Le trajet durerait environ un jour et demi, Terry n'avait donc que peu de temps pour retrouver Snicket. Lorsque le Propsero partit sous les regards des personnes assemblées sur les docks, Terry chercha sa cabine personnelle où il devrait passer la nuit. Il lui fallut beaucoup de temps pour repérer les lieux, mais quand il entra enfin, il fut émerveillé par la richesse du Prospero. La cabine était comme d'or et d'argent!

     Il ne fit qu'y poser son sac et ressortit immédiatement. Il partait flâner dans le bateau, à la recherche d'un homme discret, mais non pas moins dangereux.



     Il était neuf heures du soir et Terry était épuisé d'avoir trainé de long en large dans le bateau, en vain. Sa technique de recherche s'était montrée lamentable, et il se rendit à l'évidence qu'il était temps d'arrêter.

     Il se rendit sur le pont supérieur, et après avoir commandé un repas, il s'assit dans une chaise longue, à proximité de la piscine où les enfants jouaient encore. Il y avait aussi un bar où de jeunes adultes s'amusaient.

     Il les regarda avec envie, puis s'allongea complètement dans la chaise longue.

     Il ne tarda pas à s'assoupir.

     Ce fut un cri perçant provenant de la piscine qui le réveilla en sursaut. Il jeta un oeil offusqué à l'endroit d'où le cri s'était échappé. Deux jeunes femmes se débattaient en rigolant, s'amusant à se mettre mutuellement la tête sous l'eau. Il regarda l'heure et vit qu'il était presque minuit.

     Il se redressa brusquement, vexé de s'être endormi si longtemps et vit un plateau de repas posé à côté de lui. Il commença à manger le contenu, une salade de tout un attirail d'aliments frais.

     Il avait chaud et enleva sa veste. Il eut un sourire: il allait vers une bien belle destination, s'il faisait déjà chaud à cette heure-là!

     Alors que Terry s'apprêtait à croquer dans une énorme crevette, il y eut un grand bruit aux alentours. Un coup de revolver, assurément. Il se leva brusquement.

     Le coup provenait du pont inférieur. Il dévala les escaliers et ne vit rien. Il n'y avait personne. Les gens du pont supérieur semblaient s'inquiéter, et certains descendirent. Terry eut un éclair de compréhension, et courut à toute vitesse... à l'opposé du bateau.

     Son intuition se révéla juste. Devant lui, un homme était ligoté contre un poteau, alors qu'un autre venait de détacher un des canoës de secours qui tomba platement sur l'océan. Ce dernier homme... c'était Snicket.

     Celui-ci l'aperçut et sauta en plein dans le canoë.

     Alors que d'autres personnes accouraient et désignaient Snicket du doigt, en criant sans rien faire, et Terry se décida.

     Il monta sur la balustrade et sauta dans l'eau, près de la barque. Adrian Snicket, alerté par le bruit, se tourna et le vit. Visiblement apeuré, ce qui était une chose étrange à voir, il se mit à la pagayer à toute vitesse. Terry avait toujours été plutôt nageur et Adrian Snicket se sentait ballotté par la digestion d'un repas plutôt copieux: Terry n'eut aucun mal à rattraper le canoë et à monter dessus.

     Snicket s'arrêta et sembla prêt à lui enfoncer la rame dans les reins, mais Terry lui dit à voix basse, de façon à ce que personne ne puisse les entendre du haut du bateau:

     - Adrian Snicket! Vous avez ligoté cet homme, je le sais! J'enquête sur vous! Mais je ne suis en aucun cas un ennemi!

     Et soudain, Terry dit quelque chose sans vraiment s'en rendre compte:

     - Je vous comprends! Je suis de votre côté! Pagayez, et éloignons-nous du Prospero!

     L'autre murmura quelque chose et se remit à pagayer. Les rumeurs du Prospero s'éloignaient.

     - Vous savez, dit Snicket, je suis convaincu que votre compagnie me sera agréable, monsieur Pullman! Mais vous risquez de regretter de m'accompagner...

     Terry ne répondit rien, choqué de voir que Snicket connaissait son prénom, et donc son existence.



     La nuit avait cédé au jour et les deux hommes ne parlaient pas. Ils étaient assis côte à côte, chacun ramant sans grande conviction, en s’ignorant le mieux possible.

     Terry se rendait tout juste compte de la bêtise qu’il avait faite : sauter du paquebot pour rejoindre Adrian Snicket dans la barque… Ce dernier n’étant même pas un homme de confiance aux yeux de Terry. Après avoir enquêté sur lui, il ne le connaissait toujours pas. Pire: il avait peur de Snicket.

     Au bout d’un moment, Terry posa une question qui le taraudait depuis un moment :

     - Excusez-moi… Savez-vous où nous allons, au juste? Il serait peut-être temps de me dire si vos projets... si vous en avez.

     L’autre se contenta de rire et de lui déclarer avec un large sourire :

     - Vous savez, je ne suis pas un charlatan! Vous devriez le savoir, non?

     Terry ne dit rien. Cette remarque le laissait perplexe.

     - C’est vrai, poursuivit Adrian, depuis le temps que les gens me croient dangereux, j’ai bien appris deux choses. La première, c’est de toujours faire attention de savoir si je suis suivi par un quelconque inspecteur. La seconde chose, c’est de toujours avoir un plan en avance, plus un autre plan, au cas où le premier échouerait.
     En l’occurrence, j’ai remarqué votre petit jeu chez les Winnipeg, et je crois avoir réussi à vous semer, je me trompe?


     - Vous ne répondez pas à ma question.

     Il avait l’air intelligent, mais Terry était énervé d’entendre ces sarcasmes. Il avait toujours été un détective discret dans ses diverses missions et n’avait jamais échoué. Il comptait bien à ce que ça ne s’arrête pas là.

     - Ah oui ! dit Adrian avec plus de sérieux. J’ai un plan. Je compte sur la pluie et le beau temps, ou plutôt le mauvais temps. Ne vous inquiétez pas, et regardez plutôt derrière vous.

     Le ciel de ce matin de fin décembre était sombre devant Terry, mais quand il se retourna, il vit au loin des éclairs strier le ciel, annonciateurs d’un orage violent.

     - La tempête vient vers nous. Rien ne sert de ramer, fit Snicket en lâchant la sienne.

     - Comment?! fit Terry. Nous allons la laisser s’approcher sans rien faire? C’est beaucoup trop dangereux!

     - Peut-être, mais il vous fallait réfléchir avant de sauter du Prospero!

     Le vent se levait.
« Dernière édition: Lun 02 Jan 2012, 21:18 par Terry »
Réponse #5 Sam 21 Jan 2012, 18:38
Terry
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Chapitre V
L'île

______________________________________
Cher lecteur,
Vous voilà devenu encore plus curieux de savoir ce que l'histoire réserve à Terry et à Adrian Snicket? Ce petit jeu auquel vous vous livrez est devenu dangereux.
Ce ne sont pas des paroles en l'air; j'ai été victime, hier sur les coups de dix-sept heures, d'un incendie. Je n'en dirai pas plus, mais mes ennemis pourraient ne pas pardonner la lecture de la suite de ce manuscrit.
Je suis navré de le dire mais je vous aurais prévenu une dernière fois: la suite de ce présent livre risquerait de vous nuire.

______________________________________
     Le soleil se lève et commence à se refléter sur l'océan d'un calme seulement perturbé par les animaux marins qui sautent par moments hors de l'eau, ou bien par les oiseaux qui chassent. La nuit a été assez froide, pour une fois, ce qui laisse présager un jour chaud et aride.

     Une île semble prendre ses racines dans l'eau salée. Une île déserte? Bien sûr que non. Dans la jungle profonde, nichée près du tronc d'un palmier, une panthère dort. Son ronflement est régulier et effrayant. Non loin de la bête, une chauve-souris commence juste à sommeiller, enfouie dans le branchage épais d'un arbre.

     Le vent chaud souffle doucement au-dessus de la cime des arbres exotiques. Une noix de coco tombe tout de même, après s'être balancée depuis l'arbre durant plusieurs jours et nuits d'attente de ce moment où elle se décroche. Elle roule, comme si elle s'était fixé un point précis, auquel elle arrive enfin, malgré les monticules de sables et les trous creusés par les animaux, poussée par le vent. Un peu de sable s'accroche à sa coque, mais ce sable disparait lorsque le fruit touche l'eau de l'océan. Le flux l'englobe avec un bruit tout naturel.

     C'est une eau bleutée mais aussi argentée, à cause du soleil qui plombe cet océan. L'eau est chaude, grâce au soleil. La noix de coco est attirée un peu plus loin du rivage par les vagues. Elle semble être guidée par le courant. Elle vogue sur la surface plane de l'eau jusqu'à frôler...


     Je ne décrirai pas la tempête que les deux hommes essuyèrent cette nuit-là. Lorsque Terry se réveilla, une noix de coco juste à côté de son crâne, trempé, au fond de la barque brisée dans laquelle il avait passé cette horrible tempête, il découvrit un petit matin étrangement calme, à croire que la furie de la veille n'avait été qu'un cauchemar.

     Il se releva, un peu chancelant, du fond de la coque immobile, tout courbatu d'être resté des heures entières au fond de la coque. C'est en prenant appui sur sa main gauche pour ressortir de la barque qu'il sentit une douleur aiguë traverser sa main. Ses deux derniers doigts étaient gonflés et violets et Terry ne parvenait pas à les bouger. Il décida de repenser à cela plus tard.

     Il vit Adrian Snicket qui dormait paisiblement au fond du bateau, recroquevillé comme un foetus dans le ventre de sa mère. Après l'avoir observé pendant plusieurs instants, s'attendant presque à voir l'homme ouvrir les yeux et lui sauter dessus pour le tuer, Terry s’efforça de déterminer où il était et par quelle chance ils avaient pu survivre à la tempête.

     Il examina les alentours et sa perplexité s’agrandit, car jamais il ne s'était trouvé dans pareil décor. Au premier regard, il se crut toujours au milieu des eaux, car le paysage, à perte de vue, n'était que le miroitement mouillé, d'un bord à l'autre de l'horizon noyé de brume du matin.

     Mais à mieux y regarder, on découvrait deux choses: d'abord, que la profondeur de l'eau n'excédait pas celle d'une flaque; de plus, cette grosse flaque était jonchée d'épaves divers. Il y avait de tout et de rien, à croire que la tempête avait balayé toute l'eau de l'océan, ramenant tout ce que ces eaux contenaient à cet endroit précis.

     - Ceci est un haut-fond, ou une plate-forme, comme vous le voulez.

     Terry se retourna. C'était la voix de Snicket qui l'observait avec un petit rictus au coin de la bouche. Il se leva de la barque et sauta pieds joints dans l'eau.

     - Qu'est-il arrivé à vos doigts? dit-il.

     - Ils ont dû être tordus contre le bateau pendant la tempête.

     Snicket prit sa main gauche et l'examina, tapotant légèrement aux endroits les plus foncés.

     - Je sais ce qu'on pourra y faire. Dépêchons-nous d'aller rejoindre la côte, l'île n'est pas loin! déclara-t-il, sa bouche s'étirant en un long sourire qui évoquait celui qu'un requin aurait pu faire.

     Snicket partit dans une direction qui semblait être totalement aléatoire et Terry le lui fit remarquer.

     - Avez-vous au moins une petite idée de l'endroit où se trouve cette côte?... cette île?

     - C'est effectivement une île. Faites-moi confiance Terry, je sais où nous allons.

     Snicket touchait précisement du doigt le problème: Terry n'avait pas confiance en lui. Aussi il le suivit, tout en gardant quelques mètres de distances.

     Après ce que Terry estimait comme une heure de marche face au soleil montant sur l'étendue d'eaux turquoises, là bas, au loin, une vague forme d'île toute plate et en longueur émergeait.

     - Comment saviez-vous que nous arriverions ici? demanda Terry.

     Toute cette histoire lui semblait étrange, voire inquiétante. Il s'imaginait déjà arriver sur une île infestée d'indigènes prêts à les manger tous deux. Il ne voulait pas mourir si jeune, il n'avait pas assez vécu.

     - Ce sont mes parents, répondit l'autre. Ils m'avaient raconté, lorsque j'étais petit, qu'il existait une île, un havre de paix, un endroit unique au monde, un paradis sur terre où tous les problèmes s'envolent. Et ils ont eu raison.

     Encore de longs instants de marche et l'île se rapprochait de plus en plus. Adrian Snicket marchait toujours plus vite, avec ce même sourire de requin sur ses lèvres. Il semblait jubiler intérieurement. Quant à Terry, il réalisait l'étendue de la panade dans laquelle il était: il était blessé à la main, rescapé d'une tempête sur une île, avec pour compagnon un inconnu probablement hautement dangereux mais surtout très mystérieux. Quand la côte ne fut plus qu'à quelques mètres, Terry s'arrêta de marcher. On était le 25 décembre, le jour de Noël. Et Terry s'était réveillé dans la coque d'un bateau brisé, sur un haut-fond, aux abords d'une île que peut-être il ne quitterait jamais.
« Dernière édition: Sam 25 Fév 2012, 20:17 par Mrpolins »
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