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650km : Le Forum
Mar 17 Juil 2018, 18:58 *
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News du 22/06/2018
Avis à tous les survivants!

Suite à la discussion avec la communauté de 650km.com, Angelstar (le créateur du jeu), a décider d’aller de l’avant et d’engager toutes ses forces dans une toute nouvelle version du jeu!
Cela signifie que pour que ce nouveau projet avance correctement, le jeu en ligne vas s’arrêter courant septembre.
L’équipe de développement, votre modérateur préféré (bigbug001) et notre community manageuse sera là pour répondre à vos questions, vous montrer les avancées du jeu (qui ne sera pas un jeu web!) et plein d’autres discussions très interessantes! Ou pas :)
C'est donc pour ça que l'on vous fait cette proposition : Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
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Auteur Discussion: [Journal] Seule  (Lu 17315 fois)
Mer 13 Juin 2007, 23:00
caCtus
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♥ Bourikette ♥



Journalisée
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Journal d'ozils - Seule
(Ce sommaire est destiné à faciliter la recherche d'un épisode précis, il ne fait pas partie du journal.)

-Seule-
-Retrouvailles-
-Commencement-
-Ecriture-
-Fatigue-
-Les pieds sur terre... la tête dans les étoiles?-
-Floriane-
-Lassitude-
-Floriane (bis)-
-Nicolas-
-Te souviens-tu-
-Brièveté-
-Occupations-
-Si c'est pas l'Amérique...-
-Ennui-
-Relecture-
-Le temps-
-Folie-
-Premier décembre-
-Escapade nocturne-
-Folie (bis)-
-Deux-
-Mon amie-
-Intermède-
-Intermède (bis) : Le goût de vivre (Stephen King)-
-D'elles-
-Lis-
-Eveil-
-Renouveau-
-J'ai envie.-
-Travaux Pratiques-
-Peau-M-
-l'Espoir, Vaincu, pleure-
-Il n’existe que deux choses infinies, l’univers-
-et la bêtise humaine... Mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.-
-Au voleur-
-La Une-
-LSD-
-Une soudaine envie de chocolat-
-Les Maux-
-Ce qu'il y a de plus important-
-Retour à la civilisation-





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-Björk ~ Jòga-
-Mano Solo ~ Te souviens-tu?-
-Dolly ~ Partir Seule-
-Dolly ~ Matins d'encre-
-Mathieu Chedid ~ La Fleur-
-The Beatles ~ Lucy in the Sky with Diamonds-
-Le Rue Kétanou ~ Les Mots-
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-Stephen King ~ Brume (Le goût de vivre)-
-Charles Baudelaire ~ Les Fleurs du Mal (LXXVIII - Spleen)-
-Stephen King ~ Différentes saison (L'automne de l'innocence - Le corps)-

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-Pierrick Servais ~ J'ai vomi dans mes cornflakes-
« Dernière édition: Ven 15 Jan 2010, 17:27 par Lline »
Il y a tant de choses qu'on ne saura jamais,
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Réponse #1 Sam 20 Oct 2007, 22:06
caCtus
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Journalisée
mi-juin

J'ai enfin réussi à trouver de quoi écrire.
Mes bics et mon journal y sont passés.
Et seule, oui, dorénavant...
Me revoilà au point de départ.
Ca doit faire un petit mois (je perd de plus en plus la notion du temps), un orage a dévasté ma nouvelle vie. J'étais partie chercher des coquillages, pour notre repas du soir, à Floriane et moi. J'ai vu le ciel rapidement se couvrir d'épais nuages noirs. Je me souviendrai toujours de cette soirée, je crois que les images sont ancrées dans mon esprit. La mer s'est assombrie, mais je suis restée, je n'avais fait que trop peu de trouvailles et ne voulais pas décevoir Floriane, je lui avais promis un repas de luxe. Trop longtemps que l'on n'avait pas mangé à notre faim, et les fruits, ça va bien 5 minutes 2 semaines... Je suis donc restée tard à chercher crabes et coquillages, sous la pluie battante, le vent d'un froid abominable, les vagues qui commençaient à rendre les recherches impossibles. Je n'y voyais plus rien, le ciel était trop noir, et la foudre se faisait entendre au loin, quand j'ai décidé de rentrer à la grotte.
Je l'ai entendue, en chemin. Je me souviens, j'ai eu comme le sang glacé, des frissons m'ont parcouru l'échine, et la forêt m'avait semblé d'un coup beaucoup plus inquiétante, j'ai haté le pas. La foudre. Je l'ai entendue. Si javais su, je me serai mise à courir, laissant notre repas derrière moi.
Quand je suis arrivée à la grotte, un arbre en feu était tombé devant l'entrée. C'est seulement à ce moment-là que j'ai tout lâché pour courir au secours de Floriane. Seulement, il était déjà trop tard, je crois. Du moins je m'ancre dans la tête que je n'aurai rien pu faire, c'est plus facile pour assumer. Dans sa chute l'arbre avait du taper trop fort contre la paroi de l'entrée de notre grotte, qui s'était effondrée.
Je ne me souviens que très vaguement des minutes (heures?) qui ont suivi. Dans la panique j'ai commencé à essayer d'écarter quelques rochers, mais je n'avais que trop peu de forces. Le feu s'est rapidement éteint sous les trombes d'eau. Au bout d'un moment, j'ai réussi à enlever un des morceaux de roche qui obstruaient l'entrée de la grotte, et dessous, j'y ai découvert le bras de Floriane.
Je ne sais pas ce qui lui est arrivé. Je ne sais pas comment ça s'est passé. Ce que je sais, c'est que si j'étais rentrée plus tôt, nous aurions été deux à essayer d'éteindre le feu et de dégager l'arbre rapidement, et j'aurai pu la sauver.

Les mots me manquent, je n'arrive pas à continuer mon récit. Je ferai peut-être mieux de poser ce journal, et de me reposer. Je suis retournée à la grotte seulement aujourd'hui pour finir de déblayer l'entrée. A plus tard.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:30 par caCtus »
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Réponse #2 Sam 20 Oct 2007, 22:08
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Journalisée
Automne - Première année

Après de longs jours passés seule, je suis retournée à la grotte. J'avais besoin de voir si je ne pouvais pas y récupérer un maximum de choses pour me préparer à un hiver qui s'avère rude.
J'ai réussi à tout dégager, et je peux à présent m'y installer.
Je ne m'étais pas rendue compte jusqu'à aujourd'hui du temps qui s'écoule. Mes journées s'étaient arrêtées à chasser, manger, dormir. Pas envie de faire quoique ce soit d'autre. A part attendre. Attendre que ça passe. Mais malheureusement rien ne passe. Personne sur l'île depuis la mort de Floriane. Tout ce que je peux faire, c'est me tenir en vie.
J'ai l'impression de vivre un rêve. Dans les rêves, ont est conscient qu'on rêve, et qu'il ne faut pas y croire, que ça va s'arrêter. Pourtant on y croit, on sourit, on transpire, on a peur, on pleure... Ici c'est pareil. Je sais que je vis ceci. Je sais que j'ai faim, que j'ai froid, que j'ai mal. Mais j'attends que ça se finisse.
Bref, je vois encore une fois que quand je retrouve mon carnet je ne sais plus m'arrêter. En retrouvant les anciennes pages que j'avais perdues lors de l'accident, je me suis rendue compte que c'était mon meilleur ami (après Floriane, qui n'est plus là). En le relisant, je me suis souvenue d'à quel du point auquel de à quel point j'arrivais à faire abstraction de la situation et profitais du reste. Ca m'a fait sourire de relire le fait que je trouvais débile d'écrire un journal, finalement.
Alors j'ai sorti mon carnet de ma poche, j'ai décidé d'essayer de tenir mon journal plus souvent, comme on s'occupe d'un ami.

A bientôt, j'espère trouver de quoi faire tenir les pages retrouvées rapidement.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:30 par caCtus »
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Réponse #3 Sam 20 Oct 2007, 22:10
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Journalisée
2122 février 2007 (si j'ai bien compté)

Je n'ai jamais eu de journal intime, je ne sais pas trop par où commencer celui-là... Je me demande ce que j'aimerai lire si j'étais à la place de cette personne qui, plus tard, retrouvera peut-être ce carnet dans les restes de mon campement, à côté de mon cadavre.

Hé bien, cher journal lecteur
C'est ridicule de s'adresser à quelqu'un qui n'existe pas... enfin si j'écris ce journal, c'est aussi peut-être parce que j'espère m'en sortir un jour et pouvoir le relire plus tard, me souvenir de ce cauchemar, ou cette aventure, ou... la suite me le dira.

Je voulais juste souffler. Je voulais juste m'éloigner de cette vie. Quelques jours. Récupérer. Ne penser à rien d'autre qu'à mon bien être.
Je fais toujours n'importe quoi. Je vais finir par vraiment croire que je suis bonne à rien, et que je m'attire les ennuis.
Ils m'ont tous dit que je pouvais reprendre mes études, récupérer ces quelques jours de retard, que j'en étais capable. "Un de nos meilleurs éléments"... Et voilà, forcément, il a fallu que je renonce à cet avenir prometteur. C'est toujours pareil, dès que j'arrive près du but, je fais demi-tour. Ca a toujours été comme ça, et voilà où ça m'aura amenée : perdue sur une île déserte. Robinson Crusoe. Sauf que dans les livres ou dans les films ça se passe toujours bien. Enfin jusque là, on peut dire que je m'en suis bien sortie.

J'avais commencé à m'asseoir à une centaine de mètres de l'avion encore en feu, et à pleurer sur mon sort, à attendre que quelqu'un arrive, ou qu'un lion sorte des bois et vienne me dévorer.
Puis je me suis dit qu'il était enfin temps que je prenne les choses en mains, j'étais seule, je ne pouvais plus laisser les autres décider pour moi.

Le crash est arrivé il y a un petit bout de temps déjà, fin janvier. Et ma mémoire n'a pas l'air d'avoir envie d'imprimer chaque moment de cette "nouvelle vie" (mouarf, comment ça va finir cette histoire...).
J'ai fait le tour de l'île. Ou plutôt, j'ai longé la côte espérant arriver à un port, trouver quelqu'un parlant Anglais et appeler les secours. Et j'ai découvert que j'étais sur une île. Désespoir. Savent-ils où nous sommes? Vont-ils venir nous chercher? Le soleil commençait à se coucher, s'ils savaient où nous étions, un hélicoptère serait arrivé depuis longtemps.
Hé bien ma belle, tu vas devoir te débrouiller seule en attendant!
Des branches, des feuilles, un endroit plat... je me suis construit un abri vite-fait à proximité d'une cascade. Pas voulu rester près de l'avion, c'est glauque.

Voilà, l'aventure commençait. Si on m'avait dit que le 22 février je serais toujours perdue ici et encore en vie...

Le soleil est enfin levé. Je vais retourner à l'avion, du moins ce qu'il en reste, fouiller encore... Il y a plein de choses qui peuvent servir, à force on apprend...

A plus tard, journal.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:32 par caCtus »
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Réponse #4 Sam 20 Oct 2007, 22:11
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Journalisée
Plus tard dans la journée (il doit être midi passé)

Finalement, ce journal sera plus utile que ce que j'aurais pu penser. Ca occupera mes après-midi... Le soleil tape, et j'ai pas envie de me retrouver avec une insolation, les moustiques ont déjà fait un ravage la semaine dernière. Du coup quand il fait trop chaud je reste à l'ombre au campement, le journal me permettra d'occuper mon esprit.

Le campement... je me souviendrai toujours de la première nuit que j'y ai passé. D'ailleurs je ne pense pas qu'à ce moment-là on pouvait appeler cette pyramide fragile de bois et de grandes feuilles campement.
Lorsque le soleil avait commencé à se coucher, j'ai réalisé qu'il allait falloir que j'arrête de rêvasser et de trop réfléchir à ma situation, mais qu'il valait mieux agir.
C'est dans ces moments-là qu'on n'est pas déçu d'avoir l'habitude de prendre l'avion (je ne crois pas être capable de remonter dans un de ces engins avant longtemps, par contre...) : j'avais prévu de m'habiller assez chaud, malgré ma destination... la clim' dans ces trucs est insupportable!
Je portais des chaussures qui, bien que confortables, ne tarderaient pas à faire apparaître de belles ampoules sur mes talons; un bon jean, et j'avais pensé au sweat. Forcément si j'avais su que je me retrouverais ici, j'aurai mieux prévu le coup... Mais c'était déjà mieux que si j'avais été en tongs/short/débardeur.

Mon abri avait été construit à la va-vite, et il était trop tard pour que je songe à mieux faire la chose... je m'y mettrais le lendemain. J'étais au moins abritée du vent (en espérant que ce vent ne soit que légère brise, pas plus) et de la pluie (de la rosée du matin, ok.). Bon effectivement, j'avais plus qu'à prier pour que le temps reste sec et pas trop froid toute la nuit.
Et j'ai eu de la chance. J'avais réussi à m'installer pour pouvoir bien dormir (heureusement que je ne suis pas de ces gens qui ont besoin de leur petit confort personnel)... Et je crois que cette nuit aura été une des meilleures nuits de toute ma vie, contrairement à ce à quoi j'aurai pu m'attendre.
Je me suis endormie comme un bébé. J'ai fait le vide dans ma tête, j'étais loin de tout, loin des problèmes, loin des parents, loin des gens... Et je n'avais pas envie de penser à ce qui pouvait bien m'attendre. L'instant présent, sans me soucier du reste.

Au matin j'ai été réveillée par un rayon de soleil qui s'était faufilé à travers les branches pour venir réchauffer ma joue. J'avais froid. J'ai vite compris le problème, auquel je m'attendais : l'humidité. Ben ouais tant qu'à m'écraser sur une île... autant trouver celle ayant un climat peu évident à supporter. J'ai pas pour habitude de faire les choses à moitié, mais là, j'avais tout gagné!

Mais je ne me suis (heureusement) pas laissée emporter par l'énervement. J'aurais pu mourrir lors de l'accident. J'aurais pu me faire dévorer par une bête sauvage. J'aurais pu chopper une maladie en un jour et en souffrir durant des heures et des heures avant de rendre l'âme. Mais j'étais là, en pleine forme pour le moment, et je devais me ressaisir.
Je me suis alors mis en tête que je n'avais aucune idée de quand cette histoire se terminerait, et qu'il fallait que je fasse avec.

Les priorités :
-bâtir un abri, mais un vrai, ce coup-ci (et n'ayant jamais été très habile de mes mains, ça risquait de me demander pas mal de boulot)
-trouver de la nourriture (j'avais remarqué quelques fruits sur des arbres, en espérant qu'ils soient comestibles, et n'avais pour le moment pas envie de songer à chasser, c'était quelque chose qui me paraissait encore à ce moment impossible pour moi)
-retourner sur le lieu du crash

En effet, j'ai réalisé que si j'avais survécu, je n'étais peut-être pas la seule. Et je n'ai aucun souvenir du crash en lui-même en fait. J'aurai du y penser immédiatement, chercher des gens, appeler à l'aide... Laisser un message... Mais je devais probablement être sous le choc.

Ca fait du bien de se remémorer les premiers jours passés ici. Je me rend compte que j'ai évolué, je me suis améliorée dans bien des choses indispensables à la survie, et j'ai beaucoup plus de recul que le lendemain du crash.

Envie de me poser, de réfléchir un peu, d'être bien... je continuerai l'écriture plus tard.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:32 par caCtus »
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Réponse #5 Sam 20 Oct 2007, 22:12
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Journalisée
23 février

Je suis fatiguée, un peu mal à la tête, j'espère que je ne couve pas quelque chose. Bref pas vraiment l'esprit à remplir le journal, peut-être dans la soirée. Il vaut mieux que je me repose pour le moment.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:33 par caCtus »
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Réponse #6 Sam 20 Oct 2007, 22:14
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Journalisée
Plus tard dans la journée

Fatiguée, pas envie de bouger, je m'ennuie... Je vais continuer un peu mon récit, mais ça sera plus bref que d'habitude, j'ai pas vraiment envie de trop réfléchir.


Il m'a fallu quelques jours pour remettre les pieds bien sur terre et réaliser que j'étais vraiment dans un beau pétrin. J'aurai peut-être préféré ne pas m'en rendre vraiment compte, et ne pas me faire trop de soucis... Mais bon ça ne m'a pas empêché de continuer dans cette nouvelle vie et me faire à l'idée.
J'ai beaucoup modifié mon abri, les premiers jours... en effet chaque nuit m'apprenait qu'il y avait des défauts : étanchéité pour la pluie, solidité pour le vent, pouvoir avoir de l'ombre à toute heure de la journée, se mettre à l'abri de certaines bestioles, enfin surtout mes réserves de nourritures, qui ont au début été pas mal gaspillées...

J'ai vite compris qu'il allait me falloir de la viande si je ne voulais pas finir par peser 30 kg toute mouillée... en quelques jours j'avais retrouvé une taille de guêpe! J'ai commencé par réussir à attraper des petits rongeurs, puis je me suis attaquée aux lapins. Quant aux plus gros animaux, je devais plutôt faire en sorte de ne pas devenir leur repas du soir... Les chasser serait trop risqué, ça ne m'est pas venu à l'esprit d'essayer. J'ai trouvé plusieurs nids également où j'ai emprunté quelques oeufs... Puis la pêche... vraiment pas évident quand on n'a aucune expérience. Mais quand on a faim, la pratique vient vite.

Je suis aussi retournée plusieurs fois sur les lieux du crash à la recherche d'objets qui pourraient me servir (c'est là-bas que j'y ai trouvé ce carnet et quatre stylos). La trouvaille d'un petit couteau et de deux cuillères a du être mon plus grand bonheur au début. Du tissu pour mon abri et pour rafistoler mes vêtements; des morceaux de tôles, pour confectionner des armes, des outils, pour mon abri, etc...

Je ne me savais pas si débrouillarde, mais quand il faut, il faut.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:33 par caCtus »
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Réponse #7 Sam 20 Oct 2007, 22:16
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Journalisée
23 févri 24 février

J'ai du dormir plus de 12 heures cette nuit. Et au lever je n'ai pas plus la forme que ça. Je commence vraiment à me dire que j'ai choppé une saloperie, et ça m'inquiète un peu. Je ne reste jamais malade bien longtemps, mais je n'ai mais
mais c'est la première fois que je combine maladie et débrouille-toi-toute-seule-sur-ton-île.
Ai passé la journée d'hier au campement, et c'est bien parti pour en être de même aujourd'hui. De plus la chaleur commence à se lever, c'est pas maintenant que je vais me décider à bouger. En fin de journée je devrai peut-être me décider à aller trouver quelqu'un.

Quelqu'un. Cela fait quelques jours que je n'avais pas pensé à ça. Quelqu'un. Quelqu'un comme moi, perdu ici.
Après une petite semaine
Une petite semaine après avoir "échoué" dans cet endroit, une fois m'être bien mis dans la tête que je n'avais aucune idée de combien de temps cela durerait, mais qu'il ne valait mieux pas que je me retrouve à espérer, à trop compter les jours, à me laisser aller... j'avais commencé à mener ma petite vie de Robinson Crusoé.
L'abri avait pris forme, je m'étais construit mon petit campement, à force de réparer mes erreurs, les défauts, il était déjà plus sûr et plus vivable qu'au premier soir. Quelques arbres proches les uns des autres, une toile récupérée dans l'avion (j'ai tout de même une chance inouïe que tout ne soit pas parti en cendres, et qu'il y reste pas mal de choses auxquelles on trouve une utilité ici), du bois, ces grandes et larges feuilles qui décorent les arbres... Et voilà une petite tente digne de ce nom.
La cueillette, les oeufs, la pêche, la chasse... et parfois les charognes encore fraîches abandonnées par des prédateurs... De quoi manger suffisament pour tenir debout.
La source non loin d'ici me permet de trouver de l'eau potable (malgré la petite diarrhée du début huhu).

Je retournais de temps en temps sur la plage à la recherche d'objets qui pourraient me servir.
Un soir, alors que je sortais tout juste des bois, j'ai entendu du bruit en direction de la carcasse de mon avion. Du bruit? Un animal? De la viande? Merde! Les bêtes ont beau être curieuses, si un animal se risquait à approcher cette énorme chose inconnue, c'est forcément qu'il y avait trouvé de la nourriture. Je regrettais de ne pas avoir l'odorat d'un chien et de ne pas avoir trouvé cette nourriture avant les animaux. Me restait plus qu'à espérer que ça soit des oiseaux ou un bête cochon pour pouvoir les faire fuir et leur voler cette nourriture. Eux ils ont l'habitude de vivre ici, et je ne comptais pas leur laisser ce qui, selon moi, m'était dû. NanméO.
Je me suis donc approchée discrètement, et lorsque j'ai découvert la silouhette de l'animal en question, j'ai cru que j'allais tourner de l'oeil. Un être humain, tout comme moi. Et vu la tête qu'avait son blouson, ce n'était certainement pas un indigène, mais bel et bien quelqu'un de "civilisé".
Je suis d'abord restée à l'écart pour observer. Pas de bateau au large, pas d'hélicoptère sur la plage... Et visiblement, cette jeune femme ne cherchait pas des corps sous les décombres, mais faisait comme moi, elle mettait de côté des morceaux de tôle en les triant consciencieusement.

Une autre rescapée. Comment se fa était-il possible qu'on ne se soit encore jamais rencontrées? Le hasard, probablement. Installées chacun d'un côté de l'île, ne fréquentant pas les mêmes endroits.
Je ne savais pas comment l'approcher. Je ne m'y attendais vraiment pas. L'idée que j'étais seule ici était bien ancrée dans ma tête, et là, tout s'effondrait. Sur le coup, j'avais vraiment l'impression d'un "rêve qui s'effondre". Mais à sentir les battements de mon coeurs, ça s'est vite transformé en une grande lueur d'espoir. De la vie. Une jeune femme. Parler. Questionner. Aider.
Je me suis retrouvée à dire un "Bonjour" toute seule derrière mon buisson. J'avais peur de ne plus avoir de voix, une semaine sans avoir parlé... La jeune femme m'avait entendue, et s'est retournée, méfiante. Je me suis alors levée, espérant qu'elle n'était pas armée et qu'elle ne m'attaquerait pas de la peur. Mais au lieu de la peur et de la méfiance dans ses yeux, j'ai vu un grand sourire innonder son visage. Un visage bien maigre d'ailleurs. Qu'est-ce que je devais être belle moi aussi, les joues creusées, la peau sèche, les cheveux ébourriffés.
Tout s'est passé bien vite. Nous avons marché l'une vers l'autre, et, ne sachant pas quoi se dire, elle m'a pris dans ses bras. Je crois que j'ai pleuré. Des présentations rapides : elle s'appelle Floriane, a 28 ans et s'est retrouvée à peu près dans la même situation que moi. Elle s'est installée au bord d'une petite grotte au pied de la montagne, et se débrouille tout comme moi seule depuis une semaine. Nous n'avons pas eu le temps de discuter beaucoup, de beaux nuages noirs s'avançaient en direction de l'île et le vent s'était levé. Apparemment les réflexes s'étaient installés aussi bien chez elle que chez moi au bout d'une semaine : il nous fallait rentrer à notre campement si l'on ne voulait pas se retrouvées trempées jusqu'aux os à grelotter et attraper trop froid.
Nous nous sommes vite séparées, sans se dire grand chose, et somme reparties chacune dans une direction.

Quand je suis arrivée au campement, je me suis assise, j'avais un grand sourire. Quelqu'un d'autre. Ainsi je n'étais pas seule ici. Et, bien que j'aie toujours été plutôt solitaire sans apprécier grandement la compagnie des autres, le fait de savoir que je n'étais pas seule me faisait un bien énorme. Être retournée à mon campement et l'avoir laissée rejoindre le sien m'avait paru normal. Si nous nous étions trouvées dès le premier jour, nous aurions certainement fait les choses ensembles. Mais là, une semaine, sur une île, seul, à se débrouiller pour survivre, ça paraît très long. Et je crois que j'avais trouvé ma place ici, et que tout chambouler d'un coup n'était pas une bonne chose. (Bien entendu, si on vient me chercher pour me ramener chez moi, je ne vais pas refuser!)
J'ai arrangé la tente de sorte que je ne me retrouve pas trempée le lendemain et que la nourriture que je gardais ne soit pas pourrie, et me suis couchée. Je penserais à Floriane demain, si la météo nous le permet, nous nous retrouverons probablement au soir à l'avion, et pourrons mieux discuter, avec le recul que nous aurions chacune pris de notre côté.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:34 par caCtus »
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Réponse #8 Sam 20 Oct 2007, 22:18
caCtus
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Journalisée
24 février


26 février

Ma journée d'hier fu des plus mauvaises depuis que je me suis retrouvée ici. J'ai eu beaucoup de fièvre, transpiré comme dans un sauna, mal de crâne, épuisée. Je l'ai passée à essayer de dormir, mais les cauchemars rendent le sommeil difficile en plus de ça. Je ne sais pas ce que c'est, et j'aurai été bien contente de trouver un téléphone pour faire venir un médecin... Malheureusement, je crois que je vais devoir faire avec, et j'ai peur que ça s'empire.
Enfin aujourd'hui ça va un peu mieux, toujours fatiguée et mal à la tête, mais c'est vivable.

Floriane est passée me voir au campement hier soir. Ne m'ayant pas vue depuis quelques jours sur la plage, elle s'est doutée que quelque chose n'allait pas. Elle m'a apporté de l'eau, et m'a préparé un bon repas. Nous avons passé la soirée ensemble, elle a pris soin de moi. Et apparemment ça a fait son petit effet.


Depuis notre première rencontre plutôt furtive sur la plage, Floriane et moi nous retrouvons parfois en fin de journée non loins de la carcasse de l'avion. Ca nous fait grand bien d'avoir quelqu'un avec qui partager cette drôle d'aventure, et je me demande comment les choses auraient tournée si j'avais réellement été seule sur cette île. Je crois bien que j'aurai fini par abandonner tout espoir de survivre.

Nous avions décidé de ne pas s'installer ensemble pour le moment. Pourquoi? Bonne question. Faire les choses ensemble aurait pu paraître beaucoup plus logique. Mais je crois que nous sommes un peu pareil, nous avons besoin de nous retrouver seules avec nous-même pour ne pas se laisser aller et puiser le courage nécessaire à continuer notre vie, vie qui ne nous promet plus grand chose maintenant.

En fait, je trouve que cette situation est... bizarre. Dans ma vie, je me suis toujours attendue à je me suis toujours dit qu'il ne fallait pas trop que je m'imagine une vie parfaite. Qu'elle ne serait pas forcément celle que j'essayais de construire. J'aurai pu m'attendre à la réussir et à devenir ce que je voulais devenir, bien sûr. J'aurai pu m'attendre à rater mes études et à devoir changer de voie. J'aurai pu m'attendre à un accident de mes parents et ne pas pouvoir continuer à étudier, faute de moyens, et devoir me trouver un petit job tout pourri et me débrouiller pour être heureuse avec ça. Mais cette situation, je ne m'y attendais vraiment pas. Ca n'arrive que dans les films.

Lorsque tout se passe "normalement", la vie des gens se déroulent en général de la même façon : on fait des études en espérant pouvoir passer le reste de ses jours à faire quelque chose qui nous plaît, même si on sait que ça ne sera pas tout à fait le cas, mais on essaie de s'arranger pour avoir un futur professionnel qui correspond au mieux à nos attentes. On rencontre des gens, on se fait des amis, on change, on évolue... On s'installe quelque part et aménageons notre appartement pour s'y retrouver bien le soir en rentrant. Certains espèrent trouver quelqu'un avec qui partager un bout de chemin, fonder une famille... Tous les hommes ont à peu près les mêmes attentes de la vie.
Ici, tout est très différent. Les buts ne sont plus les mêmes. En fait, je ne sais pas vraiment si j'ai un but ici. J'ai toujours été du genre à profiter au jour le jour, bien qu'il faille anticiper un minimum. Mais ce n'est pas évident de continuer à vivre lorsqu'on ne sait pas où on va. Je me retrouve encore souvent à me demander pourquoi je continue. Une partie de moi doit certainement toujours espérer qu'un jour quelqu'un viendra nous trouver, et nous ramener à notre ancienne vie.
Ici, les jours se ressemblent. La vision du futur s'arrête à quelques jours : demain soir je vais voir Florianne, dans deux jours il va falloir que j'aille chercher telle ou telle chose à l'avion, bientôt il va pleuvoir, je dois m'y préparer...

La fatigue revient, j'ai besoin de repos, je continuerai plus tard.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:34 par caCtus »
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Réponse #9 Sam 20 Oct 2007, 22:19
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1er mars

Ai passé les derniers jours chez Floriane (ça fait bizarre de dire "chez elle" ou "chez moi", mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, le campement devient notre petit chez nous...). J'étais vraiment dans un moche état quand elle est repassée me voir, elle a décidé de m'emmener dans sa tite grotte pour s'occuper de moi et surveiller mon état. La fièvre avait repris de plus belle deux jours après la première fois où elle est venue chez moi, je savais à peine marcher, le moindre effort m'épuisait. Je viens de passer deux jours à délirer, accès de fièvre, chaud/froid, transpiration, maux de tête, quelques nausées parfois. Mais ce coup-ci ça va bien mieux, et je suis retournée "chez moi". Ce matin j'ai pu aller cueillir quelques fruits et ramener de l'eau de la source à côté, les petites habitudes reviennent.

Floriane est quelqu'un de très gentil. J'ai toujours eu beaucoup de chance. Et là encore, c'est confirmé. Je ne suis pas la seule survivante, et Floriane est quelqu'un avec qui je m'entend très bien.
Floriane a 28 ans, elle est (était?) infirmière en Alsace. Elle partait en vacances elle aussi quand elle a pris cet avion. Elle est mariée et a un petit garçon de 6 ans, Nicolas. Je ne sais pas s'ils étaient dans l'avion, je n'ai jamais osé le lui demander.
Floriane me parle beaucoup de Nicolas lors de ces
ces soirées passées ensemble sur la plage, il lui manque énormément. Elle en parle toujours au présent, ce qui pourrait me faire penser que lui est toujours en Europe, et pas sous la carcasse de l'avion, mais ses yeux brillent et s'emplissent parfois de larmes lorsque nous en discutons...
Je me rend compte que lors de nos soirées sur la plage nous parlons beaucoup plus de Floriane que de moi. Il faut avouer que ma petite vie d'avant n'était pas très passionnante non plus. Les études, ça s'arrête à peu près là. Pas une vie sociale bien poussée, j'avais peu d'amis, n'étais pas une grosse sorteuse. Je me concentrais bien plus (trop, d'ailleurs) sur mes études.
Floriane me parle beaucoup plus d'elle. De son fils, sa naissance, ses premiers mots, ses premiers pas, l'école, ses copains, son amoureuse... De son mari, comment elle l'a rencontré, leur premier rendez-vous amoureux, le jour où il se sont installés ensemble, la demande en mariage... De certains de ses amis, de ses loisirs, de ses vacances, de ses parents, de son enfance... Elle me raconte tous les bons moments, je crois qu'elle a besoin de se les remémorer pour tenir le coup.
Ca me fait très plaisir de l'écouter me raconter tout ça, et à la fois je suis déçue de ne pas avoir eu le temps de le vivre. D'ailleurs, est-ce que je l'aurai vécu un jour si je n'avais pas pris cet avion? Si j'ai pris cet avion c'était justement pour m'éloigner de tout ça... Les études, le boulot, les révisions, c'était trop. Moi qui croyais profiter, je me rend compte que je réalise que j'étais loin du compte.

Floriane arrive, elle n'a pas confiance, même si je lui ai dit que tout allait bien, elle préfère s'assurer que c'est bien le cas.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:35 par caCtus »
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Réponse #10 Sam 20 Oct 2007, 22:20
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4 5 mars

Hier, c'était l'anniversaire de Nicolas. J'ai invité Floriane chez moi à midi et ai préparé un repas un peu plus consistant qu'à l'habitude pour fêter les 7 ans de son fils.
C'est fou comme je me suis régalée à préparer tout ça. J'ai passé ma matinée à aménager une petite table sur une souche de bois avec un large morceau de tôle, y ai mis un tissu à peu près présentable (tout est relatif, ce morceau de tissu était vraiment dégueulasse et plein de trous, mais dans les conditions où nous sommes, c'était presque du luxe). Des larges feuilles de chaque côté pour pouvoir s'asseoir confortablement, et la table était mise. Je suis allée chercher de l'eau dans deux demis noix de coco creuses, ce fut laborieux, mais j'ai réussi au bout de trois essais à les faire tenir sur la table.

Au menu : entrée foie-gras et saumon fumé, tartiflette, puis banana split au dessert...

Le VRAI menu... : fines tranches de pomme en entrée, un bon lapin dépecé par mes soins (si j'avais su que je ferai ça un jour... je me suis découvert des talents en dépecage de lapin, c'était pas évident mais j'y ai mis tout mon coeur et me suis bien marrée toute seule avec ce pauvre lapin) cuit au feu de bois, forcément, puis un ananas. Ca paraît très peu, mais c'est plus du double des repas dont nous avons l'habitude.

Floriane était ravie, et ça m'a fait très plaisir de voir un sourire éclairer son visage. En réalité on ne doit pas sourire souvent ici, ce qui fait qu'un peu d'attention illumine nos petites vies de rescapées en détresse, et probablement sous une épée de Damoclès.

Je vais parler un peu de Nicolas, du moins ce que je sais de lui.
Nicolas a donc eu 7 ans hier. C'était un gamin très sage, et très joyeux. Je ne doute pas un instant qu'avec une maman comme Floriane il devait être heureux. Floriane est très attentionnée et, vu comment elle s'est occupée de moi quand j'étais fiévreuse, elle doit être une mamman très responsable. Nicolas était en CE2. C'était un enfant plutôt intelligent, il avait appris à lire avant l'heure, et s'est retrouvé à savoir écrire bien plus tôt que ses camarades. Ses professeurs avaient conseillé à Floriane de lui faire passer une classe, et je pense qu'elle a bien fait. Je me souviens à quel point je m'ennuyais lorsqu'on apprenait à compter, à lire, ou à écrire dans les petites classes. Tout ça, je savais faire, et ça ne m'intéressait pas de regarder les autres apprendre. J'aurai bien aimé que mes parents me laissent passer une classe, moi aussi.
J'imagine Nicolas comme le fils de Philippe et Nathalie, des amis de mes parents, donc le fils s'appelle aussi Nicolas et a sssept ans ET DEMI. Un petit bout avec une grosse tête, des lunettes pour faire les devoirs, deux grandes dents écartées le faisant un peu zozoter, toujours heureux de faire de nouvelles connaissances, pas timide du tout, et s'empressant d'aller tout raconter à sa mère dès que "Papa avait fait une bêtise".
Nicolas : un gamin plein de vie, qui s'émerveille de tout, adore aller à l'école parce que la maîtresse est jolie et lui donne de bonnes notes, mais ne ve
veut pas se marier avec la maîtresse, non, c'est avec la petite voisine qui est dans sa classe qu'il veut se marier plus tard. Je l'imagine dire "Ah non pour l'instant je la laisse un peu tranquille mais je la demanderai en mariage quand elle aura des tétés!". (J'aime pas trop les gosses en général, mais qu'est-ce qu'ils peuvent nous faire rire parfois.) Nicolas, un gamin tout heureux de partir en vacances pour la première fois de sa vie, quitter la maison, ses amis, pour deux semaines, ça doit paraître super long lorsqu'on est gosse. Nicolas, pauvre petit bout de chou aujourd'hui sous la carcasse d'un avion qui s'est écrasé sur une île sans jamais pouvoir emmener ses passagers à destination.

Floriane a craqué hier, après le repas, lorsqu'elle me parlait encore de Nicolas. Il était dans l'avion avec elle. Quand elle me l'a annoncé, elle s'est mise à pleurer à grosses larmes et je l'ai prise dans mes bras. Je n'ai pas su quoi lui dire. Les seules choses qui passaient par ma tête n'étaient pas à lui dire : comment fait-elle pour continuer à vivre? Comment tient-elle le coup? Comment espère-t-elle encore que des secours arriveront un jour où l'autre alors qu'elle n'a plus personne qui l'attend? Alors que si nous rentrons chez nous elle devra tout recommencer? Etre confrontée à déménager la chambre de Nicolas, ranger ses jouets un par un,...?
Pourtant, j'ai eu l'impression de la consoler quand même. Le simple fait que je l'ai prise dans mes bras a eu l'air de lui faire du bien.
Oui, Floriane a tout perdu. Floriane a perdu sa vie dans cet accident. Floriane a perdu son fils et son mari. Mais Floriane est vraiment très forte. Floriane s'est faire à l'idée que ça, c'était l'ancienne vie. Floriane s'est faite à l'idée que sa nouvelle vie était ici. Floriane a su se dire qu'il valait mieux laisser son ancienne vie derrière elle, tout en gardant les meilleurs moments dans un coin de son coeur, et aller de l'avant. Ici, elle n'est plus Floriane la maman, Floriane l'infirmière. Ici, elle est Floriane la survivante, résidant dans une grotte, avec pour seule amie une autre rescapée.

Floriane est vraiment un modèle pour moi. Je crois que c'est elle qui me donne sa force, l'envie de continuer.
Je crois que je n'ai rien à dire de plus aujourd'hui.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:35 par caCtus »
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Réponse #11 Sam 20 Oct 2007, 22:22
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9 mars

Pour Floriane (c'est dans ces moments-là que ma guitare me manque...) :

Te souviens-tu de cet enfant, et de ces yeux qui lui mangent le visage? Te souviens-tu de ses dents de devant volées dans la nuit par toute une bande de souris? Te souviens-tu de cet enfant, de sa panoplie de Zorro, de tout ce qu'il trouvait beau, de ses grimaces devant la glace, qu'on avait peur qu'il reste blo québlo si les cloches sonnent? J'me souviens de rien, maman! Plus j'avance, et moins j'me retourne. Et tu sais, pour tout ça, j'ai pas l'temps, tout s'efface, et la roue tourne... Te souviens-tu de cet enfant, si petit, mais déjà si chiant? Un ange malin, petit diable hautain qui, de toutes ses facéties, ram'nait toujours l'attention sur lui... Te souviens-tu de cet enfant, de notre amour si fort, nos joies, nos réconforts, nos milliers de pourquoi? Te souviens-tu, mon fils? Te souviens-tu de toi? J'me souviens de rien, maman! Plus j'avance, et moins j'me retourne. Et tu sais, pour tout ça, j'ai pas l'temps, tout s'efface, et la roue tourne... Te souviens-tu de cet enfant, quand son auréole s'allumait d'un sourire dans la cour d'école, voyant sa mère venir, quand la tête entre deux ma mamelles, il disait : "Maman, t'es la plus belle!". J'me souviens de rien, maman! Plus j'avance, et moins j'me retourne. Et tu sais, pour tout ça, j'ai pas l'temps, tout s'efface, et la roue tourne... J'me souviens de rien, maman...

Mano Solo.


Rien de plus aujourd'hui.
« Dernière édition: Sam 20 Déc 2008, 17:13 par caCtus »
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Réponse #12 Sam 20 Oct 2007, 22:22
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Journalisée
31 mars

Oh j'suis contente, j'ai remis la main sur ce foutu journal, commençait à me manquer. Pas le temps là, on y va, je repasserai le remplir plus tard.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:36 par caCtus »
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Réponse #13 Sam 20 Oct 2007, 22:23
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Journalisée
Plus tard...

Pas énormément de temps, j'avais perdu le journal quand j'ai "déménagé" "chez" Floriane. Pas le temps d'expliquer tout ça ce soir, je repasserai demain.

Je commence à parler dans le vide à un journal ou des lecteurs moi... Ca me va pas de faire ça, mais en même temps ça fait du bien.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:36 par caCtus »
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Réponse #14 Sam 20 Oct 2007, 22:24
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1er avril

Pas de blagues, pas d'humeur à faire de l'humour... Quoique le sommeil me joue des tours en ce moment. Floriane dort profondément, à côté du feu, elle est belle quand elle dort...
Heureusement qu'elle est là, ça va pas fort en ce moment. Elle est là pour m'aider depuis le début, et je n'ai pas l'impression d'en faire autant pour elle... Bien que ma présence doit pas mal la réconforter dans son malheur.

La vie... Parfois je la compare à une route. Une route sur laquelle on marche sans s'arrêter. Le décor sur les côtés défile, on le regarde du coin de l'oeil, mais on ne l'imprime que trop peu dans sa mémoire. Bien souvent, on marche trop vite pour ça. Trop vite pour profiter de ce magnifique décor. Parfois on court, même. Cette route peut être en ligne droite. Une ligne sur laquelle on voit loin devant nous, trop loin. Et parfois, elle est constituée de no
mbreux virages, qui nous empêchent de regarder trop loin, et on ne sait jamais ce qui nous attend au tournant. Il y a parfois des obstacles, la plupart du temps il nous suffit de les contourner pour les éviter. Mais il arrive que l'obstacle soit bien trop grand, et que l'on soit obligé de passer par dessus, avec plus ou moins de mal.
Les pires passages de cette route sont lorsqu'elle se transforme en chemin caillouteux, désagréable à suivre, qui nous donne souvent envie de nous arrêter.
Notre route croise parfois la route de quelqu'un d'autre. Parfois elles se rejoignent même, et on marche côte à côte, on s'entraide lors des moments dif
ficiles, puis les chemins se séparent à nouveaux...
J'avais oublié un détail : la valise que nous trainons tout au long de cette route. Valise de plus en plus lourde, emplie de souvenirs de voyage. Valise parfois bien difficile à porter.

De cette route j'ai retenu une chose. Il ne faut jamais se retourner : on risque de se prendre une branche qu'on n'aurait pas pu voir.

Bref. Je viens de prendre un virage très serré, et ma route a rejoint celle de Floriane. Elle est devenue assez caillouteuse, mais Floriane a de bonnes chaussures, elle m'aide à marcher droit.
Et puis... j'ai l'impression que ma valise a perdu du poids...
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:37 par caCtus »
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Réponse #15 Sam 20 Oct 2007, 22:25
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Journalisée
15 avril

Je m'ennuie... On s'ennuie...

Les journées ici se résument à trouver de la nourriture, s'arranger pour la conserver au mieux, trouver de l'eau potable, faire en sorte que le campement ne prenne pas trop l'eau la nuit, se protéger des insectes et des rats, trouver du bois sec... Toujours la même chose. Quand on en a marre, quand on veut se détendre, il n'y a rien à faire.

Moi qui ai toujours pensé que me retrouver dans un endroit reclu de la société, loin de la ville, loin de tous ces gens, loin de tout, serait quelque chose de formidable...
Avant, je pouvais toujours trouver quelque chose pour m'occuper : si l'étude et le ménage étaient fait, je pouvait louer un film, ou me ballader du côté de la citadelle, monter à cheval, visiter des trucs, etc...

Ici, quand tout est fini, il n'y a rien. Sauf recommencer. Toujours la même chose. L'ennui, l'ennui, et l'ennui.
Pfff...
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:37 par caCtus »
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Réponse #16 Sam 27 Oct 2007, 16:48
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J'ai fini de tout relire en remettant les pages dans l'ordre.
Je me rends compte que ça fait bien longtemps que je m'ennuie ici.
Il est temps de prendre les choses en main.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:37 par caCtus »
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Réponse #17 Lun 05 Nov 2007, 11:14
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Automne - Première année

Ca me fait vraiment froid dans le dos ce comptage. J'ai arrêté de compter les jours, et quand il n'y a plus rien autour pour nous signaler qu'on est tel ou tel jour, on se sent un peu complètement perdu. J'ai toujours apprécié ces fois où je me levais le matin sans me souvenir de quel jour il était, pendant des vacances... Etre obligée de regarder son téléphone ou autre pour connaître la date, ça n'arrive que très rarement, mais c'est un sentiment si bon de ne pas se sentir oppressée par le temps qui passe.
Ici, c'est tout le contraire. Je donnerai tout pour savoir si on est en octobre ou en novembre. Je me demande même s'il n'est pas déjà décembre... Jamais je n'aurai pensé à l'hiver quand je suis atterrie ici. Sur une île, il doit faire beau tout le temps. Quelques tempêtes, pluies, vent, mais passagers, pas d'hiver. Ben je sais pas où je suis tombée, mais pas en plein sur l'éEquateur en tous cas. Il y a des saisons ici. Et j'ai peur que le froid de la nuit ne continue à empirer. En journée il fait toujours bon, c'est déjà pas mal, pour le moment.

J'aimerai tant qu'on vienne me dire "il est samedi, c'est le week-end", ou même "c'est lundi, allez c'est parti pour une nouvelle semaine de boulot!". Sans la notion du temps, c'est pire en fait. Je regrette cette société où le temps est la chose la plus importante. Jamais je n'aurait cru qu'on pouvait regretter ça. Ne pas être esclave des jours qui défilent, c'était un rêve que je pensais innaccessible. Aujourd'hui, le rêve est réalisé, et tourne au cauchemard.


"Première année".

C'est bien parce que je ne sais pas quoi écrire d'autre pour situer mes messages dans le temps. Penser que ça pourrait durer une année, qu'il y en aura peut-être un deuxième... Non, ça ne durera pas aussi longtemps. Je serai partie avant, d'une façon ou d'une autre. Je ne saurai pas rester tant de temps, je n'en suis pas capable.
Février. Je suis arrivée en février. Il faisait chaud en février! Je ne me souviens pas des détails, mais mon journal ami me les rappelle, un peu. Peut-être que le temps du moment n'est alors que passager? Je l'espère, les nuits sont dures.
Février. Et je pense être en novembre? Cette "première année" est finalement bien entamée.

J'en ai été capable, alors. Pourquoi je pense à présent ne plus l'être?
Les jours ici se résument en fait à se demander combien de temps on va tenir, et se dire que c'est impossible.

Réveillez-moi.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:38 par caCtus »
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Réponse #18 Mar 06 Nov 2007, 23:27
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Journalisée
Automne - Première année

Une chose me rassure : le temps. Il fait toujours aussi froid la nuit, mais je n'ai pas l'impression que les jours se radoucissent.

Pour le reste... je n'en peux plus. Envie de lancer un appel à l'aide. Je ne sais pas comment je fais, ni ce qui me retiens ici. J'ai peur de devenir folle. Mais personne ne m'entendra. Et cet ami à qui je peux tout confier et qui sait me rappeler les bons moments, comme les mauvais, n'a pas la capacité de me dire ce qu'il en pense et de m'aider.
Ce matin je me suis réveillée devant la grotte. J'avais les joues collantes et me sentais mal, je dois avoir pleuré toute la nuit. Mais hier soir je dormais près du feu DANS la grotte. Et cette blessure, sur mon talon, je ne l'avais pas hier. J'en suis certaine. Une ampoule en temps normal paraît tout à fait anodine, mais ici, c'est synonyme de danger (les infections, tout ça...). Alors je m'en serai rendue compte si elle était déjà là hier.
Ou alors je deviens folle. Somnanbule Somnambule ou amnésique? Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais j'ai peur.

La fatigue, la faim... Ce ne serait en fait pas étonnant que je perde la tête. Cela fait plusieurs jours que je n'ai rien avalé, que je ne suis pas sortie d'ici. Je n'en ai plus l'envie... Aujourd'hui il serait impératif que j'aille chercher de l'eau, mais je n'irai pas. Je resterai assise contre ce mur, à attendre. Attendre quoi? Je ne sais pas. Mais attendre. C'est tout ce qu'il me reste à faire.
Et si je ne suis pas encore
Et si je suis toujours là, c'est peut-être parce que la nuit je mange? Une partie de moi n'a peut-être pas encore abandonné, et s'accroche, en cachette. Elle se lève la nuit pour me nourrir et m'abreuver.
Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'ainsi elle me fait souffrir. Elle rend tout ça plus long, alors que je n'en ai plus envie.
Et si elle m'a laissée à l'entrée de la grotte ce matin, c'est peut-être pour se montrer? Pour me dire qu'il y a toujours quelqu'un qui croit en moi, et que je dois l'écouter, lui faire confiance...

Pff. Je ferai mieux de ne pas réfléchir, je raconte n'importe quoi. Cette nuit j'ai fait un cauchemar et je me suis déplacée, je ne m'en souviens pas, c'est tout.

Mais laisse-moi tranquille.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:38 par caCtus »
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Réponse #19 Dim 11 Nov 2007, 12:18
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1er décembre

Aujourd'hui, on sera le premier décembre.

C'est tout.

|||||
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:39 par caCtus »
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Réponse #20 Dim 11 Nov 2007, 12:24
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La page ne fait pas partie du journal de départ, elle y a certainement été ajoutée par la suite.



4 décembre

Il fait moins froid, cette nuit. Tout n'est pas perdu donc.
C'est la première fois que j'écris la nuit, mais j'en ai besoin. Je me sens reposée à ces heures-ci. Pourtant, qu'est-ce que je dors mal! Ce sont les cauchemars qui me réveillent. J'ai toujours peur de m'endormir. Alors je me lève, et j'essaie de penser à tête reposée.
Ce soir je suis allée à la plage. Je me suis assise, et ai commencé à regarder au loin. L'océan. Si calme. Les vaguelettes qui viennent s'échouer sur le sable, d'un son doux, puis qui repartent. Une légère brise qui vient caresser mon visage et sécher quelques larmes. Cet environnement est si appaisant... Je devrai peut-être songer à y aller lors de ces journées où je ne sais pas quoi faire d'autre que rester adossée contre les rochers de la grotte. Cela me redonnerait un petit peu la pêche, d'ailleurs il serait temps que je m'occupe un peu de moi, et de l'abri, tout part en miettes.

Je retourne me coucher, j'espère trouver un sommeil paisible.

Et demain matin je pourrais me réveiller, l'esprit tranquille.
« Dernière édition: Sam 22 Mar 2008, 21:04 par caCtus »
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Réponse #21 Ven 07 Déc 2007, 18:43
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Journalisée
6 décembre ||||

Bizarre impression ce matin. Je suis très fatiguée, j'ai du faire des rêves cette nuit.
Et je n'ai pas faim. D'habitude, je dois manger une pomme pour que mon estomac ne me fasse pas trop subir ce supplice... Mais à force, je m'y accoutume.
L'incident de l'autre nuit ne s'est plus reproduit, pourtant chaque matin quand je me lève, j'ai cette impression bizarre que ce n'est pas comme lorsque je me suis couchée la veille. Certainement que le fait d'être seule depuis si longtemps me fait perdre un peu la tête.

Je vais encore rester assise ici toute la journée. Et j'attendrai.


Je voudrais juste partir seule.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:39 par caCtus »
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Réponse #22 Ven 07 Déc 2007, 19:43
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Journalisée
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La page ne fait pas partie du journal de départ, elle y a certainement été ajoutée par la suite.



8 décembre

Encore une nuit d'écriture. Je n'arrive pas à me souvenir d'où est rangé mon journal, c'est pourquoi j'écris sur ces feuilles.
Il m'a pourtant semblé avoir écrit dessus il y a quelques jours, j'ai du oublier d'y ajouter la précédente page... A moins de ne pas avoir trouvé le courage de le faire?

J'ai une impression bizarre... Cette impression de ne plus avoir de courage le jour. Pourtant, lorsqu'il m'arrive de me lever la nuit, ma première idée et de faire un tour sur la plage, de respirer l'air frais, de sentir les embruns rafraîchir mes joues, d'observer l'horizon, le lointain... D'ailleurs ce soir en regardant au loin je ne vois rien. C'est vide. Comme je le suis. Je n'aime pas ce vide. Ce sentiment de ne plus rien être, de ne plus rien valoir. Un des aspects de la vie "sur Terre" qui ne me manquait pas, c'était bien la vie en société. Mais dans ces moments de solitude que je vis en ce moment, je me rends compte que c'est une chose tellement importante. Sans les autres, je ne suis plus rien. Ce sont les autres qui nous font vivre. On a beau dire que nous sommes ce que nous sommes, ce qui n'est pas totalement faux, mais nous existons aussi grâce à ce que les autres nous renvoient de nous-même. Les gens qui nous aiment nous montrent que nous sommes quelqu'un de bien, ceux que nous aidons nous montrent que nous sommes utiles, ceux que nous méprisons nous montrent que nous sommes quelqu'un d'intelligent... Et là, seule, rien ne me renvoie ma personnalité, mon utilité. Seule, je suis inutile. Je suis vide.


Brûler les fardeaux qu'il me reste...
« Dernière édition: Sam 22 Mar 2008, 21:04 par caCtus »
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Réponse #23 Dim 10 Fév 2008, 00:02
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Journalisée
12 décembre

Cher journal,

Je voudrais te faire part d'une expérience étrange. Etrange, oui. Quelque chose de mal qui fait tellement de bien, j'ai du mal à la qualifier autrement.

Moi qui ne bouge plus d'ici depuis quelques jours, à part pour cueillir quelques baies lorsque mon estomac me fait tellement mal que je m'y sens obligée, j'ai découvert ce matin un morceau de vieille tôle sur le "pas" de ma grotte. Je me persuade que le vent l'aura ramené de la plage où se trouve encore la carcasse de l'avion, certainement.
J'ai été intriguée par l'objet. Ce petit morceau en métal, si fin... J'ai alors pensé à la chose faire quelque ch quelque chose une chose à laquelle je m'efforçais de ne pas penser jusqu'à présent.

Oui, cher journal, j'ai pensé à renoncer à ma vie. Je crois qu'au point où j'en suis, je n'avais pas beaucoup mieux à faire. Je ne suis plus personne, je ne suis plus rien. Plus rien ne me fait envie, plus rien ne me donne le courage de continuer. Alors à quoi bon survivre assise ici? Pourquoi continuer?

Je suis restée avec l'objet dans les mains pendant une bonne partie de la journée. Le posant, le reprenant. Le regardant sous toutes ses facettes. Je lui ai même parlé. Je l'ai remercié d'être venu à moi pour me montrer ce que j'avais à faire, et l'ai à la fois repoussé, lui disant qu'il ne me séduira pas.
Puis, dans un élan de courage, faut-il croire qu'il m'en restait juste assez, j'ai posé la tôle contre ma peau. Et j'ai appuyé. Je ne pensais pas que celà était si facile de s'ouvrir le poignet. Lorsque le sang a enfin commencé à couler, j'ai tiré le morceau vers moi, un peu.
C'est seulement à ce moment-là que j'ai renoncé. Le courage s'était envolé.

Mais le sang continuait à couler... Et j'ai senti toute ma vie s'échapper par cette plaie.
J'en viens à ce qui est étrange : quel agréable sentiment! J'ai eu l'impression de me vider de tout. Je me suis vidée de mes fautes, de mes peines, de mon angoisse, de ma peur. J'étais faible et commençaits à sentir ma tête tourner, mais une certaine euphorie m'envahissait. J'étais heureuse, cela fait si longtemps! Heureuse de me sentir vidée de tous ces sentiments qui me rongeaient. Je me suis sentie partir, abandonner tout, et m'éteindre m'effacer.

J'étais bien.

Je te laisse, cher journal, je vais essayer de manger et reprendre des forces pour tenter cette expérience à nouveau.


je sens la vie tout doucement quitter mes veines




« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:40 par caCtus »
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Réponse #24 Dim 10 Fév 2008, 00:20
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Journal d'ozils : page volante retrouvée chiffonée dans un coin de la grotte



Première année, fin décembre


Cher Journal Père Noël.

C'est la première fois que je t'écris.
Je n'ai pas longtemps cru en toi étant petite, et savais qu'il était de toutes façons impossible que tu reçoives nos lettres, vu que personne ne te connaît vraiment et ne t'a jamais vu. C'était trop magique pour être accessible au facteur.

Mais ce soir, à l'approche de cette fête qui illuminera beaucoup de foyers, loin, très loin d'ici, j'ai envie de croire en toi.
En fait, tu es la dernière chose personne chose en laquelle je peux croire, ici.
Tu représentes tant. Les enfants qui t'attendent avec espoir, les yeux brillants, à l'affût de la moindre cloche qui fera résonner son son dans la rue mais dont ils seront persuadés qu'il vient des étoiles...

J'aimerais, moi aussi, ce soir, regarder le ciel clair, voir une étoile filante passer, et espérer qu'un traîneau va apparaître et se rapprocher de plus en plus. Mais je sais que c'est impossible.

Il paraît que tu ne récompenses que les enfants sages.
Et je crois que je n'ai pas toujours été très sage depuis que je suis ici... je ne sais pas si c'est pardonnable. La seule personne qui pourrait me pardonner, ce serait moi toi, Père Noël. Tout le monde sait que même les enfants les moins sages finissent par avoir un petit quelque chose, parce que tu es de bon coeur.

Ainsi, pourrais-tu me pardonner toutes mes fautes?

Me pardonneras-tu l'accident qui est arrivé à Floriane? Tu sais, je ne l'ai pas fait exprès. J'aurais du arriver plus vite, pour la sauver, j'aurais du courir. Je n'en ai pas eu le courage. Et je m'en veux beaucoup, sache-le. Sache que je regretterai ce qui est arrivé toute ma vie. Aussi pardonne-moi de ne pas avoir réussi. Même si je n'arrive pas à remettre la faute sur autre chose, toi tu sais que je n'aurais pas pu faire mieux. Que la météo, et l'arbre, se sont alliés contre moi ce soir-là. Et puis tu sais que je lui ai fait une belle sépulture...
Mais je n'y vais plus tous les jours, je n'en ai plus la force. Cela ne m'empêche pas de penser à elle! Je te promets que dès que j'irai mieux, je recommencerai à aller la voir plus souvent. Matin et soir, même!

J'aimerais tant aussi que tu me pardonnes ces cicatrices, sur mes poignets. Je sais que c'est mal, ce que je fais, et que je ne devrais pas continuer... Mais comprends-tu le bien que cela me procure? Peut-être que si quelqu'un, toi par exemple, me pardonne de toutes ces fautes, je ne sentirais plus le besoin de me mutiler ainsi. Plus besoin de me vider de toutes ces erreurs, d'oublier, de me sentir quitter ce monde pendant ces quelques instants où je nage dans le bonheur...

Dernière chose. Pardonne-moi. Encore. Pardonne-moi de ne plus avoir l'espoir. De ne plus attendre l'impossible. De ne plus me lever chaque matin avec en tête l'idée de me construire une vie meilleure petit à petit sur cette île.
Pardonne-moi de ne plus y croire. De ne plus croire en toi depuis que je suis gamine, et de ne plus croire en rien depuis que je me suis retrouvée ici.


Et souffle-leur à l'oreille de me pardonner de ne pas donner de nouvelles...



Merci.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:41 par caCtus »
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Réponse #25 Jeu 13 Mar 2008, 15:12
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La page est insérée dans le journal, mais n'en fait pas partie.
Visiblement, elle a été arrachée d'un autre ouvrage.



625
Le goût de vivre

rurgien sait que le risque est là. Pas une goutte de sang ne devrait être répandue sans absolue nécessité. A l'hôpital, pendant une opération, on peut transfuser. Celui que je perdais - et lorsque j'ai eu fini, le sable entre mes jambes était noir de sang - était perdu jusqu'à ce que mon organisme le remplace. Je n'avais ni clamp, ni pinces hémostatiques, ni fil chirurgical.
   J'ai commencé l'opération à 12 h 45 exactement. Je l'ai terminée à 1 h 50, et me suis bourré d'héroïne, une plus forte dose que la première fois. J'ai plongé dans un univers gris et indolore. J'y suis resté jusqu'à 5 heures. Quand j'en ai emergé, à l'ouest le soleil approchait de l'horizon, laissant une traînée d'or au-dessus du Pacifique bleu. Je n'avais jamais rien vu d'aussi beau... Cet instant me récompensait de toute cette souffrance. Une heure plus tard j'ai sniffé un peu encore afin de pouvoir jouir du coucher de soleil.
   Peu après la tombée de la nuit j'ai...
   J'ai...
   Un instant. Ne vous ai-je pas dit que je n'avais rien mangé depuis quatre jours ? Et que pour regagner mes forces perdues, je ne pouvais compter que sur mon propre corps ? Et ne vous ai-je pas répété sans cesse que la survie est affaire d'état d'esprit ? D'esprit supérieur ? Je ne me justifierai pas en disant que vous auriez fait la même chose. D'abord, vous n'êtes certainement pas chirurgien. Et même si vous connaissez la technique de l'amputation, vous auriez sans doute tellement saboté le boulot que vous auriez de toute façon fait une hémorragie fatale. Et même si vous aviez survécu à l'opération et au choc traumatique, cette pensée n'aurait peut-être jamais effleuré votre cerveau bourré de préjugés. Aucune importance. Personne ne le saura. Avant



626
Brume

de quitter l'île mon dernier geste sera de détruire ce carnet.
   Je me suis entouré de précautions.
   Je l'ai soigneusement lavé avant de le manger.

   7 février
   Le moignon me fait mal... c'est parfois insupportable. Mais je pense que la démangeaison interne provoquée par la cicatrisation en cours est encore pire. Je me suis souvenu cet après-midi de tous les patients qui m'avaient raconté ne pouvoir supporter cette démangeaison horrible de la chair en plein travail de régénération. Je souriais et leur disais qu'ils se sentiraient bien mieux le lendemain sans pouvoir m'empêcher de penser que j'avais à faire à une bande de geignards, de mollusques, de bébés pleins d'ingratitude. Maintenant je comprends. J'ai failli plusieurs fois arracher la chemise qui bande mon moignon pour me gratter, plonger mes doigts dans la tendre chair à vif, arracher les points de suture grossiers, laisser le sang couler goutte à goutte sur le sable, n'importe quoi, pour faire cesser cette atroce démangeaison qui me rend fou.
   Lorsque cela arrive, je compte à rebours à partir de cent. Et je sniffe de l'héroïne.
   J'ignore quelle quantité j'en ai absorbé, tout ce que je sais c'est que je suis presque continûment "stoned" depuis l'opération. Ca coupe l'appétit, vous savez. J'ai l'impression de ne plus avoir faim. Je ressens encore un faible tiraillement très loin dans mon ventre et c'est tout. Je pourrais l'ignorer. Cependant, je ne dois pas le faire. L'héroïne n'a aucune valeur calorique. J'ai testé mon énergie en rampant çà et là. Elle décline.
   Mon Dieu, j'espère l'éviter, mais... une nouvelle opération risque de s'avérer nécessaire.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:41 par caCtus »
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Réponse #26 Jeu 13 Mar 2008, 15:29
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La page ne fait pas partie du journal de départ, elle y a certainement été ajoutée par la suite.



3 janvier

Si longtemps que je (elle?) n'ai plus touché ce journal.

Je... elle... Je crois que je vais l'appeler elle. A moins qu'elle, ce soit moi. Non, je n'y crois pas. Je ne suis pas elle. Ce n'est pas moi. Elle n'est pas moi.
Je suis bel et bien la personne qui arrive encore à surmonter l'épreuve et profiter des instants où elle s'endort pour sortir de cette grotte... si sombre... si froide... si éloignée... Prendre un grand bol d'air, sur le chemin de la plage. M'asseoir regarder les flots, sous la lune brillante. Ca, c'est moi. Je suis cette personne qui apprécie ce qu'elle a, et essaie d'oublier ce qu'elle n'a plus.
Elle, ce qu'elle n'a plus, c'est l'espoir. Celui-là je l'ai gardé. J'en ai grand besoin. L'espoir fait vivre? Je crois que ces paroles si souvent dites en l'air prennent tout leur sens. L'espoir est de mon côté, et je vis. Grâce à mon espoir, elle survit. Je crois que sans moi... elle aurait abandonné, jusqu'à la fin.

Mais elle... qui est-elle alors? Je suis obligée de me rendre à l'évidence qu'elle est quand même un peu moi. Nous sommes le même corps, après tout.
Peut-être qu'une partie de moi commençait à perdre espoir. Peut-être que je n'ai pas voulu me l'avouer. Peut-être que j'ai rejeté ce sentiment. C'est peut-être pour ça qu'elle est arrivée. Cette partie de moi, ce sentiment que je me cachais, avait peut-être besoin de s'exprimer, par dessus tout. Et malgré ma lutte, il a su trouver le moyen de le faire, en la faisant arriver.

Je ne sais pas... Je ne sais plus... Je ne sais plus ce qui a pris le dessus. Celle qui a pris le dessus. Je crois que c'est elle.
Quand je regarde mes bras. Quand je me regarde. Oh que je suis heureuse de ne pas avoir de miroir ce soir. Je vois mes jambes, si maigres... J'ai peine à me lever quand je m'éveille. J'ai l'impression de ne plus savoir marcher. Je le fais tellement rarement, et elle ne me nourrit presque plus.
Et mes bras, mes poignets. Ces cicatrices qui remontent presque jusqu'au coude à présent. Elle m'a vidée. Non. Elle s'est vidée.
Je ne sais pas si je m'en sortirai à présent. J'ai peur de ces cicatrices. J'ai beau les laver dans la mer, l'eau salée cicatrise, paraît-il. Mais sans médicament ni un minimum d'hygiène... J'espère que j'arriverai à les surmonter, ces cicatrices.

Je sens que c'est le moment. Le moment de quoi? Je n'ai pas attendu ce moment. Jamais je ne me suis dit que ce moment arriverait. Jamais je n'ai espéré ce moment. Mais là, je le sens. "C'est le moment."
Je crois qu'il est temps que je reprenne les choses en main.
« Dernière édition: Sam 22 Mar 2008, 21:03 par caCtus »
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Réponse #27 Jeu 13 Mar 2008, 15:52
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LIS
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:42 par caCtus »
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Réponse #28 Jeu 13 Mar 2008, 20:16
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4 janvier, matin.

Voilà au moins une heure que je suis réveillée.
Voilà au moins un mois que je n'avais pas ouvert vu ce journal. Un mois? Si peu? Le temps m'a paru si long. J'avais arrêté de compter les jours. Mais ma découverte de ce matin me laisse supposer que nous sommes le 4 janvier, sur mon calendrier.

Ce matin, je me suis éveillée. Je n'avais rien prévu, si ce n'est d'attendre. Peut-être essayer de me lever pour aller cueillir un fruit, mon ventre me tiraillait. Ca arrive de moins en moins fréquemment, je crois qu'il s'est accomodé à mon rythme. A ce rythme impitoyable que je lui ai imposé.
Je n'ai plus touché à mon amie la tôle depuis 7 jours environ aujourd'hui. C'est un record depuis que je l'ai trouvée au pas de ma porte.
Je l'ai jetée. J'ai envoyé valser ce morceau de tôle loin d'ici.

Ce n'est pas la première chose que j'ai fait en m'éveillant, oh non. Justement la première chose que j'ai fait etest de le chercher. Non pas pour le jeter, l'éloigner, le nier, l'oublier. Mais pour m'en servir, encore...
J'avoue que j'ai du mal à comprendre comment cette chose pouvais me procurer autant de bien-être. Pourtant il y a une heure à peine je le savais encore, puisque j'étais prête à recommencer.

Je me sens un peu déboussolée.


Mais je crois que ça va me passer dans la journée.
Je crois que je vais bien.

Et que je n'allais pas depuis un bon moment.



Ce matin donc. J'ai cherché ma tôle, mon amie la tôle comme j'avais l'habitude de la nommer dans ma tête. Dans ma tête oui, je n'aime pas parler seule. Je ne sais pas si je suis encore capable de parler, d'ailleurs.
Et à côté de mon amie la tôle se trouvait le journal. J'ai été intriguée. Je ne sais pas où je l'avais posé la dernière fois que j'y avais touché pour y insérer les pages du bouquin que j'ai trouvé, mais certainement pas en plein milieu de la grotte, à côté de mon amie la tôle.
Je l'ai donc ouvert, et des feuilles en sont tombées. Il était Il est toujours écrit "Lis" sur la dernière page. Ce n'est pas moi qui ai écrit ça. Du moins c'est ce que j'ai pensé lorsque je l'ai vu.

J'ai donc lu. J'ai lu ces feuilles qui étaient tombées. Les dates y sont indiquées, je crois qu'elles suivent bien mon calendrier. Je les ai donc insérées au reste du journal, dans l'ordre. Il faudra que je trouve un système pour les y accrocher, des feuilles volantes, ça se perd. Et je ne veux pas les perdre.
Oh non, je ne veux pas les perdre. Elles sont précieuses. Car si jamais ça recommençait, elles seraient là pour me rappeler.


Je vais les relire une dernière fois, puis je vais cueillir des fruits.
J'ai faim.
Qu'il est bon de reprendre sa plume.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:42 par caCtus »
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Réponse #29 Ven 14 Mar 2008, 22:56
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4 janvier, fin de journée.

Je me sens bien. Revigorée, heureuse, envie de vivre.
J'en ai presque oublié tous ces moments passés à me morfondre ici. Non, bien entendu, je ne suis pas comme neuve. Je suis épuisée, ce soir, mes jambes ne me portent plus. J'ai beaucoup trop maigri ces dernières semaines, et je ne sais pas combien de temps cela va me prendre pour retrouver la forme.
Un régime strict s'impose, mais pour le moment je dois me contenter de fruits et de coquillages.

Quel goût délicieux. Je n'y avais plus touché depuis si longtemps. Bien sûr de la viande me ferait le plus grand bien, mais chasser n'est pas une tâche aisée. Surtout que je n'ai plus pratiqué la course au lapin depuis un long moment, et que de toutes façons, je ne crois pas être capable d'endurer une partie de chasse pour le moment.
J'ai songé à poser des collets... Mais un collet, ça se fait comment? Je peux peut-être encore trouver du fil de pêche à ce qui reste de l'avion (il a changé, depuis que je suis arrivée ici). Mais ça m'étonnerait que ce soit chose facile d'attraper une bestiole dans un collet fait avec les moyens du bord, sans aucune expérience préalable.

Bref, coquillages au menu pour le moment.
Et sport. Je pense que mes jambes ont plus besoin de se remuscler qu'autre chose. Ce matin le programme était donc d'aller à la pêche, pour me faire un petit stock de nourriture.
J'ai beaucoup mangé à midi, j'avais faim, et j'avais surtout beaucoup d'appétit. Quel bonheur de ressentir ces sensations. Manger avec plaisir. Pourtant les coquillages cuirs sans rien pour accompagnement, c'est  loin d'être ce que j'ai pu manger de meilleur dans ma vie. Mais dans ces conditions... un régal. Je salive déjà à l'idée en pensant au jour où j'arriverai à nouveau à attraper un lapin.

Après le repas, je suis allée me promener. Pour mes jambes. Enfin c'était pour mes jambes que je voulais le faire, mais ça m'a fait le plus grand bien.
Toutes ces odeurs que m'apportait l'air, l'odeur fraîche des arbres, par moment celle de la terre encore humide. Je me suis un peu approchée de la plage, j'ai tout de suite senti la mer... Vraiment un grand bol d'air, j'ai eu l'impression de me ressourcer. J'ai adoré. Je la remercie de ne pas m'avoir laissée.
« Dernière édition: Sam 15 Mar 2008, 12:43 par caCtus »
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Réponse #30 Lun 24 Mar 2008, 16:20
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6 janvier, soir

Ai passé ces deux jours à faire des provisions et réaménager la grotte. Elle tombait en ruines. Enfin, façon de parler, mais ça ne ressemblait pas à grand chose, ici.
Ce soir, c'est bien mieux. Je suis assise sur une paillasse faite avec de larges feuilles que j'ai pu ramasser un peu plus loin, en direction de la plage. Ce n'est pas encore le confort optimal, je songe à récupérer de la mousse pour essayer de me constituer une sorte de matelas. Mais ça ne va pas être évident , ça va sécher tout ça, je risque de devoir tout refaire souvent. Et puis il me faudrait quand même une grande quantité de mousse, c'est pas comme si c'était évident à en trouver et en arracher beaucoup. Le pied serait un grand sac en toile, et du sable. Je vais y penser, c'est une bonne idée, et réalisable si je trouve ce dont j'ai besoin. Puis ça devrait tenir la route un moment.

J'ai allumé un bon feu vers le fond de ma caverne, il m'éclaire un peu et chauffe pas mal le coin en début de nuit. J'aimerais bien trouver des bougies pour éclairer un peu plus, mais c'est une autre histoire...

Mes fruits sont plus loin du feu, au frais, même si la journée ça doit chauffer un peu. Mais je m'habitue à ne pas manger toujours des fruits tout juste cueillis, il faut bien si je ne veux pas passer mes journées à crapahuter pour rien pas grand chose.

Ah, et je suis passée voir Floriane, avant de rentrer. Dans quel état je l'avais laissée, j'ai honte.
J'ai remis des pierres tout autour de sa tombe, et j'ai replanté le bâton, qu'il tienne bien droit. Et puis je lui ai trouvé une jolie fleur, une grande fleur blanche. Je ne sais pas ce que c'est, j'y connais rien en fleurs.
Peut-être que c'est une fleur inconnue, y'a pas l'air d'y avoir beaucoup de terres alentours, ni beaucoup de monde qui passe dans le coin. (Du moins j'espère qu'autrement je m'en serais rendu compte.) Bref, je repars dans des rêveries inutiles.
J'ai passé du temps avec elle, silencieuse. Ca ne sert à rien de parler à une tombe, déjà que j'écris à un journal...

Je me suis rappelée certains moments passés ensemble, sur la plage. Les fois où nous discutions de tout et de rien, où nous prenions des bains de minuit à s'amuser comme des folles, les fois où ça allait moins bien pour elle. Je me suis souvenue d'une sorte de jeu que nous avions fait, une fois. Nous l'avions appelé "J'ai envie.". Je crois que c'est moi qui avais commencé. Je ne me souviens pas de toute, ni de l'ordre dans lesquelles nous avions énoncées nos envies, mais j'en garde un très bon souvenir.


J'avais envie d'une grosse glace au chocolat, avec des morceaux d'amande, qui dégoulinerait sous la chaleur.
Elle avait envie de boire un chocolat chaud.
J'avais envie d'une bonne bière.
Elle avait envie de trouver un pub où faire la fête toute la nuit.
J'avais envie d'une soirée déguisée sur le thème des dessins animés, avec les vieux génériques pour fond sonore.
Elle avait drôlement envie de me voir déguisée en Casimir.
J'avais envie de la voir en Pollux, c'est encore plus drôle.
Elle avait envie de se balader ainsi dans Paris, avec moi, pour voir combien de temps je tiendrais avant de faire semblant de ne pas la connaître.
J'avais envie qu'elle me fasse découvrir Paris, je n'y suis jamais allée.
Elle avait envie de prendre l'avion et de voyager à travers le monde.
J'avais envie de la suivre, partir en Chine, puis à New York, et au Pérou.
Elle avait envie de retourner voir son amie en Guyane.
J'avais envie de frimer devant mes amis en leur racontant que j'ai passé un long séjour sur une île de rêve.
Elle avait envie de revoir ses amis.
J'avais envie de pouvoir prévenir mes proches que je suis en bonne santé.
Elle avait envie d'avoir emporté avec elle des photos de Nicolas, pour les accrocher dans sa grotte.
J'avais envie de refaire la déco de sa grotte toute sombre.
Elle avait envie de me construire des murs pour mon campement si petit.
J'avais envie de lui dire d'aller voir ailleurs si j'y suis.
Elle avait envie de lire ce journal dans lequel j'écris si souvent.
J'avais envie de le lui faire lire, mais plus tard.

J'ai envie qu'elle revienne.
Je suis un peu triste, ce soir, une bonne nuit de sommeil me fera le plus grand bien.
Bonne nuit, Floriane Journal.


Ne t'inquiète pas, ils ont enlevé la grille.
« Dernière édition: Lun 24 Mar 2008, 16:30 par caCtus »
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Réponse #31 Dim 11 Mai 2008, 12:09
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12 février, date approximative, l'humidité a effacé une partie des bâtons gravés dans la roche de ma maison

Beaucoup occupée ces derniers-temps, je n'en ai pas gardé pour remplir ces pages.
Mais pas mal de choses se sont passées, et aujourd'hui j'ai envie de te raconter ce qui m'est arrivé.

Il fait bon aujourd'hui, et je suis venue m'asseoir près de ta tombe pour me reposer et trouver l'inspiration.
Cet endroit ne paraît plus aussi glauque qu'il y a quelques temps, lorsque je ne venais plus te voir. Maintenant il est presque plus accueillant que la maison. Tu la verrais, tu serais étonnée de ce que j'ai réussi à faire de mes petites mains.
Dommage que tu ne puisses pas profiter de mon matelas de luxe. Tu verrais l'état de notre avion aussi, il n'en reste plus grand chose! Je crois que si un jour on nous retrouve, je changerai de filière pour me spécialiser dans le recyclage.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Les sièges de l'avion sont dépecés. Il m'en a fallu dix, auxquels ils ne reste plus un seul centimètre carré de toile. Et il en reste encore pas mal qui n'ont pas brûlés, de quoi avoir de la toile de côté pendant un moment, au cas où.
J'ai pu trouver un couteau en très bon état au hasard de mes recherches, je crois que je vais le garder précieusement, celui-là. Il m'a permis de découper proprement les sièges pour récupérer leur toile. J'ai réussi à m'en sortir sans faire trop de déchirures, ce qui m'aurait bien embêtée, la couture n'étant pas une passion.

La couture. Tu ne devineras jamais comment je me suis débrouillée pour trouver du fil et une aiguille.
Le fil, c'est assez simple. Un seul siège m'a permis de reconstituer une bonne bobine. Ca m'a pris deux jours pour effiler le tissu du fauteuil sans faire de noeud et en essayant de casser le moins possible le fil! Mais maintenant, il m'en reste encore plus que ce que j'ai utilisé. Ca va m'être bien utile.
Pour l'aiguille, ça a été une autre histoire. J'ai eu beau fouiller de fond en comble tous les débris, aucune valise ne m'a apporté mon bonheur. Néanmoins j'ai pu trouver quelques médicaments, Aspirine, Doliprane, désinfectants... Je ne sais pas combien de temps ils seront bons, mais même les placebos sont utiles, alors j'ai tout gardé au frais. C'est une seringue qui m'a servi d'aiguille. Vraiment pas pratique, tu sais. La pointe était très fine et c'est ce dont j'avais besoin pour réaliser mon oeuvre. Mais comment y faire tenir le fil? Finalement je ne me suis pas cassé la tête. J'ai fait un noeud à l'autre bout de l'aiguille, et l'ai collé avec de la résine.
C'est ce qui me prenait le plus de temps lors de mes séances de couture. Le noeud n'hésitait pas à se décoller quand bon lui semblait, et lorsque j'arrivais au bout d'un morceau de fil, j'ai connu plus simple pour bien tout serrer afin que mes morceaux de toile ne se détachent pas.
Mais en ayant cousu plusieurs fois au même endroit, ajouté des morceaux de toile aux endroits les plus fragiles, une semaine et demi après avoir récupéré tout ce dont j'avais besoin, j'avais réalisé un large sac en toile, de longueur légèrement plus petite que moi.

En même temps, mes pieds n'ont pas besoin d'un matelas.

Il me restait encore pas mal de tissu, ce qui m'a permis de me confectionner deux petits sacs en toile. Ils tiennent toujours le coup aujourd'hui, même si j'ai du en rapiécer un déjà deux fois. Les sacs m'ont permis de transporter le sable de la plage jusqu'à la maison.
J'ai aussi ramené une énorme quantité de feuilles. J'avais commencé par les choisir minutieusement, mais au bout d'une matinée j'ai vite abandonné, et j'ai passé deux jours à rassembler tout ce que je pouvais trouver dehors.

J'ai rempli mon matelas de feuilles et de sable.
Ma première nuit a été merveilleuse. Dommage que tu ne puisses pas connaître ça. J'en ai même rêvé que je dormais chez moi, dans mon lit. Mauvaise surprise au réveil, mais c'est preuve que mon matelas est réussi.

Bon, depuis, il s'est un peu affaissé, je crois qu'avant un mois je devrais le remplir à nouveau. Mais il tient bien le coup, et je suis fière de moi.


Je vais te laisser Floriane, il faut que je retourne à la maison. Quelques lapins m'y attendent, et si je pars trop longtemps, le petit curieux qui rôde en ce moment autour de la grotte les aura volés, ou même juste grignotés.

Je suppose que c'est un renard, ou une belette, quelque chose dans le genre. Il va falloir que je trouve un moyen de m'en débarrasser, le voleur profite de mes progrès en chasse.
« Dernière édition: Dim 11 Mai 2008, 12:13 par caCtus »
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Réponse #32 Sam 24 Mai 2008, 18:33
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14 février

C'est l'anniversaire de Mat, petite pensée pour toi, si tu me vois...



J'ai aimé une Fleur.
Elle m'a appris l'amour,
Elle m'a appris les pleurs.

C'était si naturel,
J'étais tell'ment pollué,
Elle était tell'ment belle,
J'aimais la renifler.

Alors je ferme les yeux
Pour reprendre des couleurs.
Mais l'orange m'émeut
Et le noir me fait peur.

La tristesse m'assassine,
C'est la mort qui m'effleure :
J'ai perdu, c'est un signe,
Capucine la Fleur.


Mathieu Chedid
« Dernière édition: Sam 24 Mai 2008, 18:34 par caCtus »
Il y a tant de choses qu'on ne saura jamais,
Le monde est tout plein de petits secrets.
Réponse #33 Ven 06 Juin 2008, 11:23
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19 février

Cette journée fût longue et difficile.
Je suis épuisée, je n'ai qu'une envie, c'est celle de me reposer, et je ne sais même pas si j'y parviendrais ce soir.

Ce matin un de mes sacs a commencé à craquer. Le tissu se défaisait lentement, mais si je n'y prenais pas attention, dans deux jours je me retrouvais avec des lambeaux à la place du sac.
Ce qui m'a donné une bonne raison de faire une petite excursion vers la plage : j'y récupèrerais du tissu, je n'avais qu'à rafistoler mon sac sur place, ainsi je pourrais en profiter pour ramener du sable et quelques coquillages à manger à la grotte.

Soit.

En route pour la plage. Ramasse le tissu. Débrouiller-toi pour rendre ton sac plus solide. Passe y du temps, fais quelques pauses, chantonne tranquillement sur la plage.
Lève les yeux vers la mer.
Aperçois un point sombre, étrange.

Je me suis levée et j'ai courru vers la mer. Je n'avais en réalité aucune idée de ce que c'était, mais au fond de moi, c'était l je savais que c'était la première chose à laquelle j'ai pensé.
Rien ne me le pourvaitprouvait, il y avait seulement un point sombre au loin. Suffisamment gros pour que si c'était ce fût un bateau, ses passagers puissent apercevoir ma plage. Mais pas moi.
Mais pas moi. Je ne devais pas être l'ombre d'un point noir sur cette plage. La plage devait d'ailleurs être une étendue verte à leurs yeux.

C'est là que tout est allé un peu vite dans mon esprit, et que j'ai décidé de brûler la plage.
J'ai toujours eu du mal à faire un feu, mais dans le cas qui se présentait, je ne ressentais pas le besoin de prendre mes précautions. Je suis allée quelques mètres plus loin que mon endroit habituel pour y trouver d'autres restes de l'avion. Le réservoir était certainement à cette hauteur-là, et s'il restait encore quelque chose dedans, il n'aurait pas grand mal à flamber.

C'est ce que j'ai fait. J'ai trouvé le réservoir. Un truc immense. Je n'ai même pas vérifié ce qu'il restait à l'intérieur. Je crois que j'ai eu de la chance (à moins que ce soit justement cette satanée fatalité qui me poursuit?) qu'il soit très loin d'être plein. Je n'ai pas eu de mal à y mettre le feu. La flamme n'a pas tardé à devenir énorme, et dès qu'elle diminuait trop à mon goût, j'y jetais tout ce que je trouvais.

Je ne sais pas combien de temps j'y ai passé. Je ne sais pas à quelle heure j'ai vu ce point sombre. Mais à partir de ce moment-là, j'ai fait le feu, et je m'y suis acharnée jusqu'à ce que la nuit tombe.

Quand le soir a commencé à tomber, j'ai repris mes esprits, et ai regardé l'océan. Rien ne s'y trouvait, ni point noir, ni lumière. S'il y avait eu un bateau, il était partit depuis longtemps. Peut-être même qu'il n'y avait jamais eu de bateau.

Je me suis effondrée sur le sable, pleurant jusqu'à épuisement, regardant mon oeuvre qui terminait de flamber. De l'avion il ne reste plus rien, pas même un carré de tissu. Et la plage sent mauvais, à présent. Très mauvais.


Quant à moi, je suis rentrée dans ma grotte humide
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide


(Et se cognant la tête à des plafonds pourris;)
« Dernière édition: Ven 06 Juin 2008, 18:52 par caCtus »
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Réponse #34 Sam 25 Oct 2008, 18:34
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21 mars, à une dizaine de jours près, enfin, je crois.


"Il n’existe que deux choses infinies, l’univers"...

Après un mois d'intempéries lors duquel ont eu lieu

Dur de reprendre la plume.

Après un mois comptant un bon nombre de jours pluvieux et venteux, ma petite plage se porte mieux à présent.
La pluie avait commencé par laisser une odeur de brûlé s'échapper des restes de l'avion, odeur me rappelant sans cesse cette longue journée où je m'étais trop laisser emporter laissée emporter par l'espoir. Ca a été difficile pour moi de revenir sur le lieu "du crime" pendant quelques semaines.

Maintenant, le vent
Maintenant que le vent a emporté une bonne partie de ce qu'il restait de la civilisation sur cette plage, je m'y sens mieux.

J'ai souvent eu l'impression que cet avion m'aidait.
Bien sûr qu'il m'a aidée! Sans lui, pas de sac en tissu, pas de matelas rembourré de sable, pas d'outil, pas de nourriture à mes débuts, pas d'aide à mon premier abri de fortune... Matériellement, l'avion m'a aidé.
Lorsque je revenais sur la plage, je regardais longuement l'avion. J'avais l'impression qu'il était une des seules choses me tenant en vie. Un dernier pont vers la civilisation, en quelque sorte.
Ici, tout le reste, c'est cette île. Le sable, les arbres, la terre, les oiseaux, l'eau, quelques petits animaux, ma grotte, la météo, la mer, l'océan... Je pensais que me retrouver vraiment seule à seule avec cette île me rendrait folle. L'avion me ramenait à la civilisation.

Mais maintenant qu'il n'est plus là (il n'en reste que des miettes, je ne pense pas qu'il soit reconnaissable pour quelqu'un qui ne sait pas qu'avant se trouvait un avion presque entier à cet endroit), je me rends compte de tout le mal qu'il me faisait.
Cet avion me rappelait d'une part le mal qu'il m'a fait : m'amener sur cette île. Non pas qu'au jour d'aujourd'hui je ne me plaise pas ici (bien que je ne refuserais pas si on me ramenait sur la "terre ferme"), mais j'en ai beaucoup souffert pendant un temps, quand même.
Et, de plus, ce pont lien vers la civilisation me faisait plus de mal qu'autre chose : des souvenirs, des envies, des fantasmes, des désirs, des regrets, des remords...

Puis me retrouver seule, en tête à tête avec mon île, ne me rend pas plus folle que ce que je suis peut-être déjà, finalement.

Ce soir je suis assise sur la place. J'ai emmené avec moi la toile qui me sert de drap, et je me suis fait un bon feu de bois. Il fait bon, s'il tient une bonne partie de la soirée, cela suffira amplement.
(Au fait, je suis enfin devenue une pro du feu de camp. Les silexs ou les branches de bois ne me font plus peur, elles me redoutent!)
Ce soir je dîne avec ma plage. Et pas un repas de rigolo, hein! Ce soir c'est viande! J'ai trouvé un lapin blessé hier, je l'ai achevé.

D'ailleurs, ça commence à sentir le cuit. Je te laisse, je reviens plus tard.
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Réponse #35 Sam 25 Oct 2008, 19:30
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Journalisée
Après manger.

Voilà.
Le ventre plein, un petit bain pour se rafraîchir un peu, je peux me détendre et passer ma soirée avec ma plage.

J'adore passer des soirées ici, depuis que le temps est meilleur.
Je m'allonge dans le sable, il est encore chaud, c'est agréable. J'aime sentir la différence entre avec la température de l'air, lorsqu'il vient souffler sur mon ventre et sur mon visage, alors que le sable réchauffe tout mon dos, mon crâne, mes pieds... C'est très agréable.
Alors je regarde les étoiles.

"-Tu t'es déjà demandé ce que c'était que ces petits point brillants là-haut?
-Des lucioles Pumbaa. Un genre de ver qui reste collé sur cette espèce de machin bleu marine.
-Oh... Tiens. Moi j'pensais que c'était des bulles de gaz qui brûlaient à des billions d'kilomètres de nous!"


Ces étoiles qui me font rêver depuis que je suis enfant.

Si les enfants veulent tous devenir
astronautes, c'est pour se barrer de cette Terre où ils devront vivre toute leur vie.

Ces étoiles qui font rêver les Hommes depuis peut-être bien la nuit des temps.
Il paraît que Stonehenge était un lieu pour les observer.
Elles servaient aux marins, ils ont du beaucoup les étudier eux aussi.
Je pense qu'elles en ont fait rêver plus d'un.

Dans un monde noir et blanc, seules les étoiles sont en couleur.

"et la bêtise humaine..."

Certains furent trop ambitieux et, voulant voler, se sont brûlé les ailes.
Puis l'Homme a réussi. Les avions parcourent à présent le ciel de part et d'autre.
On a même été jusqu'à marcher sur la Lune... et y poser un drapeau, comme un signe d'appartenance. Certains Les massacres de civilisations pour s'approprier un territoire n'ont jamais servi de leçon...

Jamais je n'ai pensé à poser ici quelque chose qui signifierait que cette île m'appartient. (Si je l'appelle "mon île", ce n'est pas par propriété, mais parce qu'elle est devenue mon amie.) Certes il restera ici toujours des traces de mon passage, je me suis fait une place, mais ne pense pas avoir trop empiété.
Nous vivons un peu en symbiose, mon île et moi. Et je lui suis reconnaissante de m'avoir laissé une place.

J'ai un peu peur du jour où l'on viendra me chercher. (Si ce jour existe. Non pas que je sois Je ne suis pas persuadée de cela, ni du contraire d'ailleurs. Je parle de ce jour comme un jour dans une lointain futur, ou dans une autre dimension...)
J'ai peur que la découverte de cette île par d'autres ne lui fasse du mal. Je ne veux pas la voir colonisée. Elle est si belle, presque vierge. Je sais que si je finis mes jours ici, elle aura vite fait de m'oublier. Toute trace de mon passage sera effacé en quelques mois grâce au temps, grand complice de l'île. Il faudrait que je songe à m'en faire moi aussi un allié, d'ailleurs... (Les amis de mes amis sont mes amis.)

Et puis tout recommencera... Peut-être un jour quelqu'un d'autre se retrouvera ici à ma place, ne se doutant pas de mon passage. Peut-être aussi que je marche dans les pas d'une autre personne dont je ne soupçonne pas l'existence passée...

Tout va et vient. La nature est comme ça, éternelle, toujours rajeunissante. Peut-être me fondrais-je un jour à cette île et deviendrai-je moi-même immortelle...


"Mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue."
« Dernière édition: Dim 26 Oct 2008, 01:21 par caCtus »
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Réponse #36 Sam 25 Oct 2008, 19:38
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Journalisée
25 mars

Marre!
A quoi ça sert que j'chasse un peu d'avance et que j'conserve ma viande si c'est pour qu'elle disparaisse dès que j'fous un pied dehors?
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Réponse #37 Mer 28 Jan 2009, 23:24
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Journalisée
12 avril

Je me posais quelques questions aujourd'hui... Qu'est-ce qui se passe, dans le monde? Quelles sont les nouvelles qu'on pourrait lire à la Une des journaux? De quoi les gens sont-ils en train de parler?

Les U2 sont-ils séparés parce que Clayton trouve que Edge se la pète trop, ou bien partent-ils pour une nouvelle tournée?
Thom Yorke s'est-il suicidé?
Hillary s'est-elle présentée aux présidentielles? (Inutile de se demander si elle aurait été élue, on va faire dans le plausible, quand même. Une femme à la tête des USA, c'est pas demain.)
La Chine s'est-elle alliée à la Russie et a-t-elle déclaré la guerre aux Etats-Unis?
Paris s'est-elle faite bombarder?
Le petit voisin a-t-il eu son bac?
A-t-on découvert des bactéries sur Jupiter?
Quoi? On traite le SIDA maintenant?
Deux femmes homosexuelles se sont mariées et ont fait un enfant dont elles sont toutes les deux reconnues comme mères, en France.
La Belgique n'existe plus, les Pays-Bas ont gagné du territoire.
Le Pape vient d'être assassiné d'une balle dans la tête.
Un Prix Nobel de la Paix a été attribué à Gandhi, effet rétroactif.

Je suis curieuse de savoir, quand même...
Il y a tant de choses qu'on ne saura jamais,
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Réponse #38 Sam 14 Mar 2009, 12:36
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Journalisée
2 mai

J'ai mal dormi cette nuit, j'ai fait un rêve plutôt étrange...


J'étais sur une barque en bois, le bois était très vieux mais l'eau ne s'infiltrait pas. Je parcourais une petite rivière très lentement, et les rives étaient très colorées. Il y avait beaucoup d'arbres aux fruits oranges, le ciel était tout rose, c'était très étrange bizarre, mais je trouvais ça joli, je m'y sentais bien. Puis, j'ai entendu quelqu'un m'appeler à plusieurs reprises. Je cherchais d'où ça venait, je ne voyais personne. Quand je me suis décidée à répondre en demandant qui était-ce, une étrange fille est apparue en face de moi, sur la barque. Ses yeux étaient horribles! Ils brillaient, et on aurait dit qu'il y avait toutes les couleurs existantes dedans, qui changeaient sans arrêt, elles tournaient, tournaient, tournaient. Mais dans mon rêve, j'ai été attirée par cette fille. Elle m'a alors déposé une couronne de fleurs jaunes et vertes sur la tête. Puis elle a disparu subitement. Attirée par elle, je suis alors partie à sa recherche.

Ma barque a accéléré sur le cours d'eau, et je me suis échouée. Il y avait un pont pour mener à l'autre rive, où se trouvait la fontaine d'un bien étrange village. Je suis entrée dans le village. Il était peuplé uniquement d'enfants qui jouaient. Certains étaient sur des balançoires, d'autres faisaient du toboggan, d'autres encore se poursuivaient à dos de chevaux de bois, tandis que les derniers se gavaient de tartes à la guimauve. Je traversais doucement le village, et tous se retournaient sur mon passage en me souriant. On aurait dit qu'ils me montraient le chemin. Au bout de l'unique rue de sce village se trouvait un champ de fleurs. Ces fleurs étaient tellement grandes que certains dépassaient les nuages. C'est alors qu'un enfant conduisant un taxi fait de papier journal est arrivé près de moi, et m'a proposé de m'emmener pour retrouver la fille. Je suis montée à bord, nous nous sommes envolés dans le ciel, plus haut que les nuages. Les habitants du village au sol me faisaient des grands signes d'au revoir.

L'enfant et son taxi m'ont déposée dans une gare. Tous les employés étaient vêtus de costumes brillants, qui reflétaient la lumière dans tout le bâtiment. Certains avaient des cravates bizarres, je pouvais voir mon visage et ma couronne de fleurs s'y refléter. Soudain, une silhouette est apparue à une des bornes d'enregistrement. C'était la fille aux yeux brillants que je cherchais.


Puis je me suis réveillée transpirante.

Je crois que les champignons d'hier n'étaient pas bons.
« Dernière édition: Sam 14 Mar 2009, 17:50 par caCtus »
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Réponse #39 Ven 24 Avr 2009, 22:21
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Journalisée
Plus envie de perdre mon temps à le compter

Ce soir, j'a
i relu mon journal. J'ai pleuré.
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Réponse #40 Ven 08 Mai 2009, 22:43
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Journalisée
Un jour comme un autre


Approchez, approchez, Mesdames et Messieurs, car, aujourd'hui, grande vente aux enchères!


des demi-mots
pour les demi-portions


des gros mots
pour les grossistes

des jeux de mots
pour les artistes

des mots à mot
pour les copieurs


                                                           des mots courants
                                                                           pour les rapides


      des mots croisés
                pour les retraités


des mots d'amour
pour les amants

des mots d'ordre
pour les ordonnés

des mots de passe
pour les méfiants


des mots de tête
pour les charlatans

                                                              des mots en l'air
                                                                   pour les oiseaux



aujourd'hui grande vente aux enchères, on achète des mots d'occasion,
des mots à la page et pas chers, et puis des mots de collection


des mots fléchés
pour les indiens


des mots perdus
pour les paumés

                                                                                    des mots pour mot
                                                                                                 pour les cafteurs


              des mots pour rire
                          pour les enfants


    des mots rues
         pour les poissonniers


                                                              des mots savants
                                                                             pour les emmerdeurs


des mots tabous
pour le taboulé

              des mots-bylettes
              pour les voleurs


                                                                                                            des mots mie
                                                                                                                                pour les pyramides


des mots-chetés
pour les pas bien beaux


des mots-clef
pour les prisonniers

des petits mots
pour les béguins


Un mot pour tous
Tous pour un mot
« Dernière édition: Ven 08 Mai 2009, 22:49 par caCtus »
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Réponse #41 Dim 14 Juin 2009, 15:08
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Réponse #42 Jeu 23 Juil 2009, 01:04
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Journalisée
En ce moment mes nuits sont plutôt agitées.. Ah je trouve pas le bon mot, c'est pas tant agitées mais je rêve beaucoup. Un rêve en particulier reviens souvent depuis plusieurs jours. Il m'est même arrivé de le faire deux fois dans la même nuit. Enfin je crois, j'ai jamais trop bien cerné le fonctionnement des rêves. C'est un peu couillon de penser ça, je sais pas si beaucoup de monde cerne bien ce principe.

Bref.


Alors que je suis endormie sur mon lit de sable 3 étoiles, je suis réveillée par un vacarme assourdissant. Quand j'ouvre les yeux je suis éblouie par une lumière qui fait un peu comme un phare, ça clignote, un coup toute la grotte est éclairée, un coup je suis dans le noir total, c'est très déroutant au réveil. Je finis par me lever et sortir voir ce qu'il se passe. Instinctivement je me dirige vers la plage au-dessu de laquelle vole un hélicoptère. C'est ce machin qui fait tout ce bruit, mais dans mon rêve c'est vraiment insupportable. Entre le moteur et les pales, je crois qu'on entend aussi une sirène, des gens qui crient, des talkie-walkie, etc.

Et là j'ai l'impression que mon esprit quitte mon corps. Je me vois faire sens...
Non en fait je ne suis pas hors de mon corps, c'est toujours moi, mais je ne contrôle pas ce que je fais. Je fais de grands gestes et crie à l'aide jusqu'à ce que le pilote me repère, mais je n'ai pas voulu décidé de le faire. Si ça m'arrivait vraiment, je ne sais pas comment ça se passerait. Si, sans réfléchir, j'appellerai à l'aide, ou s'il me faudrait un temps pour réaliser ce qui se passe et réfléchir à la situation. En tous cas dans mon rêve, j'ai besoin d'un temps pour réagir, mon esprit en a besoin, mais mon corps ne réfléchit pas et appelle.
Alors une échelle descend depuis l'engin avec un bonhomme en combi au bout, qui me tend la main. Je prends sa main, il serre mon bras et nous montons à bord de l'hélicoptère. Je regarde mon île l'île s'éloigner. C'est tout ce que je fais. Je la regarde, mais ne pense pas. Je n'ai aucune sensation. Je ne ressens ni joie, ni nostalgie. Et ce qui est assez étrange dans toute cette ambiance, c'est que le pilote et le gars assis à côté de moi ne m'adressent pas la parole.

Ensuite ce qui est pratique dans les rêves c'est que certains passages inutiles qui auraient été là juste pour meubler sont passés en avance rapide. Ici, on me dépose directement devant la fenêtre d'un immeuble, et je saute dans un appartement qui est le mien. C'est pas mon vrai appart', celui que j'ai laissé en montant dans cet avion de malheur (?), mais dans ce rêve, je sais que c'est mon appart', c'est tout.

Je vais dans le frigo qui est rempli à ras bord, et je cherche quelque chose à grignoter. Je vois du pâté, du fromage, des plats préparés, des glaces, des tartes, du chocolat, des boîtes de conserve, du pain... Tout ce qu'on peut trouver dans une cuisine. Et là je sens mon estomac se nouer et je cours à la fenêtre vomir toute mes tripes (oui, dans les rêves on peut se permettre pas mal de choses, celle-ci évite de devoir nettoyer les chiottes).
Là je recommence à avoir des sentiments, des pensées, des sensations, et ça se bouscule pas mal. Je suis submergée et je m'écroule par terre en pleurant. Ce frigo m'a écoeurée, dégoûtée. Et le pire c'est que c'est pas parce que je n'ai plus l'habitude de manger toutes ces choses. Non, en fait je suis complètement paumée et n'ai pas su que choisir. Y'avait TROP de choses dedans. Dépaysée.

Après je sais plus trop dans quel ordre les choses se passent. C'est peut-être pas le même à chaque fois, tous les éléments n'y sont peut-être même pas à chaque coup.

Je me souviens du passage où Mat vient frapper à ma porte. Sur le coup c'est un plein d'émotions qui s'empare de moi et je me retrouve à lui sauter dans les bras en pleurant. Lui ne réagit pas trop, mais dans mes rêves j'ai souvent du mal à faire agir trop de monde à la fois. Alors c'est moi ou les autres. Un peu à tour de rôle. Mais dans des cas comme celui-ci, c'est vachement frustrant. Même si dans l'action de mon rêve ça n'a pas l'air de me perturber, au fond de moi-même, ça me rend triste de serrer un corps inerte dans mes bras. un ami immobile, muet, insensible dans mes bras. Mat sait que j'étais sur cette île tout ce temps (toujours pour une question pratique) et me pose beaucoup de questions.
Mais rapidement, j'en peux plus. Je suis fatiguée, je lui demande de sortir. Là il part en me balançant une saloperie pour me faire comprendre que c'est pas cool de le foutre à la porte dehors alors que ça fait deux ans qu'on s'est pas vus, qu'il s'est inquiété, etc. Alors ça m'énerve, je lui crie dessus et le met à la porte en pleurant.
Et je suis super soulagée. Enfin non, la partie de moi qui est vraiment dans le rêve pleure et regrette d'avoir fait ça, mais Mat est déjà partie. Et l'autre partie de moi, celle qui est un peu détachée, est soulagée.

Après y'a plein de scènes angoissantes, toujours dans un lieu public. A chaque fois je me retrouve entourée de monde et je panique, je finis par m'en aller hystérique, en courant, criant, cherchant un endroit où il n'y a PERSONNE.


Enfin c'est super difficile à raconter en fait. Surtout dans le vide, dans un journal qui ne quittera pas cette île.


Au bout d'une énième crise de panique, je me réveille. Et là j'entends le même vacarme qu'au début. Je retourne à la plage et j'y retrouve le même hélicoptère, avec ces mêmes bruits insupportables, ce même gars qui descend accroché au bout de son échelle en corde, qui me tend la main. Mais cette fois-ci, je regarde sa main sans la prendre. Puis il s'éloigne.



Je pense que si ça m'arrivait vraiment, je prendrais la main tendue. Mais je ne serai plus jamais la même, et je le regretterai peut-être.
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Réponse #43 Mer 21 Mar 2012, 23:36
caCtus
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Mon coeur pleure aujourd'hui - mon corps n'en a pas la force

Je ne me souviens plus du visage de mes amis. Ni ceux de de ceux de mes parents. J'ai du mal à me rappeler le mien. Le reflet dans l'eau est trouble, et je ne vois p je n'ai pas l'impression que c'est celui que j'ai connu. Lorsque je passe mes doigts sur ma joue, c'est... c'est bizarre en fait. Ce visage m'est inconnu.
Je me souviens des yeux bleus de Laura. Je sais qu'elle était belle, j'admirais sa beauté, ses longs cheveux noirs, et ses yeux bleus. Et son jean troué, celui-là, je m'en souviens!

J'ai une mélodie en tête, mais je n'arrive pas à retrouver ce que c'est, je vais mal end en dormir.

J'ai mal au poignet, je reviendrai une autre fois.
Il y a tant de choses qu'on ne saura jamais,
Le monde est tout plein de petits secrets.
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