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News du 22/06/2018
Avis à tous les survivants!

Suite à la discussion avec la communauté de 650km.com, Angelstar (le créateur du jeu), a décider d’aller de l’avant et d’engager toutes ses forces dans une toute nouvelle version du jeu!
Cela signifie que pour que ce nouveau projet avance correctement, le jeu en ligne vas s’arrêter courant septembre.
L’équipe de développement, votre modérateur préféré (bigbug001) et notre community manageuse sera là pour répondre à vos questions, vous montrer les avancées du jeu (qui ne sera pas un jeu web!) et plein d’autres discussions très interessantes! Ou pas :)
C'est donc pour ça que l'on vous fait cette proposition : Échouez-vous avec nous dans notre nouveau canal discord dédié à 650km!
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Auteur Discussion: [Journal] Renaître des cendres  (Lu 11118 fois)
Jeu 21 Juin 2007, 18:47
Kateya
Shaolanana
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Si j'avais les ailes d'un ange....



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        Pour me facilité la vie, et celle d’un éventuel lecteur, j’avais décidé de me faire un petit aide mémoire. Alors, voilà, voilà!

     
D’abord, un index de ma famille (et ami très proche)


       Je me mis donc à l’ouvrage pour créer des dessins plus ou moins descriptif de ma personne et des autres. Heureusement, les gens de Shaolis (village où je vis maintenant) on le secret des belles couleurs et mes dessins sont un peu plus coloré que du temps où tout était ocre noir et ocre rouge.

Bon, ben ça c’est moi. Autoportrait par moi-même.  J’avais 15 ans quand on à débarqué sur cette île. Derrière mes airs de fille sûre d’elle-même, je cachais une personne que tout dépassait. C’est d’ailleurs passé proche que ma sœur doive me ramasser à la petite cuillère. J’ai mené notre petit duo à travers la survie sur cette île. Puis, j’ai été adoptée provisoirement par une famille d’autochtones de Shaolan. Oh! Et je me suis découvert le pouvoir de parler à ma défunte mère, ou plutôt à son esprit.

Alors que je faisais un portrait plus récent de notre lapin, ma sœur entra dans la pièce (faut avouer que j’étais chez Chodaway; où je me sentais plus à-l’aise pour écrire). Elle regarda mon travail par-dessus mon épaule et je m’empressais de cacher ce que j’avais écrit.

- Eh, je veux voir. Oh, c’est ton journal, désolé.
- Ça va. Eh, So, prends la pose que je fasse ton portrait.


Ma sœur prie une pose grotesque donc je fis abstraction pendant que je dessinais.

Ma sœur avait huit ans quand nous avons "atterri" sur cette île. Elle n’a pas tardé à devenir la plus enjouée et optimiste de nous deux. Elle m’aidait beaucoup, dès qu’elle le pouvait, et s’inquiétait pour moi le reste du temps. Elle me reprochait d’être surprotectrice, même si je l’ai jamais écrit des mes récits, et je crois qu’elle a raison. Elle n’a pas la langue dans sa poche, ce qui m’a déjà foutu la honte, mais  je crois que ça fait bien rire son père adoptif.



  D’ailleurs, en parlant du loup, Cho revient d’une discussion avec la chef du village à l’instant et trouve Sora dans sa pose ridicule. Je venais justement de finir mon dessin et elle se précipitait déjà  pour le voir. Elle fronça les sourcils.

- J’ai pas les cheveux aussi carotte
- Oui on les as aussi carotte et maintenant laisse la place à Cho que je fasse son portrait.


Nous avions trouvé Chodaway dans la forêt alors que nous chassions, moi et ma sœur. Il avait été blessé par une bête et nous l’avions soigné. Son vrai nom était André Leblanc, mais il avait été rebaptisé fils de l’oiseau de feu. Il était dans le même avion que nous, puis avaient été trouvé à-moitié mort par les autochtones de l’île. D’ailleurs, c’est lui qui nous amena chez eux par plus tard. Il avait ensuite, à ma demande, adopté ma sœur plutôt que moi, tel qu’il l’avait prévu au début. C’est provisoire dans son cas aussi, mais elle aura sans doute moins de difficulté à faire ses preuves, elle.


- Très réussi ton dessins, mais tu devrais rentrer, il se fait tard.
- Oui, merci, dis-je en sortant. Maman, appelais tout bas en sortant discrètement du village.
- Oui chérie, entendis-je dans mon dos. Je fais la pose.


Guenièvre Kenville est notre mère à moi et ma sœur. Elle est morte pendant le crash. J’ai longtemps cru l’avoir perdue et j’étais affreusement furieuse après elle de nous avoir "abandonnée" moi et ma sœur. Puis, quand j’ai vraiment perdue tout mes espoirs, quand je lui ai vraiment parlé, elle est venue et j’ai réalisé que, quand  je faisais vraiment attention, quand j’étais prête à l’écouter, elle était là pour moi. Depuis, elle me parle quand je le veux, c’est presque comme si elle était là.
 

  Satisfaite, je lui fis un câlin et rentrai "chez moi" avant qu'il ne fût trop tard.

« Dernière édition: Mer 29 Juin 2011, 10:02 par Lline »
J'te dis qui fait frette!
Dans le RP: Moi sans oublier ma fidèle Kirfa
Renaître des cendres
Réponse #1 Ven 22 Juin 2007, 03:39
Kateya
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Si j'avais les ailes d'un ange....



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Jour 1(je crois)
When I find myself in times of trouble...

   Lorsque je me suis réveillée, il faisait noir comme la nuit. De la lumière perçait par quelques trous ici et là, mais je ne savais pas où j’étais. Je me suis levée et ma tête a heurté quelque chose. J'ai levé les yeux et j'ai aperçu une plaque de tôle. J'ai tenté de la soulever. J'ai réussi et aussitôt la lumière du jour a pénétré dans "mon antre". Mes yeux ont dû s'habituer, mais ça n'a pas pris trop de temps. Je me suis extirpée à la force de mes bras, car je sentais qu'une de mes jambes (la droite) ne voulait pas répondre aux ordres de mon cerveau. Tout ce qu'elle faisait, c'était m’élancer grandement, tout comme mon visage et ma main gauche. En sortant, mon pied heurta quelque chose de mou. Je me suis retournée, et ce que j'ai vu ma soulevé le cœur. Ma mère était là, son cou était dans une drôle de position que je savais anormale pour quelqu'un de vivant, mais ma mère, elle, était morte. Je me suis retournée pour vomir toutes mes tripes. J’étais encore trop sur le choc pour pleurer. J'ai alors pensé à ma petite sœur, elle était dans l'avion elle aussi, il ne fallait pas qu'elle soit morte, je ne voulais pas qu'elle soit morte. Mais heureusement, mes craintes furent effacées lorsque j'entendis:

   - Maman, Kateyaaaa... Vous êtes où?
   - Je suis là Sora, où es-tu?
   - Je sais pas il fait noir, j'ai peur et mon bras mon fait mal.
   - Chante et je vais te retrouver avec ta voix, lui ai-je dit.


   Elle s'est mis a chanter "Hawaïenne" des trois accords, notre groupe préféré à toutes les deux. "Ça ne manque pas d'ironie" ai-je pensé, nous qui étions justement perdues sur une île déserte. Après quelques minutes a ramper sur le sol, j'ai retrouvé ma sœur sous une plaque de tôle, ce qui n'était pas étonnant puisqu'il y en avait partout. Elle avait le bras cassé, et elle avait aussi quelques égratignures, mais c'est tout. Lorsqu'elle m’aperçut elle sourit, puis son visage devint sombre et, ensuite, apeuré. Je regardai ma jambe et je compris aussitôt pourquoi son visage était si apeuré. La cuisse de mon jean était rouge de sang.
 
   - Il faut vite trouver où se faire un abri, nous devons penser à notre survie.
   - Mais où est maman? m'a-t-elle demandé.


   Quelques larmes ont coulé sur ma joue, et ma sœur de huit ans a aussitôt compris. Elle a pleuré doucement elle aussi. Je me suis accoté sur elle et nous somme parties vers la forêt. Nous avons heureusement trouvé un arbre dont le feuillage épais nous protègerait du soleil ou de la pluie.

   Ma sœur est couchée et je crois bien qu'elle dort. Nous avons soigné nos blessures et j'ai trouvé un carnet, toi, mon journal. Demain nous allons voir si nous pouvons trouver des choses utiles dans les débris du crash, mais pour l'instant je dois dormir. Je vais voir ce que je peux faire pour nous demain. Moi et ma sœur sommes maintenant tout ce que nous avons, l'une pour l'autre. Je ne suis pas morte, mais j'ai tout de même perdu ma vie, et maintenant j'en commence une autre.
« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 03:49 par Kateya »
J'te dis qui fait frette!
Dans le RP: Moi sans oublier ma fidèle Kirfa
Renaître des cendres
Réponse #2 Sam 23 Juin 2007, 03:39
Kateya
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Si j'avais les ailes d'un ange....



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Quand on est à l'eau, il faut nager

Jour 17(depuis mon réveil)
Un bon début dans la deuxième vie

    Ça fait un bout que je n’ai pas écrit, mais c'est parce que j’étais très occupée. Je devais prendre soin de moi et de ma sœur aussi. Nous avons trouvé plusieurs objets utiles dans la carcasse d'avion: du tissu, deux ou trois trousses de premiers soins, plusieurs boissons et de la nourriture qui avait été prévue pour le vol. Et nous avons bien sûr trouvé de la tôle. Avec ça, de vieilles branches mortes, quelque feuilles, des pierres et beaucoup d'imagination et de débrouillardise, nous nous sommes construit un abri rudimentaire.

    Dès le lendemain du crash, nous sommes retournées voir s’il y avait d’autres survivants. Mais nous n'avons trouvé rien, sinon des cadavres. Beurk! J'ai ensuite lavé mes plaies avec de l'eau de mer, sachant que le sel était un très bon désinfectant, tout comme la salive d'un humain pouvait l'être pour lui même d'ailleurs. Mais je n’étais pas désespéré à ce point. Ma sœur m'a aussitôt imitée, mais contrairement à moi, elle criait chaque fois que l'eau salée restait un peu trop longtemps en contact avec ses blessures. Ma cuisse n’avait pas été infectée par le morceau de métal qui avait été pris dedans, comme quoi j'avais un peu de chance dans ma malchance. J'avais replacé mes deux doigts, l'index et le majeur gauche, qui étaient cassés. Je ne suis pas irréaliste, je sais qu'ils ne reprendront jamais leur forme normale, mais j'ai confiance de pouvoir les utiliser à nouveau. Et ma jambe est presque guérie au moment où j’écris. Elle est désenflée au moins, et je recommence à m'appuyer dessus, mais je ne donnerais pas les détails de ma blessure, surtout parce que je ne veux pas m'en rappeler en te relisant plus tard.

    J'ai découvert sur l'île plusieurs fruits et légumes sauvages que je connais. Nous n'avons mangé que du poisson ces derniers temps, mais dès que j'irai mieux, j'ai prévu d'aller chasser de la vraie viande. Même si je n'ai jamais vraiment été une adepte de la chasse, il faut maintenant penser plus à notre survie qu'à nos passions et passe-temps d'autrefois. Comme je l'ai écrit la dernière fois, nos vies ne sont plus les mêmes, nous sommes "re-nées" si on peut dire.

    Nous avons maintenant à oublier hier et nous diriger du mieux qu'on peut vers la fin d'aujourd'hui et les jours qui viendront après. Je ne sais pas si nous mourrons demain, ou si nous vivrons encore vingt ans ici avant d'être secourues, mais tout ce que je sais, c'est que je ne vais pas mourir sans m'être battue pour vivre. Si je ne suis pas morte dans le crash, c'est parce que je devais vivre. Que nous devions vivre.

    J'ai aussi prévu de reconstruire l'abri dans les arbres le plus tôt possible. Ma sœur et moi avons convenu que c'était le moyen le plus sûr d'être à l’abri ici.

    La dernière chose que nous avons faite ces deux dernières semaines, c'est faire des funérailles pour maman et les autres morts. Nous avons brûlé leur corps dans un grand feu, puis nous avons jeté les cendres à la mer. Finalement nous avons planté une croix là où nous avions brûlé les corps. Nous avions fait un feu spécialement pour maman, car tu comprendras, cher journal, qu'elle était très importante à nos yeux. Sur la croix, nous avons marqué "Ici est morte Guenièvre Kenville. Mère de deux survivantes de l'île".  Ma sœur a beaucoup pleuré, moi j'ai essayé de me retenir, mais je n'ai que 14 ans et j'ai beau essayer, je ne peux pas toujours faire comme les adultes. Mais de toute façon, eux aussi pleurent parfois.

    Je vais me coucher maintenant, ma sœur me réclame. Elle n'a pas encore combattu sa peur du noir, moi aussi j'ai un peu peur du noir ici, mais pas pour la même raison. Qui sait ce qu'il cache sur cette île?
« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:45 par Kateya »
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Dans le RP: Moi sans oublier ma fidèle Kirfa
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Réponse #3 Mar 26 Juin 2007, 03:40
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Si j'avais les ailes d'un ange....



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Jour 24
Quand tout va bien, autant en profiter

      Je viens de revenir d'une excursion de chasse avec ma sœur. Ça a été plutôt très fructueux pour deux jeunes débutantes. Nous avons réussi à tuer un castor avec les lances rudimentaires que j'avais fabriquées pendant ma convalescence. Mais la chance a été avec nous. Dans le trou que nous avions creusé, nous comptions attraper un cochon tout au plus, mais nous n'étions pas très sûres de cette idée. À la place nous avons capturé un cerf. Oui! Un cerf, en tombant dans le trou, il s'est cassé une patte et nous n'avons eu qu'à l'achever. Ça n'a pas été facile, mais après nous être rappelé que notre survie en dépendait, nous avons été capables de rassembler assez de courage pour le faire. En fait, ça n'a pas été si dur, à bien y penser, nous le soulagions de la douleur que devait lui provoquer sa patte.

   Nous avons déposé la nourriture dans une sorte de hamac accroché à une branche à côté de la planche sur laquelle nous dormons. Nous avons prévu de construire notre abri sur cette base, une fois qu'elle sera plus solide. Nous avons tendu une toile au dessus de notre tête pour nous protéger de la pluie.

   Nos blessures sont guéries, je boîte encore un peu quand je fais de longs voyages, mais je suis redevenue aussi habille qu'avant avec ma jambe, sur de courtes distances.

   Nous avons trouvé une source pas très loin, c'est un détail que je n'avais pas dit la dernière fois. Nous gardons de l'eau à notre campement grâce à deux gros seaux que nous avons faits avec de la tôle mince, mais deux seaux à deux, ça se vide rapidement.

   Je te laisse maintenant, la journée est commencée pour de bon et, après avoir déjeuné, nous allons nous atteler à la tâche. Nous avons beaucoup à faire. En fait, je crois bien que nous ne prendrons pas de repos avant bien longtemps.

« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:45 par Kateya »
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Réponse #4 Lun 23 Juil 2007, 02:35
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Jour 37
La famille s'agrandit

      Nous avons enfin fini notre cabane. J'ai collé les plans que j'avais faits avec la sève d'un petit buisson à épines. Heureusement pour nous, j'avais trouvé du bouleau et de l'ocre noir pour écrire nos plans. Je me félicite encore d'avoir lu des livres sur la vie des amérindiens et ce roman sur les hommes des cavernes. Les informations trouvées dans ces livres nous aideront sûrement pendant notre "séjour". C'est justement grâce à ces connaissances que j'ai trouvé de l'ocre noir et rouge qui m'a permis de faire cette nouvelle couleur. Mais ça sent drôlement moins bon que le jus des mûres que j'utilisais avant.

   Nos chasses continuent d'être assez fructueuses, j'ai réussi à faire une prise encore plus spectaculaire que celle du cerf dont j'ai parlé l'autre jour. Dans un piège semblable, j'ai placé des piquets dans le fond. J'ai placé de la viande et des fruits par dessus une couche de feuilles qui cachait le piège, quand j'ai trouvé le trou le lendemain, un tigre, rien de moins, était empalé sur les piquets. Vu le fait que les félins sont mes animaux préférés, j'aurais dû être attristée, mais après un mois, ma vision de la chasse a déjà beaucoup changé. J'ai plus ou moins tanné la peau, mais ma technique est à parfaire, nous grandissons encore et je sais que bientôt, nos vêtements, déjà en mauvais état, finiront par être trop petits. Mais j'ai déjà assez de peaux et de tissu pour nous en faire d'autres.

   Mais rapidement, ma sœur a amené un changement dans notre vie. Elle a trouvé un petit lapin dans nos pièges. Habituellement elle l'aurait ramené mort, mais lui, c'était un petit bébé. Alors vous vous imaginez la scène. Il était bien trop mignon pour qu'on le mange. Et puis, de toute façon, il était trop petit pour faire un repas consistant. Mais ce n'était pas pour me déplaire de l'avoir gardé. Il est mignon et amène un peu de gaîté dans la "maison". On, ou plutôt ma sœur, l'a appelé Reeze, à cause de sa couleur plutôt particulière, beige et noir. Elle a fait un dessin de lui pendant un petit temps libre.


   Le soleil commence à se lever, la nuit a été courte pour moi, mais ma sœur commence à se réveiller. Je te laisse cher journal. Je réécrirai peut-être plus souvent maintenant que nous sommes plus ou moins bien installées.
« Dernière édition: Mer 23 Fév 2011, 21:04 par Kateya »
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Réponse #5 Mer 25 Juil 2007, 18:57
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Jour 54
Peur de ma vie


      Si tu savais cher journal, la peur que nous vivons. Mais nous avons maintenant la preuve que vivre dans les arbres était la meilleure des idées ici.
   
   Vois-tu, il semble y avoir deux groupes de cerfs vivant sur cette île, mais chaque groupe est si petit que pendant la saison des amours, les deux groupes se rassemblent, sûrement pour avoir le plus de femelles à leur portée. Mais ce groupe a amené avec lui une tribu de nomades autochtones. Ils se sont installés à moins d'une vingtaine de mètres de notre arbre. Ainsi cette île n'est pas vraiment inhabitée. Je ne les croyais pas méchants, mais je n'avais pas l'intention non-plus d'aller les voir à bras ouverts.

   Moi et ma sœur avons décidé de nous faire le moins remarquer possible. Nous communiquions par mouvements ou bien en chuchotant. Ce n'est que pendant la deuxième nuit que nous nous sommes rendues compte des gémissements qu'il y avait dans l'une des "tentes" leur servant d'abri. Le lendemain soir, j'ai vu ce que c'était. UN SURVIVANT! Je ne blague pas, et entre toi et moi, nous lui aurions souhaité toutes les deux un autre sort que le sien. Il a été brûlé, puis ensuite mangé. Mais son agonie a dû durer 20 min. Pendant ce temps je me tenais les oreilles avec mes mains et je tenais, avec mes coudes, d'une manière plus réconfortante que protectrice, ma sœur qui pleurait tant elle avait peur.

   Nous avons craint qu'ils nous trouvent, et nous le craignons encore. Ça fait 15 jours au moins qu'ils sont là et il n'y a plus eu d'autre "feux de joie tribal". Mais la nourriture et l'eau commencent à nous manquer. Nos contenants d'eau sont maintenant plus nombreux et gros, mais ils ne nous suffiront plus encore longtemps. Et en plus il n'y a aucun orage en vue, donc pas de pluie. Il faudra, je le crains, bientôt quitter notre abri.

   Ma sœur me fait signe de venir voir quelque chose, j'y vais et je te réécris dès que je le pourrai.
« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:44 par Kateya »
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Réponse #6 Ven 27 Juil 2007, 22:11
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Jour 58
On reprend les bonnes vieilles habitudes


 Ils sont partis. Enfin! Ben nous nous doutions qu’ils repartiraient bientôt. Après avoir fini l’autre texte, ma sœur me montra les cerfs. De notre cabane, nous avions une très belle vue de la plaine où ils se tenaient. Le groupe vivant à l’autre bout de l’île semblait partir peu à peu, les mâles du moins. Les nomades allaient donc sûrement les suivre.

 Je ne m’étais pas trompée, et aujourd’hui, ce matin, j’ai pu enfin parler à voix haute avec ma sœur. Nous avons décidé de reprendre nos habitudes. Nous avons commencé par nous laver sommairement, refaire nos réserves d’eau et de plantes comestibles. La chasse peut encore attendre à demain. Le bois, les silex et les pyrites étaient encore nombreux dans notre abri; nous n’avions pas fait de feu pendant que les cannibales étaient là.

 Je vais te laisser tout de suite. Nous avons fini de manger et nous voulons refaire de ce dégoutant, mais nourrissant pemmican maison avant que le soleil ne se couche. C’était une petite entrée, mais je tenais à écrire le jour du départ des aborigènes. Alors voilà :

Jour 57
Ils sont partis dans l'après-midi
« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:43 par Kateya »
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Réponse #7 Sam 04 Août 2007, 02:45
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Jour 60
Comment ça le coma


     Je ne me rappelle pas m'être couchée et pourtant je viens bien juste de me réveiller. Ça doit faire dix minutes que je suis levée. Ma sœur voulait absolument que je mange quelque chose, mais je lui ai rappelé que quand je viens juste de me réveiller je n'ai jamais faim. Elle avait des larmes de joie au bord des yeux. Reeze, lui, grugeait le rebord de sa cage que nous lui avions trouvée dans ce qui devait être la soute à bagages de l'avion. Bien sûr, le chat mort dedans avait été enlevé.

  - Sora, pourquoi tu pleures? Tu t’es fait mal? lui avais-je demandé quand je l'avais vue à mes côtés
  - Non, non Kat. C'est des larmes de joie. Est-ce que tu sais combien de temps tu as dormi.
  - Je me rappelle même pas quand je me suis endormie, alors.
  - Tu es tombée dans le coma.
  - Quoi! Et quand ça? Et pourquoi?
  - Je sais tu, moi? Tout c'que j'sais c'est qu'on était parties chasser et que à peine deux minutes après qu'on soit descendues de l'arbre tu as dit ne te sentir pas très bien. Alors tu t’es assise. Mais là tu es tombée en pleine face. Mais tu avais l'air fatiguée avant aussi.

 
  Il est vrai que je n’avais pas dormi ou presque pendant tout le temps où ils étaient là. J’étais exténuée, mais j'avais trop peur pour dormir et je savais que ce qui permettait à ma sœur de dormir c'était de me voir confiante, même si je ne l’étais pas du tout. Mais n'y pensons plus. Mais avec tout ça, les réserve de viande n'avaient pas pu être reconstituées. Mais je pense à quelque chose.

  - Sora, comment tu as fait pour me monter ici.
  - Ben, j'ai utilisé le "remonte charge", me répond ma sœur de façon à montrer que c'était une évidence.
  - Oui, bien sûr.


  C'est logique. Maintenant je vais te laisser, il a l'air d'être bien tard dans la journée et je veux rattraper le temps perdu. Mais pour l'instant je vais manger quelque chose pour que ma sœur arrête de m'énerver avec ça.

« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:42 par Kateya »
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Réponse #8 Ven 22 Fév 2008, 23:46
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Jour 63
I want to go back there...


     Il fait nuit, mais je n'arrive pas à dormir. Là haut, le ciel noir cache sa lune comme un homme jaloux cache sa femme à quiconque menace de l'aimer autant ou plus que lui. Wow, j'arrive même pas à croire que j'ai sorti quelque chose comme ça. Quoique c'est vrai que j'aimais bien faire des poèmes avant. Avant, j'y pensais même plus. Et voilà la boulette que j'ai faite.

    J'ai trouvé, dans certains des objets que nous n'avions pas encore observés, des photos de chez nous que nous avions amenées avec nous. Mais je crois que c'est logique, puisqu'elles ne sont sûrement pas rendues ici toutes seules. Le problème, c'est que je les ai regardées. Grosse erreur. Maintenant, je me souviens de tout ce que nous avons perdu.


  Tiens, voilà mon petit minou Chocolat

     Bon, la photo est un peu floue, mais elle a pris l'eau dans l'avion. Bon voilà Reeze qui se met à faire du gravuge... Voilà, une petite poignée de pelouse, on replace la couverture et petit lapin retourne au pays de Morphée, ou du moins il arrête de faire du bruit. Au moins c'est moi qu'il réveille en premier.

     Ah, voilà ma maison, ou plutôt le condominium où se trouvais mon condo.



     Toutes ces choses me manquent tellement. Je croyais avoir réussi à oublier pour mieux aller de l'avant, mais j'ai fait une erreur il faut croire. Bon, je vais essayer de dormir. Je veux pas retomber dans le coma moi. Allez Ciao cher journal.
« Dernière édition: Lun 21 Mar 2011, 04:34 par Kateya »
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Réponse #9 Dim 02 Mar 2008, 23:49
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Jour 84
C'est la fête!


     Je ne lui ai jamais montré, je les ai cachées loin de ses yeux; loin des miens. Je ne m'en suis toutefois pas débarrassé. J'ai réalisé que je ne voulais pas oublier mon passé, je voulais juste ne plus y penser. La blessure est encore trop récente.

    Entre-temps, Sora a eu 9 ans. Bon, je ne suis pas tout à fait sûre de la date, mais en prenant en compte que nous avions décollé le 27 juin et que cela fait environ 84 jours que nous sommes sur l'île, je me suis dit qu'il était peut-être temps de fêter son anniversaire. Donc, au matin du 84ème jour, je l'ai réveillée en chantant bonne fête, ce qu'elle n'a PAS apprécié.


   - Tu aurais pu me laisser dormir à la place, grommela-t-elle.
   - Oh, arrête de chialer, regarde, je vais me faire pardonner. J'ai fait un beau gâteau.

 


  - Il a pas comestible, on dirait qu'il est sec.
  - Ben là, c'est de l'eau, des œufs et de cet espèce de blé qu'on a trouvé dans le champ pas loin. Et puis, il est au cacao. Tu pourrais au moins y goûter, je me suis forcée.


     Finalement Sora avait raison et le gâteau était dégueu, donc on a mangé une salade de fruits au miel à la place. C'était étrange, mais c'était meilleur. En cadeau, je lui ai donné un sac que j'avais trouvé dans les décombres. Elle l'a trouvé très beau, mais il était troué un peu partout. J'avais réussi à le réparer en ajoutant des pièces de tissus trouvés sur des vêtements inutilisables.


     Elle était tellement heureuse, si tu savais, j'aurais aimé avoir un appareil photo. La mémoire humaine est, je l'espère, assez bonne pour que je puisse m'en rappeler toute ma vie. Puis son regard s'assombrit.

  - Eh, regarde Kat, ce tissu, c'est pas celui de la robe de maman.
  - Montre voir, mais oui! Je suis désolée j'avais pas remarqué.
  - J'aimerais qu'elle soit là elle aussi.
  - Je sais So, moi aussi j'aimerais ça, lui ai-je répondu en la prenant dans mes bras. Allez, n'y pense plus, il faut fêter là, c'est ta fête pas un enterrement.


    Elle me regarda et sourit. Elle reprit un morceau de gâteau, pris une bouchée et grimaça.

   - Non, décidément, ce gâteau n'est pas mangeable.

    Je feignis d'être fâchée, mais en la voyant rire, je me joignis à elle.
« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:41 par Kateya »
J'te dis qui fait frette!
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Réponse #10 Jeu 20 Mar 2008, 00:03
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Jour 87
M. Doe


        Ma sœur et moi étions tapies dans les fourrés, attendant le moment propice pour frapper. Un petit groupe de cerfs, à peine dix têtes, paissait paisiblement dans le champ pas loin de notre cabane et nous avions décidé de profiter de l’occasion pour en manger un peu. Mais il nous fallait d’abord en abattre un. Nous avions un piège plus loin, à l’orée de la forêt, où nous comptions pousser les bêtes. Avec de la chance, l’un d’eux tomberait dedans et, sinon, il nous restait nos sagaies avec lesquelles nous faisons de mieux en mieux mouche. Mais avant que nous puissions attaquer, un homme est sorti de derrière un arbre et a lancé une de ces espèces de cordes avec trois boules au bout vers une des bêtes. L’arme a touché un jeune qui ne l’avait pas vue arriver. L’homme à poussé un cri de joie qui était aussi destiné à effrayer les autres cerfs pendant qu’il terminait son travail avec sa proie. Elle se défendait vivement, mais elle finirait bien par s’épuiser. Puis il a attaqué. Pas l’homme, mais le tigre.

 Il semble que nous ayons été trois à vouloir profiter du troupeau de cerf aujourd’hui. Mais le tigre n’a pas attaqué le cerf, mais plutôt l’homme qui lui faisait compétition pour sa proie. Il a sauté sur l’homme qui s’est aussitôt poussé, mais pas assez vite. Le tigre lui a griffé la jambe et l’homme est tombé sur le sol en poussant un cri. Il a sorti un couteau et a commencé à se défendre avec, mais le tigre avait l’avantage. Puis l’homme a cessé de bouger.


   - Il faut l’aider! s'est écriée Sora
   - Oui, si il n’est pas trop tard. Viens avec moi, mais reste derrière.

 
       Nous sommes sorties en hurlant pour essayer de lui faire peur, le poussant vers notre piège, même si notre but n’était pas de le capturer. Il a commencé à grogner en reculant, il a même feulé, mais nous sommes restées là, prête à frapper. J’ai pris les bolas (ça y est, le nom m’est revenu) de l’homme, dont le cerf s’était échappé, et je les ai lancés sur le tigre. Ils se sont enroulés sur sa tête et il s’est mis à se débattre frénétiquement. Lorsqu’il s’en est débarrassé, nous pointions nos armes vers lui, ce qui l’a définitivement découragé. Il est parti vers la forêt et nous n’en avons plus entendu parler. Nous nous sommes approchées de l’homme, il avait la peau noire et des vêtements de peau aux motifs étranges. Qui pouvait-il être?
 

  - Tu crois que c’est un autochtone? Il a l’air trop bizarrement habillé pour être un survivant de notre crash.
  - C’est vrai, mais il est trop foncé pour être d’ici.
  - En tout cas, il a mangé une bonne volée. Mais il respire encore. On peut le sauver?
  - Les blessures ne sont pas profondes, ai-je répondu après l’avoir brièvement observé. Je ne crois pas qu’elles soient graves. Le mieux, c’est de les désinfecter au plus vite. Passe-moi la toile.


  Nous avons placé l’homme sur un grand morceau de tissu blanc qui devait nous servir à ramener notre proie. Nous l’avons ramené chez nous, ce qui ne fut pas facile puisqu’il était plutôt lourd, bien que moins qu’un cerf. Après avoir réussi à le monter dans la cabane, nous l’avons soigné du mieux possible. Il avait quelques marques au visage, une sur la poitrine et plusieurs petites sur les bras, sûrement à cause du combat. Sa plus grave était celle à la jambe, de loin la plus profonde. En l’examinant un peu mieux, j’ai pu voir que son évanouissement avait été causé par un coup à la tête. Il allait avoir une bonne bosse. La blessure sur sa poitrine m’a permis de découvrir un étrange tatouage en forme de serpent, près de son cœur. Après une meilleure observation, je vis aussi un étrange oiseau tatoué sur le côté de son visage.
 

  - Regarde So!
  - Ouais, et viens me dire que c’est pas un aborigène après. Ça veut dire quoi?
  - J’en sais rien moi!
  - C’est toi l’experte en amérindiens ici.
  - Un, je suis pas une experte. Deux, c’est pas des amérindiens d’Amérique du nord eux. Trois, et ben de toute façon, même si je connais quelques choses sur leur culture, je connais pas leur langue. Pour l’instant, il va falloir se relayer pour le surveiller. S’il est dangereux, vaux mieux que l’une de nous soit prête à se défendre. Entre temps, on va dormir dans ton lit et laisser John Doe dans le mien.
  - John Doe?
  - C’est le nom que l’on donne aux personnes trouvées, mais non-identifiées.

    C’est ainsi que je me suis retrouvée à faire le premier tour de garde pour surveiller notre blessé sans nom.
« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 03:53 par Kateya »
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Réponse #11 Jeu 27 Mar 2008, 16:38
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Jour 89
Chodaway


       Moi et Sora étions en train de saler de la viande pour qu’elle se conserve plus longtemps. Nous avions récupéré ce sel dans l’eau de mer. En la faisant bouillir, nous avions pu faire s’évaporer l’eau pour ne garder que le sel. Je cherchais encore un moyen de ne pas perdre définitivement l’eau pendant le processus. Dans son petit enclos, placé sur le toit de la cabane, Reeze faisait des tours et tentait en vain de découvrir quelque chose de nouveau. Nous trouvions important qu’il puisse passer les belles journées à l’extérieur. Un filet tendu au dessus empêchait les prédateurs potentiels de s’en prendre à notre petit protégé.

 Nous parlions de tout et de rien quand nous avons entendu un gémissement dans la cabane. Aussitôt, nous sommes entrées à l’intérieur. Notre invité semblait s’être réveillé et il s’était mis à marmonner des mots dans une langue qui nous était inconnue.


  - Et viens me dire après qu’il n’est pas…
  - Arrête avec ça. Si ça ce trouve il est africain et ça, ben, c’est un dialecte africain...
  - Tu veux juste pas avouer que j’ai raison.
  - Eh, où suis-je? Et qui êtes-vous?

 
   Je me suis retournée pour voir d’où venaient ces mots et je vis l’homme qui se tenait sur ses coudes pour nous regarder. Il venait sûrement tout juste de se mettre dans cette position parce qu’il s’est aussitôt recouché dans un grognement. Il nous regardait bizarrement, il devait sûrement être un peu perdu après un si long sommeil.

 
  - Eh Kat, il parle français.
  - Hein, dis moi pas, ai-je répondu dans un soupir.
  - Euh, ça vous dérangerait tant que ça de répondre à ma question.
  - Ah, oui, désolée, ai-je répondu en me retournant. Je suis Kateya Gauthier-Kenville et voici ma sœur, Sora Gauthier-Kenville. Vous êtes dans notre cabane…
  - On vous a sauvé! dit Sora, le sourire jusqu’aux oreilles.
  - Votre cabane, d’accord. Eh! Vous êtes des enfants, vous êtes seules? Vous avez fait ça toutes seules?


 Moi et ma sœur avons hoché la tête. Ma sœur était aux anges; toute fière d’être contente comme aurait dit ma grand-mère. Il continuait de nous dévisager, puis il essaya de s’asseoir. Je me dépêchai de l’aider en lui servant d’appui. Un coussin derrière son dos, il était sûrement plus confortable ainsi. Puis, j’ai pensé à quelque chose.

  - Et vous vous appelez comment, vous?
  - Je ne m’appelle pas, je suis là.
  - Mais encore… ai-je répondu en roulant les yeux.
  - Je m’appelle Chodaway, fils de l’oiseau de feu. C’est ainsi qu’ils m’ont nommé.
  - Ils? Vous voulez dire les cannibales.
  - On dit aborigènes So.
  - Oui, je parle d’eux. Mais ils ne sont pas cannibales, au contraire ils m’ont sauvé la vie.
  - Mais on les a vu brûler puis manger un survivant, me suis-je écrié.


 Il regarda le tatouage sur sa poitrine.

  - C’est un peuple qui croit très fortement aux esprits. Lorsqu’ils ont vu que moi et l’autre n’allions pas bien ils ont tenté de nous sauver. Mes souvenirs sont flous sur ces événements, mais je me rappelle que l’autre était en très mauvais état. Quand ils ont vu qu’il allait mourir d’une manière où d’une autre, ils ont voulu transférer son esprit en moi, pour me sauver.
  - C’est bizarre, a dit Sora avec une drôle de face.
  - C’est bizarre, mais c’est comme ça.
  - Et c’est pour ça le tatouage, pour faciliter le transfert, ai-je tenté.
  - Oui c’est pour ça, tu as un bon sens de la déduction.
  - Merci. Mais c’était quoi votre nom avant le crash?
  - André Leblanc.
  - Leblanc, c’est un drôle de nom pour un noir.
  - So!
  - Ça va, ça va, répondit Chodaway en riant.


 Nous avons terminé la journée en parlant l’un de l’autre. C’est ainsi que nous avons appris qu’il était professeur de français au cégep du Vieux-Montréal avant. Il semblait très étonné de la façon avec laquelle nous avions réussi à nous en sortir toutes seules. Moi et ma sœur avons préféré continuer à faire des tours de garde, au cas où sa gentillesse ne soit que du bluff. On sait jamais.

« Dernière édition: Mer 18 Mar 2009, 03:40 par Kateya »
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Réponse #12 Mar 13 Mai 2008, 00:07
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Journalisée
Jour 100 (avant-midi)
Marcher des heures à travers la forêt...

     Cela fait maintenant 11 jours que Chodaway s’est joint à nous et nous savons maintenant que l’on peut lui faire confiance. Nous avons cessé les tours de garde et il nous a jamais attaquées, alors qu’il est évident que si il avait voulu, il aurait réussi sans problème. Ses blessures sont presque complètement guéries. Seule sa jambe est encore un peu maganée. Il semble y avoir une malédiction contre les jambes sur cette île. Mais il peut marcher; heureusement, surtout avec ce qu’il nous avait suggéré.

 Nous étions en train de déjeuner et Chodaway nous avait parlé de se fabriquer sa propre cabane dans l’arbre à-côté du nôtre.

  - ... et je pourrais relier votre cabane à la mienne par un pont de corde. Ils m’ont montré comment faire des cordes avec des feuilles et des fibres végétales. Comme ça, vous pourrez venir chez moi sans problème.

 Il regarda au loin, sûrement dans la direction du village. Il semblait s’ennuyer de ces gens. C’était presque triste de le voir.

  - Vous savez, rien ne vous retient ici. Vous connaissez ces gens bien mieux que vous nous connaissez.
  - Mais je ne peux pas vous laisser toutes seules.
  - On sait se débrouiller. S’il avait fallu qu’on meure, on serait mortes. Ils s’inquiètent sûrement. Et puis, fais-le pour toi aussi, à ce rythme, tu vas devenir hyper dépressif.
  - Ils sauront se débrouiller sans moi. J’étais un poids mort pour eux. Sans femme, sans enfant et pas si bon chasseur. Je ne serai pas une grande perte. Ai-je l’air si triste que ça?
  - C’est clair, j’ai déjà vu des bassets avec un air moins dépressif.
  - Sora, ai-je soupiré.
  - Mais, J’y pense. Sans pour autant vous abandonner, je pourrais vous amener au village. Je suis sûr qu’ils vous adopteraient.


 J’ai regardé ma sœur qui m’a regardé en retour. Elle a haussé les épaules et je me suis mis à réfléchir. C’est seulement à ce moment là que j’ai réalisé que je l’avais tutoyé. Chodaway est allé ramasser sa lance, dont il se servait comme bâton de marche, et se dirigea vers la porte.

  - Eh, attends-nous.

 Après que nous ayons ramassé nos choses, nous sommes parties avec lui. Il était étrange de laisser notre petite cabane comme ça. Bon, ce n’était pas le confort complet, mais, c’était quand même devenu notre chez nous. Donc, c'est un petit moton à la gorge que nous nous sommes enfoncées dans la jungle, suivant pas à pas Chodaway.

 Après quelques heures de marche, je me mis à fredonner Le repos du guerrier. Aussitôt, Sora se mit à chanter le premier couplet. Alors je mis à chanter le deuxième avec elle, pour que ce soit moins essoufflant. Chodaway se contentait de siffler l’air. Nous ne comptions pas chasser, alors nous pouvions bien faire peur aux petites bêtes avec nos chansons et nos rires. Puis nous sommes passés à des chansons de nos camps de jours.

 Le décor autour de nous était partout pareil et pourtant, il était merveilleux. Ça fait des mois maintenant que j’habite sur cette île et c’est pourtant la première fois que je décris le paysage. Les arbres étaient tellement grands que les branches de certains semblaient gratter le ciel. Le soleil perçait ici et là et, quand on s’y attendait pas, il nous éblouissait complètement. Il était encore assez bas quand nous étions partis, mais il était maintenant au zénith. Des lianes pendaient ici et là, certaines avec des plantes grimpantes après elles. Certaines de ces plantes étaient en fleurs. Nous pouvions entendre une variété d’oiseau exécuter leurs chants préférés. Chants qui furent rapidement enterrés sous nos hurlements.

  Nous en étions entrain de crier boum-à-tchiqua-boum à tue-tête quand Chodaway s’arrêta devant ce qui, au premier coup d’œil, semblait être un mur de verdure. Et c’est bien ce que c’était. Je l’entendis crier quelque chose, dont son nom, alors qu’il ouvrait ce qui semblait être la porte d’une énorme muraille de bois, camouflée ingénieusement par les plantes grimpantes.

 Moi et ma sœur avons cessé de chanter, mais le mal était déjà fait. Ils devaient nous avoir attendus à des mètres à la ronde et maintenant ils étaient tous là à nous regarder comme si nous étions folles. Tous, je supposais, au fond, je venais juste d’arriver dans leur village. Mais je pouvais déjà voir qu’ils étaient nombreux.
 




« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 04:28 par Kateya »
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Réponse #13 Mer 18 Juin 2008, 22:36
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Journalisée
Jour 100 (après-midi)
Qui n'a jamais commis d'erreur...

    On venait d’arriver dans le village et déjà ils semblaient nous accepter, peut-être était-ce seulement parce que nous nous tenions avec Chodaway. Certains, plus curieux, semblaient lui demander qui nous étions. Il leur répondait dans leur langue, mais il semblait hésiter sur certains mots. Une vieille femme sortit alors de l’une des plus grandes huttes du village. Sur son passage, tous les autres villageois se poussaient. Elle appela Chodaway et retourna à l’intérieur. Il la suivit puis se retourna pour nous dire que nous devrions faire de-même. C’est ce que nous avons fait. Peu après que nous soyons entrés et que nous nous soyons installés sur des nattes visiblement rembourrées, des personnes qui avait approximativement le même âge que la femme, et qui était d’ailleurs pour la plupart des femmes, s’installèrent à ses côtés. La femme posa une question à Chodaway à laquelle il répondit en se levant. S’en suivit un long dialogue durant lequel Cho et la chef, comme j’avais su le deviner, défendaient dans un calme olympien leur point de vue. Cho n’avait que lui pour l’aider alors la chef avait ses nombreux conseillers vers lesquels elle se tournait souvent, et qui ne lui répondaient que par des signes de tête. À un moment il nous regarda, puis dit quelque chose. La chef secoua la tête et répéta ce qu’elle avait dit avant. Cho baissa la tête et se tourna vers nous.

- Aiyacha accepte que je prenne l’une de vous deux comme ma fille alors que l’autre sera adoptée par un villageois.
- Alors prends Sora et j’irai avec eux. Ma sœur est jeune et je doute qu’ils puissent lui faire du mal, mais je ne veux pas qu’elle ait à changer de culture du tac au tac. Tu comprendrais, toi, qu’elle a une façon de vivre bien à elle.
- Mais eux aussi…
- Chodaway! S’il-te-plait.


 Je me tournai vers Sora. Elle nous écoutait en serrant la cage de Reeze sur elle. Je savais qu’elle pourrait surmonter la différence de culture, mais je devais lui permettre d’avoir le meilleur, c’était ma petite sœur. Je mis une main sur son épaule et je me levai. Je me suis présentée à la chef, faisant maladroitement le geste que Cho avait fait quelques minutes plus tôt.

- Oh Aiyacha, chef de cette île, je sais que tu ne comprends pas ma langue, mais j’espère que l’éloquence de mes paroles t’atteindra quand même. Je suis Kateya, « trace de pas dans le sable » dans la langue des premiers habitants. Ma sœur Sora «oiseau chantant qui prend son envol », a besoin de sa liberté. Mais si tu l’obliges à faire ce qu’elle ne veut pas faire, tu brises ses ailes et elle devient trop triste pour chanter. Lorsque le grand oiseau de feu s’est jeté sur la terre, j’ai jurée, moi, la plus vieille de ses deux filles, de protéger ma petite sœur. Alors, aie la bonté de me laisser tenir ma promesse. Laisse-la partir avec l’homme qui est le fils de l’oiseau de feu et prends moi pour ton peuple.

 Je refis le salut et retournai à la place libre entre ma sœur et Chodaway. Elle me regardait étonnée. Elle sourit et me pointa le groupe à qui je venais de m’adresser avec son menton. Je souris à mon tour en regardant leur regard étonné et même, je crois, approbateur. Chodaway, lui, me lançait un regard entre l’exaspération et l’inquiétude. Aiyacha demanda la traduction de mes dires à Cho qui lui répondit brièvement. Je compris qu’il avait coupé dans les détails. Quand il eut fini, elle hocha la tête et se leva. D’instinct, nous avons su que nous devions la suivre dehors. Lorsqu’elle nous eut à sa portée, elle mit une main sur mon épaule et l’autre sur l’épaule de Sora. Elle parla quelques secondes à son peuple qui, curieux, avait fini par se rassembler devant sa cabane. Puis elle poussa doucement Sora vers Chodaway à qui on venait de donner une couverture, il la plaça sur ses épaules et lui dit de la resserrer sur ses épaules si elle acceptait qu’il l’adopte. Elle me regarda, je hochai la tête et elle s’exécuta. La chef qui, comme tout le monde, avait regardé la scène attentivement, hocha la tête puis me prit fermement par les épaules et expliqua brièvement ma situation au reste du peuple. Le regard de Chodaway se fit grave et, lorsqu’il se pencha vers Sora pour lui traduire ce qu’Aiyacha disait, elle émit un petit cri dans lequel je pus distinguer mon surnom. Lorsqu’elle me lâcha les épaules, Aiyacha me lança un petit regard triste et me dit quelque chose.

- Elle te trouve très généreuse et courageuse, me traduisit Cho en s’approchant.
- Et pourquoi donc?
- Parce que tu t’es sacrifiée pour ta sœur.


 Sa réponse me fit pencher la tête et froncer les sourcils.

- Si tu n’es pas adoptée d’ici demain matin, ils te chasseront et tu ne pourras pas revenir. Le hic, c’est que personne ne veut d’une fille presque femme comme toi, alors il y a des grosses chances que… elle ne termina pas sa phrase et se mit à pleurer dans mes bras.
- Il faut que tu reste près du totem central jusqu’à ce qu’il y ait du nouveau, conclu Cho, visiblement triste lui aussi.


 Soudain, je regrettai de m'être obstinée.
 


« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 04:31 par Kateya »
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Réponse #14 Lun 14 Juil 2008, 17:26
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Jour 100 (tard le soir)
Mother, I feel so alone…


   
 Couchées sur le dos, on regardait les étoiles. Le soir n’avait pas tardé à arriver. Après son souper, ma sœur était venue me voir. Après quelques secondes de silence :

- Tu crois encore que maman est l’une d’elles maintenant?
- Bien sûr, et toi, ai-je répondu en revenant de ma surprise.
- Sûr, depuis que tu m’as appris ça, moi j’y crois. Au moins, si il t’arrive le pire, elle le saura et t’aidera, non?
- J’en suis certaine.
- Sora, viens te coucher, dit Chodaway en arrivant. Bonne nuit Kat, ajouta-t-il en manque d’inspiration.
- Ouais merci.


 Ils partirent, et je continuai de regarder les étoiles. J’étais, il y a peu de temps, si sûre de ce que j’avais appris à ma sœur. Chaque étoile était une personne morte et celles qui brillaient le plus étaient celles de ceux qu’on avait aimés. Mais pour moi, toutes les étoiles n’étaient plus que de vulgaires points blancs sur un fond noir qui ne disparaissait jamais complètement, même le jour. Je devais constamment assurer notre survie, à moi et ma sœur. « Plus pour ta sœur maintenant, juste pour toi. »

 C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point j’allais être seule maintenant. Je me suis prise à rêver de chez moi. De ma maison, de mes amies, de mon père. Comme j’avais hâte de revenir…

 Je me suis relevée en riant. Chez moi, quoi encore? Je n’y retournerais sûrement jamais. Et même si oui, pourrais-je y vivre à nouveau? Si ça se trouvait, depuis notre départ, il pouvait être arrivé plein de choses. Peut être que quelqu’un était mort dans la famille, peut être que mon école avait passé au feu. Peut être que les Canadiens avaient fait les séries. Bon, maintenant je m’intéresse à des choses qui ne m'ont jamais intéressées.

 Dans mon délire, j’avais levé les yeux vers le ciel.

- Comme j’aimerais que tu puisses me rassurer comme avant. Me guider vers les meilleurs choix. Tu ne voulais jamais nous voir pleurer, eh bien, tu nous as pas vues, t’es morte. Et moi, je voudrais une fin heureuse, mais il est trop tard parce que t’es déjà morte. Tu as dis que quand tu mourrais, nous serions prêtes, ai-je dit en retirant son collier que je portais au cou. Puis le jetant au sol : Mais moi j’étais pas prête!

 Alors que je regardais la citrine briller aux lueurs du feu qu’on m’avait allumé, je sentis comme des doigts effleurer ma joue. Croyant à ma mère, je m’écriai :

- Non, n’essaie pas, je ne veux plus jamais te voir. Meurs, meurs et laisse moi. Je te hais!
- Ah, tant que ça, ai-je entendu en retour.


  J’ai relevé la tête et je l’ai vue. À travers le torrent de larmes qui coulait sur mes joues, mes yeux ont vu sa silhouette, d’abord floue et incolore, elle est devenue de plus en plus claire et dorée. Elle a disparu quelques secondes pour réapparaître à mes côtés. Elle s’est assise puis a essuyé mes larmes. Je n’y croyais pas.

- Tu me hais? a-t-elle dit avec un sourire triste.
- Non, non, jamais, ai-je dit en la serrant sur mon cœur.
- Je sais puce.

 
 On est resté longtemps comme ça, moi qui la serrais et elle qui me flattait les cheveux; comme avant. Je ne voulais plus la laisser partir. Puis elle m’a poussé gentiment.

- Je ne peux plus t’aider maintenant, mais je peux te guider. Car je resterai toujours ici, a-t-elle dit, une main sur mon cœur.
- C’est cliché, ai-je dit dans un sanglot.
- Mais c’est vrai. Et quand tu veux m’entendre, tu n’as qu’à t’écouter. Je ne peux pas te promettre une fin heureuse, mais pour un début heureux, moi je trouve que ça commence bien.


 Elle m'a embrassé sur la joue puis s’est dirigée vers la maison de Cho et s’est tournée quelques secondes vers la fenêtre. J’ai même cru la voir envoyer un baiser. Il faisait frais maintenant qu’elle était partie et je ne repoussai pas la couverture qu’on vint me poser sur les épaules. Elle disparut dans un grand courant d’air et je resserrai la couverture sur mes épaules. On me tendit ensuite mon collier. Lorsque je le pris, la main se referma sur la mienne et me força à me lever. C’est seulement alors que je réalisai qu’on venait de m’adopter et que j’avais accepté, à cause de ma mère. L’homme me sourit, m’attira dans sa maison et je le suivis, légèrement sur mes gardes. L’intérieur était chaleureux, une femme m’accueillit, m’indiqua une couche, me souhaita quelque chose que je pris pour un bonne nuit et alla se coucher avec son mari. De ma couche, je pouvais voir le ciel. Un perséide doré traversa le ciel où brillaient à nouveau les étoiles.


« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 03:58 par Kateya »
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Réponse #15 Mer 18 Mar 2009, 03:37
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Jour 101 (tôt le matin)
And it’s only begun…

   
 Par la fenêtre, je voyais bien que le soleil n’était pas haut encore. Ce n’était pas l’aube, mais il n’était pas très tard. J’entendais les gens qui m’avaient accueillie parler entre eux. C’est seulement là que j’ai réalisé que ma vie était sauve. Je n’avais plus à craindre de perdre ma sœur et de finir seule.

 Je ne sais pas trop à quelle heure je m’étais couché la veille, mais c’était tard. J’avais observé mon environnement, craignant encore un peu de me faire attaquer, mais rien n’était arrivé finalement. Je voulu me rendormir, ils ne le sauraient pas, mon visage était tourné vers le mur et ils devaient penser que je ne m’étais même pas réveillé. Mais j’ai parlé trop vite. J’ai senti de petites mains me secouer alors qu’une aussi petite voix me disait quelque chose. Je me suis retournée, les yeux fermé, peut être croirait-elle que je dors. Elle s’est mise à me secouer plus fort, alors j’ai ouvert les yeux. Le petit garçon à alors tourné la tête vers c’est parent et leur à crié quelque chose. Il ne devait pas avoir plus de trois ans. Je lui est ébouriffé les cheveux et me suis enfoui la tête dans l’oreiller. Il a soupiré avant de s’exclamer, comme si il avait eu une idée de génie. J’ai entendu quelque chose glisser sur la tablette à la tête de mon lit, et mon cœur à stoppé net. Quand je l’ai regardé, il souriait aux anges tenant dans sa petite mimine… le collier de ma mère.

 - Rends-moi ça, lui ai-je dit, soudain réveillé.

 Mais il a sauté en bas habillement avant que je ne puisse l’attraper. Vu la hauteur du lit, je lui donnais soudain plus que trois ans. Je descendis en bas à mon tour, bien décidé à récupérer mon collier coûte que coûte, même si ça éliminait la possibilité de faire la grasse matinée. Par plusieurs coups, il me présenta le collier et juste avant que je ne l’attrape, il repartit en courant. Il tourna en rond ainsi et c’est comme ça que, j’ai cru, l’attraper. Mais, flairant mon piège, il changea de trajectoire et se dirigea vers dehors. Puis il arrêta dehors et me tendit à nouveau le collier.

 - Ah, je te tiens petit vlimeux, ai-je dit en l’attrapant. Eh attends, tu t’es même pas enfuit cette fois.

 J’ai alors réalisé que tout le monde riait, lui y comprit, de la situation. Tout le monde était dehors et semblait m’avoir attendu pour manger. Je déposai le garçonnet sur le sol et saisi mon collier. Mais lorsque ma main toucha la sienne, il la retint fermement, comme son père la veille et m’attira avec lui autour du repas. Son père le félicita, sûrement de m’avoir tiré du lit. La mère me présenta les fruits, et je les regardai, incertaine. Tout le monde m’encouragea à me servir. Je les regardai tour à tour. Il semblait être cinq en tout, les deux parents, dont la mère semblait être enceinte, le garçonnet, une jeune fille à qui je donnais 12 ans gros max et un autre garçon qui devait avoir mon âge. Celui là n’avait pas l’air de m’aimer, mais bon, j’allais sûrement m’y faire. Je pris donc un des fruits et la famille se servi après moi. Je me resservis ainsi deux fois puis j’ai demandé pour aller à la toilette. Puisqu’il ne comprenait pas, j’ai essayé le mime. Ils ont finalement comprit quand j’ai imité un gars qui urine. Ils se sont mit à rire, et la mère mis a conduit. Avant de me laissez entrer, elle me pointa les toilettes et dit « poga ». Poga = toilette, à ne pas oublier. J’ai hoché la tête. En sortant, j’ai pointé la cabane de Cho, et ils ont hochés la tête. Ils semblaient comprendre se qui m’y rattachait. En me voyant arrivé, ma sœur cria et me sauta dans les bras. Cho aussi était heureux. Ma mère avait raison et je senti que, maintenant, ma vie pouvait vraiment reprendre un nouveau départ.


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Réponse #16 Mer 18 Mar 2009, 03:39
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Journalisée
Jour 107
Soleil noir


     J’avais appris par Chodaway que ma « mère » était la fille aînée du chamane du village qui était elle-même la seule sœur de la chef ainsi que la benjamine de sa famille. Tout ça me donnait beaucoup de prestige… apparemment. Ma « grande tante » n’ayant aucune fille, c’était sa sœur qui était appelé à la remplacer, puis la fille de celle-ci, puis… moi. Oui, moi. Moi là. La fille blanche issue d’un monde multiethnique, qui était sorti de la forêt un jour... d'été je crois... accompagné de sa sœur et du « fils de l’oiseau de feu ». Peut être allaient-ils changer les règles de l’héritage en mon honneur. Mais peu m’importe pour l’instant. Peu m’importe! Bien sûr, je suis juste incapable de dormir une nuit entière depuis que j’ai appris ça. Bon, en tout cas.

     Chodaway m’a appris que, bien que la famille m’est prise sous son toit jusqu’à la prochaine pleine lune, rien n’était encore gagner. Je devais faire mes preuves avant d’être officiellment adopter, c’est-à dire, devenir une vraie Shaolanana (de Shaolan, le nom de leur île et nana, habitante dans leur langue). Shaolan voulais dire « Île du soleil sur l’eau ». Il me restait jusqu’au jour succédant à la pleine lune pour faire ces fameuses preuves. Ça me donnait un peu moins d’un mois, puisque nous étions arrivés peu de temps après la pleine lune, pour apprendre toute leur culture… et une bonne partie de leur langue. Je comptais d’ailleurs m’atteler à la tâche.

     C’est dans cet esprit que je m’étais installée à côté d’Abdaüm, ma « petite sœur », dans la cour de « ma maison ». J’avais drôlement hâte de pouvoir enlever les guillemets devant ces mots. J’étais donc entrain de pratiquer à nouveau les mots que je savais déjà et de tenter d’en apprendre d’autres quand ma sœur est débarquée à nos côtés, nous faisant sursauter.

     - Bonne fête Kat!
     - Quoi? demanda Abdaüm
     - Ma sœur… dire… euh… pas mot, répondis-je, désolée.

 


      Comme à mon habitude, j’avais mimé tout en parlant. Abdaüm hocha la tête et se tourna en souriant vers Sora avant de partir. Les gens du village avaient pris cette habitude quand moi et ma sœur voulions parler. Je me demande encore si c’est une certaine forme de politesse, ou parce qu’ils ne voient pas l’intérêt de rester regarder des gens parler dans une langue qu’ils ne comprennent pas. Elle me donna quelque chose… un paquet enveloppé de tissu.


    - Cadeau! s’écria-t-elle.
     - Merci Sora, dis-je en la prenant dans mes bras.


      Elle me repoussa doucement pour en suggérant de voir mon cadeau avant de la remercier. J’ouvris doucement le paquet pour y trouver un cahier, beau comme un neuf. Quand je relevai la tête, ma sœur avait disparut. Je n’eu pas vraiment le temps de me demander où elle était que le ciel se mit à s’assombrir. Pourtant, il ne s’y trouvait aucun nuage. Un mot me vint alors en tête… éclipse. À la blague, je murmurai à ma mère.

     - T’y est allé un peu fort pour ma fête tu crois pas…
     - Tu parle… esprit de ta mère?


     C’était Orouk, mon « petit frère », le plus vieux des deux. Il me regardait avec un regard étrange, avec cette lueur toujours aussi pleine de colère envers moi dans le fond de son regard perçant. La première fois que je l’avais vue, elle m’avait fait une peur presque bleu. Mais là, j’avais fini par me convaincre qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Du moins, j’essayais de m’en convaincre.

     - Euh… Oui, répondis-je peu convaincante et convaincu.
     - C’est un… Anim n’avais pas. Mais il n’est pas toi…
     - Je sais, répondis-je incertaine d’avoir bien compris sa phrase.


     Il sembla surpris, puis étonnamment satisfait de ma réponse. Venais-je de passer une évaluation et de la réussir? Allait-il m’apprécier finalement et agir normalement avec moi? Visiblement non, parce qu’il parti en m’ignorant complètement. Il faisait maintenant entièrement noir et Sora n’aperçu pas tout de suite Orouk dans son empressement. Le choc fut brutal, mais il eu plus de peur que de mal.

    - Roudoum…aahhh! 
     - Ça va, demandais-je à ma sœur. Pas… mal, ajoutais-je en direction de Orouk.
    - Non, il… faut plus, répondit-il d’une voix trop frustrée pour la situation, plus ridicule qu’autre chose. C’est ta doumbou.
     - Ma quoi?
    - Fête, ça veux dire fête, me dit Sora.
     - Oooooohhhhhh...Alors oui... euh non, non.
    - Hein!
     - Écoute Sora, plusieurs peuples associent les éclipses solaires à une pseudo-fin du monde. J’veux pas être associé à…
     - Alors c’est ta fête oui ou non. Parce … dit à l’autre de pas… quand Lune et Soleil partage la vie.


     Venant d’apprendre que ce peuple aimaient les éclipses plus qu’ils ne les détestaient, je n’hésitai pas à avouez que c’était ma fête. Le soleil se dégagea juste à temps pour que je croise les grands yeux étonné de « mon frère ». Il se contenta d’hocher la tête avant de partir. Oups!

     Quand je rentrai à la maison se soir là, tout le monde me fixai comme si j’avais hurlée comme une perdue. Je ne put que déglutir et attendre la suite.


« Dernière édition: Dim 03 Juil 2011, 02:15 par Kateya »
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Réponse #17 Jeu 19 Mar 2009, 02:58
Kateya
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Ensuite, quelques shaol'infos générale

  D'abords, je vais commencer par ce que je sais


  Donc, ça c'est ce que l'on peut retrouver dans toute les maisons shaolienne. C'est très simple en fait. Le plus gros c'est un calendrier, rien de moins. Il s'y trouve 12 disques de bois sur lesquels sont gravé les 12 symboles de la lune. Ils changent après chaque pleine lune et correspondent à des mois. Sur une cordellette, à-côté, on peut voir les jours qui passent. Une nouvelle bille, contenue dans une pochette de cuir, y est enfillée à chaque jour et le "compteur" est remis à zéro chaque mois. Pour facillité le compte, on alterne entre deux couleurs à chaque jours. Le tout est plutôt jolie.

Oh, et voici les douze lunes de l'année:




  Aux cotés de chaque calendrier se trouve un certains nombre de petit rectangles de bois où rien ne change, sinon le nombre de petites barres qui y sont gravées. C'est simple: sur chaque plaquette, un symbole, correspondant au "mois" de naissance, est gravé; puis sur une cordelette sont enfillées le nombre de billes correspondant au jours de naissance. Chaque barres correspond à l'âge de l'individu qui y est représenté. C'est un espèce de mémo sur les anniversaires de la famille de la maison.

Le village est très grand, il doit s'y trouver au-moins 100 maisons, contenant chacune une famille d'environ 5 à 8 personnes. L'intérieur est en bois et l'extérieur, étonnament, en briques, ouais en briques. C'est fou non, la technologie qu'on peut retrouver sur une île "déserte"? Elles ont deux étages: le rez de chaussé, où nous vivons, et le grenier, où sont stoqués les provisions et les divers objets et matériaux nécessaires à la vie de tout les jours. Il s'y trouve aussi une chambre supplémentaire sûrement pour d'éventuelles visites.

La chambre des maîtres est une pièce à part dans la maison, tout comme la salle de bain, heureusement. Les autres dorment dans la salle commune, qu'il est, par conséquent important de garder en ordre. Il y a une cheminée, oui, oui, une cheminée, et même deux en fait, dans la maison, nous permettant de bien la chauffé pendant,... je sais trop en fait. On est sur île "déserte", il y fait chaud d'hab... non?Quoique que, vu leurs dernières lunes...
« Dernière édition: Mer 23 Fév 2011, 21:43 par Kateya »
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Réponse #18 Mer 19 Août 2009, 06:54
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La lune d’après donc lune de la chasse
Anim

     C’est le grand jour. Ai-je réussie, je crois… je suppose… j’en sais rien en fait! Depuis la dernière fois, avec l’incident du soleil noir ma « famille » n’arrête pas de me regarder bizarement. Et, maintenant, même le village agi comme ça… et ça m’énerve.

Entre temps, mon entrainement continuait, ponctué de regards mauvais de la part d’Orouk et d’interrogatoires… zarbis. Par exemple, le plus frappant je crois : J’était entrain de me pratiquer à la broderie avec ma « mère » quand elle me demanda si je pouvais concevoir des enfants! J’était si surprise que je lui fit répétée la question, sûre que j’étais d’avoir mal compris.

- Pas à mon âge! répliquais-je choquée.
- Non, mais tu peux physiquement, insista-t-elle en tenant son bas ventre, où mon œil accrocha de nouveau la pierre pendant à son nombril.
- Euh, oui je crois…
- Bien.


Elle hocha la tête en reprenant son travail. Je la fixai avec incompréhension.. et inquiétude. Qu'avait-elle voulu dire?

Et je fis mes preuves jusqu’au jour J, aujourd’hui. Comme tous, je me vêtis des vêtements cérémoniaux shaoliens, masculins dans mon cas, car ils étaient ceux du défunt fils que je « remplaçais ». Nous rejoignîmes la chef et sa sœur, ma « grand-mère », avant de partir aux côtés de la famille de Chodaway, autres vedettes de la journée, vers… je ne savais où, encore. Nous arrivâmes finalement à un grand temple qui aurait pu faire pleurer les plus grands architectes aztèques ou mayas. Des gravures, à même le roc, représentaient des animaux, mythiques ou non, des astres et, en importance, une grande fontaine sous le soleil. D’ailleurs, il me semblait entendre de l’eau non loin. Tout le village semblait être là; et ça en faisait du monde!

Dès que je fus arrivée, on m’enduit, à l’abri des regards sous une tente, le visage d’une pâte visqueuse et rouge, qui, me dit-on, représentait le sang de la naissance. Puis, on me mit sur les épaules la même couverture que celle que mon « père » y avait déposée environ un mois plus tôt. On me fit sortir ensuite pour me présenter à tous. S’en suivit un long discourt, commençant par la mort du fils ainés de ma « famille ». Il avait combattue un ours sans arme, permettant ainsi à son petit frère de fuir. Ainsi, voilà peut-être pourquoi Orouk me détestait. Ça faisait déjà quatre cycles (ans) maintenant, il ne surportait pas que je remplace le héro qui l’avait sauvé, au prix de sa vie. S’en suivit des histoires à propos de son esprit m’ayant envoyé pour combler le vide qu’il créait d’une nouvelle vie. Car, je n’étais pas lui, mais j’étais, en quelque sorte, son dernier cadeau d’adieu. La conclusion de se cérémonial était la grande question : voulez-vous adopter la fille envoyé par votre fils. Je croisai les doigts intérieurement, inutilement, car leur décisions semblait déjà être prisent et c’est impatients qu’ils acceptèrent. M’aimaient-ils déjà tant ou alors… me vint des idées de Cendrillons et d’esclavage, tues par la pensé de ma mère me disant : ne peux-tu pas voir les bonnes choses quand elles se présentent.

 Ils saisirent chacun un linge trempants dans l’eau d’un bassin et entreprirent de retirés le « sang » sur ma figure. Je me retins de me dégager, respectant leur tradition. Ils se placèrent ensuite à mes côtés et tout le monde les congratula. Mais la chaman les fit taire :

- En l’honneur de celui l’ayant envoyé et pour respecter l’âme qu’elle vient remplacer, elle se nommera comme son prédécesseur, Anim. (Exclamation de joie et…rire?) Mais ce n’est pas tout, elle est une femme-fille et doit être vue comme tel. Ceci guidera la vie du soleil vers sa descendance et la réconfortera dans les ténèbres de son ventre en y guidant la lumière de la lune.

 Elle montra bien haut un bijou tout simple mais que je reconnu tout de suite. Il était plus simple, seulement en métaux, sans pierres, mais ça restait ÇA. Je laissai sortir une plainte. Elle ne comptait tout de même pas percer mon petit bedon d’enfant, (bon d’ado, mais ça revient au même dans ce genre de cas). Le fait de savoir que ce serait vite fait bien fait ne me rassura guère. Tout en me rassurant, elle me ramena dans la tente.

- Tu es très spéciale, jeune Anim. D’abords, tu n’es pas de notre peuple (grande nouvelle). Ensuite, tu as fêté ton premier anniversaire à nos côtés le jour où la lune et le soleil ne faisait qu’un. C’est un signe de grande fertilité (hourra!) et de chance. De plus, on raconte que tu peux voir l’esprit de ta mère véritable (euh, faut pas prendre ça pour de l'or). Tu seras une grande femme dans notre peuple Anim, très grande. Voilà s’est fini.

Je regardai mon ventre où pendait maintenant le signe de ma féminité. Vite fait bien fait, au moins c’était vrai. J'était maintenant, officiellement une Shaolanana. La cérémonie se conclu par des cadeaux, à moi et ma famille (sans guillemets SVP). S’en suivit celle de Sora, où plutôt Wimochi (première fille), tout de même assez semblable, moins morbide et sans piercing. Intriguée, je fini par demandé la signification de MON nouveau nom et regrettai la réponse : garçon confiant. Garçon! Enfin.

Je terminai cette journée à l’écart, près du cimetière, qu’on m’avais indiquée plus tôt dans la semaine. Je m’agenouillé là où se trouvait SA tombe.

- Merci. Par ton sacrifice, tu as sauvé deux vies. Je promets d’essayer d’honorer ton nom et ta famille comme tu l’a fait.
« Dernière édition: Dim 03 Juil 2011, 02:16 par Kateya »
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Réponse #19 Sam 29 Août 2009, 06:18
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Lune de la chasse, 13ème jour
Enogi

   
 
J’étais partie cueillir des fruits, pour le plus grands plaisir de ma famille, mais ce n’était au fond qu’une excuse pour filer vers les montagnes. Je ne sais pourquoi, cet endroit m’avait charmé et, dès qu’un poids me pesait sur le cœur ou que mon esprit s’embrouillait d’idées incertaines, c’est là que j’allais; et ce depuis que j’étais arrivé au village. C’était de là que j’avais découvert toute la beauté de l’île, des vastes forêts à la mer lointaine, du temple majestueux à la source claire, en passant par les prairies fleuries. Le tout en étant, à cette hauteur, frôlée par un vent doux et rassurant.

J’amassais donc tous les fruits que j’avais promis avant d’aller m’étendre sur une corniche que j’avais adoptée comme point d’observation. De là, je regardais les activités du village. La fumée sortant de certaine maison, dont la mienne, promettait de délicieux met en préparation. Aux frontières du village, des « forgerons » faisait fondre or et cuivre pour faire des armes, des bijoux et des objets divers. Pas très loin de la, d’autres gens travaillait le bois pour en faire des planches à tout usages. Dans les champs, on s’assurait de la prospérité du blé, des fruits rares et des légumes. Le reste de la nourriture était cueillie et chassée. Je poussai un soupir d’extase qui fut rapidement enterré par un son qui ne m’était pas familier en cet endroit, mais tout de même magnifique. Il cessa quelque seconde avant de reprendre de plus belle, plus longuement. Le chant de cette flute vacillait entre la douceur et la douleur, entre la tendresse et la tristesse. Curieuse, j’en cherchai l’origine et la trouvai là où je mis attendait le moins. Il sortait tout droit de l’instrument d’Orouk qui, assit, lui aussi, les pieds dans le vide, laissait aller une peine lourde que trahissaient des larmes. Il s’arrêtait parfois, pour étouffer un sanglot et reprendre son souffle court.


J’hésitai, mais quand il eu arrêté pour une deuxième fois, je fis exprès de faire rouler une pierre. Il se retourna en séchant vite ses larmes et me jeta l’habituel regard qui m’était spécialement réservé. Mais, étonnement, celui-ci ne dura pas. Il regarda devant lui et me parla :

- Ça fait longtemps que tu es là?
- Un peu, oui, j’avoue. Tu joues bien, très.
- C’est Anim… l’ancien, qui m’a appris. Il jouait mieux que moi.
- Alors il jouait vraiment bien.
- Tu as vraiment aimé mon morceau, c’est moi qui l’ai inventé, pour lui.
- C’est… bien. Tu sais, je jouais moi-même de la… comment tu l’appelles.
- Ça? dit-il est levant la flute. Enogi.
- Ah bon, alors, j’en jouais, quand j’étais chez moi, l’ancien. En fait, nous l’apprenions tous, les enfants, quand nous étions jeune, mais après, plusieurs oubliaient. Pas moi.
- Tu veux… me dit-il en me tendant l’instrument.


Je le regardai de travers. Pourquoi était-il gentil maintenant? J’acceptai malgré tout et il me fit une place. Je méditai un morceau et, se faisant, essuyai discrètement le bout de l’instrument. J’entamai une chanson, qui sonna faux tout de suite. Je retentai le coup, sans succès. Je le rendis à mon frère, malgré moi; les larmes avaient recommencées à rouler sur ses joues et je décidai de le laisser seul. Au fond, il ne m’aimait pas.

- Je vais te le laissé, dis-je en me retournant, m’apprêtant à partir.
- Je suis désolé…
- Hein! Euh, pourquoi? Tu sais, c’est normal de pleurer, surtout quand on doit entendre cette horreur sonore, dis-je en souriant.
- Je t’ai jugée et haïe avant de te connaître, répondit-il s’en perdre son sérieux, car je croyais que tu venais remplacer mon frère, sans aucun remords. Je t’ai trouvé cruelle, sans cœur et idiote aussi. Et après l’évènement du soleil noir, je te croyais un esprit mauvais envoyé par les dieux pour nous éprouver. Mais, tout ce temps, je n’ai pas pensé que tu faisais de ton mieux pour t’adapter à notre monde. Puis, j’ai vu, dans ton visage, le jour de ton adoption, le malaise que tu as eu en entendant que tu devais combler le vide qu’apportait la mort d’Anim l’ancien. Je t’ai vu, le remercier de t’avoir accordé sa place. Mon cœur s’est alors brisé, parce que j’ai compris que, qu’il t’aille envoyée ou non, il veut ton bien et c’est moi qui voulais ton mal, moi, son frère.
-… Je ne t’en veux pas tu sais, mentis-je un peu.
- Tu n’es pas lui, continua-t-il comme s’il n’avait rien entendu, tu l’as toujours su, mieux que tous, mais tu lui ressemble. Il n’y à qu’à prendre cette montagne en exemple, c’est celle où il se reposait. Et cette corniche, à l’opposé de la tienne, était la sienne. Tu est différente, mais semblable. Tu es une femme, lui était un homme, il était plein d’assurance, toi non. Pourtant, comme lui, tu es généreuse et aussi tu es assez… belle… (il rougit, moi aussi) Bien sûr lui était BEAU. Et, toi aussi tu joues de la flûte, même si tu n’es pas très bonne, conclut-il avec un sourire en coin.
- Elle ne ressemble pas à la mienne… Orouk?
- Mmm?
- Apprends moi. Je ne veux pas devenir Anim, mais je veux apprendre. Je veux être Kateya qui joue de la flute d’accords. (Il resta dubitatif.) Nous ne pouvont peut-être pas encore être frère et sœur en ton cœur, mais soyons amis, ou encore… euh...
- Maitres et élève?
- Oui, c’est ça. Joues et j’écouterais… et, quand tu auras le courage de m’entendre, tu m’apprendras.


Il rit en secouant la tête.

- Ce sera dans longtemps... Alors, soyons amis, conclut-il en prenant la flute.

Et dans l’air s’éleva une nouvelle mélodie, prometteuse de meilleur jour pour nous deux.


« Dernière édition: Mer 10 Mar 2010, 01:40 par Kateya »
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Réponse #20 Mar 09 Mar 2010, 06:27
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Lune de la Terre, jour 9
Il était un petit navire...

   

J’avais commencé à apprendre comment refaire, quand il le fallait, le tatouage me marquant la joue et représentant un visage masculin entouré d’une crinière de lion, puisque, tel le lion, le garçon confiant va droit devant, guidant ses prochains avec confiances... du moins, c’est ce qu’on m’avait expliqué. On m’avait aussi dit que, Anim étant mon nom d’enfant, je devais le porter sur la joue gauche... une histoire de coutume, un truc du genre. Je crois que même eux ne savait pas pourquoi ils faisaient ça comme ça. Tout ce dont j’étais sûre, c’est que j’enviais ma sœur et son tatouage représentant « les deux premières poussent d’un champ ». C’était, selon mes critères, beaucoup plus joli et féminin... justement, c’était féminin. Vivement mon nom d’adulte! D’ailleurs, c’est quand qu’il viendra?

Orouk m’a patiemment appris la première étape pour jouer de l’enogi... fabriquer son enogi. Ce fut long, mais j’ai maintenant mon propre instrument. Immersion constante oblige, j’ai appris beaucoup sur la langue Shaol, mais mon accent me trahi encore beaucoup. D’ailleurs, les enfants du coin ne manquent jamais une occasion d’en rire. Du moins, jusqu’à aujourd’hui...

Je tentais, sans grand succès, d’embellir une tunique avec les broderies de bases : triangles, cercles, quelques perles... Un groupe d’enfant, toujours les mêmes, passaient par là et se mit aussitôt à rire de mon travail, comme d’habitude. Je les ignorai royalement, à quoi bon perdre mon temps avec eux et puis, ils étaient d’au moins cinq ans plus jeunes que moi, alors... Mais, mon frère, Orouk, ne l’entendait de cette oreille visiblement. Il sortait de la cabane alors que les petits m’injuriaient et ça ne lui à pas pris deux secondes pour ce mettre sur leur cas. Il leur dit ça façon de penser assez directement : je ne comprenais pas tout, mais je comprenais le visage des jeunes. Ils me regardèrent avec inquiétude et s’excusèrent avant de filer rapidement.
 
 -Gamin idiots, grogna-t-il en venant me rejoindre. Pourquoi les laissais-tu faire?
- Ce ne sont que des paroles et ils ne sont que des enfants...
- Et tu es presqu’adulte, ton travail est de leur apprendre que ce n’est pas correct de te dire ce qu’ils te disaient... tu ne faisais pas ça dans ton peuple.
- Dans mon peuple, c’était chaque famille pour soit le plus souvent... Merci bien.
- Ce n’est rien, dit-il surpris. Tu es ma sœur Kateya (il était le seul, à part ma VRAIE sœur, à m’appeler ainsi).
- Tu n’aurais pas dit ça il y a quatre lunes, répliquai-je en riant. Où vas-tu?
- Pêcher sur le bateau... tu aimerais venir?


Une demi-heure plus tard, je le suivais, prête à apprendre les rudiments de la pêche sur Shaolan. Le bateau était, apparemment, le meilleur endroit pour capturer de gros poisson. Le ciel ce faisait gris, il faudrait faire vite pour trouver nos proies, mais Orouk ne prévoyait pas la pluie avant ce soir. Nous montâmes donc sur le bateau, où se qu’il en restait du moins. Et, dur à croire, mais vrai, c’était un bateau pirate, UN VRAI!!! Avec la toile noire et le crâne et tout!!! Orouk me raconta très (TROP) brièvement une histoire de pirates qui serait débarqué dans l’archipel il y a déjà plusieurs siècles. Il jeta sa ligne à la mer et nous attendîmes.

Ce ne fut pas long... oh, pas pour le poison, mais pour ÇA! La vague, dont le bruit assourdissant se mêlait aux premiers grondements du tonnerre nous emporta, nous et quelques planches du bateau, à plusieurs mètre de la côte. Ce qui devait être une pluie en fin de soirée s’était en fait avérée être une tempête imprévue...

Mon bras me lançait horriblement, je nageai de mon bras gauche. Jusqu’à une planche plus loin que les vague faisait voguer sauvagement.

-Orouk! Orouk!!! 
– ARGBBLllllll.....
-Orouk!



Je l’attrapai alors qu’il perdait conscience, suite à une tasse d’eau. Je le hissai de mon mieux sur la planche, oubliant la douleur torturant mon bras. Il me cracha l’eau dessus, je m’en fichais bien, il respirait, inconscient, mais il respirait. Je senti alors un liquide chaud sur ma nuque. Ma vue s’embrouilla. « Oh non, c’est pas le moment... »
 

« Dernière édition: Jeu 08 Avr 2010, 18:14 par Kateya »
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Réponse #21 Lun 14 Mar 2011, 06:42
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Lune de la Terre, jour 10
 Sur l'île de Kateyaaaaa

   

 – Kat chérie... reveille toi ma cocote... Kateya...

Quelqu’un me secouait de plus en plus rageusement.

– Kat chérie... Chérie... Kateya...
– ...Kateya... Kateya! Kateya, allé, réveille-toi. Je t’en pris.
– Hein... Où suis-je... Orouk..?
– Kateya! Les Êtres soient loués, je te croyais morte. Comment te sens-tu ? Attends, vas-y doucement, dit-il en me voyant me relever.
– Ça va Orouk, dis-je en m’assoyant lentement. C’est pas la première fois que j’ai un... problème... Tu n’as rien ?


Il secoua la tête gravement, mais je voyais bien, au bandage à sa cheville et à son visage légèrement torturé, qu’il en était autrement... Il me renvoya la question. Sentant un bandage sur ma tête (il lui manquait ses manches de « chandail »), je compris qu’il savait déjà pour ma blessure. Je lui fis donc part de mon bras. Nous l’observâmes quelque minute pour en venir à la conclusion que, pour l’instant, il valait peut-être juste mieux l’immobiliser. Il n’était pas brisé, mais on ne savait pas, ni l’un, ni l’autre, comment le soigner. Je regardai autour de moi, lui demandai où nous étions : il n’en était pas sûr, mais c’était une île secrète selon lui. Celle-ci restait caché aux Archipelliens, sauf dans quelques rares cas... « Oh, joie, un crash, un naufrage... manquerais qu’un accident de train et j’aurais tout connu... Ah non, manquerais l’accident d’auto aussi... j’aurais pas pu avoir ça un accident d’auto... Enfin, contente de voir que ma bonne étoile est encore fonctionnelle... j’devrais la faire assurée peut-être... »

– Kateya... Ça va? Tu as l’air fâché. C’est d’être ici qui te mets dans cet état?
– Non, non, je me disais que j’étais chanceuse d’être en vie, c’est tout... Quoi ? lui demandai-je en voyant son regard sérieux.

– Je... seulement que... Eh, bien... J’ai vraiment de la chance... (Je le fixai complètement perdue) De... avec qui cela aurait pu m’arrivé, ça m’ai arrivé avec Leur protégée... j’ai de la chance.
– Leur? Qui?
– Ben, les esprits tiens!
– ... Si tu y tiens... Allez, je vais t’aider à marcher. C’est pas sur cette... ici... qu’on trouvera de quoi survivre... ou partir.


Il prit le bras que je lui tendais et, une fois debout, je mis son bras sur mes épaules. Il me regardait surpris... sans doute ne se doutait-il pas que j’avais dû survivre ainsi un bon moment avant de rencontrer les siens. Oh, je leur avais dit, mais dire et vivre sont deux choses TRÈS différentes. « D’abords ma vraie petite sœur... maintenant mon petit frère... on s’en sortira jamais... » Nous arrivâmes à la lisière de la forêt quelque minute plus tard. Je le laissai s’asseoir là pour retourner vers la plage.

– Qu’est-ce que tu fais?!
– Je nous trouve quelque chose à manger. Vois si tu peux trouver un morceau de bois assez... comme un bol. Et aussi quelques brindilles.


Il hocha la tête et ne posa pas plus de questions, visiblement assuré que je savais ce que je faisais. Lorsque j’arrivai à la mer, j’enlevé doucement le bandage autour de ma tête. Sans grande surprise, je constatai qu’il était souillé de sang séché. Je soupirai de soulagement en constatant que, au moins, ma tête, elle, ne saignait plus. Je  décidai d’enlevé les croutes de sang de mes cheveux et de laver la pièce de tissu avant de retourner près d’Ourouk. Revenant lentement vers lui, je commençai à fouiller le sable à la recherche de coquillages, trouvant par la même occasion quelques crustacés que je ramassai aussi après les avoir achevés rapidement. Satisfaite de ma récolte, je retournai auprès de mon frère qui avait lui aussi trouvé quelques objets utiles : des petites brindilles, quelques plantes que je supposais comestibles, puisqu’il s’y était attardé, et même un bout de bois plus ou moins creux pouvant servir de bol. C’était génial, mais on n’aurait jamais la capacité de transpo...

  – Tu pourrais enlever ton... (Je tirai sur son chandail)
– Hein!
– Avec je pourrais faire un... quelque chose pour mettre ça.
– Ah... Euh, ok, attend.


Il enleva son chandail tranquillement, visiblement en proie à de nombreuses douleurs lui aussi. Je vis d’ailleurs, sur sa hanche, disparaissant sous son pantalon, une énorme ecchymose bleuâtre. J’avais pitié de lui. J’arrêtai de la fixer alors qu’il sortait sa tête de l’encolure. Finalement, il me tendit le chandail dont je m’empressai de fermer le haut avec mon ex-bandage. Quand je fus sûr que c’était solide, je plaçai délicatement nos trouvailles dans le « sac ». Je me tournai vers Orouk, le pauvre tremblait comme une feuille. C’était vrai qu’il faisait frais ces derniers jours, mais je ne croyais pas qu’il y était si sensible... bon, c’est aussi vrai que j’ai passé 14 ans de ma vie au Québec... En tout cas...

  – Ça va aller ? demandai-je inquiète
– Oui, oui, marcher un peu va me réchauffer.


 J’allais placer mon bras autour de sa taille:

  – Non, attends ! Regarde!

 Il brandit fièrement une branche d’arbre d’à peu près ma taille, le dépassant donc d’une bonne demi-tête. Je souriais en le regardant boitiller en rond.

– Ne te fatigue pas trop non plus

 Il secoua la tête et nous nous enfonçâmes dans la forêt.


« Dernière édition: Mer 04 Mai 2011, 04:29 par Kateya »
J'te dis qui fait frette!
Dans le RP: Moi sans oublier ma fidèle Kirfa
Renaître des cendres
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