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News du 22/06/2018
Avis à tous les survivants!

Suite à la discussion avec la communauté de 650km.com, Angelstar (le créateur du jeu), a décider d’aller de l’avant et d’engager toutes ses forces dans une toute nouvelle version du jeu!
Cela signifie que pour que ce nouveau projet avance correctement, le jeu en ligne vas s’arrêter courant septembre.
L’équipe de développement, votre modérateur préféré (bigbug001) et notre community manageuse sera là pour répondre à vos questions, vous montrer les avancées du jeu (qui ne sera pas un jeu web!) et plein d’autres discussions très interessantes! Ou pas :)
C'est donc pour ça que l'on vous fait cette proposition : Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
Cliquez sur le lien suivant et rejoignez-nous! https://discord.gg/SqxZ6HX


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Auteur Discussion: [Journal] The One Who Crashed  (Lu 26254 fois)
Réponse #50 Ven 03 Juil 2009, 18:17
Bing
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Previously on The one who crashed ...



Une homme fuyant un passé étouffant ...
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- Le prochain avion qui décolle aura pour destination Sydney, en Australie et partira dans exactement 45 minutes. Vous avez de la chance il ne reste qu'une place. Vous souhaitez prendre ce vol ?

- Oui c'est très bien, je prends la place.

- Vous avez des bagages ?

- Non ... je ... non pas de bagages.

Un accident inattendu ...
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- Mesdames et messieurs nous allons entrer dans une zone de turbulences veuillez ne pas quitter vos sièges. Les radars marchent plus, et tous les instruments s'affolent ...


Une île bien pleine de mystères sur laquelle il vivra bien des aventures pleines de ...

Mystères!

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- Bon j'ai pas la bonne clé ...

***

- J'ai l'étrange sensation d'être observé et j'aime pas trop beaucoup ça ...


De rencontres !
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- Euh ... Yew ? ...

- Euh... euh... Hein ?! Merde t'es qui ?! Tu sors d'où ?! Oui j'suis bien Yew

***

- Enchanté Lline ! Ca fait longtemps que tu es sur cette île ?

***

- Je suis la mort.

***



D'action!
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- ... plus tôt ! ... Aoutch, me tête ...

***

- AAAaaahhh !!!

***

- Dios míos ! Somos perdidos ...

- Sauve-toi !


De luxure!
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- Vous resterez bien pour un dernier verre ?


De suspense!
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- Une partie de Devine à qui j'pense ?

- Miaou ?

- T'es un fort toi !

Après bien des péripéties il avait réussi à rejoindre la civilisation et à commencer à se reconstruire une nouvelle vie. Mais voilà qu'aujourd'hui il est de retour sur l'île.






"It only ends once.
 Everything that comes before is just progress."
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #51 Sam 25 Juil 2009, 02:27
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[J'voudrais pas crever]


M'y revoilà, cette île doit avoir une affinité particulière avec moi. Ce petit je ne sais quoi qui fait que j'y suis revenu, et qui fera que mon destin est lié à elle. Je suis revenu pour changer ce qui normalement est immuable, and I succeed, petit à petit les anciens souvenirs laissent place à des nouveaux. Il est -je suis- en train de les reconstruire, quelques détails resteront les mêmes car c'est fou comment malgré les changements le destin s'adapte.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles

Petit à petit j'aurais oublié le passé, et j'apprendrais à faire avec ces nouvelles images qui ressurgissent d'un autre. Mais est-ce que j'aurais le temps de tous les ressentir ? J'ai pertinemment fait le choix de revenir, mais j'ai peur de mourir avant de ... Toute ma vie j'ai cherché le moyen de revenir, et de changer et maintenant j'ai peur de mourir.

C'est une chance d'avoir réussi, pendant que mes forces étaient encore présentes. Mais maintenant je les sens me quitter, la vieillesse rattrape le temps que je lui ai pris toutes ces années, et elle va un peu trop vite à mon goût. Assis là devant la cascade qui m'a autrefois guéri et rendu service tant de fois elle semble aujourd'hui bien inutile. J'ai essayé mais qu'espérai-je ? Une cure de jouvence ?

Sans doute.


Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle

J'espère que là bas, il -je- profite bien de la seconde chance qui lui est donnée. Moi j'attends le dernier souffle avec cette angoisse au ventre. Chaque minute qui passe me rapproche de l'imminente seconde où tout défilera devant mes yeux, un flash, et puis plus rien. Et puis l'autre côté.

Et pourtant j'ai peur, et j'ai tellement de regrets. J'voudrais pas crever ... pas avant ...


Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux


Et pourtant ma seconde chance je l'ai eue, j'ai même eu plus de chance que la plupart, je devrais au contraire savourer ce moment et attendre avec impatience cette seconde où tout me reviendra. Où tous mes souvenirs d'angoisse de ne pas y arriver vont s'estomper, pour être remplacés par ces nouveau forgés au fil du temps et des étapes.

Une légère brise caresse mon visage, dans l'eau claire mon visage dont chaque ride est une aventure passée me renvoie mon demi-sourire. C'est l'heure, et à présent j'ai tout oublié.
A présent je me souviens de tout.

Dans mon dos une voix familière:


- Bonsoir, it's a small world indeed ...



Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

[...]
J'voudrais pas crever - Boris Vian
« Dernière édition: Mer 18 Nov 2009, 02:33 par Bing »
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #52 Mer 18 Nov 2009, 02:31
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[La Mort II]



- Comme on se retrouve. Le monde est petit ...

Je me retrouvais à présent face à un vieil homme, aux traits japonais. Vêtu d'un simple kimono noir attaché par une longue ceinture blanche immaculée. Sobre, très classe. Mais je n'avais pas la tête à penser à la mode, je n'avais pas souvenir d'avoir déjà rencontré cet homme auparavant. Alors comment pouvaient-ils se "retrouver" ?
Soudain, l'espace d'une seconde, le temps d'un flash, l'apparition changea d'apparence. J'y vis un grand pirate, blanc comme un linge, tout le contraire de ce petit vieux aux traits tirés mais toutefois chaleureux qui se tenait devant moi. Mais j'avais compris, je lui avais déjà fait face une fois il y a bien longtemps sur cette même île, mais cette fois je me doutais bien qu'il n'y avait pas erreur sur la personne, il venait pour moi.

Je l'attendais à vrai dire, j'étais fatigué et c'est sereinement que je lui répondit :


- Je suis prêt à vous suivre, j'ai fait ce qu'il fallait, je n'attends plus rien. J'ai hâte de voir ce qu'il se cache de l'autre côté.

- Oui mais non, tu cogites vite et bien, mais vite. Trop vite. Je suis là pour te délivrer un colis et je repars. On a d'autres plans pour toi. Tu sais, après tes exploits, à Avalon on parle que de toi. Bastet s'est même prise d'affection pour toi. Le colis, c'est de sa part d'ailleurs. Les autres ont signé aussi mais c'est son idée.


Avalon ... Bastet ... J'étais un peu déboussolé. A l'article de la mort je me mettais à délirer complètement, il n'y avait pas d'autre solution. D'ici quelques minutes j'allais rendre mon dernier soupir et disparaitre.
Et puis ...

*Paf*

Je ne l'avais pas vue venir celle-là, costaud le vieillard, même si de mon côté je n'étais pas plus jeune. Sa droite m'avait fait décoller du sol et atterrir dans l'eau de la cascade. Si c'était ça passer dans l'autre monde c'était moyen ... j'aurais vu ça un peu plus classe. Mais dans l'eau j'étais en manque d'air, ainsi en deux brasses j'étais remonté à la surface. Là haut m'attendait non plus le vieillard mais une jolie nymphe blonde, dans son plus simple appareil.


- Rêve pas mon gars, c'est toujours moi. Je m'étais juste lassé de mon autre apparence. Deux mois que je me le trimballais, le charisme le dispute peut-être à la prestance mais quand même ! Alors oui, Avalon, Bastet et tout le beau monde. Ils en sont à la mixité maintenant Là Haut, c'est la nouvelle mode. Ils vous ont rien dit à vous sur Terre, ils ont un peu peur de la façon dont vous le prendriez. C'était déjà le bordel avant alors avec ça. Moi du moment qu'on me laisse peinard dans mon coin et qu'on change pas mes petites habitudes, j'vous dirais ...

Bref, colis transmis. Quand tu te seras sorti de l'eau, séché, tatati-tatata, tu regarderas sous le rocher là, la lettre des autres t'attend. Tout y est expliqué, c'est pas non plus à moi d'me taper tout le boulot et j'ai pas que ça à faire. Te fais pas de mouron va, on se reverra !

Et comme on dit: Mundi placet et spiritus minima. Deux trois mots latins ça fait mystérieux. Même si ça veut dire que dalle, mais l'effet reste le même.
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Réponse #53 Lun 23 Nov 2009, 00:30
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[La Lettre]


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Cher mortel,

A présent que tu lis ceci, tu as déjà en ta possession notre cadeau. Tes pérégrinations à travers le globe ont beaucoup diverti la plupart d'entre nous, et certains ont été très ému de ton histoire de cœur et de ton obstination à sauver cet amour perdu (enfin sauf Titania, qui a rendu deux, trois fois son déjeuner, mais c'est normal, tu la connais ... ou pas).
Bref, tu t'es sacrifié jusqu'au bout et je vois bien que tu comptais en finir là au bord de cette cascade, n'ayant plus aucun but précis puisque tu as toi-même exaucé ton souhait le plus cher. Mais nous en avons décidé autrement, et ainsi nous t'offrons une deuxième chance. Un nouveau départ si tu préfères.

Comme tu as pu le remarquer, tu viens de rajeunir, te retrouvant au même âge que le toi-même que tu viens de renvoyer sur le continent. A quelques sercenpattes près. Ça n'est pas un effet de la cascade, car elle n'est pas une source de jouvence mais bel et bien une source de résurrection. En tout cas quand nous là haut on décide qu'elle fonctionne. Tu as donc reçu de la Mort l'effleurement et est tombé à l'eau. A partir de là on a fait le nécessaire et te revoilà sur pieds !

Le seul inconvénient c'est que tu es encore sur cette île. C'est le seul moyen pour que tout le monde se mette d'accord pour te confier ce précieux cadeau, c'est vrai que comme dit l'Autre on fait pas dans le social non plus et on est pas censé intervenir dans les affaires des mortels. Mais on s'octroie parfois quelques transgressions à la règle, même si on est pas toujours tous d'accord sur les condition. D'où ta présence sur l'île.

Tu n'auras pas été le seul à profiter de ce don, ton ami félin aussi est revenu, même si ça ne fonctionne pas pareil, inutile de te rappeler sa particularité. C'est dommage je l'appréciais bien, il était d'une excellente compagnie. Nous avons longuement conversé lui et moi, et je crois qu'il sera plus heureux à tes côtés, et toi aussi.
En parlant de ça, il te sera certainement difficile de faire sans ta madrilène, même si techniquement elle est avec toi, mais ton autre toi, celui que tu as sauvé. Il te faut tourner cette page et entamer ta nouvelle vie sereinement. Pour t'aider Vénus t'a offert un pommier tout près de ton campement, un fruit par jour pendant quelques temps te sera profitable. Je lui ai demandé de diminuer les effets, j'ai pensé que tu ne souhaitais pas l'oublier totalement.

Dernière petite chose, pendant la manipulation qui vous a ramené à la vie toi et Vocalise, il y a eu un incident inattendu. Votre âme n'a fait qu'une pendant quelques secondes et je n'ai pas pu les séparer à temps. Rien de grave, si ce n'est que tu as hérité d'une de ses particularités, ses neuf vies. A part ça tu es le même qu'avant. C'est ma faute à vouloir tout faire en même temps.

Je te souhaite bien du courage pour ton avenir, et si un jour tu as besoin de quelque chose, ton compagnon saura où me trouver.
D'ici là ...




« Dernière édition: Mar 24 Nov 2009, 02:23 par Bing »
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #54 Mar 24 Nov 2009, 02:16
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[Le Gris]




J'ai du relire la lettre au moins cinq fois pour y comprendre quelque chose, j'avais l'impression de devenir fou et d'avoir entre les mains le fruit de mon imagination fertile. Ou alors j'étais au purgatoire. Pas tout à fait l'Enfer parce que je ne voyais pas de flammes et n'étais pas spécialement inconfortable. En Enfer j'imagine qu'on ne nous laisse pas tranquille. Et pas tout à fait au Paradis, parce que je le voyais plus accueillant. Mais je dus me rendre à l'évidence, j'étais de retour, rajeuni, de par un cadeau des Dieux.

Quel cadeau ! Et personnellement j'avais une toute autre définition du mot effleurement, j'avais encore la joue qui me piquait trop de la vie; ça piquait, ça lançait et derrière comment ça repiquait trop. Au moins j'étais certain d'être vivant.
Par contre aucune trace de Vocalise aux alentours, ainsi je décidai de rentrer à mon campement, histoire de voir s'il était toujours au même endroit, et vérifier cette histoire de pommier. J'avais hâte de goûter à ces pommes de Vénus. Je me sentais Adam, là, tout seul sur une île (plus ou moins) paradisiaque et allant droit vers la pomme qui causa sa perte. J'en ressentis un frisson pendant quelques secondes, mais le réprimais bien vite, ça n'avait rien à voir.

Je retrouvais vite le chemin de mon arbre creux, je n'avais pas perdu les bonnes habitudes. C'était vrai que le coup de jeune avait fait son effet, je ne ressentais plus de douleurs aux articulations et me suis même offert un petit sprint dans les dernières minutes, moi qui même à cet âge n'était pas sportif pour deux sous.
Tout était resté à sa place: le parapluie contre la pluie, le panier rempli de barres de céréales impérissables, les ramettes de papier et les stylos. Même le journal, ouvert là en plein milieu du tapis de feuilles mortes. En plein milieu ? Moi qui était toujours soigneux avec ce carnet, comment avait-il pu atterrir là ? La pluie aurait pu l'abimer, ou le vent aurait pu faire s'envoler les quelques feuilles volantes. Voilà qui était étrange. Je le feuilletais machinalement. Des pages manquaient, forcément. Manquaient toutes les pages écrites à partir d'aujourd'hui jusqu'à mon départ. Mais ayant changé le cours du temps ces pages ne s'écriront jamais.
Elles seront remplacées par celles-ci.

Je fus surpris en plein dans mes pensées par un miaulement minuscule. Un jeune matou se réveillait dans les feuilles mortes, probablement à cause de moi. Je le reconnu immédiatement, mais il avait pris un sacré coup de jeune lui aussi: il tenait à peine dans ma main ! Il était comme dans mes souvenirs, son pelage entièrement noir. Mais quelque chose avait changé: sur son pelage je voyais une petite tâche grise, là juste à la place du cœur (du moins là où je m'imaginais qu'il était). J'essayais de l'enlever mais ça n'était pas une tâche, mais bel et bien la couleur du pelage qui avait changé. Je m'approchais pour la voir de plus près quand le chaton leva sa patte et me la posa sur la tête. Son regard non plus n'avait pas changé: tellement expressif.
Je m'emparais d'un petit miroir dans mes affaires et regardai là où il avait posé sa patte. Je fus surpris d'y découvrir à cet endroit même une tâche gris parmi mes cheveux châtains. Le processus de rajeunissement avait-il eu une faille ? C'était tout de même étrange d'avoir la même tâche grise que Vocalise. J'eus une petite conversation de regards avec le petit félin et une seule conclusion en sortit: c'était un décompte.
Un décompte de chaque vie utilisée, il s'adaptait tout simplement à l'homme en colorant les cheveux. Etait-ce donc ainsi que l'on pouvait déceler le nombre de vies utilisée par les chats ? Au nombre de tâches grises ?


- Mon vieux, nous voilà de retour pour de bon. On fait quoi maintenant ?

*Miaou* ?

Lui répondit-il, penchant sa tête sur le côté.
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Réponse #55 Mer 02 Déc 2009, 02:10
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[Le Fruit Défendu]



La soirée était bien entamée, et j'avais passé l'après-midi à jouer avec Vocalise, bien trop content de le retrouver en pleine forme. J'eus une grande conversation avec lui alors qu'il s'amusait avec quelques simples feuilles mortes et un bouchon de liège accroché à une ficelle. Je lui ai raconté toutes mes aventures, à partir de là où il s'était absenté. C'est la grande énigme policière à laquelle j'avais participé avait semblé l'intéresser le plus puisqu'il avait laissé tomber ses jeux et s'était laissé porter par les mots.

Il avait fini par s'endormir. Je l'avais donc laissé tranquille pour aller chercher de quoi manger. J'étais de retour sur l'île et la nourriture était un élément important pour la survie. Même connaissant à présent l'île comme ma poche, je m'étais interdit de prendre mon retour à la légère.
Par contre je ne savais pas ce qu'un chat mangeait à cet âge. Le Vocalise de mes souvenirs rapportait lui-même la nourriture, parfois un bon gros lièvre qui devait bien faire le double de son poids. Mais la petite boule de poils devait-il suivre le même régime ? Je ne me souvenais pas d'avoir rencontré de source de lait au cours de mes pérégrinations sur l'île. J'avais bien vu quelques croquettes mais cela lui conviendrait-il ?

J'allais tout de même faire un tour, au pire j'essayerais avec des fruits, j'aviserais demain pour quelque chose de plus réfléchi. A peine sorti du campement que mon regard fut attiré par le fameux pommier dont parlait la lettre. Sans savoir comment je me suis retrouvé juste en dessous, alors que l'idée même ne m'avait pas effleuré. Sur la branche la plus basse une belle pomme rouge me faisait de l'œil, à portée de main, je n'avais qu'à tendre légèrement le bras.
J'ai hésité.


Elle était en train de ranger les cartes, devant cette table à la nappe pourpre. Plusieurs tables, pas plus grandes qu'un guéridon se trouvaient dans cette pièce aux allures de mini casino. J'étais entré dans la pièce, ouvrant la porte ne sachant pas ce que j'allais y retrouver derrière. Mais je devais le faire.
Elle s'appelait Lügina, bien qu'elle n'ait prononcé aucune parole, à aucun moment. Grande et brune, ses cheveux lisses lui arrivaient jusqu'à la taille. Elle portait une robe noire. Je me suis approché, pour l'aider à ranger et ai tenté un maladroit tour de magie, pour l'impressionner. Mais mes mains n'en faisaient qu'à leur têtes, ce qui la fit sourire. Elle prit une carte et la fit virevolter dans ses doigts. Elle changea de face, tantôt reine de cœur, tantôt as de trèfle.
Du monde entra dans la pièce, les tables se rapprochèrent les unes des autres et tous s'installèrent. Elle aussi. Je dus m'absenter, lui pris la main et l'embrassai. Une cicatrice se dévoila sur son poignet, qu'elle retira brusquement.
Elle ne dit plus un mot, derrière ses cheveux longs.


Elle marchait devant moi, accompagnée de plusieurs amis avec qui elle riait de bon cœur. Elle était blonde comme les blés et ses dreads se laissaient bercer par le vent qui commençait à se lever. Ils marchaient moins vite que moi et j'allais vite les rattraper et sans doute les dépasser. Je les croisais, mais ne put les dépasser, je marchais à présent à leur côtés.
Elle croisa mon regard et je ne put m'empêcher de lui demander si elle habitait la ville elle aussi. J'étais effrayé et en même temps heureux de mon courage, là où d'autres fois j'aurais détourné le regard et accéléré le pas à en courir presque.

- Oui, vers le grand boulevard juste à côté du libraire. Mais là on retourne chez un ami. C'est par là, juste en bordure de la ville.

- Ça tombe bien je vais par là aussi. J'habite pas loin et je rentre justement.

Non, en vérité mon appartement était à l'exact opposé mais c'était sorti tel quel, je n'ai pas pu me rétracter.

- Cool, tu vas faire le chemin avec moi ! Tu veux nous suivre après ? Sauf si tu as quelque chose d'autre de prévu ...

- Non, rien ! -j'ai répondu, un peu trop précipitamment


Elle était assise sur un banc, juste derrière le mien, mais je n'ai su qu'elle était là qu'en entendant ses larmes. Je refermai alors mon notebook, et me retournai. Brune aux cheveux longs, pas plus âgée que moi si ce n'était moins, à ses côtés un landau blanc où on distinguait à peine une petit main qui sortait des couvertures et un petit nez renfrogné sous un gros bonnet de laine. Il est vrai qu'il faisait froid et le nez de la jeune mère avait rougi, d'un chagrin glacé.
Elle remarqua qu'elle était observée et tenta de sécher ses larmes. Dans sa précipitation elle en fit tomber son livre, L'homme à l'envers de Vargas. Je le lui ramassai, et lui tendant lui demandai la raison de son chagrin. Elle vivait depuis quelques mois chez son ami, mais il n'avait pas pu supporter la responsabilité d'un enfant et elle se retrouvait désormais seule, sans savoir où aller. Je lui proposait alors la chambre d'amis inoccupée de mon appartement, qu'elle refusa de peur de déranger, mais je lui en assurai le contraire et avouai qu'un peu de compagnie ne pouvait que me faire du bien. Elle accepta alors, mais insista pour rester le moins possible. Jusqu'à ce que vous vous remettiez, lui ai-je répondu.
On peut se dire tu alors ?


Elle montait les escalier du petit hôtel où on s'était arrêtés. Ils n'avaient que deux chambres simples et elle montait rejoindre la sienne avant le repas. La salle risquait d'être bondée et comme à son habitude elle allait être la première à la rejoindre. Ce genre de foule me demande quelques instants de préparation, je n'ai jamais été un grand fan de ce genre de "grand bain".
J'ouvrais la porte à la volée et lui demandai de trouve une meilleure table que la veille. Elle me sauta au cou et me posa un baiser de braise sur la joue, qui me hantera encore demain, avant de s'envoler aussi vite par le second petit escalier.
Qui se soucie encore d'une bonne table finalement ?



Je me réveillai allongé, à l'abri de l'arbre creux, la bâche couvrant l'ouverture bien maintenue par les lourds galets. Vocalise dormait profondément au creux de mon épaule et ses moustaches me chatouillaient le cou. Je n'avais aucun souvenir de comment je m'étais retrouvé là, mais un trognon de pomme gisait dans ma main et j'étais rassasié plus qu'il ne fallait.

Je ne savais pas ce qu'étaient ces visions, certaines étaient de vrai souvenirs, d'autres de pures inventions de l'inconscient, celui qui se charge de nos rêves. Mais je n'avais en tout cas aucun doute quant à leur provenance, et je dus bien avouer que  j'étais à présent beaucoup plus serein que la veille. Quelque chose avait changé, m'avait changé.

Je saisissais à présent la chance qui m'était donnée.
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #56 Lun 07 Déc 2009, 20:30
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[La nuit du loup II]



A nouveau cette nuit là je fus réveillé par de longs hurlements. Hurlements qui au départ me firent frissonner, mais je m'aperçus bien vite qu'ils n'étaient en aucun cas agressifs, si au moins ce mot pouvait convenir à mon premier sentiment à cette heure là. Je n'osais tout de même pas entr'ouvrir la bâche qui cachait l'ouverture de mon antre, mais je me laissais porter par la mélancolie qui se dégageait de cette voix nocturne.

Je me souvins que lors de mes premières nuits sur l'île j'avais eu la chance d'assister au même spectacle et j'étais ravi de pouvoir renouveler l'expérience. Je sentais même que c'était exactement le même animal que j'avais alors entendu et aperçu furtivement à travers la lumière pâle de la pleine lune. Et cette fois elle semblait seule.

Seule elle ne le fut pas bien longtemps car un deuxième cri se fit entendre, se joignant au premier. Il était sensiblement moins puissant, et semblait encore hésitant. Intrigué, je surmontai alors mes frayeurs et surélevais légèrement le tissu imperméable. Je vis alors au loin, sur un rocher qui surplombait l'horizon deux silhouettes. Celle d'un loup adulte qui poussait du museau un autre, beaucoup plus jeune. Puis, celle que je supposais être la mère du petit leva la tête et chanta à la lune, suivi très rapidement par son petit. Il était maintenant plus assuré, et je ne décelai aucun trémolo comme pour son premier essai. Fier de son rejeton, la mère le gratifia d'un coup de langue sur le front, l'intéressé le prenant pour une incitation au jeu.

La scène me fit sourire, et à l'instant même le regard de la louve se perdit dans ma direction. Avait-elle senti ma présence ? Si ce fut le cas elle n'en laissa rien paraître et continua de jouer avec son petit. Je rabaissai la bâche, le sommeil me rappelant à l'ordre. Et je voulais également laisser l'intimité que méritait cette petite famille.
Je me rendormis, bercé à nouveau par ces chants mélodieux et pleins de mystères.
Je ne remarquai pas que je n'étais pas seul.



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Réponse #57 Jeu 31 Déc 2009, 23:51
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[La main verte]


Citation de: Feuille Volante
Minuit moins vingt sur la plaine enneigée,
 31 Décembre.


J'ai faim, j'ai soif, j'ai froid.
Inaho d'habitude c'est la belle vie, cocotiers soleil et eau fraîche, mais quand c'est l'hiver c'est la zone. Ah elles sont loin les siestes sur la plage, une demi-noix de coco dans une main et un bon bouquin dans l'autre ! Au moins j'avais la classe, je n'avais besoin que d'un caleçon (car la pudeur reste malgré la solitude); là je ressemble à un épouvantail avec tous ces vêtements dépareillés sur le dos: deux pulls, trois chemises, et une salopette rose. De loin mon réveillon le plus coloré ...

Inaho d'habitude si généreuse et fertile n'est désormais qu'un désert froid où la faim tiraille. Sans gants je fouille la neige à la recherche de ces racines si nourrissantes selon le manuel scout que j'ai trouvé en arrivant. Nourrissantes je sais pas, mais elles sont infectes !


Toc !

- Toc ? La neige ça fait Floush d'habitude ... Pas Toc.

Et je ressors de la neige une belle caisse d'environ un mètre sur un mètre. Il n'y a aucune inscription si ce n'est le sempiternel Haut et Bas. Elle est intacte. mais mes doigts gelés glissent, je me casse même un ongle c'est ma veine. Je porte donc ma trouvaille à Giuseppe. Giuseppe c'est le castor belgo-jamaïcain qui traine près de mon campement, qui en échange d'une racine m'ouvre la boite mystérieuse d'un coup de dent. Son contenu me fait aussitôt bondir de joie, ces trois objets étaient exactement ce qu'il me fallait !


- 15 minutes plus tard -


Les deux dernières planches là et j'ai fini. Mais il reste un petit sac avec deux vis et une espèce de pièce en bois ronde (n'ayant pas trouvé l'utilité de ces pièces je les ai mises de côté ...). Je me recule pour admirer mon œuvre: quel joli jacuzzi à monter soi-même !

J'ai encore le troisième objet sur les bras mais le deuxième est parti il y a de ça dix bonnes minutes et ne devrait plus tarder à revenir bientôt maintenant ...


Floush, Floush, Floush ...

Des bruits de pas dans la neige ! Ce sont elles ! Leur campements n'étaient pas si loin que ça, le pigeon voyageur-livreur n'a pas eu de mal à les trouver et leur faire parvenir l'invitation comme convenu. J'avais eu un léger doute quand même, peut-être n'accepteraient-elle pas l'invitation ... mais elles étaient quand même venues, ce nouvel an va être le meilleur de tous finalement !

On s'installe dans le bain à remous (on est un peu à l'étroit, mais je ne vais pas m'en plaindre). C'est le moment de sortir le troisième objet: une bonne bouteille de champ'. Ce réveillon s'annonce vraiment exceptionnel ! 



Le lendemain matin, on retrouvera Bing dans la neige, endormi et frigorifié, le sourire aux lèvres assis contre une caisse remplie de champignons hallucinogènes ...

Cette année, une seule et unique bonne résolution: je recycle !
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Réponse #58 Lun 01 Fév 2010, 02:57
Bing
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[Dix choses que j'emporterais avec moi sur une île déserte - 1]


En me réveillant ce matin, j'ai eu l'impression d'avoir dormi des jours entiers tellement j'avais la pêche. J'étais en pleine forme, c'était sans doute ça que ressentaient tous ces gens qui trouvaient je ne savais où le besoin d'enfiler un jogging dès le matin et de filer courir dans le froid. Je ne les avais jamais compris, mais en cet instant j'aurais bien fait comme eux. Mais non, un fier adepte du précepte de Churchill, le sport ne passera pas par moi!

Je ne trouvais aucune trace de la lettre au destinataire si particulier, ni même du fameux pommier qui semblait avoir poussé en un claquement de doigt la veille au soir. Il n'y a que Vocalise, ma valise et moi, encore rajeuni. C'est la seule trace qui peut prouver que tout cela n'était pas un rêve.
Je me regarde dans le miroir, moi, au même âge que ma première arrivée sur l'île et je me pose la question: ai-je rêvé tout cela ? La sensation d'un long sommeil venait-elle de là ? Si tout ça n'était qu'un vaste rêve de comateux. J'avais lu que certains, une fois dans le coma, continuaient leur vie en rêve. Ça pourrait expliquer tous les phénomènes dignes de science-fiction que j'ai pu subir et enclencher tout au long de ma "première" existence.

Mais la valise est toujours là. Celle que j'ai remplie avant de refaire le voyage pour renvoyer mon jeune moi à la civilisation. Elle doit certainement être une preuve formelle que tout cela est vrai. Ou serait-ce un tour malicieux de ce que l'on appelle l'inconscient ? Je l'ouvre alors et redécouvre ce que j'ai emporté. Je n'avais alors aucune idée de ce qui m'attendait alors, de mon rajeunissement soudain, ainsi ai-je pris ce qui m'a semblé le plus important. Ils pourraient paraître si dérisoires aux yeux des autres, mais ils sont moi.

Le Parfum, reste et restera à jamais mon roman préféré. Je partage avec le héros, Grenouille, quelques affinités, quelques points communs. Non pas ses mauvais côtés meurtriers, j'en serais incapable, mais son type de fille en général peut-être, et plus encore sa volonté d'arriver à achever quelque chose de grand. J'ai aussi toujours trouvé en Jean-Baptiste un petit quelque chose de Robinson, un naufragé sur une île qu'est le monde extérieur. Entouré de tellement de gens, mais si seul dans sa vision qu'il a de ce monde.

Je savais que je n'utiliserais pas longtemps ce calendrier perpétuel (celui où l'on trouve un jour par page), même si maintenant il y a des chances qu'il dure un peu plus longtemps que prévu. Je n'aimais pas cette sensation de perdre le fil des jours pendant mon précédent séjour sur place. J'avais une faible estimation bien entendu, mais lors de mon retour à la civilisation je m'étais quand même éloigné de six bons mois et deux semaines de la date réelle, comme quoi! Et oui, le fait qu'il y ait un joli matou sur chaque page est un pur hasard, totalement involontaire de ma part.

Le troisième objet c'est en fait deux objets, mais je les considère comme un tout. C'est ce que j'utilise là, en ce moment même: un stylo et un carnet. J'avais prévu large, juste au cas où alors j'ai une belle petite réserve de douze carnets et presque le triple en stylos en tout genres. Je n'ai jamais été fétichiste en ce qui concernait l'écriture. Certains ont ce qu'ils appellent un stylo porte-bonheur, ils ne s'en sépareraient jamais et j'en connaissais même qui seraient perdus sans le leur. Mais moi ça m'est égal quel stylo je tiens dans la main. De Musset avait raison, Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Je considère que l'important ce sont les mots qui sortent du stylo, on n'obtient pas un Pullitzer avec un stylo doré! Bien entendu il faut qu'il soit confortable lorsqu'on écrit, mais la coquetterie s'arrête ici.

J'ai bien pensé à la musique également. Pour moi elle était indispensable à ma survie lorsque j'étais encore en contact avec la civilisation, elle le sera encore plus à présent. Elle est un compagnon fidèle pour à peu près toute tâche que j'entreprends et je ne saurais imaginer prendre la plume sans elle à mes côtés. Le vendeur m'a regardé avec un drôle d'air quand je lui ai demandé de me sortir cinq des MP3 les plus évolués de la célèbre pomme, il me fallait bien ça pour me créer un répertoire musical le plus vaste possible. En ce moment même c'est Lhasa qui m'accompagne dans ces lignes que je couche sur le papier, avec sa voix suave.
Beaucoup de moments vécus ont, comme un film, leur Bande Originale. Il suffit que j'écoute The Mass de Era pour me retrouver immédiatement dans un bus sur le routes d'Italie, entre Florence et Rome, ainsi que ce furtif baiser volé dans le couloir de l'hôtel. Les yeux révolver, bien que je l'admette difficilement qu'elle fasse partie de mon "répertoire" me fait penser à elle, et la justesse des paroles me rendent nostalgique de ces moments. Cette musique vaguement house, ou electro, dont le nom et l'interprète m'échappe toujours, me replonge à son écoute dans l'univers secret d'un bon Dan Brown. L'album Gran Turismo des Cardigans et c'est ces heures passées dans le train en direction de Toulouse, Lille, Evreux, Paris, pour y découvrir à chaque fois des amis extraordinaires. Quant à certaines de Souchon, je n'ose même pas l'écrire ici ...
Quant aux batteries de ces engins, elles dureront le temps qu'elles dureront. On en peut pas penser à tout!

Inutile de penser à une connexion Internet sur cette île loin de tout, je l'imagine mal truffée de bornes wi-fi. Je vais avoir du mal à me sevrer de cet outil, mais il le faudra bien, au moins jusqu'à mon retour futur sur le Continent. Si l'envie m'en prend, et surtout si j'en retrouve l'accès. Pour le moment m'en voilà privé et comme substitut je ressors de ma valise un long bâton, attaché à une ficelle, attachée à un bouchon en liège. C'est Vocalise qui va être content.
Internet ne peut rivaliser avec un instant de jeu avec cette boule de poils.

Ça me fait penser à une blague que j'ai entendue, qui a été élue sans aucun doute comme étant ma préférée d'entre toutes: qu'y a-t-il de plus merveilleux que de voir s'amuser des enfants sur un tourniquet ? Je pense qu'avec ceci vous avez résumé l'intérêt de Facebook.
« Dernière édition: Mer 03 Fév 2010, 14:21 par Bing »
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #59 Jeu 04 Fév 2010, 18:01
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[Dix choses que j'emporterais avec moi sur une île déserte - 2]


... C'est de les arrêter avec une pelle.


A l'exercice des dix objets à emporter sur une île déserte beaucoup choisissent des objets qui leur seraient utiles, et qui pourrait les en blâmer ? Pas moi en tout cas, au vu du contenu de ma valise. Beaucoup prévoient un moyen de s'en échapper. Un GPS, une barque, un téléphone satellite ... Mais dans mon cas, comme je l'ai dit, je croyais finir mes jours ici même, je n'ai donc pas pensé utilitaire. J'aurais de toutes façons bien eu du mal à transporter une barque dans mes bagages.
D'autres plus réalistes emporteraient quelques vêtements chauds, de la nourriture. Mais j'avais ce qu'il me fallait sur place. Certes les habits n'étaient pas coordonnés ni même de très bon goût parfois mais qui allait profiter de la vue à part moi ? Quant à la nourriture je reprendrais bien vite les habitudes de cueillette et de chasse des premières années.

Si mes premières idées ont été assez terre à terre, quelques objets pour faire passer le temps, La Suite allait donner dans l'inutile. Bien qu'à mes yeux ils soient indispensables, certains pourraient sourire à l'idée que quelqu'un puisse choisir tout ça pour un tel exil. Je ne peux expliquer pourquoi j'ai pu choisir ces objets en particuliers, ils me parlaient (au figuré, je n'ai pas encore atteint le stade ultime de la folie) et je sentais qu'ils devaient m'accompagner dans mon voyage. C'était comme suivre cette petite voix, sans bien trop savoir si c'est le petit ange sur votre épaule ou son contraire.

Dans ce lot hétéroclite j'ai à présent devant moi un dictionnaire bilingue Français/Bengali, un kit de couture, une flûte à champagne en plastique, un jeu de tarot et un parapluie orange vif. Bien que je perçoive plus ou moins l'utilité de chacun de ces objets (tous provenant de la chambre du dernier hôtel de New Delhi où j'ai séjourné, à part le parapluie que j'ai piqué à la réception) j'imagine plus difficilement en quoi j'ai pu les trouver indispensables au moment de faire ma valise. Mais mon petit doigt me dit que je le saurais bien assez tôt.

Il se met d'ailleurs à pleuvoir, dommage que je sois déjà à l'abri sinon j'aurais pu utiliser le parapluie ...
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #60 Mar 23 Mar 2010, 00:47
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[4 Janvier 2012]

lune


Quatre jours que le monde aurait du s'arrêter, et pourtant à ma fenêtre c'est le quotidien qui reprend sa route pour une nouvelle journée grise. Du moins je suppose, cela fait maintenant des semaines que je n'ai pas ouvert mes volets, car pour moi le monde s'est arrêté il y a plusieurs mois. 2012 n'aurait été qu'un soulagement si tous ces lunatiques pro-apocalypse avaient raison. Alors quoi ? Rien ? Pas de fissure qui nous déverse un torrent de lave, pas de vague géante qui nous submerge, pas de comète qui percute la Terre ?

J'avais jeté un coup d'œil dehors, cigarette au bec à minuit lors de la nouvelle année. Parmi les fêtards habituels pour cet évènement, tous plus ou moins imbibés d'alcool, et plutôt plus que plutôt moins, se trouvait un homme en costume. Il m'a semblé plus tout jeune mais je n'ai jamais été doué pour donner un âge à un inconnu. Tel un trader qui aurait perdu la tête il déambulait, cravate nouée sur la tête, distribuant tel des confettis des billets verts bien vite récupérés par une bande de jeunes du quartier, vite rejoints par une dizaine de personnes du voisinage attirés par le bruit. Arrivé au filtre, je jetai alors mon mégot et refermai les volets.
Irrécupérables.

Inutile d'allumer la télévision, les obsèques de Johnny accaparent les médias depuis maintenant un bon mois. Reportages, témoignages, hommages, décryptages et tout ces mots en ages, tout ça a fini par m'écœurer un peu plus. Je tente en vain de me remettre d'un deuil et voilà qu'on tente de m'en imposer un deuxième.
Je sais que c'est en grande partie de ma faute, me laisser dépérir comme je le fais là n'est pas innocent. Si j'avais pu arriver un peu plus tôt, ça n'était qu'une question de temps.

Et voilà qu'on frappe à la porte, sûrement le proprio avec tous les retards accumulés. Mais à cette heure là ? Même pour réclamer un loyer je n'aurais pas cru qu'il serait sorti à deux heures et demie du matin, surtout avec la réputation du quartier. L'œil collé au judas je peux voir que ça n'est effectivement pas celui auquel j'avais pensé. Qu'est-ce qu'il me veut lui ?

- Oui ?

- Antoine Bentham ?

- Ça dépend. Qui le demande ?

- Police.
J'aurais quelques questions à vous poser à propos de votre livre.


Mon livre ? D'accord, mais lequel ?
Et la police ? Qu'est-ce qu'ils me veulent ? Boah après tout ...

- Deux minutes, je déblaye le courrier qui barre la route et je vous ouvre.
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #61 Mer 30 Juin 2010, 19:24
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[The End Is The Beginning Is The End]


J'arrachai la page avec exaspération hors de la machine, non vraiment tout ça n'allait intéresser personne. Et c'était assez mal écrit, je suppose que je suis plus doué pour de la fiction que pour une autobiographie romancée. Et puis remuer tous ces souvenirs ne servira plus à rien maintenant alors plus tôt je tournerais la page, plus tôt je pourrais me pencher sur ma mission sur cette île, maintenant que j'ai réussi la mienne.

Je ferme donc définitivement ce carnet, à peine entamé, il servira certainement à quelqu'un d'autre, futur naufragé qui souhaitera  extérioriser ses pensées. A celui qui l'aura trouvé en compagnie des carnets précédents, si tu es comme moi du genre à risquer un œil sur les tout derniers mots d'un livre que tu t'aprètes t'apprêtes à lire, ou même si tu viens d'en terminer la fastidieuse lecture, je te dis à bientôt.


[FIN]
Sha-Man Spiritueux de l'île de Pack des STCAA
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Réponse #62 Lun 14 Fév 2011, 22:12
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Citer
_
A ma plus suave des soirées d'été,



Comment t'expliquer les frissons qui m'étreignent dès que je t'aperçois, toute cette impatience qui bouillonne en moi dans l'attente d'une nouvelle page qui pourrait alors s'écrire. Quelles nouvelles aventures nous attendent ? Peut-être une nouvelle rencontre au détour d'un chemin avec cette biche aux yeux verts, une nuée de papillons aussi majestueux qu'éphémères, ou une montée d'adrénaline en croisant un serpent, qui finalement s'éloignera, refusant de blesser une si jolie créature que toi.
Ou bien peut-être pire ...


Pour toi je serais ce matou espiègle et câlin. Ronronnant au creux de tes bras, se laissant caresser même si ça n'est pas dans le sens du poil. Joueur, attentif au moindre de tes mots, qui jamais ne penserait à se faire la belle ailleurs puisque la belle il l'a déjà trouvée dans tes yeux. Mes neuf vies seraient à jamais à toi.
Ou bien jusqu'à ...


Pour toi je serais comme Remus et Black. A la lumière du jour un être qui te ferait découvrir les plus belles choses de la nature, un monde où tout serait une nouveauté, de la rosée du matin jusqu'aux derniers rayons du soleil. Et quand viendrait la lune, un animal docile, se laissant facilement dompter pour se plier à la moindre de tes volontés.
Même si ...


Pour toi je serais ce Nikolaï, pour t'apporter cette touche d'exotisme venu du froid mais qui connait une infinités de façons de se réchauffer. Pas besoin pour lui d'une bouteille de rhum torride pour créer une atmosphère qui le sera tout autant.
Mais un jour ...


Pour toi je pourrais aussi faire ressortir mon côté féminin, que les femmes aiment tant parait-il. Je serais Hazell, charmeuse de serpents et monte-en-l'air, une vie d'aventures. Je serais Mnemosyne, une vision éphémère d'un futur meilleur, gadgets inutiles mais un cœur organique bien réel. Je serais Sybil Vane, grande actrice pour des jeux de rôle sulfureux. Je serais Long Jane, chapeau de Cow-boy et santiags, pas celle qui tire plus vite que son ombre mais plutôt celle qui prend son temps. Je serais la dualité de Liz et d'Elisheba, tantôt pudique pour se laisser désirer puis une vraie catin sous la couette.
Je serais tout ça, mais ...


Pour toi je serais comme Antoine M., je t'amènerais jusqu'au bout du monde, avec en poche uniquement ma carte routière et nos rêves d'évasion illimités. Et il n'y a qu'avec toi, que j'irais dormir chez les Autres.
Mais au final ...


Pour toi je serais Puck, ou bien Schtroumpf Rasta, petits lutins aux multiples talents qui pour te plaire mettraient fin à leur mauvaises habitudes, pipe et cigarette, parce que leur seule drogue serait ton parfum, leur seul trip le son de ta voix, leur seul opium le bleu de tes yeux, leur seul kiff la douceur de ta peau.
Mais le manque viendra ...


Pour toi je serais Clément, cet amour devenu folie, une obsession sans fin, une soif jamais assouvie. Qui ira n'importe où pour toi, brisera les tabous et les interdits si tu le lui demandes. Qui n'aura peur de rien, qui ira jusqu'à faire les choses les plus folles juste pour te prouver sa passion.
Mais ne pourra t'empêcher ...



Ou bien peut-être pire, une mémoire retrouvée.
Ou bien jusqu'à ce que tu te souviennes.
Même si tu lui demandes de t'oublier.
Mais un jour tu fileras à l'anglaise.
Je serais tout ça mais jamais lui.
Mais au final je voyagerais seul.
Mais le manque viendra quand tu partiras.
Mais ne pourra t'empêcher de le rejoindre.

Parce que je ne suis en réalité rien de tout ça, et tu n'es pas non plus Roxanne. Puisque quand la mémoire tu retrouveras, tu seras de nouveau Hélène, et je redeviendrais, moi, le simple Robinson solitaire que je suis. En attendant, je te suis à jamais, alors nourris toujours ton journal, car c'est un peu moi que tu abandonnes à chaque chapitre que tu n'écris plus.

Ton plus fidèle lecteur.

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